vignette|Injection intracytoplasmique de spermatozoïde à l'aide d'une pipette dans un ovule retenu par une pipette de succion.
La fécondation in vitro, en abrégé FIV (prononcé ), est une technique de procréation médicalement assistée et de transfert d'embryon. En 2007-2008, 2 % environ des bébés des pays riches sont issus de la fécondation in vitro, imaginée et mise au point dans les années 1970 et opérationnelle à partir des années 1980. Le nombre de bébés nés à la suite de l'utilisation de cette technique est estimé, tous pays confondus, à 4 millions d'enfants en 2012, passé à environ 8 millions en 2018European Society of Human Reproduction and Embryology. (2018, July 3). More than 8 million babies born from IVF since the world's first in 1978: European IVF pregnancy rates now steady at around 36 percent, according to ESHRE monitoring. ScienceDaily. Retrieved May 25, 2020 |source = www.sciencedaily.com/releases/2018/07/180703084127.htm.
Le nom complet est en réalité « fécondation in vitro et transfert d'embryon », soit l'acronyme FIVETE (prononcé ), qui est utilisé comme nom commun féminin. Ce nom, orthographié fivete, est communément écrit fivète pour faciliter la lecture et être en accord avec sa prononciation.
Historique La première fécondation in vitro est réalisée aux États-Unis par Miriam Menkin alors qu'elle travaille à ce sujet aux côtés du docteur John Rock. La technique est approfondie au Royaume-Uni par les docteurs Patrick Steptoe et Robert Geoffrey Edwards et l’infirmière Jean Purdy. Le premier « bébé-éprouvette », Louise Brown, est né le . En Inde, la deuxième FIV au monde a donné naissance à Durga et a été effectuée à Calcutta par le docteur le . Aux États-Unis, après les premiers essais inaboutis de Landrum Brewer Shettles, la première FIV du pays (ayant donné naissance à Elizabeth Carr) a eu lieu en 1981. Depuis cette date, on estime à 1 % des naissances le nombre de nouveau-nés conçus par cette technique.
La première FIV en FranceDe nombreux échecs s'étaient produits avant cette première, en raison d'échecs d'implantation de l'embryon et d'un taux d'accouchement inférieur à 20 %. D'octobre 1980 à décembre 1981, 109 femmes avaient précédemment subi 129 cœlioscopies, ayant donné lieu à sept débuts de grossesse, dont deux seulement s'étaient maintenues, la première donnant naissance à Amandine. Source : . donna naissance à Amandine le à l'hôpital Antoine-Béclère de Clamart (Hauts-de-Seine). Elle a été réalisée grâce à la collaboration du biologiste Jacques Testart, du gynécologue René Frydman et du chef de service Émile Papiernik.
Cette technique a suscité des réticences en raison des risques de dérives éthiques qu'elle pourrait induire (bébés à la carte, bébés-médicaments).
Statistiques Depuis Louise Brown ( bébé-éprouvette) en 1978, le nombre de fécondations in vitro n'a cessé d'augmenter. Au début des années 2000, près de étaient effectuées chaque année en Europe avec un taux de grossesses menées à terme d'environ un tiersNyboe Andersen A, Gossens V, Gianaroli L, Felberbaum R, de Mouzon J, Nygren KG, Assisted reproductive technology in Europe, 2003. Results generated from European registers by ESHRE, Hum Reprod, 2007;22:1513-25. Toutefois, les taux de succès sont hétérogènes selon les pays.
Cette technique est efficace avec une conception dans 50 à 70 % des cas après 6 cycles, les chiffres décroissent rapidement avec l'âge de la femmeMalizia BA, Hacker MR, Penzias AS, Cumulative live-birth rates after In Vitro fertilization, N Eng J Med, 2009;360:236-243.
En France, entre « Amandine » (en 1982) et fin 2008, en 26 ans, environ (0,5 % des naissances) sont issus d'une fécondation in vitro, avec un taux qui augmente d'année en année (en France, environ sur .).
