En musique, l'un des sens du mot cadence est une formule mélodique et harmonique qui ponctue une phrase musicale, une section ou un morceau musical entier. En harmonie tonale, une cadence harmonique est une progression harmonique destinée à marquer la fin d'une pièce ou, plus généralement, d'une phrase musicale, par son caractère conclusif ou suspensif : exemple d'enchaînement conclusif (accord de dominante vers un accord de tonique) et exemple d'enchaînement suspensif (accord préparatoire vers un accord de dominante).

Dans ce sens précis, les cadences sont comparables aux divers signes de ponctuation de la littérature. On peut dire également que les cadences constituent la du discours musical. Marcel Bitsch, dans son précis d'harmonie tonale., retient cinq types de cadences qui se caractérisent par leur structure harmonique, par leur usage et par l'effet qu'elles produisent. Toutes les cadences ont en commun de structurer et de ponctuer le discours musical. Ces cadences sont la cadence parfaite, la cadence imparfaite, la cadence rompue, la demi-cadence et la cadence plagale. D'autres types de cadences peuvent être ajoutées à cette classification. Ce sont des variantes, comme la cadence italienne, ou des cadences fortement connotées d'un compositeur comme la cadence Fauré.

Cadence parfaite

En harmonie tonale, la cadence parfaite est une cadence consistant en un enchaînement des degrés et , tous deux dans leur état fondamental (c'est-à-dire que la fondamentale de l'accord est à la partie basse dans les deux cas) et sur les temps forts. Pierre angulaire de la musique tonale, la cadence parfaite est habituellement comparée au point de la phrase à cause de son fort caractère conclusif. C'est le type de cadence qui se trouve généralement à la fin d'un morceau ou d’une section importante. Elle donne une impression de repos complet. Dans les fins de partie ou de morceau, la tonique est disposée à la partie supérieure.

Dans une cadence parfaite, la sensible monte toujours à la tonique, sauf dans le seul cas où on entend la tonique à la voix juste au-dessus (par exemple, dans sol - si - ré, le si peut descendre au sol si on entend le do venant du ré juste au-dessus).

La cadence parfaite est habituellement précédée de l'accord de degré (ou de son premier renversement) ou de degré (ou de son premier renversement). Il peut aussi être précédé par un accord de degré ou, plus rarement, de degré. Le degré est possible, mais maladroit.. Parfois, l'accord de quarte et sixte de cadence vient s'intercaler entre le premier accord et l'accord de dominante. Il joue alors un rôle d'appogiature double. Ce type de cadence parfaite est appelé cadence italienne ou . Le côté conclusif de la cadence parfaite doit être relativisé ; il n'est qu'à constater les six cadences parfaites enchaînées du finale de la symphonie de Beethoven, suivies de vingt neuf mesures de tonique. Si la cadence parfaite était définitivement conclusive, Beethoven n'aurait eu besoin que d'une seule. En mineur (forme mélodique descendante), il peut arriver que la sensible de la cadence parfaite soit remplacée par une sous-tonique : on parle alors de cadence modale.

Exemple

Dans le Canon de Pachelbel, les trois quartes descendantes (ré - la, si - , sol - ré), suivies de la seconde ascendante (sol - la), forment une cellule dont la consécution avec le cinquième degré en fin (la, dominante), suivi du premier degré au début (ré, tonique), entraîne une cadence parfaite à chaque répétition.

L'œuvre est entièrement concentrée dans ces deux mesures jouées 28 fois :

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Cadence italienne

En harmonie tonale, la cadence italienne est une variante de la cadence parfaite consistant en un enchaînement des degrés , et . La cadence italienne peut être considérée comme une cadence parfaite amplifiée. L'accord de sous-dominante peut être remplacé par le degré, sous-dominante secondaire, le degré ou bien par des accords faisant intervenir des altérations accidentelles, par exemple une dominante secondaire ( de ) ou bien une sixte napolitaine, comme dans le troisième exemple. Cet accord est appelé accord préparatoire.

Entre le premier accord et l'accord de dominante, l'accord de quarte et sixte de cadence est fréquemment intercalé.

