La (en occitan : plaça del Capitòli) est une place de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.
Fruit de l'urbanisme classique et de la volonté de doter la ville d'une vaste place, les premiers projets de « place royale » voient le jour à la fin du . Le dégagement progressif de la place ne commence cependant qu'au début du . Il s'agit également pour les consuls de la ville, les capitouls, de magnifier leur pouvoir par la mise en valeur de leur « Maison commune », le Capitole, dont la façade monumentale, qui fait intervenir les meilleurs artistes toulousains de l'époque, est élevée au même moment. La place du Capitole devient alors le cœur de la cité : place de marché, place de fêtes, mais aussi place de la guillotine pendant la Révolution française. C'est dans la première moitié du que la place prend enfin son aspect actuel : les côtés sud, nord et ouest sont successivement construits dans le style néo-classique entre 1809 et 1852 sur les plans de l'architecte de la ville, Jacques-Pascal Virebent. À cette époque, la place du Capitole est bordée de grands cafés, de restaurants et d'hôtels, tels le Bibent ou le Florida, qui étalent leurs terrasses.
Dans la deuxième moitié du , la place du Capitole connaît le développement de la voiture. Les vestiges de la porte romaine, redécouverts lors du creusement du parking souterrain, sont irrémédiablement détruits. L'arrivée du métro, en 1993, change la donne : la place, rénovée, est rendue aux piétons. La place, pavée de granit rose, est ornée en 1995 d'une grande croix de Toulouse par l'artiste Raymond Moretti. Il complète deux ans plus tard la série des tableaux qui décorent les arcades. La place du Capitole, dont le sol et les façades sont protégés comme site inscrit depuis 1943, est incluse en 1986 dans le site patrimonial remarquable de la ville.
Au début du , si on voit disparaître certaines des enseignes les plus prestigieuses de la ville au profit de boutiques et de franchises internationales, la place du Capitole n'en reste pas moins le cœur de la ville, fréquentée par les Toulousains et par les touristes, s'animant les jours de marché, les jours d'élection, mais aussi les soirs de concert et les nuits de victoire du Stade toulousain.
Situation et accès Description vignette|upright=2|centré|Vue panoramique de la place du Capitole. La place du Capitole est une voie publique. Elle se situe au cœur du centre-ville de Toulouse, dans le quartier du Capitole.
Elle forme un rectangle régulier, de 126 mètres de long, du nord au sud, sur 92 mètres de large, d'est en ouest, pour une superficie d'environ . Ce vaste ensemble à l'architecture ordonnancée est bordé à l'est par la façade monumentale du Capitole, dans lequel se trouve la mairie de la ville et le Théâtre du Capitole.
La circulation automobile sur la place du Capitole est règlementée. Elle a été progressivement rendue piétonne, à partir des travaux de réfection de la place, en 1993, qui avaient déjà réduit les voies de circulation. La place n'est plus accessible que par la rue du Poids-de-l'Huile, pour les véhicules qui souhaitent se rendre au parking souterrain Capitole, situé sous la place-même, ou par les rues Jean-Antoine-Romiguières et Charles-de-Rémusat, pour les riverains seulement. Le centre de la place est réservé aux piétons, à diverses manifestations et animations, ponctuelles ou régulières, et aux marchés quotidiens.
La place du Capitole est le point d'arrivée du sentier de grande randonnée 46 (GR 46), qui va de Tours à Toulouse. Elle est également le point de départ du sentier de grande randonnée 86 (GR 86), qui va de Toulouse à Bagnères-de-Luchon, et du sentier de grande randonnée 861 (GR 861), qui va de Toulouse à Saint-Bertrand-de-Comminges, et qui sont prolongés, au sud, par la rue Léon-Gambetta.
