La rue du Cherche-Midi est une voie traversant les 6 et 15 arrondissements de Paris.
Situation et accès thumb|left|La rue du Cherche-Midi au niveau des n°85 et 87.
Longue de 1 175 m, elle débute au 25, rue du Vieux-Colombier et place Michel-Debré et se termine place Camille-Claudel.
Elle est desservie, à son extrémité nord, par la ligne 4 du métro à la station Saint-Sulpice et, à son extrémité sud, par la ligne 12 du métro à la station Falguière.
Origine du nom Diverses explications ont été données : Cette rue doit son nom à une enseigne représentant un cadran solaire, près duquel étaient peints des gens qui cherchaient midi à quatorze heuresFélix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments.Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Les Éditions de minuit, septième édition, 1963, (« A-K »), « Rue du Cherche-Midi », .Site lefigaro.fr, article de thierry Clermont "À Paris, la midinette cherche midi à quatorze heures", consulté le 25 février 2021.. Voir ci-dessous au 19 de la rue. Selon Maurice Louis Dumoulin, une propriété surnommée « maison de la chasse » était située au coin des rues du Dragon et du Four. Le chemin qui partait de là se serait appelé « chemin qui va de la chasse au midi », puis rue du Chasse-Midi et enfin, par altération, rue du Cherche-Midi. Sur le plan de Boisseau (1648), la rue apparaît avec l’appellation « rue du Chasse-Midy ».. Pour Bernard-Jean-Hyacinthe Jaillot, le nom serait dû à une enseigne de cabaretier. Gustave Pessard suggère que dans les parages existait une forêt si épaisse qu’on ne pouvait y voir le soleil à midi.. Édouard Fournier y voit une référence à un écornifleur cherchant à se faire inviter à midi..
Historique Initialement, la « rue de la Vieille-Tuilerie », la « rue du Petit-Vaugirard » et la « rue du Cherche-Midi » formaient trois voies publiques distinctes. Originellement « rue du Colombier », elle prend le nom de « rue du Vieux-Colombier » au . La « rue de la Vieille-Tuilerie », ou « rue des Vieilles-Tuileries », était ainsi nommée en raison de son voisinage avec plusieurs tuileries. Elle est citée sous le nom de « rue des Vielles thuilleries » dans un manuscrit de 1636. La « rue du Petit-Vaugirard » tenait son nom du village de Vaugirard auquel elle conduisait. L'adjectif « petit » servait à la distinguer de la rue de Vaugirard.
Une décision du ministre du Commerce et des Travaux publics, Antoine d'Argout, en date du , réunit ces trois voies sous le nom de « rue du Cherche-Midi ».
L’ancienne r« ue du Cherche-Midi » s'étendait de la rue du Vieux-Colombier à la rue du Regard. Elle s’était appelée : « chemin de Vaugirard » (1388) ; « chemin de la Croix-de-Vaugirard » (1447) ; « chemin de la Tuilerie » (1510) ; « chemin de la Vieille-Tuilerie » ou « chemin de la Pointe » (1529) ; « rue des Vieilles-Thuilleries » ou « rue de Chasse-Midi » (1595) ; « rue Chasse-Midy » ou « rue du Petit-Vaugirard » (1628).