En , l'équipe du Ernestine Gwet Bell était responsable de la naissance de 500 bébés par FIV au Cameroun.
L'agence de biomédecine, chargée de la régulation de ces pratiques en France, publie chaque année un rapport officiel sur le nombre, le type et l'issue des tentatives de FIV pratiquées à la fois dans les centres publics et privés français.
Principes opératoires Fécondation, méthode classique Lors d'un cycle normal et non stimulé, un seul ovocyte dans lequel se trouve un ovule est produit dans un des deux ovaires de la femme. Dans le cadre d'une FIV, les ovaires sont stimulés afin de faire grossir simultanément plusieurs ovocytes. Généralement, des injections journalières sont nécessaires. La stimulation est surveillée par de multiples prises de sang et échographies. Ces injections d'hormones permettent aussi de provoquer la croissance puis la maturation des ovocytes. Une injection destinée à accélérer le mûrissement des ovules est réalisée 36 heures avant la ponction ovocytaire. La ponction des ovocytes s'effectue généralement en ambulatoire en milieu hospitalier sous anesthésie générale légère ou locale. Le sperme est recueilli le jour de la ponction des ovocytes (quelquefois avant s'il a été congelé), il est ensuite « nettoyé » de son plasma séminal et préparé afin de récupérer les spermatozoïdes les plus mobiles et les plus typiques (normaux). Le sperme de l'homme, préparé techniquement pour améliorer la qualité spermatique, est mis en contact, au sein d'un laboratoire d'analyses médicales spécialement autorisé, avec les ovules de la femme. Environ sont mis en contact avec chaque ovocyte recueilli. La fécondation a lieu en une douzaine d'heures. L'apparition de pronuclei indique le début d'une fécondation. L'embryon se développe alors par division cellulaire. Il est courant d'obtenir de 5 à 6 embryons en moyenne, bien que ce nombre puisse aller jusqu'à une trentaine. Les embryons sont mis en culture de à . Deux, trois ou cinq jours (blastocystes) après le jour de la fécondation, un ou plusieurs embryons sont transférés dans l'utérus de la femme.
Les embryons sont classés en fonction de leur qualité cellulaire, à savoir : leur nombre de cellules, leur régularité (tailles de cellules différentes ou non), et de leur fragmentation. Les embryons utilisés en priorité sont ceux dont la chronologie de la division cellulaire est respectée, avec des cellules bien régulières et sans fragmentation, ces paramètres étant censés être un indicateur des meilleures chances de grossesse.
Transfert
Le transfert embryonnaire est une opération visant à replacer un ou plusieurs embryons au sein de la cavité utérine, il s'opère dans la majorité des cas par introduction d'un cathéter dans l'utérus en passant par le col cervical. Le transfert embryonnaire n'est pas douloureux et ne nécessite pas d'anesthésie.
En cas de sténose du col (impossibilité de franchissement du col) certaines équipes pratiquent de façon exceptionnelle le transfert par voie dite transmyométriale (introduction d'une aiguille dans le muscle utérin, puis dépose des embryons dans la cavité utérine).
Immédiat Les embryons sont habituellement transférés dès l'obtention des premières divisions.
Le transfert embryonnaire peut être pratiqué le jour suivant la ponction (stade zygote), le lendemain (transfert à « J2 »), le surlendemain (transfert à « J3 ») ou, de plus en plus, cinq jours après la fécondation (blastocystes).
Les chances de grossesses sont augmentées en cas de transfert au stade blastocyste mais tous les embryons ne se développent pas jusqu'à ce stade.