Voies rencontrées La place du Capitole rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants :
Rue de la Pomme Rue Saint-Rome Rue Léon-Gambetta Rue Jean-Antoine-Romiguières Rue des Lois Rue du Taur Rue Charles-de-Rémusat Rue Lafayette
Transports Autrefois au cœur du réseau des transports en commun toulousains, la place du Capitole n'est, depuis 1993 et le réaménagement de la place, consécutif à la construction du métro, plus desservie directement par le réseau Tisséo. La place reste toutefois accessible par la station Capitole de la ligne A du métro. Elle est également traversée, sur le côté nord et sur le côté ouest, par la navette du centre-ville, qui n'y marque pas l'arrêt directement, mais dans les rues voisines, rue Léon-Gambetta, rue Charles-de-Rémusat et rue du Taur.
Si elle n'abrite pas de station de vélos en libre-service VélôToulouse, la place du Capitole se trouve cependant à proximité immédiate des stations rue du Poids-de-l'Huile, rue Lafayette, rue de la Pomme et rue des Lois.
Odonymie La place du Capitole tient son nom de la proximité de la « Maison commune » des capitouls, connue depuis le comme le Capitole, et qui abrite aujourd'hui la mairie de la ville. Au cœur de l'espace politique et de la vie publique toulousaine, la place a plusieurs fois changé de nom depuis son aménagement au . Depuis les premiers projets, on lui avait donné le nom de place Royale en l'honneur du roi Louis XIV. En , pendant la Révolution française, comme toutes les places et toutes les rues de la ville étaient renommées par la municipalité révolutionnaire, la place reçut le nom de place de la Liberté. En 1800, elle devint place d'Armes, puis place Commune en 1804 et place de la Mairie en 1805. Mais en 1812, elle fut renommée place Impériale, en l'honneur de l'empereur Napoléon , avant que la chute de l'Empire et la restauration de la monarchie, en 1815, ne lui rende son nom de place Royale. Finalement, c'est par une décision de la municipalité de François Sans que la place prit son nom actuel en 1844.
Le , la voie de circulation qui, dans l'axe de la rue du Taur, traverse le côté ouest de la place jusqu'à la rue Léon-Gambetta a reçu le nom de rue Dominique-Baudis. Fils de Pierre Baudis (1916-1997), maire de Toulouse, Dominique Baudis (1947-2014) suit d'abord une carrière de journaliste avant de s'engager en politique. En 1983, il prend la succession de son père à la mairie, qu'il conserve jusu'en 2001. À cette date, il abandonne ses fonctions politiques pour être président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). En 2011, est nommé à la fonction de défenseur des droits qui vient d'être créée. À Toulouse, son buste a été placé dans la cour Henri-IV, au cœur du Capitole. C'est finalement le qu'une cérémonie officielle se tient en présence de sa famille et du maire, Jean-Luc MoudencCyril Doumergue, « Toulouse : la rue Dominique Baudis a été baptisée, sur la place du Capitole », La Dépêche du Midi, 3 septembre 2022..
Histoire Antiquité Lors de la pose de canalisation d’égouts en 1910, puis de la construction du parking souterrain en 1971, les fouilles ont révélé les vestiges de l'enceinte romaine et les fondations de la « Porterie » d'époque romaine, la porte en pierre taillée qui marquait l'entrée de la cité et qui a subsisté jusqu'au milieu du Moyen Âge.
Moyen Âge Au Moyen Âge, l'espace de la place actuelle n'existe pas. Jusqu'au , il est encore traversé, d'est en ouest, par l'ancien rempart gallo-romain qui ferme la cité au nord, seulement ouvert par la Porterie, la porte nord de la ville. Du côté de la ville aboutit la Grand-rue, la principale rue commerçante de la ville, qui traverse la ville depuis la porte Narbonnaise. Le quartier de la Porterie est un carrefour important, auquel aboutissent les voies parallèles à la Grand-rue, la rue des Argentiers à l'ouest (actuels rue Léon-Gambetta et côté sud-ouest de la place du Capitole) et la rue des Fréniers à l'est (actuels rue de la Pomme et côté sud-est de la place du Capitole). La dernière partie de la Grand-rue, dans le prolongement de la rue Cervinières (actuelle rue Saint-Rome), prend le nom de rue de la Porterie. Deux impasses s'ouvrent perpendiculairement sur les côtés : la ruelle Marcelot à l'est et la ruelle Saint-Quintin à l'ouest. Cette dernière donne accès à la petite église Saint-Quentin, connue depuis le au moinsChalande 1929, ..
