L'otarie à fourrure subantarctique, ou otarie d'Amsterdam est un mammifère marin. Ses colonies de reproduction se trouvent dans les îles des océans Indien et Atlantique sud, au nord de la convergence antarctique. On peut estimer la population mondiale à .

Les mâles mesurent jusqu'à mais continuent de grandir toute leur vie, tout comme la femelle, et pèsent jusqu'à ; les femelles mesurent jusqu'à et pèsent jusqu'à . L'âge maximal observé est de pour les mâles, pour les femelles.

Les mâles sont territoriaux pendant la période de reproduction et ils forment des harems. Les petits pèsent en moyenne à la naissance, ils sont allaités pendant une durée d'environ 11 mois.

Le comportement de plongée des mâles n'a pas été étudié contrairement à celui des femelles. Les femelles sont nocturnes, elles plongent en général entre 5 et 50 mètres pour une durée comprise entre 1 min et 1 min 30 s. La plongée la plus profonde mesurée a atteint 208 mètres ; la plongée la plus longue mesurée a duré 6 min et 30 s. Les femelles trouvent leur nourriture à proximité des colonies de reproduction jusqu'à des zones de pêches très éloignées (de de la colonie), elles se nourrissent principalement de poissons lanternes et de céphalopodes.

Répartition et population On observe pour cette espèce 3 principales colonies de reproduction, toutes situées au nord de la convergence antarctiqueThe Status of the Amsterdam Island fur seal, FAO, Rome (Italy). 10p. 1976 : 1. dans l'Atlantique sud, dans les îles de Gough et Tristan Da Cunha ; 2. dans l'océan Indien sur les îles du Prince-Édouard et l'archipel des Crozet ; 3. dans l'océan Indien sur l'île Amsterdam et l'île de Saint-Paul.

La population présente sur l'île de Gough a été estimée à plus de 200 000 animaux (dont 53 000 petits non sevrés) en 1992ABUNDANCE AND TRENDS OF ANTARCTIC PINNIPED POPULATIONS, Report to the CCAMLR Scientific Committee from the SCAR Group of Specialists on Seals, june 1992.. En 2006, la population d'otaries sur l'archipel du Prince-Édouard a été évaluée à environ 150 000 animauxPopulation changes in subantarctic and antarctic fur seals at Marion Island, Hofmeyr, G.J.G., Bester, M.N., Makhado, A.B., Pistorius, P.A., South African Journal of Wildlife Research, 36(1), 55-68, 2006.. Sur l'île de la Nouvelle-Amsterdam, le dernier comptage publié (1994) estime la population à 37000 animaux (30500 adultes et 6400 jeunes non sevrés)Long term population changes of fur seals Arctocephalus gazella and Arctocephalus tropicalis on subantarctic (Crozet) and subtropical (St Paul and Amsterdam) islands and their possible relationship to El Nino Oscillation, Guinet, C., Jouventin, P., Georges, J.-Y., Antarctic science, Oxford, 6(4), 473-478, 1994.. Les comptages les plus récents (2020-2024) estiment la population à plus de 80000 individus. Les populations présentes sur les îles de Tristan Da Cunha, Crozet et Saint-Paul étant inférieures ou égales à 1000 animaux sur chaque îleRoux, J. P., Subantarctic fur seal, Arctocephalus tropicalis, in french subantarctic territories. NOAA Technical Report NMFS 51 (june 1987). Status, Biology, and Ecology of fur seals. Proceedings of an International Symposium and Workshop Cambridge, England, 23-27, april 1984., on peut estimer la population mondiale à environ 390 000 animaux.

L'otarie subantarctique se reproduit principalement sur trois territoires administrés par trois nations différentes.

Principales zones de reproduction Nombre d'individus AdministrationÎle de Gough200 000 Îles du Prince-Édouard153 000 Île Amsterdam 80 000 Population mondiale390 000

Si l'écrasante majorité des animaux est observée sur des zones de reproductions précises, certains ont été observés très loin de l'aire majoritaire de répartition. Ces observations peuvent paraître anecdotiques, toutefois elles indiquent une aire de répartition élargie qui nous renseigne sur les capacités de dispersion de cette espèce.