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire De la place Michel-Debré au boulevard Raspail
À l'angle avec le boulevard Raspail, à l'emplacement de l'ancienne prison du Cherche-Midi, près de la maison des Sciences de l'Homme, se trouve un jardin où sont installées des sculptures de Shamaï HaberJacky Tronel, « Shamaï Haber et les « menhirs » de la Maison des Sciences de l’Homme, rue du Cherche-Midi », prisons-cherche-midi-mauzac.com, 17 septembre 2010.. 2 à 12 : emplacement de l’ancien couvent des Prémontrés, dont l'église fut le siège de la section de la Croix-Rouge puis du Bonnet rouge puis du Bonnet de la liberté, pendant la Révolution française. Sauf ceux des numéros 4, 4 bis et 4 ter édifiés en 1877, ces immeubles sont les maisons de rapport construites pour les religieux en 1722 qui masquaient l'église et la maison conventuelle. 4 : emplacement de l'ancien cabaret et restaurant « Le Fiacre ». 4 ter : le photographe Christer Strömholm (1918-2002) a habité à cette adresse dans une chambre de bonne à la fin des années 1940 et au début des années 1950« Christer Strömholm », sur actuphoto.. 5 : la galerie des arts Au sacre du printemps ouverte en 1922 par Jan Śliwiński et en 1929 reprise par Jeanne Bucher. En 1928 l'exposition « Le surréalisme, existe-t-il ? » s'est tenue ici. 6 : domicile du peintre Léo Fontan de 1910 à 1913Daniel Auliac, Léo Fontan, 2004, .. 8 : boulangerie historique de la famille Poilâne. 9 : Roger Martin du Gard est démobilisé en dans la Rhénanie occupée et, de retour à Paris le , il s’installe avec son épouse à cette adresseRoger Martin du Gard et le Biographe, textes réunis par Hélène Baty-Delalande et Jean-François Massol (les Éditions Ellug publient les actes de la journée d'étude organisée à l'Université Lyon II en mai 2008).. Les éditions Régine Deforges y ont eu leur siège de 1985 à 2005. 11 : Henri Plisson (1908-2002), peintre et céramiste, y vécut Anne Lajoix, « Redécouvrir Plisson », Sèvres - Revue de la Société des Amis du musée national de Céramique, n°22, 2013.. 14 : demeure de l'ingénieur et directeur général des Eaux de Paris Edmond Humblot ; ministre des Travaux Publics de 1868 à 1869. 15 : demeure de l'ingénieur et futur préfet Achille Chaper.. 16 : hôtel particulier () occupé à partir de 1782 par le général Le Veneur qui y reçut son aide de camp, le futur général Hoche, en 1792. 17 : le duc de Saint-Simon y achève la rédaction de ses Mémoires de 1746 à 1750, comme l'indique une plaque en façade. 18 : hôtel de Marsilly, classé monument historique.: propriété, à partir de 1802 à 1823, de Charles-Joseph Lambrechts, ministre de la Justice de 1797 à 1799, l'un des rédacteurs de l'acte de déchéance de Napoléon. ; demeure, en 1913, de Marcelle Tinayre, écrivaine féministe, auteur de La Rebelle ; aujourd'hui siège des Archives Généalogiques Andriveau 19 : un bas-relief, situé au-dessus d'un magasin (installé en 1874), remplace une enseigne datant de 1675 au motif identique. Cette enseigne permettait de découvrir un astronome qui relève les degrés d’un cadran avec son compas dont les pointes visent les heures de midi et de quatorze heures. Cette scène est une représentation de l’expression « chercher midi à quatorze heures », qui date du et qui se base sur une coutume italienne : les heures du jour suivant commençaient trente minutes après le coucher du soleil. Selon les saisons, les jours étant plus ou moins longs, le milieu de journée tombait entre et mais jamais à . En conséquence, il est parfaitement futile de « chercher midi à quatorze heures »Site breves-histoire.fr, article de Gino Appert "Bas-relief du Cherche-midi, consulté le 25 février 2021.. Une autre explication, avec une origine également italienne, indique que la journée suivante commençait bien au coucher du soleil, mais comme celui-ci évoluait régulièrement selon les saisons, il était impossible de fixer les heures de façon définitive et qu'il ne servait à rien de « chercher midi à quatorze heures »Google livre "Italie: guide du jeune voyageur", chapitre 20 de l'abbé Moyne, éditions Mégard, consulté le 25 février 2021..
21 : René Laennec, inventeur du stéthoscope y est locataire de 1822 à 1836 ; l'écrivain et historien Pierre Lafue habita cette maison de 1942 à 1975 (une plaque lui rend hommage) ; emplacement de l'Institut universitaire Saint-Pie-X. Mercè Rodoreda, romancière catalane, de 1946 à 1952. 23 : emplacement du couvent des Bénédictines de Notre-Dame-de-Consolation, dites aussi Bénédictines du Cherche-Midi, fondé en 1634 et supprimé en 1790. : immeuble de 1931 construit par l'architecte Henri Delormel, signé en façade« 27, rue du Cherche-Midi », sur pss-archi.eu. ; : atelier d'Helen Mabel Trevor où elle meurt d'une crise cardiaque le ... : en 1885, domicile du peintre Eugène-Louis Charpentier (1811-1890), élève de François Gérard et de Léon CognietCatalogue de la exposition d'Amiens de 1885, organisée par la Société des amis des arts de la Somme, .. De 1869 à 1947, emplacement de la boutique du marchand de couleurs fines et matériels pour artistes, Hardy Alan« Rue du Cherche-Midi , , Paris », Union photographique française, musée Carnavalet..
