vignette|Les fleurs de la variété 'japonica' sont blanches puis jaunes. vignette|redresse=0.87|Fruits noirs et brillants de Lonicera japonica.
Le chèvrefeuille du Japon (Lonicera japonica) est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Caprifoliacées. C'est une liane arbustive originaire de Chine, de Corée et du Japon. La variété 'Chinensis' dont les boutons floraux et le revers de la corolle sont pourpres, est vendue en jardinerie sous le nom de chèvrefeuille de Chined'autres espèces de Lonicera sont vendues en jardinerie sous ce même nom de chèvrefeuille de Chine, par exemple : Lonicera fragrantissima.
Lonicera japonica est une espèce cultivée comme plante ornementale dans de nombreuses régions du monde. C'est aussi une plante médicinale importante de la médecine chinoise traditionnelle qui est cultivée à ce titre en Asie Orientale.
Son feuillage est semi-persistant.
Étymologie Linné dédia le nom de genre Lonicera à Adam Lonitzer (Lonicerus), botaniste et mathématicien Allemand (1528-1586).
Le qualificatif d'espèce japonica « du Japon » vient du fait que le premier botaniste descripteur fut Thunberg lors d'un séjour qu'il fit au Japon en 1775-1776. Au début du , le Japon avait pris une série de mesures restreignant les échanges avec les étrangers. Seul le port de Nagasaki resta ouvert aux Hollandais et aux Chinois. Mais Carl Thunberg bien que d'origine suédoise put s'y rendre car il s'engagea comme médecin à bord d'un navire hollandais. En cette fin du , la Chine menait une politique encore plus stricte de fermeture aux étrangers et ce n'est qu'au que les premiers missionnaires botanistes ont pu parcourir le pays.
Dans sa région d'origine, ce chèvrefeuille se dénomme jīnyínhuā 金银花 (ou 忍冬 rendong) en chinois. Son nom japonais est .
Description Lonicera japonica est une liane très vigoureuse, capable de monter jusqu'à de hauteur en s'accrochant aux arbres. Elle peut ainsi les étouffer en masquant les feuilles et bloquant ainsi la photosynthèse. C'est une plante sempervirente dans la partie sud de sa distribution et semi-sempervirente dans la partie nord. Les tiges deviennent creuses en vieillissant. Des poils raides, jaune brun, garnissent les rameaux, les pétioles et les pédoncules.
Ses feuilles brièvement pétiolées, simples, ovales, opposées, mesurent 3 à de long sur 2 à de large. La base est arrondie à subcordée, la marge ciliée et l'apex acuminé. Les jeunes feuilles sont pubescentes.
Ses fleurs blanches virant au jaune sont parfumées. Son nom en chinois jinyinhua, morphologiquement « fleur or-argent », évoque ces coloris. Elles sont groupées par deux. Les bractées sont semblables à des feuilles, ovales à elliptiques, de 1- de long. Le tube du calice est conique et pubescent. La corolle bilabiée fait de 3 à . Cinq étamines exsertes entourent le style. La floraison a lieu de mai à septembre.
Le fruit est une baie globuleuse, noir bleuté à maturité, brillante, de 5 à de diamètre contenant de nombreuses graines brunes.
Pour ne pas confondre Lonicera japonica avec un autre chèvrefeuille, on remarquera que le tube de la corolle est allongé, et que les feuilles sont persistantes et non soudées à la base.
Synonymes D'après GRIN les synonymes sont : (≡) Lonicera aureoreticulata T. Moore (basionyme) (=) Lonicera japonica var. aureoreticulata (T. Moore) G. Nicholson
Variétés L. japonica var. japonica : corolle blanche, devenant jaune-blanchâtre L. japonica var. chinensis : corolle pourpre à l'extérieur, blanche à l'intérieur.
Distribution et habitat Ce chèvrefeuille est originaire de Chine, de Corée et du Japon. Il est très largement réparti en Chined'après eFlora of China, on le trouve dans les provinces de l'Anhui, Fujian, Gansu, Guangdong, Guangxi, Guizhou, Hebei, Henan, Hubei, Hunan, Jiangsu, Jiangxi, Jilin, Liaoning, Shaanxi, Shandong, Shanxi, Sichuan, Yunnan, Zhejiang ainsi qu'à Taiwan, sauf dans le nord et l'ouest.
