L'Oranie (en , en berbère : ⵜⴰⵎⴹⴰⵏⵜ ⵏ ⵡⴻⵀⵔⴻⵏ) est une région socioculturelle de l'Ouest algérien qui comprend tout le nord-ouest de l'Algérie et correspond approximativement aux wilayas suivantes : Oran, Aïn Témouchent, Mascara, Mostaganem, Relizane, Saïda, Sidi Bel Abbès, Tlemcen, Tiaret, Saïda, Naâma et El Bayadh. La capitale de la région est la ville d'Oran.
Cette région d'Algérie est limitée à l'est par la moyenne vallée du Chelif, à l'ouest par la région de l'Oriental marocain, au nord par la Mer Méditerranée et au sud par les hauts-plateaux occidentaux jusqu'à l'Atlas saharien qui forme une frontière naturelle de la région. La région se caractérise aussi par la proximité des côtes espagnolesLe portail de la presse algérienne, la distance entre la wilaya d'Aïn Témouchent et Almería est de à .
L'Oranie correspond au Tell occidental, cependant certains lui ajoutent les wilayas du sud jusqu'à la wilaya de Béchar, comme le journal Le Quotidien d'Oran, mais cette région est aussi appelée « le Sud oranais » ; ces deux régions représentaient la Wilaya V pendant la guerre d’Algérie.
Toponymie et territoire En français, le terme Oranie vient de la ville d'Oran qui est une déformation de Wahran.
Le terme Oranie fut employé à l'origine de manière informelle pour nommer le département d'Oran de l'époque coloniale dans sa plus grande extensionLa surface de ce département a varié dans des proportions considérables : d'environ au , il fut réduit à en 1905 par amputation d'une grande partie des hauts-plateaux du sud oranais au profit des Territoires du Sud (avant la réforme territoriale de 1957).
Ce néologisme du , qui était répertorié dans les anciens dictionnairesLarousse du : ., n'a plus ce privilège, alors que son usage reste courant.
En arabe, le terme utilisé pour qualifier l'Oranie est le plus souvent (al-Qiṭāʿ al-Wahrānī), littéralement le secteur oranais ou la partie oranaise, donc plus globalement la région oranaise. Dans les médias officiels, on utilise l'expression (al-Ḡarb al-Jazāʾirī) l'Ouest algérien mais en réalité l'ouest algérien englobe des départements, ou wilayas, qui ne font pas culturellement partie de l'Oranie, bien qu'ils soient arabophones.
L'Oranie en tant que région se distingue par son héritage socio-culturel, façonnée par sa géographie et son histoire. C'est aujourd'hui l'aire d'influence de l'agglomération oranaise.
Il est à noter que la création de wilayas par l'état algérien et la centralisation de l'Algérie ont coupé, culturellement, des territoires à la périphérie de l'Oranie, notamment vers Chlef, El Bayadh et Naâma.
Géographie L'Oranie est limitée, au nord, par la mer Méditerranée sur un littoral de de longueur, à l’ouest, par le Maroc, au sud, par le Chott ech Chergui, et les hautes plaines du Sersou et à l’est, par les monts de l’Ouarsenis et la vallée du bas-Chélif.
Relief left|thumb| Paysage typique de l'intérieur oranais, vers Relizane
L’Oranie est composée naturellement de sahels, de plaines littorales et sub-littorales, de chaînes montagneuses, de bassins intérieurs et, enfin, d’une vaste zone steppique.
En Oranie, l'Atlas tellien ne constitue pas une chaîne de montagnes continue. Il est découpé au voisinage de la mer par une série de plaines sub-littorales de Mostaganem à Aïn Témouchent.. Entre ces plaines se dressent les petites hauteurs du Sahel oranais., qui tombent à pic dans la mer et forment une côte abrupte et rocheuse : les baies (Oran, Arzew) sont rares et peu abritées, à l'exception notable de la rade de Mers el-Kébir.
Au sud de ces collines du Sahel se trouvent des petits massifs montagneux, plus élevés : monts du Tessala, de Tlemcen, des Beni-Chougrane, des Trara et du Dahra. Le massif de l'Ouarsenis, qui atteint près de , est le plus important. Entre ces massifs s'étendent des plaines intérieures : plaines de Tlemcen, de Sidi-Bel-Abbès et de Mascara..
