Le Bloc québécois (BQ) est un parti politique fédéral du Canada fondé en 1991. Parti indépendantiste et social-démocrate, il est implanté exclusivement au Québec et s'est donné pour mission de mettre en place les conditions nécessaires à la réalisation de la souveraineté du Québec. Ainsi, il souhaite défendre les intérêts des Québécois au Parlement canadien, tout en faisant la promotion de l'indépendance.

Le Bloc québécois travaille en étroite collaboration avec le Parti québécois, parti provincial également souverainiste. Les membres et sympathisants du Bloc québécois sont habituellement appelés « bloquistes ».

En raison de la nature du parti politique, les candidats du Bloc québécois se présentent uniquement dans les circonscriptions fédérales québécoises, car son objectif premier est de faire la promotion de l'indépendance du Québec. Le Bloc est le seul parti politique fédéral représenté à la Chambre des communes à être actif dans une seule province. Il est aussi le seul des partis politiques qui ne peut mathématiquement pas former un gouvernement majoritaire, ni ne souhaite y parvenir.

Au cours des six élections fédérales tenues de 1993 à 2011, le Bloc québécois a remporté la majorité des impartis au Québec. Toutefois, aux élections de 2011, il obtient seulement quatre sièges. À la suite de cette élection, le Bloc québécois perd son statut de parti officiel à la Chambre des communes, qui lui garantissait un budget de recherche et un droit de parole minimal. Aux élections fédérales de 2015, le parti réussit cette fois à faire élire Aux élections fédérales canadiennes de 2019, bloquistes sont élus, ce qui permet au parti de récupérer son statut officiel aux Communes. Le parti obtient le même nombre de sièges lors des élections fédérales de 2021. Lors des élections fédérales de 2025, le parti enregistre une baisse de représentants, avec seulement 22 sièges.

Histoire Précurseurs L'idée d'un parti nationaliste québécois avec des candidats se présentant aux élections de la Chambre des communes a débuté bien avant la création du Bloc québécois. Le terme « Bloc québécois » est apparu dès 1926 dans le magazine L'Action française (qui devint l'Action nationale en 1933), dans lequel un article demandait un parti de Québécois pour défendre les intérêts des Québécois à Ottawa.

De à , le magazine L'Action nationale a renouvelé sa demande pour un parti de ce genre, spécialement pour s'opposer à la conscription de 1944. En , le Bloc populaire canadien a été créé avec ces objectifs très précis.

En , il y a une demande similaire dans L'Action nationale, cette fois pour s'opposer au fédéralisme du premier ministre Pierre Elliott Trudeau. Un an après la Crise d'Octobre, il y a eu un désir d'exprimer la frustration à travers des voies démocratiques : .

Le Ralliement créditiste, dirigé par Réal Caouette, était l'aile québécoise du Parti Crédit social du Canada. Elle s'était toutefois séparée du reste du parti et avait remporté de grands succès dans les régions rurales durant les années 1960. Les créditistes québécois ont éclipsé le reste du Parti Crédit social du Canada ; même après la refusion du parti avec son aile québécoise en 1971, il ne parvient pas à faire élire de députés dans le reste du Canada. Même si le parti était considéré comme étant plutôt de droite et conservateur, contrairement à l'approche social-démocrate du Bloc québécois, et même si Réal Caouette était résolument fédéraliste contrairement au Bloc, le parti a été le principal véhicule d'expression du mécontentement et du nationalisme des Québécois pendant des décennies.

L'Union populaire était un parti politique mineur qui a essayé de se bâtir autour du succès du Parti québécois au niveau provincial en présentant des candidats souverainistes aux élections fédérales de 1979 et de 1980. Le Parti québécois, toutefois, a rejeté toute participation aux élections fédérales et n'a offert aucune aide au parti qui n'a eu qu'un succès médiocre.