Du côté de la campagne s'étendent plusieurs chemins, dont celui qui mène à l'enclos – le claustrum – de l'abbaye Saint-Sernin, qui s'est développée autour du tombeau et des reliques du martyr Saturnin (actuelle rue du Taur). Progressivement, le développement d'un bourg autour de Saint-Sernin au transforme le quartier de la Porterie. La construction d'un rempart – d'abord une simple levée de terre complétée de fossés, puis une véritable muraille – rend inutile l'entretien de la partie nord du vieux rempart gallo-romain. À partir du , la Porterie et le « mur sarrasin », comme on le désigne, sont démolis ou absorbés par les maisons qui sont construites contre le mur. À l'est de la rue du Taur s'étend la rue des Aguilhères (actuel côté nord-est de la place du Capitole)Salies 1989, vol. 1, ., prolongée par la rue Villeneuve (actuelle rue Lafayette) qui aboutit à la porte du même nom (emplacement des actuels et 22 rue Lafayette). À l'ouest, la rue de l'Orme-Sec (actuelle rue Jean-Antoine-Romiguières) mène, par la rue Pargaminières, au port Bidou (actuel port Saint-Pierre) et au Bazacle.
En 1152, le comte de Toulouse, Raimond V, établit un « chapitre », constitué de quatre juges, deux avocats et six capitulaires, représentant les quartiers de la ville, pour administrer les affaires de la cité. Ils n'ont pas de lieu de réunion fixe et s'assemblent d'abord en plusieurs lieux, dans l'église Saint-Pierre-des-Cuisines souvent, mais à la chapelle Saint-Quentin aussiSalies 1989, vol. 2, .. En 1189, les consuls de la ville obtiennent de Raimond V des pouvoirs importants en matière de justice, de police, de réglementation et de prélèvement des impôts. L'année suivante, ils achètent une bâtisse pour y établir la Maison commune. Celle-ci, appuyée contre le « mur sarrasin », à la limite de la cité et du bourg, matérialise l'union des deux parties de la villeCazes 2015, .. Entre 1194 et 1202, les consuls acquièrent de nouvelles maisons, des terrains et une tour du rempartSalies 1989, vol. 1, ..
Le quartier attire les marchands et les voyageurs. On trouve ainsi, au , le logis des Balances, dans la rue des Argentiers (emplacement de l'actuel place du Capitole)Salies 1989, vol. 1, ..
Le quartier de la Porterie se trouve également au cœur du « » toulousain, à proximité directe du couvent des dominicains et du couvent des franciscains où s'établit, à partir du , l'université. Au cours des siècles suivants, plusieurs collèges d'étudiants boursiers sont fondés dans la ville, généralement par des personnages éminents de la cour papale avignonnaise qui avaient fait leurs études à Toulouse. Le collège Saint-Martial est fondé en 1359 par le pape Innocent VI (emplacement des actuels et 3)Salies 1989, vol. 2, .. Le collège Saint-Mathurin, fondé au pour des religieux trinitaires, se trouve plus au nord, à l'angle de la rue des Aguilhères (emplacement de l'actuel )Salies 1989, vol. 2, .. Dans les rues voisines sont établis à la fin du le collège de Pampelune, fondé par le cardinal Pierre de Monteruc (emplacement des actuels rue Léon-Gambetta), et le collège des Pauvrets (emplacement des actuels rue du Poids-de-l'Huile).
Période moderne Le quartier de la Maison commune est touché par les incendies. En 1463, le Grand incendie de la ville ravage en partie les constructions. L'église Saint-Quentin est peut-être ruinée à ce moment-là – elle n'est voûtée qu'en 1519. Dans le même temps, elle devient le siège de la confrérie des libraires, particulièrement nombreux dans la rue Servinières (deuxième partie de l'actuelle rue Saint-Rome).