Au sud des massifs de Tell s'étendent des hauts plateaux semi-arides, dont le centre est occupé par le grand Chott ech Chergui. Plus au sud, s'étendent les monts des Ksour, qui font partie de l'Atlas saharien..
Climat L'Oranie bénéficie d'un climat méditerranéen classique marqué par une sécheresse estivale, des hivers doux, un ciel lumineux et dégagé. Pendant les mois d'été, les précipitations deviennent rares, voire inexistantes, et le ciel est lumineux et dégagé. L'anticyclone subtropical recouvre la région pendant près de quatre mois. En revanche, la région est bien arrosée pendant l'hiver. Les faibles précipitations ( de pluie) et leur fréquence ( par an) sont aussi caractéristiques de ce climat, plus sec que le reste du Nord Algérien dû aux basses latitudes, et la position d’abri favorisée par des chaînes montagneuses du sud espagnole et du Rif.
Si le vent du sud dessèche, il n'en est pas de même des vents du secteur Ouest, qui soufflent parfois avec violence, surtout du Nord-Ouest, et sont des vents bienfaisants qui amènent la pluie sur tout le pays et surtout les secteurs montagneux. Ceci d'une manière irrégulière de l'automne au printemps, à des dates et en quantités très variables suivant les années, mais privilégiant toujours les massifs montagneux par rapport aux régions voisines.
En été, le sirocco, un vent très sec et très chaud, se dirige du sud vers le nord. Dans le sud de la région le climat est semi-aride.
Géographie humaine et administrative thumb|Place de Sidi Bel Abbès. L’Oranie est une région socioculturelle, mais elle n’est pas reconnue comme une unité administrative par l’État algérien. Sur le plan administratif, l'Oranie est divisée en 9 wilayas.
Les wilayas, classées par leur indicatif, sont : + Liste des Wilayas d'Oranie par leur indicatifN°WilayaSuperficiePopulation en 2010 13 Wilaya de Tlemcen 14 Wilaya de Tiaret 20 Wilaya de Saïda 22 Wilaya de Sidi Bel Abbès 27 Wilaya de Mostaganem 29 Wilaya de Mascara 31 Wilaya d'Oran 46 Wilaya d'Aïn Témouchent 48 Wilaya de Relizane Total Tous les habitants des wilayas, sauf ceux de Chlef, sont comptés.
Villes principales
vignette|Oran, la d'Algérie et capitale de l'Oranie L'Oranie compte quelques agglomérations urbaines de plus de . Oran, la plus grande ville de l'Oranie, métropole de plus d'un million d'habitants, soit plus du sixième de la population régionale, faisant d'elle la deuxième ville d'Algérie.
Les autres villes importantes d'Oranie, au regard de la population, de l'influence culturelle, de l'économie ou de l'importance administrative sont : Tlemcen, ancienne capitale du Maghreb central. ; Maghnia (Wilaya de Tlemcen) ville frontalière avec le Maroc ; Tiaret, ancienne capitale des Rostémides. ; Saïda située en bordure nord des Hauts Plateaux du Sud oranais ; Sidi Bel Abbès, centre commercial et industriel important ; Mostaganem, deuxième ville côtière d'Oranie ; Mascara, ancienne capitale du beylik occidental et première capitale de l'État d'Abdelkader ; Arzew (Wilaya d'Oran), un important port industriel ; Sig (Wilaya de Mascara), l'une des villes importantes autour d'Oran, célèbre pour la production d'olives fines ; Aïn Témouchent et Relizane d'autres villes moyennes d'importance locale.
Les anciens centres urbains précoloniaux de l’Oranie ont perdu leur importance régionale comme Nedroma (massif des Trara), Mazouna (la Dahra) et Kalaa des Beni Rached (dans Les monts des Beni-Chougrane). Elles ont vu leurs activités artisanales décliner, à l’exception de Tlemcen, au profit des villes qui ont bénéficié du peuplement colonial comme Oran ou les villes aménagées pour les populations européennes comme Sidi Bel Abbès..
Population et langues Peuplement thumb|gauche|Littoral oranais, plage de Madagh L'Oranie connaît une urbanisation galopante de son littoral notamment sur le territoire situé sur l’axe Oran – Arzew – Mostaganem qui connaît une forte densité dépassant souvent les / km². Les communes de la bande littorale regroupent plus d’un tiers de la population de la région. Les densités, diminuent au fur et à mesure qu’on progresse vers l’intérieur ne dépassant pas / km² pour atteindre des taux très bas, dans certaines zones steppiques.
