Intervilles est une émission de télévision française créée en par Guy Lux et Claude Savarit. Diffusée pendant plus de cinquante ans malgré plusieurs interruptions, l'émission jeu télévisé français bénéficie de la plus importante longévité et du plus grand nombre d'adaptations d'une émission française à l'étranger. Le programme fait partie des rendez-vous de l'été les plus populaires en France, avec notamment Fort Boyard et La Carte aux trésors.
Le concept s'inspire de l'émission italienne créée en 1959 où deux villes de régions différentes s'affrontent dans une succession de questionnaires quiz et d'épreuves physiques ou encore, de jeux d'adresse loufoques. L'un des éléments caractéristiques de la formule d'origine est l'utilisation de « vachettes » dans des épreuves similaires aux épreuves toros-piscines pratiquées dans les Landes. Le succès d'audience entraîne le lancement de la version européenne Jeux sans frontières ainsi que les déclinaisons hivernales Interneige puis Interglace.
L'émission Intervilles est diffusée pour la première fois à partir du sur la chaîne unique RTF puis on la retrouve sur la première ou la deuxième chaîne de l'ORTF. Après douze ans d'absence, l'émission revient en sur la chaîne publique FR3 puis, de à , sur TF1.
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Plus de trente animateurs se sont succédé à la tête du programme, dont les plus notables sont Guy Lux, Simone Garnier, Léon Zitrone et Claude Savarit durant les années 1960 et 1970 puis notamment Jean-Pierre Foucault, Nathalie Simon et Tex. vignette|294x294px|Leon Zitrone, un des présentateurs d'Intervilles (1986)
Principe du jeu Deux villes françaises s'affrontent amicalement à travers une série d'épreuves physiques et de jeux d'adresse, sur terre, dans l'eau et dans les airs. L'émission se déroule dans un grand studio de télévision extérieur (une « arène ») qui se déplace d'une émission à l’autre, souvent dans la ville d'une des deux équipes. Parmi les épreuves les plus célèbres, les jeux sur tapis roulant ou tournette, qui donnent lieu à de nombreuses dégringolades et les épreuves avec des « vachettes » déstabilisant les candidats, directement inspirées des courses landaises.
Dans les saisons de 1962 à 1964, les jeux sont sanctionnés de 1 point en cas de victoire et les matchs nuls sont sanctionnés alternativement de partout et de . Jusqu'en 2013, les jeux valent le plus souvent et sont donc sanctionnés de 1 point partout en cas de match nuls, à l'exception de la version de 2004 ou ces deux sanctions sont doublées. Depuis le retour de l'émission en 2025, chaque victoire rapporte 3 points, alors que le match nul reste à 1 point partout.
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Le jeu final est, jusqu'en 1999, une épreuve de questions à choix multiples (il est cependant suivi en 1971 d'une épreuve de tir à la corde pouvant rapporter jusqu'à ). L'équipe qui mène à la marque, représentée par une équipe de trois personnes complétée du maire de la ville à partir de 1985, répond à une première question, l'équipe adverse répond ensuite à deux questions successives puis la première équipe répond à une deuxième question (donc selon un schéma A-B-B-A). Avant chaque question, le maire de la ville choisit entre un coefficient de 1 ou , à l'issue de chaque question une réponse est sanctionnée d'autant de points en plus que le coefficient choisi et d'autant de points en moins en cas de mauvaise réponse. À partir de 1971 (ou 1970), chaque ville choisit selon des règles différentes pour chaque saison le domaine culturel de la question avant d'y répondre.
En 2004, le jeu est remplacé par un affrontement physique entre trois hommes forts des deux équipes reprenant la structure du jeu du "défi" ou du "grand plan" introduit auparavant, ici rebaptisé "mur des champions", les candidats devant chacun effectuer l'ascension d'un plan incliné de 30° par mouvement de traction, le premier candidat commençant à une hauteur définie par le nombre de points marqués précédemment. L'équipe victorieuse de ce jeu final remporte le match. Depuis l'édition 2025, le deuxième relais est remplacée par une ascension exclusivement féminine d'un mur d'escalade.
