Le Ralliement créditiste du Québec (1970-1973, 1975-1978) ou Parti créditiste (1973-1975) est un parti politique québécois évoluant sur la scène provinciale. Il prônait les théories de réforme monétaire du crédit social et servait de véhicule pour l'expression des revendications de la population rurale.

Précédents

Lors des élections fédérales de 1962, le Parti Crédit social du Canada parvient à faire une percée, en remportant 30 sièges. Toutefois, un schisme au sein du parti en 1963 mènent les créditistes élus au Québec à former leur propre parti : le Ralliement créditiste. L'année suivante, les militants du Ralliement créditiste décident au cours de leur Conseil provincial le de développer une aile provinciale au Québec et voient dans les militants du Regroupement national, un parti indépendantiste et traditionaliste, des interlocuteurs légitimes pour y parvenir.

À l'automne 1965 débutent des discussions entre les représentants du Regroupement national et des dirigeants du Ralliement créditiste en vue de créer un parti politique commun. Selon Jean Garon, qui est alors militant du Regroupement national, , prenant pour exemple leur lutte pour le maintien des crucifix dans les écoles. Les négociations se poursuivent pendant l'hiver et, le , le Regroupement national de René Jutras et le Ralliement des créditistes du Québec de Laurent Legault fusionnent sous le nom de Ralliement national. Le nouveau parti indépendantiste allie des éléments tirés de deux précédents partis, en combinant le traditionalisme canadien-français aux thèses économiques inspirées du crédit social. Le , le député créditiste de la circonscription fédérale de Lapointe, Gilles Grégoire, est élu à l'unanimité chef du Ralliement national. Le lendemain, il démissionne de son poste de leader parlementaire du Ralliement créditiste et quitte le caucus du parti pour terminer son mandat à titre de député indépendant.

Le , le Ralliement national accepte de fusionner avec le Mouvement Souveraineté-Association de René Lévesque. Le nouveau parti prend le nom de Parti québécois parrainé par Gilles Grégoire ; ce dernier devient le premier vice-président du nouveau parti. Selon Fabien Roy, en , . En outre, le fait que Gilles Grégoire en soit le vice-président ne peut qu'inquiéter le chef du Ralliement créditiste fédéral Réal Caouette, qui ne veut pas voir des électeurs créditistes se rallier à René Lévesque.

Historique

Le , le Ralliement créditiste fédéral établit le Ralliement créditiste du Québec en tant qu'aile provinciale afin de participer aux prochaines élections provinciales. Camil Samson est président et devient chef du nouveau parti le .

Le Ralliement créditiste présente près d'une centaine de candidats à l'élection générale d'avril 1970. Les créditistes tirent profit du déclin de l'Union nationale et réussissent une percée modeste, remportant 12 sièges à l'Assemblée nationale ainsi que 11,2 % des voix. En , le congrès provincial a lieu au Centre Mgr-Marcoux de Québec.

En 1972, le parti est aux prises avec de graves conflits internes. Le , faisant face à une rébellion au sein de son parti, Camil Samson démissionne du poste de chef et une course à l'investiture est planifiée. Armand Bois, député de Saint-Sauveur, est désigné chef par intérim le . Le , Camil Samson, déjà déchu de son poste de chef, est exclu du parti par neuf des députés créditistes (organisés par Armand Bois) pour avoir critiqué certains membres du caucus et pour son absentéisme lors des réunions du parti. Trois jours plus tard, Samson se déclare donc chef d'un nouveau groupe créditiste et exige d'être reconnu à l'Assemblée en tant que membre du « Ralliement créditiste du Québec enregistré » avec deux autres députés créditistes, Aurèle Audet (Abitibi-Ouest) et Bernard Dumont (Mégantic). Toutefois, le Président de l'Assemblée nationale reconnaît Armand Bois comme chef parlementaire du parti. Le , Samson, Dumont et Audet réintègrent finalement le Ralliement créditiste du Québec.