Le Parti nationaliste du Québec a été fondé dans les années 1980 comme une alternative aux partis fédéralistes (ceux opposés à l'indépendance du Québec) et peut être vu comme un modeste prédécesseur.

Finalement, le Parti Rhinocéros, fondé en 1963 par le docteur Jacques Ferron, un auteur renommé du Québec, a gagné beaucoup de votes de personnes désapprouvant les politiciens fédéralistes. Jacques Ferron, le poète Gaston Miron et le chanteur Michel Rivard se sont opposés au premier ministre Pierre Elliott Trudeau dans son propre comté du Mont-Royal, sans grand succès cependant eu égard au poids politique important et à la grande influence de Trudeau.

Guy Bertrand, ancien candidat péquiste, a eu l'idée de créer un parti politique fédéral en faveur de l'indépendance du Québec, un Bloc québécois, dans les années 1970. René Lévesque, fondateur et chef du Parti québécois, a écrit dans son autobiographie qu'il était opposé à ce projet, jugeant l'époque peu propice.

Après plusieurs décennies de réflexion et d'échecs pour lancer un parti souverainiste au niveau fédéral, des députés souverainistes ont été élus pour la première fois dans les années 1990.

Création Lors de sa création en 1990, le Bloc québécois était une coalition informelle des membres québécois du Parti progressiste-conservateur du Canada (PC) et du Parti libéral du Canada qui avaient quitté leur parti respectifs en raison du débat sur l'accord du lac Meech. L'existence du parti ne devait être que temporaire, et il s'était donné pour but de promouvoir la souveraineté au niveau fédéral. Le parti était destiné à être dissous après la victoire à un référendum sur la souveraineté. Le terme « » est maintenant utilisé par le Parti libéral du Canada pour faire référence au groupe de députés qui ont fondé le Bloc québécois. Ceci fait principalement référence à Jean Lapierre, qui était jadis membre de ce groupe, mais qui a depuis renoncé au souverainisme et rejoint les libéraux sous la tutelle de Paul Martin.

La coalition initiale qui a mené à la création du Bloc était dirigée par Lucien Bouchard, ministre de l'Environnement jusqu'à ce qu'il présente sa démission au premier ministre de l'époque, Brian Mulroney. La coalition a été formée de deux élus libéraux, Gilles Rocheleau et Jean Lapierre, et des élus conservateurs, Nic Leblanc, Louis Plamondon, Benoît Tremblay, Gilbert Chartrand et François Gérin. Le premier candidat bloquiste à être élu fut Gilles Duceppe dans la circonscription de Laurier—Sainte-Marie, lors de l'élection partielle du .

Le Bloc québécois devient un parti officiel lors de son congrès de fondation le .

Opposition officielle

Durant les élections fédérales de 1993, le Bloc remporte au Québec. Les partis politiques qui siégeaient à l'opposition dans le reste du Canada étaient divisés entre le Parti réformiste, le Parti progressiste-conservateur et le Nouveau Parti démocratique. Le Bloc réussit ainsi à avoir assez de sièges pour devenir le deuxième parti en nombre de sièges à la Chambre des communes, devenant ainsi l'opposition officielle. Le Bloc a toujours insisté sur le fait qu'il s'agissait alors du premier parti séparatiste canadien à former l'Opposition loyale de sa Majesté ce qui est une autre façon de désigner l'opposition officielle au Canada. L'élection d'un si grand nombre de bloquistes constituait le premier des trois points d'un plan censé mener à l'indépendance du Québec. Ce plan avait été mis sur pied par celui qui devait devenir premier ministre du Québec lors de l'élection québécoise de 1994, Jacques Parizeau. alt=Photographie en gros plan du visage de Gilles Duceppe.|vignette|Lucien Bouchard chef du Bloc en 1995. À la suite du référendum québécois de 1995, Lucien Bouchard, alors chef du Bloc, quitte le parti pour remplacer Jacques Parizeau comme chef du Parti québécois et premier ministre du Québec. La direction du Bloc québécois est alors assumée par Michel Gauthier. Son règne sera toutefois de courte durée. À la suite de la défaite du référendum de 1995, Gauthier est incapable de maintenir l'unité du caucus de députés bloquistes et démissionne de la chefferie du Bloc québécois une année plus tard. vignette|Gilles Duceppe. Chef du Bloc de 1997 à 2011. Chef du Bloc en 2015. Son remplaçant, Gilles Duceppe, prend la relève en 1997. Il demeurera à la tête du parti jusqu'en .