En 2009, ce dernier jeu est à nouveau remplacé par un autre jeu d'ascension impliquant quinze personnes. Cette formule de jeu est réutilisée dans d'autres formats de Mistral Production, comme Intervilles International.
Historique des versions du jeu 1962-1964 : Première version (RTF puis ORTF) En , les téléspectateurs apprennent que la du Tour de France n'est pas diffusée à la télévision en raison d'un désaccord entre la presse régionale et la télévision sur la question de la publicité clandestine, non désirée par le gouvernement. En effet, les équipes cyclistes sont sponsorisées pour la première fois depuis la retransmission télévisée du Tour par des marquesLes équipes de marque ont déjà existé de la création de l'épreuve en 1903 à 1929.. Pour faire face au mécontentement des téléspectateurs et pallier cette absence de diffusion, Guy Lux, présentateur du Palmarès des chansons, propose d'adapter le divertissement italien . Emmanuel Robert et Pierre Brive achètent les droits pour la RTFRaymond Marcillac, Chronique de la Télévision, Éditions Chronique, .
Malgré des débuts difficiles, Intervilles devient un véritable phénomène de société. Son créateur, Guy Lux, coprésente l'émission avec Léon Zitrone. Chacun des deux présentateurs se trouve dans une des deux villes candidates. Simone Garnier et Roger Couderc participent à l'aventure. La première finale est disputée le entre les villes de Dax (Landes) et de Saint-Amand-les-Eaux (Nord). Guy Lux est à Dax, Léon Zitrone à Saint-Amand. La finale, dont la durée prévue est d'une heure ou une heure et demie, atteint près de deux heures et demie à cause de nombreuses discussions et réclamations; les deux dernières questions n'ayant même pas été posées car, en ayant échoué sur la première question, Saint-Amand est menée 11 à 3.
Après trois années de succès, Intervilles est remplacée par une version étendue à plusieurs pays d'Europe, créée sous l'impulsion de Charles de Gaulle, intitulée Jeux sans frontières.
1970-1973 : Deuxième version (ORTF)
La deuxième version est diffusée à partir de l'année 1970, 1971 et 1973.
Le , Léon Zitrone, alors à Dax, interrompt la finale de l'édition 1971 disputée face à Carcassonne, car il est victime d'un jet de projectile sur le verre de ses lunettes. À la suite de cet incident, aucune édition d'Intervilles n'est organisée l'année suivante et l'édition 1973, à l'exception de la finale, se disputera sans l'animateur, chaque émission se déroulant dans une seule ville et en différé.
1985-1991 : Troisième version (FR3 puis TF1)
Après douze ans d'absence, Intervilles revient sur FR3 à l'été 1985 avec toujours Guy Lux aux commandes de l'émission. 3 émissions sont diffusées les , et pour tester l'accueil des jeunes générations. C'est un succès, de téléspectateurs sont au rendez-vousRaymond Marcillac, Chronique de la Télévision, Éditions Chronique, .vignette|redresse=1.4|gauche|Intervilles en juillet 1986 à Toulouse avec son maire Dominique Baudis, le présentateur Léon Zitrone et deux candidats.
À partir du , l'émission est déplacée sur TF1, tous les vendredis soirs, pour une série de 7 émissions. Cette nouvelle formule est diffusée jusqu'en 1991. L'émission s'arrête à la suite de l'amende de infligée par le Conseil supérieur de l'audiovisuel le à TF1. En effet les marques La vache qui rit, Tiercé magazine et Champion sont citées et montrées plusieurs fois ; or la publicité d'un produit ne peut se faire qu'au cours d'un écran publicitaire, enfin à l'époque la publicité pour la presse et la grande distribution est interdite au sein des émissionsLe Conseil supérieur de l'audiovisuel condamne TF1 à verser au Trésor une somme de à la suite de divers manquements aux règles de parrainage commis lors de l'émission "Intervilles" diffusée le 5 juillet 1991 sur legifrance.gouv.frTF1 a réglé son amende de sur lesechos.fr...
