La basilique Notre-Dame de la Daurade, dite aussi Sainte-Marie de la Daurade, est une église toulousaine ayant titre de basilique mineure. Elle se situe le long des quais de la Garonne, près de la place et du port du même nom. Elle jouxte l'école des Beaux-Arts.
Description C'est une église apparemment sans clocher, à la façade classique, dont on peut mieux apprécier l'architecture de l'autre côté du fleuve : on aperçoit alors un petit clocher sous-dimensionné, visible sur la peinture d'Henri Rachou reproduite ci-dessous.
Elle a été totalement reconstruite à la fin du sur le site de l'une des plus anciennes églises de Toulouse, qui fut probablement la chapelle des rois wisigoths et dont l'abside était couverte de mosaïques dorées paléochrétiennes (d'où le nom daurada, dorée). Siège d'une abbaye bénédictine dont le prieur était l'un des principaux personnages de la Toulouse médiévale, elle était bordée de moulins jusqu'à la fin du et donnait sur le principal pont de Toulouse du au , le pont de la Daurade.
Elle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le .
Histoire thumb|Tombe de Pierre Goudouli Son histoire commence au . Elle est bâtie sur les vestiges d'un temple romain dodécagonal, sans doute dédié à Apollon, et surmonté d'une coupole. Ce sont les empereurs romains qui confient ce temple aux chrétiens.
Le culte de la Vierge reçoit de nouvelles définitions dogmatiques à Éphèse, en 431. C'est peut-être l'une des raisons de la construction de l'église de la Daurade, dédiée à la Vierge Marie représentée sous la forme d'une vierge noire. En effet, connue aujourd'hui sous le nom de « basilique de la Daurade » à cause de ses mosaïques à fonds dorés, l'église est d'abord appelée « basilique Sainte-Marie de Toulouse ».
Les noms successifs de l'édifice sont Sancta Maria, puis Sancta Maria Fabricata telle qu'il apparaît dans le testament d'Hugues, évêque de Toulouse, en 960 puis Sancta Maria Deaurata. Ce nom provient d'une mosaïque en or qu'elle renfermait : Deaurata qui veut dire couverte d'or
La première mention narrative se trouve dans l'œuvre de Grégoire de Tours qui rapporte dans son Histoire des Francs (VII, 10) que Rigonthe, fille du roi Chilpéric, trouva refuge en 584 dans « la basilique Sainte-Marie de Toulouse », fréquemment identifiée à la Daurade, au moment où lui parvint la nouvelle de l'assassinat de son père. La femme du duc Ragnowald avait, auparavant, trouvé refuge dans ce même sanctuaire, sommée de comparaître devant Chilpéric comme complice de son mari rebelle ; elle s'y trouvait encore lors de l'arrivée de Rigonthe. Ces épisodes illustrent l'existence d'un droit d'asile reconnu à l'église dès le haut Moyen Âge.
Elle est intégrée au à un monastère bénédictin. Au , l'église, restée dodécagonale, est prolongée par une nef romane. Elle est rattachée à l’abbaye de Moissac, elle-même dépendante de Cluny, en 1077, et le monastère est augmenté d’un cloître. La coupole est détruite en 1703, alors qu'elle menaçait de s'écrouler. Un dôme est alors posé en 1760, entamant un peu plus la solidité des murs. En 1761, mal entretenue, toute l'église romane doit être démolie. Un projet de reconstruction débuté en 1764 est arrêté afin de permettre la construction des quais de la Garonne par l'architecte Saget en contrebas, et sur lesquels l'implantation de l'église débordait.
Le nouveau projet était ambitieux. Il s'agissait de reproduire la basilique Saint-Pierre de Rome. Neuf ans plus tard, on modifia les plans, et on opéra une rotation et une translation de l'ensemble. Ainsi, le chœur de la basilique primitive, qui était bâtie sur les vestiges du temple romain, se situe aujourd'hui sous le transept. Les travaux furent interrompus par la Révolution. L'église fut consacrée en 1836, et érigée en basilique par le pape Pie IX en 1876, soit deux ans avant la basilique Saint-Sernin. Elle ne fut réellement terminée qu'en 1883.
Aujourd'hui, la Daurade abrite les restes du poète Pierre Goudouli, dont la statue orne le centre du jardin de la place Wilson.