Du boulevard Raspail au boulevard du Montparnasse
37 : au fut édifié l’hôtel de Toulouse (dit aussi hôtel de Verrue). En , il devint l’hôtel du Conseil de guerre auquel est adjoint, en 1841, la maison de justice militaire de Paris ( à ne pas confondre avec la prison du Cherche-Midi, située en face). Alfred Dreyfus comparaît devant cette instance en 1894. En 1913, fut bâti le central téléphonique Littré. emplacement du Gymnase de bienfaisance, créé par le banquier philanthrope Gaston Rosnay en 1796. L’existence de ce gymnase est hypothétique: Jacques Mignard fit paraître en l’an IV de la République (1795-1796) un livre intitulé Les fourberies de Gaston-Rosnay directeur du prétendu gymnase dévoilées et comparées à celles des prêtres. 38 : emplacement de l'ancienne maison de refuge ouverte par la communauté des Filles du Bon-Pasteur. Fermée en 1790, elle devint un entrepôt des subsistances de la troupe puis la prison militaire du Cherche-Midi, siège du Conseil de guerre à partir de 1800. C'est là que furent jugés le général Malet après sa tentative de coup d'État, les insurgés de juin 1848 et le capitaine Dreyfus en « Prison du Cherche-Midi (photo entre 1890 et 1920) », P. Marmuse éditeur, musée Carnavalet.. 39 : demeure des parents d'Adèle Foucher au moment de son mariage avec Victor Hugo en 1822 ; son père était greffier du Conseil de guerre. C'est là, chez ses beaux-parents, que Victor donna la lecture de son Cromwell, le . 40 : hôtel de Rochambeau. Le comte de Rochambeau (1725-1807) en fit l'acquisition en 1779 et le possédait encore en 1804. Il commandait les troupes françaises de soutien aux insurgents américains. Il fut l'un des artisans de la victoire de Yorktown qui mit fin à la guerre d'indépendance américaine. 42 : ancien atelier d'Auguste LabouretCongrès archéologique de France : séances générales tenues [… par la Société française pour la conservation des monuments historiques].. 44 : ancien hôtel particulier (1768) ; ancienne demeure de Dominique Joseph Garat, successeur en 1792 de Danton comme ministre de la Justice et chargé, à ce titre, de lire l'année suivante à Louis XVI son arrêt de mort ; (ancien 2, rue des Vieilles-Tuileries) : Madame Hugo mère, née Sophie Trébuchet (1772-1821), emménage le avec ses fils Abel (né en 1798), Eugène (né en 1800), et Victor (né en 1802) dans cette maison, où ils demeurent jusqu'au André Dignimont (Français, 1891-1965) : Maison habitée par Victor Hugo, 44 rue du Cherche-Midi, dessin aquarellé, représentant, selon la notice iconographique « la maison du 2, rue des Vieilles Tuileries aujourd'hui 44, rue du Cherche-Midi où Victor Hugo a habité avec sa mère et ses frères, du au , » (en ligne) sur le site parismuseecollections.paris.fr. ; demeure encore, à partir de 1820, de l'abbé Grégoire, qui y mourut en 1831, à 81 ans, ancien chef de l'Église constitutionnelle pendant la Révolution et défenseur des Juifs et des esclaves noirs ; une plaque lui rend hommage. On peut voir, à gauche dans la cour, une ancienne pompe à eau.
47 : demeure de Paul et Laura Lafargue, gendre et fille de Karl Marx. Paul Lafargue est l'auteur du fameux pamphlet Le Droit à la paresse. Ils se suicidèrent ensemble en 1911. 55 : Le peintre romantique Paul Huet (1803-1869) qui y a son domicile et s'offre comme commissaire à la Révolution dans son logement, quand Victor Hugo appelle au soulèvement contre le coup d'État du 2 décembre 1851 de Napoléon IIIPierre et Rolande Miquel avec la collaboration du professeur Gérard Bonin et de Michael Tazi Klaa, De l'aube romantique à l'aube impressionniste, éditions Somogy, 2011, p. 116.