Des individus isolés sont parfois trouvés très au nord (jusqu'à la latitude 10° sud) de la répartition habituelle de cette espèce. En effet, de rares individus ont pu être observés à des latitudes tropicales dans l'océan Indien (île Rodrigues et île MauriceRecords of the Subantarctic fur seal Arctocephalus tropicalis from Rodrigues and Mauritius, Indian Ocean, David, J.H.M., Salmon, L., African Journal of Marine Science, 25, 203-405, 2003., île d'AnjouanA vagrant subantarctic fur seal Arctocephalus tropicalis found in the Comores, David, J.H.M., Mercer, J., Hunter, K., South African Journal of Zoology, 28 (1), 61-62, 1993. et MadagascarA record of the subantarctic fur seal, Arctocephalus tropicalis, from Madagascar, Indian Ocean, Guarrigue, C., Ross, G., Marine Mammal Science, 12 (4), 624-627, 1996) et l'Atlantique sud (BrésilArctocephalus tropicalis, first record for Rio Grande do Sul coast (Pinnipedia, Otariidae), Castello, H.P., Pinedo, M.C., Atlantica, 2(2), 111-119, (1979), AngolaA record of the subantarctic fur seal Arctocephalus tropicalis in Angola, Carr, T., Carr, N., David, J.H.M., South African Journal of Zoology / South Africa tydskr dierkd, 20 (2) p77, (1985)), mais également dans le Pacifique sud (archipel Juan Fernández)Presence of Arctocephalus tropicalis (Gray 1872) at the Juan Fernandez archipelago, Chile, Torres, D., Aguayo, A., Acta Zoologica Fennica (1984).

Des individus isolés ont également été observés à des latitudes intermédiaires, en dehors de l'aire normale de répartition, en Nouvelle-ZélandeRecords of subantartic fur seals in New Zealand, Taylor, R.H., New Zealand Journal of Marine and Freshwater Research, 24 (4), 499-502, (1990) et en Afrique du SudRecords of the subantarctic fur seal (Arctocephalus tropicalis) from South Africa with notes on its biology and some observations of captive animals, Shaughnessy, P.D., Ross, G.J.B..

La limite australe de la répartition de cette espèce semble être la latitude 60° sud, en effet en plusieurs occasions, des individus isolés ont été observés à la limite de l'océan Austral (Géorgie du SudFur seals Arctocephalus tropicalis and A. gazella crossing the Antarctic Convergence at South Georgia, Payne, M.R., Mammalia, 43(1), 93-98, (1979) et île BouvetVagrant Subantarctic fur seals at Bouvetoeya, Hofmeyr, G.J.G., Bester, M.N., Kirkman, S.P., African Zoology, 41 (1), 145-146, (2006)). Cette limite correspond grossièrement à la limite nord de l'extension de la banquise antarctique pendant l'hiver austral.

Lieu Date Observations d'individus isolés (Référence)Brésil19771 individu sur une plage du Rio Grande do SulArchipel Juan Fernández19842 individusAngola19852 individus à 1 km de l'embouchure du fleuve CouanzaComores19931 juvénile capturé sur l'île d'AnjouanMadagascar19961 subadulte à quelques kilomètres au nord de la ville de Manakara sur la côte est. L'animal affaibli fut nourri pendant un temps puis relâchéÎle Maurice20031 juvénile sur l'île Rodrigues, 2 individus sur l'île MauriceGéorgie du sud19795 individusÎle Bouvet20063 individus

Aspect physique et proportions

Les mâles sont brun orangé à brun foncé sur le dos et brun clair sur le ventre ; ils possèdent une crête de poils dressés verticalement au niveau du front. Les mâles mesurent jusqu'à 1,80m et pèsent entre 70 et 165 kg.

Les femelles sont gris marron sur le dos et brun clair sur la face ventrale. Les femelles ont une taille moyenne de 1,45m et pèsent entre 25 et 55 kgFAO Species Identification Guide, Marine mammals of the world. Jefferson, T. A., Leatherwood, S., Webber, M. A., United Nations Environment Programme, Food and Agriculture Organization of the United Nations, Rome, 587p. 1993.

