thumb|Couleurs et casquette de la Burschenschaft de l'Université Friedrich-Alexander d'Erlangen-Nuremberg sur une carte postale ancienne vignette|Maison de l'Alte Straßburger Burschenschaft Germania de Tübingen où se réunissent les membres de cette confrérie. Sur le toit, le drapeau est aux couleurs de la confrérie et chaque confrérie possède son propre drapeau. Sur la façade, le blason portant l'insigne et les couleurs de la confrérie Une Burschenschaft est une forme de société d'étudiants des pays germaniques, baptisée en référence à la , société d'étudiants créée le à l'université d'Iéna.
Le mouvement Burschenschaft se consacra à l'unification allemande et surtout aux droits de liberté, par exemple la liberté de la presse. Devenu antisémite au début du XXe siècle, le mouvement organise l'autodafé du 10 mai 1933 détruisant des milliers d'ouvrages jugés contraires au nazisme.
Après la Seconde Guerre mondiale, ces associations sont d'abord interdites, mais leur recréation est autorisée en République fédérale d'Allemagne en 1950.
Il existe également cinq Burschenschaft au Chili. Apolitiques, sans attache à la nation allemande, elles ont pour rôle la conservation de la langue et du patrimoine allemand. La plus ancienne a été fondée en 1896Voir .. Histoire
L’Urburschenschaft d'Iéna et le mouvement au En 1815, Iéna fait partie du grand-duché de Saxe-Weimar dont le souverain, ami de Goethe, a fait un îlot de libéralisme. Le grand-duché, compris dans la Confédération germanique de l'époque post-napoléonienne, condamne le morcellement de l'Allemagne résultant du congrès de Vienne et entretient un état d'esprit nationaliste et anticatholique.
En à Iéna, les étudiants décident de dissoudre les cinq associations régionales existantes pour fonder une seule Burschenschaft. Le règlement définit la Burschenschaft comme Sa devise est . Les Burschenschaften reprennent les couleurs noir-rouge-or sur leur bannière en souvenir du corps franc de LützowLe corps franc du baron de Lützow est composé de volontaires recrutés essentiellement parmi les étudiants des universités. Il lutte contre la domination française en Allemagne en 1813 et pour l‘idéal d‘une Allemagne unie. L'uniforme des recrues comporte un veston noir avec des revers rouges et des boutons dorés.. Le mouvement se répand rapidement dans les universités du centre et du Sud de l'Allemagne. Dans certaines universités, les associations refusent purement et simplement les étudiants juifs. La Burschenschaft d'Heidelberg choisit quant à elle de les admettre.
En 1817, les Burschenschaften se réunissent à Wartburg en Thuringe. 500 étudiants célèbrent ainsi la publication des 95 thèses de Luther 300 ans plus tôt et le quatrième anniversaire de la bataille de Leipzig. À la fin de la rencontre, certains étudiants passablement excités brûlent certains livres considérés comme « anti-allemands » ou « réactionnaires », comme ceux de l'écrivain August von Kotzebue, le code de la gendarmerie prussienne, la queue de perruque d'un bureaucrate et le bâton d'un sous-officier prussienJosé Rovan, Histoire de l'Allemagne, Seuil, 1994, . Cela provoque la persécution des Burschenschaften car les souverains allemands craignent pour leur pouvoir. Au sein de la Burschenschaft, il existe un groupuscule de fanatiques prêt à tout pour assurer . L'un d'eux, Sand, décide d'assassiner August von Kotzebue considéré comme un traitre et de se suicider ensuite. Il poignarde l'écrivain le , mais rate son suicide. En juillet, un autre étudiant commet lui aussi un attentat contre le ministre du duché de NassauJean Delinière, p 261. Fin , le prince Metternich édicte les décrets de Karlsbad, qui interdisent les Burschenschaften et placent sous surveillance rigoureuse toutes les universités.. En 1820, un congrès secret des étudiants décide de rejeter en bloc tous les étudiants juifs. Mais certaines acceptent cependant les étudiants juifs s'ils acceptent de se plier à une formation germano-chrétienneHelmut Berding, Histoire de l'antisémitisme en Allemagne, Maison des Sciences de l'Homme, 1995, 57.
À la fin du , les Burschenschaften sont concurrencées par d'autres organisations étudiantes : le Corps, plus corporatiste et élitiste, la et la qui adoptent le duel étudiant, les qui s'adonnent au chant choral. Il existe aussi des associations d'étudiants religieuses. La Burschenschaft reste cependant la seconde organisation du pays qui, contrairement aux autres organisations estudiantines, garde un esprit progressiste et s'intéresse à la politique. Les associations étudiantes se dépolitisent sous l'Empire allemand et prennent un virage antilibéral teinté d'antisémitismeMarie-Bénédicte Daviet-Vincent, De l’honneur de la corporation à l’honneur de la patrie. Les étudiants de Göttingen dans l’Allemagne de la Première Guerre mondiale » in Le Mouvement Social 2001-1 (no194), pages 39 à 65, disponible sur , consulté le 19 avril 2008.
Au Dès 1920, les Burschenschaften décident de ne plus admettre de membres juifs ou d'ascendance juive et sanctionnent les membres qui épousent une juiveDaniel Aberdam, Berlin entre les deux guerres, une symbiose judéo-allemande, L'Harmattan, 2000, .
Le dans toute la République de Weimar, où les nazis venaient d'accéder au pouvoir, eut lieu un autodafé qualifié d' dans lequel on brûla les œuvres de tous les auteurs que le nouveau régime jugeait intolérables : furent ainsi livrés aux flammes sur la seule de Berlin. Or, l'initiative de cette ne fut pas le fait de Joseph Goebbels ou de ses services, mais celui de la direction de la , qui espérait ainsi précéder sa rivale, la « Fédération des étudiants nationaux-socialistes » (NSDStB). Les autorités universitaires n'élevèrent pas la moindre protestation<ref>Ian Kershaw, ibidem.</ref>.
Au Au , environ 160 associations étudiantes, qui s'appellent dans la République fédérale d'Allemagne et dans la République d'Autriche sont encore vivantes. Leurs couleurs sont souvent noir, rouge et or, mais peuvent sensiblement varier. La plupart d'entre elles appartient à la Deutsche Burschenschaft.
Notes et références
Annexes Bibliographie Jacques Droz, Histoire de l'Allemagne, PUF José Rovan, Histoire de l'Allemagne, Seuil, 1994.
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