L'Oranie est une région caractérisée par de nombreuses grandes villes. On estime qu'environ d'habitants vivent dans de grandes villes de plus de , tandis qu'en incluant les villes de plus de , les habitants urbains de l'Oranie représentent de personnes sur un total de plus de d'habitantsJ'ai recensé les villes de plus de qui sont : Wahran, Tiaret, Sidi Bel Abbes, Chlef, Saida, Mostaganem, Tlemcen. Ces villes totalisent . J'ai ensuite ajouté les villes de moins de et de plus de qui sont : Mascara, Maghnia, Choggar, Ech chetta, Arzew, Sig (Mascara), Ain temouchent. En tout, on totalise : dans des villes de plus de .. Mais la présence d'une campagne fertile proche du littoral et de hauts plateaux notamment Tiaret, véritable « grenier ». de l'Oranie, permet à Oran d'avoir une certaine autosuffisance alimentaire sur certains produits.
Le développement d’une économie extravertie, durant la période coloniale, est à l’origine de la littoralisation en Oranie qui s’est poursuivi après l’indépendance et s’est renforcée avec l’industrialisation du pays. Toutefois, le volontarisme étatique déployé au niveau national durant la période socialiste a fait émerger de nouveaux pôles industriels, de l’intérieur, comme ceux de Sidi Bel Abbès et Tlemcen qui a permis un recul remarquable des disparités entre littoral et intérieur. La situation d’instabilité politico-économique qu’a connue l’Algérie durant la décennie 1990, a engendré de nouvelles vagues d’exode rural vers les villes littorales. Oran a reçu une masse importante de cette population.
Langues thumb|right|Les îlot berbérophones en Algérie occidentale.
L'arabe algérien est la langue véhiculaire dominante de l'Oranie, il existe plusieurs accents ou variétés. On distingue l'arabe oranais un dialecte de l'arabe algérien. Toutefois, l'encyclopédie de l'islam signale qu'au , on parlait encore berbère dans l'Oranie..
Les parlers dits citadins, sont présents dans certains villes, notamment à Tlemcen, où la lettre "q" /qaf/ (ق) ne se prononce pas. Cet arabe tlemcenien est fortement influencé par l'andalou, Tlemcen ayant abrité de nombreux Morisques après leur expulsion d'Espagne. L'arabe nedromi où la lettre, "q" /qaf/, est prononcée. De la même manière, il existe un arabe caractéristique de Mostaganem et même les campagnes possèdent des caractéristiques qui permettent aux différentes populations de l'Oranie de se reconnaître et de se différencier.
On constate par ailleurs des îlots berbérophones, notamment au niveau de la wilaya de Chlef. Ainsi le chenoui est parlé par quelques dizaines de milliers d'autochtones, bien que le Mont Chenoua ne fasse pas partie, per se, de l'Oranie mais de l'Ouest algérien. On a pu par contre localiser quelques villages berbérophones au niveau de certaines régions, notamment Arzew, ou au niveau du mont Beni Snous, vers Tlemcen. Jusqu’en 1936, des îlots berbérophones ont continué d'exister dans la région (Mascara, Mostaganem)Ahmed Amiri « Mythes et réalités d'une logique de mutation de la société algérienne », Sud/Nord 1/2001 (no 14), ..
L'espagnol est aussi présent et on estime à le nombre d'hispanophones à Oran, en 1992Sociolingüística del español en el Norte de África, Isabel Molina Martos, 2006, .
Histoire thumb|la Mansourah, à Tlemcen
L'Oranie correspond dans une large mesure au territoire du Beylik de l'Ouest de la Régence d'Alger qui eut pour chefs-lieux successifs Mazouna, Mascara, Oran ; Beylik de l'Ouest qui a préfiguré l'ancien département d'Oran de l'époque coloniale..
Plusieurs dynasties ont gouverné le Maghreb central à partir de villes d'Oranie telles Tahert et Tlemcen. L'Émir Abdelkader figure de la résistance algérienne contre le colonialisme est originaire d'El Guetna (région de Mascara). De même, le nationaliste Messali Hadj est originaire de Tlemcen.