Evry Léon Schatzman ( à Neuilly-sur-Seine, France - à Paris .) est un astrophysicien français spécialisé dans le domaine de la structure des étoiles. Il est aussi connu pour avoir été, après-guerre, un pionnier de l'enseignement de l'astrophysique théorique en France.
Biographie Jeunesse et études vignette|alt=Photo de famille prise en été vers 1930 avec de gauche à droite Danny, Benjamin, Evry et Cécile Schatzman.|Evry Schatzman (troisième à partir de la gauche) avec sa sœur Danny, son père Benjamin et sa mère Cécile, vers 1930. Evry Schatzman naît le à Neuilly-sur-Seine.. Son père, Benjamin Schatzman (1877-1942), est un dentiste né à Tulcea en Roumanie et ayant émigré en 1882, avec sa famille à Zikhron Yaakov en Palestine, durant la première Aliyah, avant de venir s'installer en France à l'âge adulte. Sa mère, Cécile Kahn (1882-1969) est la fille de Léon Kahn (ancien secrétaire du consistoire israélite de Paris).
Il intègre l'École normale supérieure en 1939. Son jeune âge au moment du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale lui épargne d'être mobilisé, mais ces années de guerre perturbent grandement la suite de son cursus, et l'obligent à entrer dans une semi-clandestinité du fait de ses origines juives Evry Schatzman, The Desire To Understand the World, Annual Review of Astronomy and Astrophysics, 34, 1-34 (1996) Voir en ligne (accès restreint).. En raison des lois anti-juives du régime de Vichy il est notamment obligé pour terminer ses études de se rendre à Lyon où il rencontre sa femme Ruth Fisher (1920-2020), fille du responsable du KKL Joseph Fisher. D'autre part son père est victime d'une rafle en . D'abord interné en France, celui-ci meurt, en , probablement lors de son transfert vers les camps d'extermination.
Muni de faux papiers — son pseudonyme est alors Antoine Emile Louis Sellier — Evry Schatzman se réfugie avec sa femme à l'Observatoire de Haute-Provence en 1943, année où il se marie. Il trouve son premier sujet de recherche, les naines blanches, dans la maigre bibliothèque de l'observatoire (et notamment un ouvrage de Walter Baade).
Après un retour à Paris fin 1944, il passe l'agrégation de physique et se voit offrir un poste au CNRS en 1945, juste avant de soutenir sa thèse en devant un jury présidé par le Prix Nobel de physique Louis de Broglie.
À partir de 1945 et jusqu'en 1954, il est chargé de recherche, puis maître de recherche au CNRS. En 1954, il est nommé professeur à la faculté des sciences de Paris, puis à partir de 1970, à l’université Paris 7-Denis-Diderot. En 1976, il devient directeur de recherche au CNRS, à l’Observatoire de Nice, puis à l’Observatoire de Meudon à partir de 1988.
Carrière Après son recrutement par le CNRS, il est d'abord affecté à l'Institut d'astrophysique de Paris. Il y publie son premier article notableEvry Schatzman, Théorie des Supernovae, Annales d'astrophysique, 9, 199-221 (1946) Voir en ligne., où il émet l'hypothèse (aujourd'hui abandonnée) que les supernovae sont dues à des arrangements de la structure interne des naines blanches et non à l'effondrement gravitationnel d'une naine blanche en étoile à neutrons comme l'avait proposé Fritz Zwicky avant guerreLa théorie des supernovae était, à cette époque, impossible à contraindre du fait des limitations des données observationnelles disponibles. Par exemple, l'évaluation de la luminosité maximale des supernovae à leur maximum était erronée de six ou sept ordres de magnitude.. Il publie également la même année un long article sur la structure interne des naines blanchesEvry Schatzman, Théorie du débit d'énergie des naines blanches, Annales d'Astrophysique, 8, 143-209 (1946) Voir en ligne..
En 1947, il est invité par Bengt Strömgren à séjourner à l'université de Copenhague, et se met à étudier sur les conseils de son hôte l'atmosphère des naines blanches. Il est ensuite invité à l'Université de Princeton où il s'intéresse aux atmosphères stellaires, et propose en 1949 un mécanisme de chauffage de la couronne solaire via des ondes de choc Evry Schatzman, The heating of the solar corona and chromosphere, Annales d'Astrophysique, 12, 203-218 (1949) Voir en ligne..
Titulaire de la première chaire d'astrophysique française, créée à la Sorbonne, il enseigna aussi régulièrement à l'Université libre de Bruxelles (1949-1967), et exerça son métier de chercheur successivement à l'Institut d'astrophysique de Paris, à l'Observatoire de Paris-Meudon (à partir 1969) où il crée le Laboratoire d'astrophysique de Meudon, à l’université de Californie (Berkeley) (1984-1988) et en fin de carrière à l'Observatoire de Nice avant de retourner à Meudon, en tant que chercheur émérite.