Le , Yvon Dupuis est élu chef du Ralliement créditiste face à Samson au Colisée de Québec.. Le parti est rebaptisé Parti créditiste et Samson est nommé chef parlementaire à l'Assemblée nationale. Le , Armand Bois, l'ancien chef par intérim, est éjecté du parti pour avoir déclaré au congrès d'investiture du que la garde rapprochée d'Yvon Dupuis comptait certains membres du monde criminel de Montréal. Bois siège en tant que député créditiste indépendant jusqu'au ; il s'excuse ensuite pour ses commentaires et demande à être réadmis au parti.

Le parti perd du galon lors de l'élection de 1973 où seuls deux députés, Fabien Roy et Camil Samson, sont élus à l'Assemblée nationale, bien que le parti remporte 9,9 % des voix à l'échelle de la province. Le chef du Parti, Yvon Dupuis n'est pas élu dans sa circonscription. À la suite de pressions internes, Dupuis démissionnera finalement le et fonde son propre parti, le Parti présidentielCe parti ne sera qu'éphémère puisque Dupuis le quitte le et met fin à sa carrière politique. Le Parti présidentiel est fusionné avec l'Union nationale un an plus tard.. La même année, le , c'est au tour de l'ancien chef par intérim, Armand Bois de fonder son propre parti créditiste, le Parti réformateur.

Le Parti créditiste n'est pas au bout de ses peines. Avant l'élection de 1976, il y a une division additionnelle : les deux seuls députés du parti à l'Assemblée nationale se séparent. Camil Samson devient chef du parti, et lui redonne, le , son nom d'origine : le Ralliement créditiste du Québec. L'autre député, Fabien Roy, est expulsé du parti en . Le , Roy s'alliera à un ancien libéral, Jérôme Choquette, pour former le Parti national populaire sous la direction de Choquette.

À l'élection de novembre 1976, le parti périclite davantage et Camil Samson est le seul député créditiste élu. Le parti remporte 4,6 % du vote populaire dans la province.

Le parti disparaît définitivement de la scène politique, lorsque Camil Samson fonde le , un nouveau parti Les Démocrates, mettant fin aux jours du Ralliement créditiste

Idéologie

Résultats électoraux

+ Résultats électoraux du Ralliement créditiste du QuébecÉlections Sièges Voix Candidats /Circonscriptionsen élection Siègesobtenus Nombre Pourcentage Avril 1970 99 / 108 12 11,2 % Octobre 1973 109 / 110 2 9,9 % Novembre 1976 109 / 110 1 4,6 %

Chefs

+ Chefs du Ralliement créditiste du Québec Chef Mandat 1 Camil Samson 1970 - 1972 2 Yvon Dupuis 1973 - 1974 Camil Samson 1975 - 1978

Députés Député lors de la (1976-1981) Députés lors de la (1973-1976) Fabien Roy (Beauce-Sud) (exclu en 1975) Camil Samson (Rouyn-Noranda) Députés lors de la (1970-1973) Aurèle Audet (Abitibi-Ouest) (exclu 5 mois en 1972) Jean-Louis Béland (Lotbinière) Armand Bois (Saint-Sauveur) (exclu à partir de ) Yvon Brochu (Richmond) Antoine Drolet (Portneuf) Bernard Dumont(Mégantic) (exclu 5 mois en 1972) Florian Guay (Dorchester) Paul-André Latulippe (Frontenac) Joseph-Aurélien Roy (Lévis) Fabien Roy (Beauce) Camil Samson (Rouyn-Noranda) (exclu 5 mois en 1972) Ronald Tétrault (Abitibi-Est) Notes et références

Voir aussi Source

Articles connexes Mouvement créditiste au Québec Mouvement créditiste canadien Politique du Québec Parti politique du Québec

Lien externe Fonds Parti du ralliement créditiste du Québec (P700) — Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) Bibliothèque de l'Assemblée nationale du Québec. Programmes et slogans politiques au Québec : Ralliement créditiste du Québec, 1970-1978

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