Beignon est une commune française, située dans le département du Morbihan en région Bretagne.

Géographie Situation vignette|gauche| Carte de la commune de Beignon et des communes avoisinantes.

Située au sud-ouest de la forêt de Paimpont, Beignon a connu une importante activité, maintenant disparue, de tannage des cuirs. Cette spécialité a dû être favorisée par la possibilité d'utiliser les tanins issus de la forêt. Il ne faut pas la confondre avec sa petite voisine : Saint-Malo-de-Beignon.

Relief Beignon a un terroir en pente vers l'est : les altitudes les plus élevées sont à l'ouest (212 mètres dans le bois de Lanviel au nord-ouest de la commune) et à un degré moindre dans la partie sud de la commune (159 mètres), dans les deux cas dans la partie appartenant au camp militaire de Coëtquidan ; le point le plus bas (52 mètres) est à la pointe est du territoire communal, dans la vallée de l'Aff. Le bourg est vers 120 mètres d'altitude.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Aff, le Saint-Malo, le ruisseau du Veau lorient, le ruisseau de Terrouet, le ruisseau des Landelles, le ruisseau du Valogier et le ruisseau le Moulinet et divers autres petits cours d'eau..

L'Aff limite au nord et à l'est le territoire communal, séparant Beignon de Paimpont et Plélan-le-Grand, servant aussi de limite départementale entre le Morbihan et l'Ille-et-Vilaine. D'une longueur de , il prend sa source dans la commune de Paimpont et se jette dans l'Oust à Saint-Vincent-sur-Oust, après avoir traversé ..

Le territoire communal est parcouru par le Ruisseau de Saint-Malo, affluent de rive droite de l'Aff, et ses propres affluents, le Ruisseaux des Landelles et le Ruisseau du Moulinet.

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de BeignonLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Ploërmel à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Transports Beignon était sur l'ancien tracé de la Route nationale 24 qui traversait ensuite le camp de Coëtquidan, d'où des interruptions de trafic lors des séances de tir militaires. Cette route, venant de Rennes via Plélan-le-Grand et allant vers Lorient via Campénéac et Ploërmel a été déclassée : c'est désormais la RD 724 (dans le Morbihan) et la D 224 (en Ille-et-Vilaine). L'actuelle RN 24, aménagée en voie express, contourne par le sud le camp de Coëtquidan et ne passe plus par Beignon.

La RD 773, qui relie Paimpont à Saint-Malo-de-Beignon et à Guer en traversant la partie orientale de la commune, est un tronçon de l'ancienne Route nationale 773, qui a été déclassé. Un embranchement, la RD 773b, relie Beignon à Saint-Malo-de-Beignon.

La D 124 vient, côté nord, de Paimpont, et, après avoir traversé le bourg de Beignon, va, côté sud, en direction de Porcaro et Monteneuf.

Paysages et habitat En raison de la présence du camp de Coëtquidan, seule la partie orientale de la commune est habitée et présentait naguère un habitat dispersé en écarts formés de hameaux (les principaux étant Launay, la Daoutte, la Rivière d'en Haut, la Rivière d'en Bas, la Croix Danet) et fermes isolées, le bourg étant en situation relativement centrale au sein du territoire communal.

Après avoir connu un déclin démographique continu pendant un siècle et demi tout au long du et de la première moitié du , perdant les deux tiers de ses habitants, cela étant dû aux conditions naturelles difficiles et à la disparition de ceux de ses écarts qui étaient situés dans le camp de Coëtquidan, la commune a connu depuis 1962 un regain démographique qui l'a fait retrouver en un peu plus d'un demi-siècle une population supérieure à celle du début du , ce qui se traduit sur le terrain par une croissance importante du bourg, à la périphérie duquel plusieurs lotissements ont été créés, ainsi que la zone industrielle du Chénot, ainsi que par une rurbanisation sensible, principalement à l'est du bourg (aux alentours du lieu-dit Le Plessis) ainsi que vers le nord-ouest (aux alentours des lieux-dits La Lande et Les Affolettes).

Landes et bois dominent toute la moitié occidentale de son territoire, à l'intérieur des limites du camp de Coëtquidan, mais aussi sa partie nord-est au niveau de la "Lande de Beignon" ; le toponyme "lande" se rencontre d'ailleurs à plusieurs reprises dans la commune (Lande du Poteau, Lande de Riamay).

Urbanisme Typologie Au , Beignon est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Guer, dont elle est une commune du pôle principalLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).