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Cadence imparfaite

En harmonie tonale, la cadence imparfaite est une cadence consistant en un enchaînement des degrés et , l'un des deux accords au moins, étant à l'état de renversement — le plus souvent, c'est le degré qui est un accord de sixte. La cadence imparfaite peut se rencontrer n'importe où. On la compare au point-virgule de la phrase. Elle donne une impression de repos plus passager et son caractère conclusif est moindre que celui de la cadence parfaite.

Cadence rompue

En harmonie tonale, la cadence rompue est une cadence consistant en un enchaînement entre le degré et un degré autre que le , auquel on s'attend — en référence à la cadence parfaite ou à la cadence imparfaite. Ce degré peut être un autre accord de la tonalité : la cadence rompue, dans ce cas, relance la phrase musicale, parfois pour un court instant avant de conclure par une cadence parfaite — voir dans l'exemple ci-dessous la différence d'effet entre la cadence parfaite à gauche, et la cadence rompue à droite.

Ce degré peut être également un accord étranger à la tonalité : dans ce cas, l'effet de surprise est plus accusé, et cette cadence est alors en mesure d'introduire une modulation. L'accord de dominante est généralement précédé d'un accord de ou degré, à l'état fondamental ou premier renversement, parfois d'un degré, voire d'un degré, quelquefois d'un degré. Selon le Guide de la théorie de la musique de Claude Abromont et Eugène De Montalembert : « Pour certains auteurs ces deux termes sont synonymes. Mais pour d'autres, la différence se trouve dans le caractère de la cadence évitée (…) ».

Demi-cadence

En harmonie tonale, la demi-cadence est une cadence consistant en un enchaînement produisant le degré le plus souvent. On la compare à la de la phrase.

La demi-cadence donne une impression de simple respiration, de suspension en l'attente d'autre chose, le repos sur la dominante étant par essence instable. Le premier accord est appelé accord préparatoire. L'accord de dominante est généralement précédé d'un accord de ou degré, à l'état fondamental ou premier renversement, parfois d'un degré, voire d'un degré.

Cadence fauréenne

La cadence fauréenne est une demi-cadence particulière. Notamment employée par le compositeur Gabriel Fauré, elle se distingue par l'emploi d'un accord de septième de dominante construit sur le degré , généralement dans son état de deuxième renversement (+6), en préparation de l'accord de dominante à l'état fondamental et suivant un accord de tonique dans son état de premier renversement.

Cadence plagale

En harmonie tonale, la cadence plagale est une cadence consistant généralement en un enchaînement des degrés à l'état fondamental ou renversé., et à l'état fondamental. Si la cadence plagale est comme une cadence parfaite dont on aurait remplacé l'accord de degré par l'accord de degré, elle ne joue pas le même rôle. Son rôle est de renforcer le caractère final apporté par une cadence parfaite. On peut la comparer à un , car elle succède le plus souvent à l'ultime cadence parfaite d'un morceau.

La cadence plagale peut être considérée comme un accord préparatoire produisant directement le degré, sans passer par le . On pourra donc remplacer le degré de la cadence plagale par n'importe quel bon degré préparatoire autre que le : degré, degré, sixte napolitaine… La cadence plagale succède fréquemment un à l'état fondamental ou un à l'état fondamental ou sixte. Il est précédé couramment par une cadence parfaite ou rompue, ce qui accroît son caractère conclusif.

Emploi

Ce type de cadence se rencontre traditionnellement dans la musique religieuse et donne un caractère assez solennel à une conclusion, comme sur un « Amen ». On la trouve notamment chez Brahms, par exemple à la fin de la , en majeur, et à la fin du mouvement de la , en mineur. Elle est une survivance de la musique modale.

Origine

Quatre des huit modes ecclésiastiques (modes grégoriens) sont nommés , par opposition aux modes . Pour deux de ces modes , la dominante est sur le degré, et pour les deux autres sur le degré. La récitation se faisant sur la dominante, et la conclusion sur la finale (tonique), le plaint-chant utilise les cadences - ou -. Le degré n'étant pas considéré comme un bon degré en musique tonale, seul l'enchainement - est qualifié de aujourd'hui.

Notes et références

Annexes

Articles connexes

Système tonal Michel de Menehou, premier théoricien à avoir utilisé le terme de cadence

Liens externes

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