Olivier Le Cour Grandmaison est un historien et un politologue français né le à Paris (France).
Spécialisé dans les questions de citoyenneté sous la Révolution française et dans les questions qui ont trait à l'histoire coloniale, il est maître de conférences en science politique à l'université d'Evry-Val d'Essonne et enseigne au Collège international de philosophie.
Biographie Olivier Bruno Le Cour Grandmaison, fils de Bruno Le Cour Grandmaison (1931-2013) et de Colette Roche, est né à Paris le . Il épouse à La Salle-les-Alpes Deborah Rofman.
En 1983-84, alors militant trotskyste de la LCR, il effectue son service militaire à Kehl en Allemagne de l'Ouest, au 32e régiment du génie. Membre d'un comité de soldats, il distribue dans son régiment des documents antimilitaristes, et notamment une pétition exigeant le retrait des « troupes d'occupation » françaises d'Allemagne. Par jugement du , Olivier Le Cour Grandmaison et un autre appelé, Laurent Fritz., sont condamnés par le Tribunal des forces armées de Landau (RFA) à un an de prison avec sursis pour incitation de militaires à la désobéissance. Leur recours en cassation auprès de la CEDH sera rejeté le .
Titulaire d'une maîtrise d'histoire et d'un DEA de science politique et de philosophie, il soutient en 1991 une thèse de science politique intitulée Les citoyennetés en révolution (1789-1794)Olivier Le Cour Grandmaison, Les citoyennetés en révolution (1789-1794), thèse de doctorat en science politique sous la direction d'Evelyne Pisier Kouchner, université Paris 1, 1991, annonce sur theses.fr..
Il enseigne le droit à l'université du Mans (notamment le droit public, constitutionnel et communautaire) ainsi que la sociologie et la philosophie politique.
Devenu enseignant à l'université d'Évry-Val d'Essonne, il a été responsable du DEUG de droit, puis membre du conseil scientifique de l'université et du conseil national des universités. Il dirige aujourd'hui le master dans cette même université.
Par ailleurs, il est juge-assesseur, désigné par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), à la cour nationale du droit d'asile (CNDA).
Il est membre du conseil de rédaction de la revue Droits. Revue française de théorie, de philosophie et de culture juridique, du comité de rédaction des revues Lignes, Mouvements et Asylon(s) et de l’équipe éditoriale du réseau scientifique TERRA.
Travaux sur la colonisation Coloniser, exterminer : Sur la guerre et l’État colonial En 2005, Olivier Le Cour Grandmaison publie Coloniser, exterminer : Sur la guerre et l’État colonial. Cet ouvrage controverséAmaury Laurin, Pour une histoire coloniale nuancée : à propos d'Olivier Le Cour Grandmaison, La République impériale : politique et racisme d'État, 2009 (note critique), Outre-Mers. Revue d'histoire, Année 2010, 366-367, pp. 369-377 entend analyser le comportement de la France lors de la colonisation. Il mentionne qu'au et dans la première moitié du , « extermination » désigne des massacres de masse et non une entreprise génocidaire. Il souligne que ce concept est alors employé par de nombreux contemporains pour rendre compte de massacres coloniaux ou de massacres consécutifs à des guerres civiles comme durant la Commune de Paris.
Pour le journaliste et écrivain algérien Lounis Aggoun, c'est
Jérôme-Alexandre Nielsberg, philosophe et critique littéraire à L'Humanité, estime que Coloniser, exterminer montre que
L'historien Jean-Guillaume Lanuque, dans la revue Dissidences, y discerne même une . Il précise néanmoins que l'essai . En contrepoint, l'historien Marc-Olivier Baruch déplore .
D'autres historiens, spécialistes du sujet, contestent le contenu de l'ouvrage à l'instar d'Emmanuelle Saada, Gilbert Meynier et Pierre Vidal-Naquet Laurent Bouvet, Nathalie Heinich,, Isabelle de Mecquenem, Dominique Schnapper, Pierre-André Taguieff, Véronique Taquin, Les bonimenteurs du postcolonial business en quête de respectabilité académique,texte collectif paru dans l'Express, 26 décembre 2019.
Pour Emmanuelle Saada, cet ouvrage ; il néglige les dynamiques historiques, uniformise les longues et complexes relations entre la France et l'Algérie et oublie que le racisme Emmanuelle Saada, « Compte-rendu de Coloniser, exterminer par Olivier Le Cour Grandmaison », Critique internationale, n° 32, 2006, p. 211-216, cit. p. 214.. Les historiens Gilbert Meynier et Pierre Vidal-Naquet y consacrent un long article dans Esprit où ils fustigent ses infractions à la méthode historique, relevant chez l'auteur une propension à ne retenir Selon eux : Gilbert Meynier, Pierre Vidal-Naquet, « Coloniser, Exterminer : de vérités bonnes à dire à l'art de la simplification idéologique », Esprit, décembre 2005, repris sur le site Études coloniales.