1995-1999 : Quatrième version (TF1)
. Enceinte, elle doit décliner l'offre au bénéfice de Nathalie SimonPropos tenus par Sophie Favier dans l'émission Toute une histoire le 10 décembre 2008.. La formule évolue car l'émission ne se déroule que sur un seul site, celui de la ville d'accueil contre deux auparavant. Jean-Pierre Foucault défend la ville d'accueil, Fabrice défend la ville invitée, Nathalie Simon teste les jeux et Olivier Chiabodo les arbitre. On retrouve à peu de chose près les mêmes jeux notamment le Défi (un grand plan incliné à monter à la force des bras) qui est une épreuve récurrente à chaque émission. On retrouve aussi évidemment les désormais célèbres « vachettes » landaises. Le succès est immédiat et l'émission bat des records d'audience. Le premier affrontement de ce nouveau concept d'Intervilles qui oppose Valenciennes à Saint-Amand-les-Eaux est suivi par plus de de téléspectateurs. Les deux meilleurs scores d'une saison se qualifient pour la finale qui désigne la ville gagnante de la saison. TF1 programme deux éditions du jeu durant l'hiver 1995.
Le succès se confirme en sans grand changement notable. Lors du match opposant Le Puy du Fou à Cholet, durant l'épreuve des questions, Chiabodo indique, avec ses doigts, le numéro de la bonne réponse au concurrent représentant Le Puy du Fou. L'affaire est dévoilée l'année suivanteIntervilles, la Grande Triche (article du journal Libération du 20 septembre 1997).
En 1997, l'émission connaît quelques changements car Fabrice ne rempile pas pour profiter de ses vacances et il est remplacé par Thierry Roland. . Quelques mois plus tard, le , Le Canard enchaîné dévoile l'affaire Chiabodo.. L'animateur nie mais est écarté de l'antenne. L'affaire se solde par un non-lieu mais Olivier Chiabodo est licencié de TF1. Lors de la démonstration d'un jeu à Aix-les-Bains, Nathalie Simon chute en direct d'un plan incliné et se blesse gravement à la cheville. Elle subit une intervention chirurgicale et revient deux semaines plus tard, se déplaçant sur les plateaux dans une voiturette baptisée « Nat' Mobile ».
On croit l'émission condamnée mais la chaîne décide de la maintenir à l'antenne en 1998 avec une toute nouvelle équipe : Julien Courbet remplace Thierry Roland occupé par la Coupe du monde de football, Delphine Anaïs remplace Nathalie Simon, absente pour cause de maternité, Laurent Mariotte remplace Olivier Chiabodo et Robert Wurtz devient l'arbitre officiel en remplacement de Chiabodo. Seul Jean-Pierre Foucault rempile. La première émission a lieu à Arras qui reçoit Saint-Quentin et la finale oppose Mont-de-Marsan à Dax dans ses arènes. Mais l'audience continue à baisser et devient insuffisante pour TF1 qui décide de ne pas reconduire l'émission l'été suivant. À noter que TF1 songe à cette époque à Bruno Masure, tout juste débarqué du 20H de France 2 en , pour succéder à Thierry Roland.
Néanmoins, la chaîne programme en une spéciale Paris-Pékin en direct à l'occasion de l'année de la Chine en France. L'émission est présentée par Jean-Pierre Foucault, Fabrice, Nathalie Simon, Laurent Mariotte et un nouveau, le franco-suisse Olivier Grandjean. Toujours réalisée par Gilles Amado et produite par Glem et Mistral production. Le jeu est diffusé en direct en France et en Chine. L'audience en France est très moyenne, ce qui convainc TF1 de suspendre définitivement Intervilles de téléspectateurs soit 26,3 % de part de marché selon Médiamétrie. Des négociations ont eu lieu entre Mistral production et France 3 pour transférer l'émission de TF1 sur le service public mais celles-ci n'aboutissent pas à l'époque.
2004-2009 : Cinquième version (France 2 puis France 3)
Saison 2004 En 2004, France 2 décide de remettre à l'antenne ce jeu estival mais dans un format inédit développé par Mistral production : en quotidienne et en access prime-time . De plus l'émission est enregistrée à Europa-Park en Allemagne sur le site de l'émission allemande.