Chez les deux sexes, le museau est court et les vibrisses sont très longues.

À la naissance, les petits de l'otarie subantarctique mesurent en moyenne 60 cm et pèsent entre 4 et 4,4 kg. Les petits sont de couleur noir profond de la naissance jusqu'à leur première mue ; à ce moment-là, ils acquièrent la fourrure des adultes.

On observe chez cette espèce un dimorphisme sexuel important, les mâles étant beaucoup plus gros que les femelles. Ce dimorphisme est une caractéristique observée chez toutes les espèces d'otaries et de lions de mer.

Histoire naturelle Reproduction et cycle de vie Chez l'otarie subantarctique, la période de reproduction est relativement longue puisqu'elle se déroule sur une période de 11 mois, de fin novembre d'une année (n) à début novembre de l'année suivante (n+1)Reproduction in the female subantarctic fur seal, Arctocephalus tropicalis. Bester, M. N., Marine Mammal Science, 11 (3), 362-375, 1995.Pup growth and maternal attendance patterns in subantarctic fur seals. Kirkman, S. P., Bester, M. N., Hofmeyr, G.J.G., Pistorius, P.A., Makhado, A.B., African Zoology, 37 (1), 13-19, 2002.Maternal care in the subantarctic fur seals on Amsterdam island. Georges, J.Y., Guinet, C., Ecology, 81(2), 295-308, 2000.. Accouplement, mise bas et allaitement ont lieu au niveau de colonies de reproduction, ces colonies sont les mêmes d'une année sur l'autreMarine Mammal Biology, an evolutionary approach. Edited by Hoelzel, A.R., Blackwell Science Ltd, 432p, 2002. Chapter 10, Life History and Reproductive Strategies, Boness, D.J., Clapham, P.J., Mesnick, R.C..

Formations et défenses des territoires par les mâles dominants À la fin du mois de novembre (fin du printemps austral), les mâles sont les premiers à arriver sur les colonies de reproduction. C'est à ce moment que les grands mâles établissent leurs territoires sur lesquels ils accueilleront les femelles.

Dans un premier temps, tous les jeunes adultes et les juvéniles sont chassés de ces territoiresReproduction in the male subantarctic fur seal Arctocephalus tropicalis. Bester, M.N., Journal of Zoology, 222 (2), 177-185, 1990.. Fréquemment, chez les espèces où un mâle constitue un harem de femelles, les mâles se mesurent les uns aux autres lors de confrontations directesCampbell, N. A., Biology, third edition, De Boeck University Press, 1190p, 1995. Partie IV : Les mécanismes de l'évolution, chapitre 21 : L'évolution des populations. pour maintenir leur statut de dominant et leur territoire. Soit deux mâles se combattent violemment ; soit, le plus souvent, les mâles se livrent à des parades ritualisées destinées à décourager les rivaux potentiels. Ces parades consistent à parcourir leurs petits territoires en émettant des vocalisationsNicolas Servera, Observation personnelle. Terre Australes et Antarctiques Françaises. Archipel Crozet, Ile de la Possession, colonie de reproduction dite de « la Mare aux Eléphants », campagne d'été 2002-2003 (). et en se mesurant les uns contre les autres aux niveaux des limites de ce territoire.

thumb|left|alt= un mâle qui porte deux cicatrices sur le cou et le membre antérieur droit|Ce mâle présente deux cicatrices infligées au cours de combats antérieurs (indiquée par Les flèches bleues). thumb|left|Un mâle blessé à la patte avant se repose sur l'herbe. thumb|upright|Détail de la patte antérieure et de la blessure. Ce sont les points au niveau desquels les mâles vont s'affronter qui vont définir les limites du territoire d'un mâle, ainsi que certains reliefs, comme des rochers plus gros que les autres.

Les mâles se mesurent les uns aux autres d'une façon très intense, ce sont de grandes démonstrations d'agressivité. Les deux mâles, impliqués dans un affrontement, se font face bruyamment, la mâchoire ouverte, prêt à attaquer (ou à fuir) si l'un des deux protagonistes franchit la frontière défendue. Ce type de face-à-face est très fréquent mais les affrontements physiques sont rares.