Le régiment de tirailleurs marocains ( RTM) est un régiment d'infanterie de l'armée de terre française, formé de combattants recrutés au Maroc.

Il combat dans les années 1920 dans le Rif et en Syrie. Stationné en métropole à partir de 1928, il y disparaît en au début de la Seconde Guerre mondiale. Recréé dès la fin 1940, il participe à la reconquête alliée de l'Europe dans l'Armée française de la Libération. Revenu au Maroc en 1945, il envoie des bataillons de marche en Indochine. Dissous en 1956, il est brièvement recréé de 1960 à 1963 en Allemagne.

Création et différentes dénominations

[1921 : formation du régiment de tirailleurs marocains 1929 : renumérotation en régiment de tirailleurs marocains 1940 : dissolution en juin, re-formation en octobre-novembre 1956 : dissolution 1960 : re-formation 1963 : conversion en de chasseurs portés

Chefs de corps - : colonel Théodore Pellegrin - : colonel Lucien Callais - : colonel Joseph Vincent - : colonel Jean-Louis Vichier-Guerre - : colonel Henri Bodard - : colonel Pierre Tarrit - : colonel Louis KoelzColonel Koelz : adjoint de Koenig commandant les forces françaises en Allemagne, il représentera la France au Conseil Interallié de Berlin (1945-6). - : colonel Marcel François - : lieutenant-colonel Eugène Marioge - : lieutenant-colonel Henri JoppéColonel Joppe : futur chef de corps du RTM en Italie (1944). - : lieutenant-colonel Lévêque - : colonel Charles Louchet - : lieutenant-colonel Alexandre Le Balle - : colonel Paul BondisColonel Bondis : futur commandant l'infanterie de la marocaine de montage, général commandant de l'ESM-St Cyr puis commandant les forces françaises au Sud-Vietnam. - : colonel Paul Cherrière (blessé 14/3/1944)Colonel Cherrière : futur général commandant les forces françaises en Algérie (1955). - : colonel Frédéric Eberlé (par intérim) - : colonel Raymond BailiffColonel Bailiff : futur général de corps d'armée et premier président national de Rhin et Danube. - : colonel Edmond Le Parco - : lieutenant-colonel Paul Guérin - : colonel Raymond Pedron - : colonel Pierre Soleilhavoup - : colonel Lucien Pons - : colonel René du Plessis de Grenedan - : colonel Laurent Latourrette (1904-1990) Saint-cyrien de la promotion du Rif. - : colonel Jean-Louis Imbart (19011-1970) Saint-cyrien de la promotion Mangin. Nommé général en 1966. Mort pour la France des suites de blessures reçues en Algérie. - : colonel Maurice GuérinLa liste des chefs de corps est due à Pierre Carles et Georges Leconte, de tirailleurs marocains. Chronique d'un régiment marocain (1921-1963), Amicale des anciens du RTM.

Historique des garnisons, combats et batailles du RTM Entre-deux-guerres

Formé à Marrakech et à Casablanca, à partir des et régiment de tirailleurs marocains, le RTM part en Rhénanie dès sa mise sur pied achevée le . Après 21 mois d'occupation, il rentre au Maroc .

Très marqué par son colonel, le RTM d'alors est la colonne Callais. Il est engagé au Maroc (1923-1926) contre les RifainsEn 1926 seulement, le régiment perd 26 tués (4 officiers français et 1 marocain, 9 sous-officiers français et 1 marocain, 3 caporaux et tirailleurs français et 41 marocains) et 114 blessés (5 officiers français, 3 sous-officiers français et 15 marocains, 4 caporaux et tirailleurs français et 87 marocains). et en Syrie (-) contre les Druzes. Il stationne au Maroc d'avril à . vignette|Muletiers du en manœuvres à Modane le . Muté en métropole en fin 1927, le RTM rejoint en 1928 la de la nouvelle d'infanterie nord-africaine, placée en réserve derrière les Alpes. L'état-major (EM) et le (I/) sont à Romans-sur-Isère, le (II/) à Valence et le à Privas. En septembre, l'EM et le I/ partent en garnison à Montélimar. Le devient en .

Le crée une section d'éclaireurs-skieurs par bataillon, stationnées l'hiver dans les Alpes, au Fort l'Écluse, à Lanslebourg, au col de Granon ou à Aiguilles selon les années.