La dévotion au culte de Notre-Dame de la Daurade a fait l'objet d'une recherche universitaire.
Liste des prieurs de Sainte-Marie de la Daurade
Aymar (…1214. …). Bernard de Montesquieu, moine de Moissac, ensuite abbé d'Arles (dioc. d'Elne.). Robert de Labastide, neveu de l'abbé de Moissac Bernard de Luzach. Adémar de Fumel, nommé par l'abbé de Moissac Raymond du Bruet. Guillaume Robert, nommé par l'abbé de Moissac Raymond du Bruet. Peire de Dalbs (1236-1240), par la suite abbé de Lézat. Arnau d'Aragon (…après 1240…). Hugues de Murat (avant 1246), ensuite prieur de Saint-Flour. Arnau d'Aragon (…1246…), nommé par l'abbé de Lézat Peire de Dalbs. Bertrand Barrau (1246-1248), moine de LézatElie Berger, Les registres d'Innocent IV, n. 4112 . . Bertrand de Geniès (…1254), auparavant prieur de Rabastens, par la suite abbé de FigeacElie Berger, Les registres d'Innocent IV, n. 8058 et 8061.. Gaillard (…1264-), moine de Moissac, ensuite abbé du Mont Cassin, mort en 1301Jean Guiraud, Les registres d'Urbain IV, n. 445 ; Georges Digard, Les registres de Boniface VIII, n. 915 et n. 1264.. Bernard de Acromonte (1296…), également chanoine d'AgenGeorges Digard, Les registres de Boniface VIII, n. 1528.. Bertrand de la Tour (…1312…), en même temps prieur de Rabastens. . Bonafous de Durfort (…1319.…). Bonald de Durfort (…1334…). Raymond de Vayrac (…-1408), ensuite abbé de Moissac. . Pierre de Rocossel (…-1420), ensuite abbé de Saint-Sauveur au diocèse de Maguelonne. Raymond d'Orens (1420-1431…), docteur en droit, nommé par l'abbé de Moissac Raymond. Aymeric de Senergues (…1452-1461…), nommé par l'abbé de Moissac Raymond du Bruet. . Jean de Morlhon (…1498…), professeur de droit et maître en théologie. . Aymeric de Senergues (…1503…),. Jean de Narbonne (…1527-1532…), en même temps abbé de Moissac.
L'extérieur et l'intérieur de la basilique ainsi que le mobilier ont été nettoyés et restaurés après 26 mois de travaux (automne 2017 - ) sous la direction d'Axel Letellier, architecte du patrimoine.
Les travaux s'élèvent à 5,7 millions d'euros. C'est la première restauration depuis sa construction.
L'inauguration a eu lieu le , à l'occasion de la fête de l'Immaculée Conception, et en présence de Robert Le Gall, archevêque de Toulouse.
Le clocheton qui risquait de s'effondrer a été consolidé, ainsi, pour cette inauguration, les cloches ont retenti pour la première fois depuis 70 ans.
Tout le mobilier sera bientôt classé au titre objet des monuments historiques.
Depuis la restauration, la basilique est ouverte tous les jours pour les visites, en dehors horaires des liturgies qui sont réservées à la dévotion des fidèles
Ancien prieuré
Vierge noire Photos prises en 2014, avant la restauration (automne 2017 - ). Une des particularités de la basilique est d'abriter une vierge noire. La statue présentée aujourd'hui est pourtant la deuxième copie d'une vierge brune, connue au . Le culte de la Vierge noire est particulièrement dédié aux femmes enceintes. L'original fut tout d'abord volé au et reproduit à l'identique. La Vierge de Montserrat, en Catalogne, est appelée la moreneta, la Brunette. On a coutume de dire qu'elle est devenue noire à cause de la fumée des cierges.
La ferveur des fidèles fut telle que les armées de chandelles transformèrent la couleur de la seconde vierge exposée. Ainsi, dès le , Notre-Dame la Brune fut connue sous le nom de Notre-Dame La Noire. Cette statue a, dit-on, de nombreux miracles à son actif. En particulier, elle aurait sauvé le quartier Saint-Michel d'un incendie en 1672. En 1727, lors d'une grave inondation, les capitouls de Toulouse firent porter la statue en procession le long de la Garonne pour obtenir la protection de la ville.
