Louis Joxe, né le à Bourg-la-Reine (département des Hauts-de-Seine), mort le à Paris (1er arrondissement), est un homme politique français.
Résistant gaulliste durant la Seconde Guerre mondiale, après laquelle il a une carrière de diplomate, il est ministre durant près de dix ans sous la présidence de Charles de Gaulle. Lorsqu'il est ministre d’État des Affaires algériennes, il est le principal négociateur pour la France des accords d'Évian, qui aboutissent à l'indépendance de l'Algérie en 1962. Après celle-ci, sa gestion du rapatriement en métropole des harkis est vivement critiquée par des historiens.
Il est député UDR/RPR du Rhône, de 1967 à 1977, et ensuite membre du Conseil constitutionnel, jusqu'en 1989.
Vie familiale 175px|vignette|gauche|Immeuble du 3, rue Ravon à Bourg-la-Reine. Son père, Auguste Joxe, né en 1871 à Pontivy (département du Morbihan), est professeur agrégé de sciences naturelles et enseignant au lycée Lakanal de Sceaux, époux de Thérèse Bitschiné (1879-1949).
Peu de temps après sa naissance, la famille déménage et s'installe dans un pavillon de la villa Jeanne-d'Arc, toujours à Bourg-la-Reine, commune où il passe toute son enfance et son adolescence, étudiant au lycée Lakanal dans la commune voisine de Sceaux. Il épouse le , à Sucy-en-Brie, Françoise-Hélène Halévy (1900-1993), fille de Daniel Halévy (voir descendance de Louis Breguet) ; elle est de confession protestante.
Il est le père du sociologue et chercheur en géopolitique Alain Joxe (né en 1931) et de l’homme politique Pierre Joxe (né en 1934).
Carrières Louis Joxe est agrégé d'histoire et de géographie en 1925..
Il ne fait qu'un bref passage dans l’enseignement à Metz, de 1925 à 1927, puis devient journaliste à la revue de politique française et internationale L'Europe nouvelle. En 1932, il entre au cabinet de Pierre Cot, qui est sous-secrétaire d’État aux Affaires étrangères, puis à partir de ministre de l’Air. Il est membre de la délégation officielle accompagnant Cot en URSS du 12 au .. En 1935, il est inspecteur des services étrangers de l’agence Havas (future Agence France-Presse). Il fonde la même année, le Centre d'études de politique étrangère, dont il devient le secrétaire général de concert avec Étienne Dennery jusqu'en 1940.. Cette structure universitaire servira bien plus tard de base à la création de l'Institut français des relations internationales.
Sous-lieutenant de réserve dans l'armée de l'Air, il y est mobilisé en 1939 et détaché en novembre au commissariat général à l'information dirigé par Jean Giraudoux. Après l'armistice et alors que se met en place le régime de Vichy, il est limogé en de l'agence Havas, en raison de ses opinions politiques républicaines, hostiles au pouvoir pétainiste. Il sollicite sa réintégration dans l'éducation nationale et grâce à l'inspecteur Jules Isaac, alors encore en place mais qui sera bientôt lui aussi écarté par Vichy, obtient un poste en Algérie ; il enseigne au lycée Bugeaud d’Alger et œuvre au sein de la Résistance. À partir de l'automne 1943, il professe un cours de relations internationales au Centre d’études politiques et administratives (CEPA), rattaché à l'université d'Alger. Charles de Gaulle nomme Joxe le secrétaire général du Comité français de libération nationale., puis secrétaire général du Gouvernement provisoire de la République française (1946), et il organise donc depuis le lycée Fromentin d'Alger qui accueille provisoirement l'exécutif, puis Matignon, la restauration de l'État républicain.
Il reprend ensuite la carrière diplomatique au ministère des Affaires étrangères comme directeur général des relations culturelles. C'est dans ces fonctions qu'il y est amené à tourner une courte scène au côté de Roger Seydoux, dans le film (resté inachevé) Le Voyage en Brésil d'Henri-Georges Clouzot.. En , il est nommé membre du Conseil supérieur de la Radiodiffusion française, en remplacement d'Armand Salacrou, démissionnaire.. En 1951, il est membre de la délégation française à la Conférence générale de l'UNESCO.. Il devient ambassadeur (à Moscou en 1952, à Bonn en 1955), puis secrétaire général du Quai d'Orsay (en 1956). Il est élevé à la dignité d’ambassadeur de France en 1959.