En , le régiment rejoint un , ex-II/ venu du Maroc. Ce bataillon part en garnison à Embrun. En , le II/ devient le III/, tandis que le III/ devient le II/, caserné à Belley. Le régiment perd son qui rejoint en le à Saint-Dié-des-Vosges.

En , le part pour Verdun, où il est rattaché à la d'infanterie nord-africaine. Il effectue des travaux sur la frontière à Sedan et à Montmédy.

Seconde Guerre mondiale

Le RTM est un beau régiment bien encadré, bien entraîné, qui prend part aux escarmouches de la Sarre où de nombreux tirailleurs sont estropiés par les mines et pièges.

En , affecté à la 5e division d'infanterie nord-africaine, le RTM est en travers de l'offensive allemande. Les tirailleurs se battent en Belgique et en France. Des seize officiers du bataillon, six sont tués, six sont blessés et les quatre autres faits prisonniers. Le régiment perd douze officiers, quinze sous-officiers et 58 caporaux-chefs, caporaux ou tirailleurs français tuésL'historique du régiment ne cite pas le chiffre des pertes de 1939-40 parmi les Marocains. Il ne mentionne pas non plus le nombre des mutilés, des blessés, des disparus et des prisonniers, français ou marocains..

Le 6e RTM est dissous après l'armistice du 22 juin 1940.

À compter d'octobre-, le RTM est recréé à Marrakech à partir d'éléments rescapés du RTM et d'évadés qui ont rejoint le Maroc. Il participe avec modération au baroud d'honneur contre les Américains (8-).

Le RTM est intégré à la marocaine de montagne du général Sevez qui part avec le corps expéditionnaire français en Italie.vignette|Plaque à Cornimont : |alt=Monument a Cornimont (88)Le RTM participe à la campagne d'Italie (-) : 287 tués dont 15 officiers, 1148 blessés dont 27 officiers, plus 101 disparus. Dans les rangs de la (France 1944-1945), le RTM participe à la campagne de Libération (-). Au seul combat du Haut du Faing (15-), 127 sont tués dont huit officiers, 764 blessés dont treize officiers (et 103 pieds gelés), 24 disparus.

Enfin, le RTM entre en Allemagne, du Rhin au Danube et à l'Arlberg (-).

Du au , onze officiers, 25 sous-officiers, 44 caporaux-chefs, caporaux et tirailleurs français auront été tués.

De 1946 à nos jours

Le , le RTM est dissous. Le passe au RTM. Les deux autres forment corps jusqu'au , le à Port Lyautey (Kénitra), le à Casablanca.

Indochine

Le , le RTM est reformé. De 1947 à 1955, il fournit un bataillon de marche (BM) engagé en Indochine contre le Việt Minh. III/ RTM ou BM/ RTM (1947-1949) : cette unité perd 160 tués et 291 blessésLe BM est commandé par Paul Vanuxem. relève : BM/ RTM (-). : BM/ RTM (-). : BM/ RTM (-).

Du au , 2500 hommes passent par le BM qui perd 209 morts dont sept officiers et 29 sous-officiers. 889 blessés dont 26 officiers et 45 sous-officiers. Portés disparus, quatre officiers, quinze sous-officiers et 161 hommes de troupe.

Maroc

Le régiment joue un rôle mineur dans la répression des troubles du Maroc (fin 1952 - ). Sans états d'âme, les chibanis tirent sur les émeutiers, mais ils sont vite relevés.

Le , le RTM est dissous. En , l'indépendance du protectorat est proclamée. Les cadres et appelés français sont envoyés au Régiment de Marche du Maroc qui deviendra Régiment de Zouaves

Forces françaises en Allemagne

Le RTM est reformé le à Villingen (Bade-Wurtemberg), à partir des et du RTM

En 1963, les tirailleurs et gradés marocains retournent au RTM tandis que le RTM est converti en bataillon de chasseursPierre Carles et Georges Leconte, de tirailleurs marocains. Chronique d'un régiment marocain (1921-1963), Amicale des anciens du RTM.

Les traditions du RTM sont aujourd'hui conservées par la de la du Régiment de Tirailleurs.