Il croît dans les fourrés, des lieux rocailleux, les lisières et le bord des routes.
Il a été importé comme plante ornementale dans de nombreux pays du monde où il s'est échappé des jardins et s'est naturalisé. Il croît en zone tempérée et subtropicale.
Cette espèce à croissance rapide s'est naturalisée en Afrique du Sud, dans l'île de Madère, en Australie, en Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, États-Unis, et en Amérique du Sud . En France, il est aussi devenu subspontané et s'est même naturalisé, surtout dans le Midi et dans l'Ouest où il envahit les haiesflore de Besançon.
C'est aujourd'hui une plante envahissante sur la côte sud-est d'Amérique du Nord, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Europe centrale et du Sud-Est. Elle semble notamment profiter des lisières artificielles pour se propager le long des routes et pistes forestières.
Constituants bioactifs de la fleur L'analyse par chromatographie GC-MS des composants volatils de fleurs de Lonicera japonica a révélé 150 composés, comprenant 36 hydrocarbures, 28 alcools, 21 aldéhydes, 12 cétones, 38 esters et 15 composés divers (Ikeda (2009), Shang (2011)).
Les principaux composés actifs se rassemblent en quatre grandes classes : des huiles essentielles : principes volatils à odeur caractéristique ; les composés phénoliques : quelques acides-phénols, une grande richesse d'acides chlorogéniques et des flavonoïdes qui sont essentiellement des flavones et des flavonols. Ils sont connus pour leur activité antioxydante ; des glycosides d'iridoïdes ; des saponosides triterpéniques.
Sur un pied de chèvrefeuille, la fleur épanouie émet l'odeur la plus forte au milieu de la nuit. Les composants volatils caractéristiques sont le linalol (à odeur de muguet), le (Z)-jasmone (à odeur de jasmin), le (Z)-jasmin lactone, le jasmonate de méthyle et l'épi-jasmonate de méthyle. La composition de l'huile essentielle augmente progressivement durant les mois de juin-juillet-août. Pour ce dernier mois, on trouve 7,92 % de linalol, 7,67 % de phtalate de dibutyle, et 6,67 % de carvacrol (arôme chaud d'origan).
L'analyse par chromatographie HPLC-MS des constituants bioactifs des boutons floraux de huit espèces différentes de chèvrefeuille chinois (dont L. japonica) indique que ce sont en premier, les acides organiques qui sont aux plus fortes concentrations, suivis par les glycosides d'iridoïdes et les saponines et en dernier, que les flavonoïdes ont la concentration la plus faible. Polyphénols La teneur en acide chlorogénique () est remarquablement élevée, beaucoup plus que pour l'artichaut cru () qui est le légume commun le plus riche en cet acide, mais moindre que dans les grains de café non torréfiés (5-10 % soit à ). La concentration en acides dicaféylquiniques est encore plus élevée, si bien que les acides hydroxycinnamiques représentent plus de 97 % de la totalité des polyphénols.
Composition phénolique de la fleur de Lonicera japonica, d'après Shang et Ren , Seo pour les concentrations.
Acides phénols : ACIDES HYDROXYCINNAMIQUES, en mg/100 g acide caféique : 6,5 caféate de méthyle Acides chlorogéniques acide chlorogénique : acide 3,5-O-dicaféylquinique : 544,12 acide 3,4-O-dicaféylquinique : 336,46acide 3-O-caféylquinate de méthyle : acide isochlorogénique, 5-O-caféylquinique, 4-O-caféylquinique, 3-O-férulylquinique, 4-O-férulylquinique ; 3-O-caféylquinate de butyleacide 4,5-O-dicaféylquinique, 1,3-O-dicaféylquinique, FLAVONOIDES, en mg/ FLAV ChrysoériolHydnocarpine Chrysine (5,7 dihydroxyflavone)Ochnaflavone FLAVNOLSQuercétol : Kaempférol : Apigénol Rhamnétine (7-méthoxyquercétol) HETEROSIDES DE FLAVONES lutéolol 7-O-glucoside : tricine 7-O-glucoside : chrysoériol 7-O-néohespéridosidelutéolol 7-O-galactosidechrysoériol 7-O-glucopyranosidediosmétine (lutéolol 4'-méthyl éther) HETEROSIDES DE FLAVONOLShyperoside (quercétol 3-β-galactopyranoside) : quercétol 3-glucopyranoside : kaempférol 3-O-hexoside : kaempférol 3-O-rutinoside : apigénol 7-O-hexoside : isorhamnétine 3-O-glucoside : isorhamnétine 3-O-rutinosiderhoifoline (apigenine-7-O-néohesperidoside)
L'extrait à l'éthanol de fleurs de Lonicera japonica possède in vitro une forte activité antioxydante et une bonne capacité à piéger les radicaux DPPH. L'acide chlorogénique (5-ACQ), comme tous les polyphénols, possède une activité antioxydante capable de prévenir ou ralentir l'oxydation des lipides. Une étude in vitro a montré que l'acide chlorogénique protégeait contre l'oxydation du LDL, une première étape dans la formation de la plaque d'athérome.