Une société suisse propose une alternative qualifiée de « fécondation in vivo assistée » par ses promoteurs, dans laquelle la fécondation a lieu en éprouvette (donc in vitro), mais où l'embryon est provisoirement implanté dans l'utérus deux heures après les premières divisions. Cette implantation se fait grâce à un petit tube de de long et de 1 millimètre de diamètre. L'embryon est placé dans ce tube pourvu de 280 trous d'un diamètre de 40 microns. Au bout de 18 heures, le tube est retiré de l'utérus ; les embryons sont triés puis réimplantés dans l'utérus. Cette méthode permettrait d'augmenter la qualité des embryons, sans toutefois augmenter les probabilités de grossesse« Le premier bébé né par fécondation in vivo a vu le jour à Genève » Le Temps, 15 décembre 2009.. Selon la HFEA, autorité ayant autorisé le processus, les avantages seraient surtout psychologiques, les données étant insuffisantes pour prouver qu'un développement dans l'utérus ait les mêmes effets que le développement naturel dans les trompes utérines, avec des surcoûts peut-être inutiles.
Retardé Le transfert peut être plus tardif et la phase de culture est prolongée cinq à six jours après la fécondation. Les embryons sont maintenus en culture jusqu'au stade blastocyste. Ces cultures prolongées nécessitent le recours à des milieux spéciaux. L'avantage du transfert au stade blastocyste est de permettre un contrôle du début de la croissance embryonnaire, en dépassant le stade du troisième jour de développement embryonnaire, stade critique du développement où surviennent de nombreux arrêts de mitose de l'embryon (blocage de division). Les blastocystes ont également un meilleur taux d'implantation car, physiologiquement l'embryon arrive dans la cavité utérine au suivant la fécondation. L'implantation embryonnaire, phénomène englobant l'éclosion du blastocyste (sortie de la membrane pellucide), puis l'implantation à proprement parler (adhésion de l'embryon à l'endomètre, suivie de l'enfouissement de l'embryon au sein de la muqueuse endomètriale) ayant lieu au - jour après la fécondation. Dans le cadre d'un diagnostic préimplantatoire, les blastomères sont prélevés sur l'embryon pour analyse au . Les embryons sains peuvent être transférés dès l'obtention des résultats, généralement au - jour.
Différé Les embryons non transférés à l'état frais peuvent être conservés par congélation, en vue d'un replacement ultérieur, à la condition toutefois qu'ils soient d'une qualité suffisante.
Les embryons qui ont été préalablement congelés lors du premier transfert, sont décongelés et sélectionnés la veille ou le jour du transfert, qui a lieu selon le même protocole. Le taux d'implantations réussies après transfert d’embryons congelés sont équivalents à celui du transfert d'embryon frais. Cette technique permet d’augmenter le nombre de transferts (et donc les chances de grossesse) à partir d’une seule ponction.
Généralement un maximum de deux embryons sont transférés dans l'utérus afin de limiter le risque de grossesses multiples. En fonction de la qualité des autres embryons obtenus, ceux-ci peuvent être congelés pour un transfert ultérieur. Ceux-ci pourront être réutilisés en cas d'échec ou si les parents souhaitent avoir un autre enfant. Cette technique est appelée « transfert d'embryons congelés ». Il est possible de congeler des zygotes (œuf fécondé à 2 pronuclei), des embryons au stade de 4 à 8 cellules ou des blastocystes.
Depuis 2012, les centres français se sont pour la plupart équipés du matériel permettant une congélation rapide des embryons : la vitrification embryonnaire. Cette technique permet une congélation flash des embryons et réduit l'apparition de cristaux dans les embryons. Lors de la décongélation des embryons en vue d'un transfert, il y a moins de perte pour les embryons ayant été vitrifiés que pour ceux ayant été congelés à vitesse lente.
Une congélation de l'ensemble des embryons sans transfert d'embryons frais peut être réalisé s'il y a un risque pour la patiente de présenter une hyperstimulation ovarienne, si les conditions d'implantations ne sont pas optimales (progestérone augmentée au moment du déclenchement de l'ovulation, endomètre de mauvaise qualité), si une étude génétique sur les embryons est nécessaire.
La vitrification ovocytaire est depuis 2012 en France une alternative à la vitrification embryonnaire.
Aux États-Unis, dans l'Ohio, un embryon congelé depuis 1994 a donné naissance à un bébé sain, Thaddeus Daniel Pierce, le .