+Occupation des sols en 2018 Type d’occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu5,0 %124Zones industrielles ou commerciales et installations publiques5,8 %145Aéroports1,2 %30Équipements sportifs et de loisirs0,6 %15Terres arables hors périmètres d'irrigation2,0 %50Prairies et autres surfaces toujours en herbe4,8 %120Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants10,9 %273Forêts de feuillus33,3 %833Forêts de conifères20,2 %506Forêts mélangées0,4 %10Landes et broussailles1,2 %31Forêt et végétation arbustive en mutation2,9 %73Source : Corine Land Cover.

Toponymie La localité est attestée sous les formes . et/ou Bidainono.en 1062, en 1409, Beignon en 1427, Baignon au , Baignon et Bignon au , Bignon en 1629 et en 1630, Baignon en 1706, en 1736 et en 1779.

Le sens du toponyme Beignon n'est pas connu. Il n'a pas de rapport avec les nombreux Bignon d'origine gauloise que l'on peut trouver en France. mais peut être rapproché de la racine préceltique *ved- (hauteur)Erwan Vallerie, , t. 3, p. 486 (consulté le 08-08-2022)..

Beignon a été surnommé autrefois "Transylvanie", c'est-à-dire "au-delà des bois", en breton "Poutrecoët" ("pays de l'autre côté de la forêt" ou "pays à travers la forêt"), devenu Porhët..

En breton, la forme actuelle est , d'après la signalisation routière bilingue français-bretonCf. photo dans . et d'après les attestations régulières et majoritaires du nom dans la production écrite en cette langue ces dernières décennies dans la base toponymique KerOfis.. Deux autres variantes sont mentionnées ponctuellement auparavant : Begnen en 1974 et Begnon en 1985.

La forme bretonne normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est également Benion.

Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 26,5 % des toponymes de la commune sont de langue bretonne.

Histoire Moyen-Âge Beignon est probablement issu du démembrement de la paroisse primitive de Guer..

La seigneurie de Beignon a probablement été donnée à l'évêque de Saint-Malo par les sires de Gaël, ancêtres des seigneurs de Montfort, afin que le prélat y établisse sa résidence d'été (plus précisément à Saint-Malo-de-Beignon). Les évêques de Saint-Malo construisirent dès le un manoir épiscopal dans un lieu situé à environ 2 km au sud-est de l'actuel bourg de Beignon, qu'ils nommèrent "Saint-Malo-de-Beignon".. Cette résidence d'été des évêques de Saint-Malo devint le siège d'officialité pour la moitié sud du diocèse de Saint-Malo..

Temps modernes Beignon était à la tête d'un doyenné constitué de 22 paroissesPaimpont, Mauron, Saint-Malo-de-Beignon, Bruc, Ploërmel, Guer, Loutehel, Plélan-le-Grand, Mernel, Lieuron, Maure, Saint-Séglin, Comblessac, Réminiac, Saint-Abraham, Caro, Augan, Campénéac, Tréhorenteuc, Saint-Brieuc-de-Mauron, Néant et Beignon., de l'archidiaconé de Porhoët (qui regroupait les 4 doyennés de Montfort, Lanouée, Lohéac et Beignon). et formait une baronnie dont l'évêque de Saint-Malo était le seigneur. Les évêques portent le titre de "Barons de Beignon"..

François Thomé, évêque de Saint-Malo, est mort à Beignon en 1590 (il était venu résider à Beignon après sa démission du siège épiscopal).

Le le siège de l'archidiaconé de Porhoët fut transféré de Ploërmel à Saint-Malo-de-Beignon, afin de rapprocher le siège de l'archidiaconé de celui de l'officialité, mais cet arrangement ne dura que dix-huit ans. Les et virent le déclin progressif de la baronnie épiscopale, les évêques ne résidant plus guère à Beignon.

Un aveu de 1564 fait état d'un accord entre l'évêque, propriétaire d'un fief vaste de journaux et ses vassaux, ceux-ci obtenant des droits d'usage contre le paiement d'une redevance ; mais entre le et le de nombreux conflits d'usage et procès opposent les habitants de Beignon et Saint-Malo-de-Beignon aux évêques de Saint-Malo, barons de Beignon, à propos des bois et landes de Feil et Tenedo ; vers 1770 l'afféagement du quart des communs de Beignon (aux alentours du moulin de Lanviel et de la chapelle Sainte-Reine) par l'évêque Mgr des Laurents au profit de notables entraîna un procès gagné par les habitants de Beignon..