La teneur en flavonoïdes selon Soe , 2012 bien que bien moindre que celle des acides hydroxycinnamiques, est quand même appréciable pour les hétérosides de flavones et de flavonols. Et c'est elle qui semble être déterminante, puisque Seo ont montré que l'activité antioxydante des fleurs de L. japonica était associée avec la concentration en flavonoïdes minoritaires plutôt qu'avec les acides hydroxycinnamiques majoritaires. Ce qui se comprend quand on sait que la capacité antioxydante des flavonoïdes (en raison de la double liaison C-C sur le pont entre les deux cycles) est supérieure à celle des autres composés phénoliques.
D'après les mesures de la capacité antioxydante d'extraits au méthanol de plantes médicinales chinoises (Cai , 2004), la capacité de la fleur de chèvrefeuille du Japon est du même ordre de grandeur que celle du lyciet Lycium barbarum (goji) mais très en dessous de celle de la rhubarbe Rheum officinale.
Capacité antioxydante et phénols, d'après Cai , 2004PlantePartie utiliséeTEAC μmoltrolox/ DWPhénol totalRheum officinaleRacineLonicera japonicaBouton floral589,1Lycium barbarum L. Fruit Parmi les composés phénoliques du bouton de L. japonica, le lutéolol (lutéoline) manifeste une activité inhibitrice significative de la 5-lipoxygénase, une enzyme qui catalyse la production de leucotriène. Au sein des nombreuses molécules impliquées dans la réponse inflammatoire, les leucotriènes sont des médiateurs importants dans l'apparition des réactions allergiques aussi les inhibiteurs de la 5-lipoxygénase pourraient jouer un rôle complémentaire de celui des corticoïdes dans le traitement de l'asthme. Glycosides d'iridoïdes
Durant les dernières décennies, plus de 30 iridoïdes ont été trouvés dans Lonicera japonica. Les iridoïdes sont des monoterpènes caractérisés par un squelette cyclopenta[c]pyranique en C. Lorsque le noyau cyclopentanique est ouvert par rupture de la liaison 7,8, leur nom est en général préfixé par seco-. En majorité, ils existent sous forme d'hétérosides d'iridoïdes.
Certains iridoïdes exercent une action anti-inflammatoire : de loganoside a une activité presque similaire à celle de d'indométacine sur l’œdème de l'oreille de la souris induit par la TPA
IRIDOIDES de fleur de L. japonica, en mg/, d'après Ren et Shang loganoside : secoxyloganine : 7-epi-vogeloside : sweroside : centauroside : 7-diméthyl-secologanoside7-O-éthyl sweroside, secologanine, kingiside, ketologanine, 7-α/β-morronisidelonijaposide A, B, C, D, E, F, H, I, J, K, L Saponosides à génine triterpénique En 2011, on comptait une trentaine de saponines (ou saponosides) identifiées dans Lonicera japonica. La plupart de ces saponosides sont formés sur des triterpènes caractérisés par des squelettes pentacycliques en C, de type oléanane et hederagénine. Ils sont qualifiés de « saponines » car une fois dissout dans l'eau, ils donnent des solutions moussantes.
Lorsque la génine ne comporte qu'une chaîne d'oses fixée en C, on parle de monodesmosides. Lorsqu'en plus de l'oligoside fixée en C, il existe une deuxième chaîne osidique liée à la génine par une liaison ester avec le carboxyle en C, on parle alors de bidesmosides. Les oses constitutifs peuvent être des D-glucose, D-galactose, L-arabinose, L-rhamnose, D-xylose et D-fructose.