La statue fut brûlée à la Révolution, en 1799, sur la place du Capitole. En 1807, une nouvelle statue fut sculptée d'après les souvenirs que l'on avait de l'ancienne vierge brûlée.
La statue actuelle mesure environ de hauteur. Afin de renouveler sa garde robe usée, les paroissiens de la basilique ont lancé un appel aux plus grandes maisons de haute couture françaisesDirectmatin plus du 25 septembre 2008.
La couronne de la Vierge et celle de l'Enfant sont classésBase Palissy PM31000850 & PM31000852.
Les décors en céramique sont de Gaston Virebent.
Les orgues La basilique possède un orgue de tribune classé au titre des monuments historiquesBase Palissy PM31001454 et PM31000995 et un orgue de chœur.
Photos prises en 2014, avant la restauration (automne 2017 - ).
Les cloches La basilique de la Daurade dispose d’un modeste clocheton circulaire situé sur son toit, entre le transept sud (celui de droite) et le chœur. En 2017, l’église possédait cinq cloches, les deux plus grosses équipées pour sonner à la volée, les trois autres fixes (Si 3, Ré # 4, Fa 4, Fa # 4, Sol # 4). Quatre cloches fondues en 1845 par Jean-Louis Louison, fondeur à Toulouse, et une en 1816 par le fondeur Châtelet.
La restauration de 2018, en plus du réaccord des cloches, a consisté en l’ajout de deux nouvelles cloches (Do # 4 et La # 4) ainsi que le remplacement de la cloche Fa 4 qu’il n’était pas possible de réaccorder.
La nouvelle sonnerie
Cloche 1 : Si 3 - 260 kg Cloche 2 : « Maria Dauratae » - Do # 4 - 225 kg, fondue en 2018 par Paccard d’Annecy Cloche 3 : Ré # 4 - 125 kg Cloche 4 : « Peire Garona » - Fa 4 - 115 kg, fondue en 2018 par Paccard d’Annecy Cloche 5 : Fa 4 # - 70 kg Cloche 6 : Sol # 4 - 60 kg Cloche 7 : « Benoît » - La # 4 - 52 kg, fondue en 2018 par Paccard d’Annecy
Nom des trois nouvelles cloches
« Maria Dauratæ » correspond à la dédicace de l'église
« Peire Garona » (Pierre Goudouli) poète toulousain (1580-1649) dont les cendres sont conservées dans la basilique
« Benoît » du nom de l’inspirateur de la règle des moines bâtisseurs de l'église actuelle
Fonte des nouvelles cloches
Les 15 et , les nouvelles cloches ont été fondues en public, quai de la Daurade (à quelques dizaines de mètres de basilique de la Daurade), à l’occasion des Journées européennes du patrimoine. La coulée des trois cloches eu lieu le samedi 15 à 22 h et leur démoulage le lendemain, dimanche 16 à 10 h. Les cloches partirent ensuite à la fonderie Paccard d’Annecy pour être polies et accordées avant de revenir à Toulouse. Leur baptême eu lieu le dimanche à la messe de 11 heures.
L’ordre de coulée des cloches a débuté par la plus petite jusqu’à la plus grosse. Pendant la coulée de la cloche moyenne, sa chape (partie externe du moule) a présenté une fuite à la base laissant échapper 30 kg de bronze en fusion. La fuite fut colmatée en urgence et la cloche pu finalement être coulée avec succès. En revanche, ce fut au détriment la grosse cloche pour laquelle la quantité de métal nécessaire a manqué. Bien que tout le métal du four ait été coulé, il en a manqué pour la partie supérieure de la cloche (cerveau et anses). Elle fut donc entièrement refaite par la suite (nouveau moule, nouvelle coulée), à la fonderie Paccard d’Annecy (Sévrier). D’une certaine façon, on peut dire que Peire Garona a finalement pu être coulée mais grâce au sacrifice de sa grande sœur, Maria Daurautæ.
Un objectif de la restauration
Parmi les différents objectifs de la restauration, l’un était que les notes des cloches permettent de jouer le début de la chanson « Toulouse » (initialement nommée « O Toulouse ») de Claude Nougaro, sortie en 1967. La chanson est passée à la postérité, devenant emblématique de la ville, jusqu'à être considérée comme un hymne toulousain.