Vers la fin de sa carrière, il participe à l'expérience GALLEX de mesure du flux de neutrinos solaires, dont l'amplitude fut confirmée comme étant significativement plus faible que prévu Collaboration GALLEX, « GALLEX solar neutrino observations: results for GALLEX IV », Physics Letters B, 447, 127-133 (1999), Voir en ligne (accès restreint)., l'explication de ce phénomène étant en réalité due aux oscillations de neutrinos, mises en évidence peu après par le détecteur Super-Kamiokande.
Diminué depuis 2002 par une maladie qui le prive d'une grande partie de sa capacité à communiquer, il meurt à Paris le .
Sa fille Michelle Schatzman est une mathématicienne française. Son fils, Jérôme Schatzman, travaille à l'ESSEC. Il rend, en , un rapport sur le financement de l'innovation sociale au Haut-Commissariat à l’Économie Sociale et Solidaire et à l'innovation sociale..
Militantisme Marqué par les années de guerre, il milite au Parti communiste français de 1946 à 1959 qu'il quitte en réprouvant les crimes staliniens. Il devient plus tard secrétaire général du Syndicat national de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique, et fut également longuement président de l'Union rationaliste (de 1970 à 2001).
Distinctions Membre de l'Académie des sciences en 1985 Membre correspondant de l'Académie royale des sciences de Liège Membre de l’Academia Europaea Docteur Honoris Causa de l'université de Barcelone
Prix scientifiques Prix Peccot du Collège de France Prix Manley Bendall de l'Académie nationale des sciences, belles lettres et arts de Bordeaux Prix Paul et Marie Stroobant de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique (1971) Prix Robin de la Société française de physique (1971) Prix Janssen de la Société astronomique de France (1973) Prix Holweck de la Société française de physique (1975) Médaille de l'Association pour le développement international de l'Observatoire de Nice Prix fondé par l’État, décerné par l'Académie des sciences, pour ses contributions majeures aux progrès de l'Astrophysique (1982)Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences. Vie académique - 1982-01. Médaille d'or du CNRS (1983)..
Distinctions civiles
Autres L'astéroïde porte son nom.
Publications Avec Ruth Schatzman édite: Benjamin Schatzman. Journal d'un interné: Compiègne, Drancy, Pithiviers -. Éditions Le Manuscrit, 2005. Avec Françoise Praderie, Les Étoiles, InterEdition - Éditions du CNRS, 1990 Les Enfants d'Uranie : à la recherche des civilisations extraterrestres, éd. Le Seuil, 1986 La Science menacée, éd. Odile Jacob, 1989, Le Message du photon voyageur, éd. Belfond, 1987 Astrophysique générale, J.-C. Pecker et E. Schatzman, Masson & , 1959
Origine et évolution des mondes, éd. Albin Michel, coll. « Sciences d'aujourd'hui », 1957 White Dwarfs, North Holland Publishing Company, Amsterdam, 1957
Bibliographie Michel Pinault, Evry Schatzman, itinéraires d'engagements dans la science et pour la science, http://michel-pinault.over-blog.com/ et https://maitron.fr/spip.php?article168590
Notes et références
Liens externes
Principales publications d'Evry Schatzman recensées sur le Centre de données astronomiques de Strasbourg. Inventaire du fonds Schatzman - Bibliothèque de l'Observatoire de Paris
Archives Inventaire du fonds d'archives de Evry Schatzman conservé à la Contemporaine.
Catégorie:Astronome français du XXe siècle Catégorie:Astronome français du XXIe siècle Catégorie:Astrophysicien français Catégorie:Survivant de la Shoah Catégorie:Élève de l'École normale supérieure Catégorie:Étudiant de la faculté des sciences de Paris Catégorie:Docteur ès sciences de la faculté des sciences de Paris Catégorie:Docteur honoris causa Catégorie:Lauréat de la médaille d'or du CNRS Catégorie:Lauréat du prix Holweck Catégorie:Lauréat du prix Jules-Janssen Catégorie:Membre de l'Académie des sciences (France) Catégorie:Membre de l'Academia Europaea Catégorie:Officier de l'ordre national du Mérite Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur Catégorie:Commandeur des Palmes académiques Catégorie:Naissance en septembre 1920 Catégorie:Naissance à Neuilly-sur-Seine Catégorie:Naissance dans le département de la Seine Catégorie:Décès en avril 2010 Catégorie:Décès dans le 19e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 89 ans Catégorie:Éponyme d'un objet céleste Catégorie:Auteur publié par les éditions du Seuil Catégorie:Auteur publié par les éditions Odile Jacob Catégorie:Auteur publié par les éditions Belfond Catégorie:Auteur publié par CNRS Éditions Catégorie:Auteur publié par les éditions Gauthier-Villars Catégorie:Auteur publié par les éditions Albin Michel