Stabilisation

Durant l'élection de 1997, le Bloc québécois perd le statut d'opposition officielle à la Chambre des communes au profit du Parti réformiste. Le Bloc québécois obtient . Les années 1997-2000 ont été marquées par la lutte du Bloc contre la Loi sur la clarté référendaire, qui selon le Bloc, serait en fait une tentative du premier ministre Jean Chrétien et Stéphane Dion, un ministre québécois de son cabinet, de s'assurer qu'il soit impossible pour une province d'accéder unilatéralement à la souveraineté. En vertu de cette loi, une question référendaire claire et une majorité claire constituent des conditions sine qua non afin que le Canada accepte de négocier bilatéralement les modalités de sécession de l'une de ses provinces.

Durant l'élection de 2000, le Bloc descend à , bien qu'il ait obtenu plus de votes qu'au cours de l'élection précédente. Le Bloc a continué toutefois d'être le parti qui obtient le plus de sièges au Québec. Toutefois, le Parti libéral du Canada réussit à gagner plusieurs sièges dans des élections partielles, sièges qui lui ont permis d'obtenir la majorité des sièges du Québec pour la première fois depuis 1982, année du rapatriement unilatéral de la Constitution par les libérauxLors de la dissolution du Parlement en mai 2004, le Bloc québécois n'avait plus que sur les 75 au Québec. Par la suite, le Bloc a continué à dénoncer les interventions du gouvernement fédéral dans la juridiction exclusive des provinces.

Scandale des commandites Plusieurs sondages d'opinion au Québec ont continué à indiquer le déclin du Bloc en 2003 après la victoire de Jean Charest à la tête du Parti libéral du Québec à l'élection générale québécoise de 2003. Mais les choses commencent à changer durant l'hiver 2003, alors que le gouvernement Charest est nettement impopulaire au Québec, ce qui fait remonter la « fièvre souverainiste ». Cette situation favorise la popularité du Bloc québécois. C'est toutefois en que le Bloc confirme sa remontée lorsque le scandale des commandites est découvert par la vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser, frappant de plein fouet le gouvernement libéral à Ottawa.

Lors des Élections fédérales canadiennes de 2004, le Bloc a utilisé le slogan : « Un parti propre au Québec ». Le bloc a remporté à la Chambre des communes, arrivant à égaler son record précédent de la campagne de 1993.

En , le Bloc québécois s'allie avec les partis d'opposition (le Parti conservateur et le Nouveau Parti démocratique) pour faire tomber le gouvernement minoritaire de Paul Martin. Toutefois, en raison de certaines procédures parlementaires, la motion de défiance échoue. Le gouvernement survivra aux mois suivants en raison de l'appui du Nouveau Parti démocratique. Cette alliance prend fin à l'automne 2005 et le gouvernement est dissous au mois de décembre.

Face au gouvernement conservateur Pour l'élection fédérale canadienne de 2006, les bloquistes adoptent le slogan de campagne « Heureusement, ici, c'est le Bloc. » Le début de campagne est exceptionnel pour Gilles Duceppe. Il est de toutes les tribunes (notamment Tout le monde en parle) et de tous les rassemblements populaires. Les sondages le donnaient gagnant presque partout au Québec et lui permettaient même d'espérer obtenir la proportion de 50 % + 1 (au suffrage universel) des votes québécois.