Drapeau du régiment Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes Décision /SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, , 9 novembre 2007 : Maroc 1922–1926 Levant 1926-1927 Garigliano 1944 Haut du Faing 1944 Forêt-Noire 1945 Indochine 1947-1954 400px

Décorations

Croix de guerre 1939-1945, avec deux palmes (deux citations à l'ordre de l'Armée)décision n° 120 du 3 novembre 1944 - décision n° 704 du 14 mai 1945. Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs avec trois palmes (trois citations à l'ordre de l'Armée) Mérite militaire chérifien. Fourragère aux couleurs du ruban de la croix de guerre des TOE Fourragère aux couleurs du ruban de la croix de guerre 1914-1918 avec olive aux couleurs du ruban de la croix de guerre 1939-1945.

Citations collectives

Magnifique Régiment de Tirailleurs Marocains, toujours égal à soi-même, ardent et manœuvrier, animé du plus bel esprit de sacrifice. A, sous le commandement du colonel CHERRIERE, joué sur le front d'Italie, dans la bataille de rupture engagée le , un rôle prépondérant; attaquant entre l'Ornito et le Feuci, a, en 36 heures, bousculé et rompu les résistances ennemies, malgré de nombreuses contre-attaques de front et de flanc, lui coûtant des pertes sévères, puis a poussé à travers le dispositif adverse une pointe profonde qui, par le développement de la manœuvre a permis les succès ultérieurs de notre Armée. Au cours de ces combats couronnés le 13 par la conquête du col de Crisano, a causé à l'ennemi des pertes très lourdes, lui capturant plus de 300 prisonniers dont 9 officiers et un matériel de guerre important. Intégré du 19 au dans un Groupement opérant a l'aile du Corps de Montagne, a, dans la période d'exploitation et de poursuite, surmonté toutes les résistances rencontrées, participant notamment avec ses éléments le a l'enlèvement du village de Lenola s'emparant ensuite de haute lutte des massifs du Petrella et du Vona, des cimes del Nibbio et del Piglioro, conquérant en une seule journée les 10 kilomètres de crêtes jalonnées par les monts Campo di Lupino et Siserno, puis le col de la Palombara, ajoutant a son tableau initial près de 150 nouveaux prisonniers, un grand nombre d'armes automatiques et de canons.

Magnifique régiment de tirailleurs qui, sous les ordres du colonel BAILLIF, vient de se couvrir d'une gloire nouvelle, au cours de la bataille de la Haute-Alsace. Après avoir mené de durs combats dans les Vosges, au Haut du Faing, le , ou il a enlevé d'un seul élan cette position organisée de longue date et s'y est maintenu en dépit de contre-attaques renouvelées, menées jusqu'au corps à corps et appuyées par des feux très puissants d'artillerie et de mortiers. Le RTM, momentanément rattaché à la division blindée, a participé, du 20 au , a la délivrance de Mulhouse, puis dans le cadre de la division de montagne jusqu'au , assuré la conservation de cette ville malgré les attaques ennemies. Du 20 au , le bataillon (commandé par le capitaine LORENZI), conquiert de haute lutte Uberstrass, Largitzen et Friesen, que l'infanterie allemande défendait en contre-attaquant avec l'appui de 7 chars Tigre Royal dont quatre ont été mis hors de combat. Pendant la même période, le bataillon (commandé par le capitaine COTHIAS) arrive aux portes de Mulhouse, nettoie la ville et pousse la compagnie jusqu'au Rhin à Kembs. Du 20 au , le 3e bataillon (commandé par le commandant DIEBOLD) dégage dans la région de Suarce et de Lepuix Delle la ligne de communication sérieusement menacée de la division blindée et, ramené à Mulhouse, conquiert Heimsbrunn et Pont d'Anspach. Regroupé sous les ordres de son colonel à Mulhouse, maintient à Lutterbach notre unique tête de pont au nord de la Doller, en repoussant les assauts furieux de l'ennemi et en contre-attaquant brillamment les et . A perdu au cours de cette période du au , 22 officiers et 767 de ses tirailleurs. A largement vengé ses morts, en infligeant à l'ennemi des pertes sévères et en lui capturant 510 prisonniers dont 10 officiers.

Insigne du Régiment de Tirailleurs Marocains