La République impériale : politique et racisme d'État Olivier Le Cour Grandmaison publie La République impériale : politique et racisme d'État en 2009, où il étudie les conséquences politiques, juridiques, académiques, universitaires…, de la construction accélérée de l'empire colonial sous la Troisième République. Pour ce faire, il propose notamment le concept d'« impérialisation » des institutions.
Ses propos sur l'existence d'un lui valent de nombreuses critiquesLes obsédés de la race noyautent le CNRS , l'Express, 24 décembre 2012. Amaury Lorinhttps://shs.cairn.info/publications-de-amaury-lorin--666644?lang=fr, lui, salue la documentation que brasse l'ouvrage, juge que les pages concernant l'impérialisation de la République sont « particulièrement convaincantes ». Néanmoins, il considère que le lien établi par Le Cour Grandmaison entre « espaces vitaux » impérial et national-socialisme est « tout sauf évident scientifiquement ». Selon lui, le fait que l'auteur privilégie des écrits qui « semblent tous triés pour abonder dans le même sens » a pour conséquence qu'il minore également « l'anticolonialisme, tout aussi intrinsèque à la République impériale que l'est le colonialisme ».
De l'indigénat Il publie en 2010 De l'indigénat. Anatomie d'un « monstre » juridique : le droit colonial en Algérie et dans l'empire français, pour dénoncer la mise en œuvre par la Troisième République d'un droit différencié, voire raciste, dans les colonies où l'exception est la règle, en contradiction avec les principes républicains.
Selon l'historienne Isabelle Merle, dans cet ouvrage, le
Engagements politiques Selon Le Monde, Olivier Le Cour Grandmaison « ne masque pas son engagement du côté de la gauche radicale et résolument anticoloniale ».
Il participe à l'organisation d'une manifestation contre la politique du gouvernement Fillon en matière d'immigration, contre le racisme et pour la régularisation des étrangers en situation irrégulière, en tant que porte-parole..
Publications Ouvrages Les Citoyennetés en Révolution (1789-1794), Paris, PUF, 1992, 313 p. Les Constitutions françaises, Paris, La Découverte, 1996 Haine(s) : Philosophie et politique, avant-propos d’Étienne Balibar, Paris, PUF, 2002 Coloniser, exterminer. Sur la guerre et l’État colonial, Paris, Fayard, 2005 (édité en arabe en 2007, Algérie), présentation en ligne, présentation en ligne, présentation en ligne. La République impériale : politique et racisme d'État, Paris, Fayard, 2009 (édité en arabe en 2009, Algérie), présentation en ligne, présentation en ligne, présentation en ligne, présentation en ligne. De l'indigénat. Anatomie d'un « monstre » juridique : le droit colonial en Algérie et dans l'empire français, Paris, Zones/La Découverte, 2010 (édité en arabe) , présentation en ligne, présentation en ligne, présentation en ligne. L'Empire des hygiénistes. Vivre aux colonies, Paris, Fayard, 2014, présentation en ligne. « Ennemis mortels ». Représentations de l'islam et politiques musulmanes en France à l'époque coloniale, Paris, La Découverte, 2019. Racismes d'Etat, Etats racistes : une brève histoire, Paris, Amsterdam, 2024. Oradour coloniaux français. Contre le roman national, Les Liens qui libèrent, 2025.
Direction d’ouvrages O. Le Cour Grandmaison et C. Wihtol de Wenden (dir.), Les Étrangers dans la cité. Expériences européennes, préface de M. Rebérioux, Paris, La Découverte, 1993 O. Le Cour Grandmaison (dir.), Faut-il avoir la haine ?, Paris, L’Harmattan, 2001 O. Le Cour Grandmaison (dir.), Le : un crime d’État à Paris, Paris, La Dispute, 2001 Cl. Gautier et O. Le Cour Grandmaison (dir.), Passions et sciences humaines, Paris, PUF, 2002 O. Le Cour Grandmaison, G. Lhuilier, J. Valluy (dir.), Le Retour des camps : Sangatte, Lampedusa, Guantanamo, Paris, Autrement, 2007 O. Le Cour Grandmaison (dir.), Douce France. Rafles. Rétention. Expulsions, Paris, Seuil, 2009
Notes et références
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