Puis il est ministre sans interruption de à dans les gouvernements de Michel Debré et . Secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargé de la fonction publique du au , il est chargé de l'Éducation nationale du au et des Affaires algériennes du au . Alors que vient d'être déclenchée à Alger la tentative de putsch des généraux, parmi les mesures prises par le pouvoir légal à Paris pour la contrecarrer, le décret n°61-395 du porte déclaration de l’État d'urgence et, le complétant, le n°61-398 de la même date donne à Louis Joxe : « délégation pour prendre en Algérie au nom du gouvernement toutes les décisions qu'imposent les circonstances ».. Joxe mène la négociation avec le FLN (voir accords d'Évian), qui conduit à l'indépendance le . Il est à nouveau ministre de l'Éducation nationale, par intérim, du au après la démission de Pierre Sudreau, ministre de la Réforme administrative du au et ministre de la Justice du au .
Il est député UDR du Rhône de 1967 à 1977. Le président de l'Assemblée nationale Edgar Faure le nommeDécision du 22 octobre 1977 sur le site du Conseil constitutionnel., le , membre du Conseil constitutionnel pour y remplacer Henri Rey qui vient de mourir, puis Jacques Chaban-Delmas le confirmeDécision du 12 février 1980 sur le site du Conseil constitutionnel. le à ce poste pour un mandat complet, qui s'achève en . Le , il est élu à l'Académie des sciences morales et politiques, au fauteuil 8 de la section générale, y succèdant à Alexandre Parodi.
thumb|285px|La tombe de Louis Joxe au cimetière de Jouy-en-Josas (Yvelines).
Il meurt le . Après des obsèques en l'église Saint-Germain-l'Auxerrois de Paris, il est inhumé au cimetière de Jouy-en-Josas.
Gestion critiquée du rapatriement en métropole des Harkis Ministre d’État des Affaires algériennes durant les mois qui suivirent l'indépendance, sa gestion très restrictive du rapatriement en métropole des harkis lui sera vivement reprochée après sa mort par certains historiens. Il est l'auteur notamment de la directive ministérielle du stipulant : Télégramme N° 125/IGAA du 16 mai 1962 - directive ministérielle du 16 juillet 1962.Catherine Wihtol de Wenden, Qui sont les Harkis ? Difficulté à les nommer et à les identifier, Hommes & Migrations, Année 1990, 1135 pp. 7-12Guy Pervillé, La tragédie des harkis : qui est responsable ?, lhistoire.fr, mars - mai 2002Michel Renard, Guerre d'Algérie : qui a laissé massacrer les harkis ?, marianne.net, 8 octobre 2016. Cette décision aura pour grave conséquence de laisser des harkis au sein d'une population largement hostile, et aux mains du nouveau pouvoir algérien qui ne respectera pas les promesses d'amnistie et de respect des droits de l'homme contenues dans les accords d'Évian. Beaucoup des harkis qui se sont vu interdire la possibilité d'aller en métropole n'échappent pas à la répression et aux massacres qui suivent immédiatement l'indépendance.
L'historien Pierre Vidal-Naquet concluant à ce propos dans le quotidien Le Monde : « La guerre révolutionnaire et la tragédie des harkis », Pierre Vidal-Naquet, Le Monde, 11-12 novembre 1962.« La longue plainte des harkis », L'Express, 9 août 2001.« La plainte des harkis est-elle justifiée ? », L'Express, 30 août 2001..
L'abandon des harkis par les pouvoirs publics français et les consignes de n'effectuer aucun rapatriement massif de supplétifs ont été considérés par Maurice Allais comme Maurice Allais, L'Algérie d'Évian (1962), éd. Jeune Pied-Noir, 1999 - « Les harkis, un impérieux devoir de mémoire », dans la de 1999, p. 50.. De même, Dominique Schnapper, fille de l'intellectuel français Raymond Aron, écrira Préface de Dominique Schnapper dans Et ils sont devenus harkis, Mohand Hamoumou, éd. Fayard, 1993, p. 10..
Œuvre Victoires sur la nuit mémoires 1940-1946, Flammarion, 1981 , prix Général-Muteau de l’Académie française en 1982.
Décorations et distinctions
.. . Docteur honoris causa de l'université fédérale de Rio de Janeiro
Notes et références
Voir aussi Bibliographie .
Articles connexes Comité français de libération nationale - Composition du Comité français de libération nationale
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