Les Grandes Gueules est un film franco-italien réalisé par Robert Enrico, sorti en 1965. L'histoire dramatique combine le genre des films d'aventures, l'action et un certain contexte social. À sa sortie en salle, il recueille un certain succès populaire, pourtant face à de grandes productions françaises et internationales
Synopsis Hector Valentin, un Français qui bûcheronnait depuis plusieurs années au Canada, est de retour dans les Vosges où il hérite de la scierie familiale après la mort de son père. Sur place, il constate avec dépit que le « haut-fer » (terme vosgien désignant une scierie traditionnelle hydraulique) est en ruine, mais décide de faire revivre l'entreprise.
Cependant, une autre scierie, beaucoup plus moderne et puissante, existe déjà dans le village. Son propriétaire, Therraz, heureux de la disparition de son concurrent, se présente à Valentin dans le but de lui acheter son héritage. Devant son refus de vendre et sa détermination, Therraz n'aura de cesse de mettre des bâtons dans les roues de Valentin.
Lors d'une vente aux enchères, Valentin est repéré par Laurent et Mick, deux anciens détenus qui pensent à se venger d'un certain Reichmann. Les deux hommes comprennent assez vite la situation de Valentin : un repreneur à la tête d'une scierie en ruine, sans employés fiables et exposé à une concurrence aux méthodes déloyales.
Laurent lui propose alors d'embaucher des détenus en liberté conditionnelle comme main-d'œuvre. Valentin hésite jusqu'à ce que Laurent lui révèle son passé. Valentin engage alors les détenus en liberté conditionnelle dans sa scierie, plus truculents les uns que les autres. Mais le dénommé Reichmann n'est pas du lot. Sans l'autorité naturelle de Laurent, Valentin serait vite débordé par la situation.
Petit à petit, la scierie se remet en route, attisant la jalousie de Therraz. Celui-ci détourne le cours d'eau qui fait fonctionner la scierie, mais Laurent et son équipe détruisent son barrage après une bagarre avec les hommes de Therraz.
Peu à peu, Laurent met en place son plan. Il demande à Valentin d'insister pour qu'un de ses amis détenus puisse les rejoindre, un certain Reichmann, l'homme qu'il projette d'abattre. Mais son plan se heurte à plusieurs imprévus.
D'abord, Mick l'abandonne pour partir avec sa femme. Mais celle-ci, en découvrant qu'il est toujours victime de son addiction au jeu, part sans lui. De plus, au cours de la fête municipale des bûcherons, une bagarre générale éclate entre les hommes des deux scieries. Après la bagarre, Mick revient boire un verre dans lequel sont tombés des éclats d'une bouteille brisée. Après avoir bu, il porte la main à son cou et s'effondre, laissant entendre que les éclats lui ont causé une blessure mortelle.
L'administration pénitentiaire décide alors de mettre fin à la liberté conditionnelle des condamnés. Avant de repartir, l'un d'entre eux révèle à Valentin ce que projetait Laurent. Se sentant trahi et désespéré, Valentin incendie sa propre scierie avec la ferme intention de se laisser mourir dans les flammes. Mais Laurent arrive à temps pour le sauver. Les deux hommes partent finalement ensemble.
Fiche technique
Distribution
Tournage vignette|Bourvil et l'accordéoniste Roland Zaninetti lors du tournage de la scène de bal, en 1965. L'histoire de la réalisation du film a commencé en 1959, lorsque José Giovanni, qui a travaillé quelque temps comme bûcheron, écrit une nouvelle sur un homme qui se bat pour sauver sa scierie. Sur les conseils de son ami Lino Ventura, Giovanni la transforme en scénario. Mais le projet échoue en raison de la décision du producteur qui, par souci d'économie, voulait tourner dans la forêt de Fontainebleau près de Paris, ce qui ne convenait pas du tout à Giovanni. Durant l'été 1961, Giovanni se rend dans les Vosges pour trouver un cadre à son œuvre. À quelques kilomètres de Gérardmer, il trouve la scierie de Cellet. En 1962, Giovanni finit d'écrire son roman Le Haut-Fer, puis il modifie le roman et écrit un deuxième scénario. Il passera encore 3 ans à rechercher des financements pour que le roman aboutisse au film. Le film coûta à l'époque 5 millions de francs, soit l'équivalent de 7 millions d'euros en 2019.. Ventura et Bourvil ont reçu près de la moitié du budget. Période prises de vue : du 14 avril au 20 juillet 1965https://frenchmania.fr/les-grandes-gueules-1965-de-robert-enrico/ Sébastien Boully : « Les Grandes Gueules de Robert Enrico (1965) », publié sur Frenchmania.fr, le 31 Juillet 2018, consulté le 15 juin 2025.. Extérieurs : VosgesVoir liste de films tournés dans les Vosges. : scierie au lieu-dit La Clairière de Cellet, à de Gérardmer (« scierie d'Hector Valentin »), village du Haut du Tôt, Bois-de-Champ, La Bresse (chevauchée près du Hohneck), Gérardmer (rue Charles de Gaulle), Plainfaing, Gare de Saint-Dié-des-Vosges, Vagney (fête du village place Paul Caritey), Rochesson. Meurthe-et-Moselle : Bertrichamps, Cirey-sur-Vezouze, Val-et-Chatillon ; Alsace : bien que toute l'action soit censée se passer dans les Vosges, les scènes à la scierie du « concurrent Therraz » auraient été tournées en Alsace. A 1 h 34 min un avion (SMB2), survole la plaine, se dirige vers les bois. Plan suivant, de la fumée s’échappe au sol suivi de deux explosions. Le film ne donne pas d’explication.
Bande originale du film La bande originale, signée par François de Roubaix, a été arrangée par Bernard Gérard, qui fut son premier assistant et dont ce fut l'un des premiers travaux.
Index des titres Année de sortieTitreDurée de la pisteRéférences discographiques19651. Générique : thème principalLes Grandes Gueules1.54EP 45 Disque BarclayBarclay M2. Jackie1.46(Barclay M)3. Farandole1.15(Barclay M)4. Les Grandes Gueules1.38(Barclay M)5. Christiane2.04(Barclay M)6. Hector1.15(Barclay M)20037. Christiane et Jackie (inédit)2.13CD Universal France 038 444-2Série Écoutez le cinéma !
Rééditions. 1982 : Le Samouraï / Les Grandes Gueules Disque RCA France - RCA PL 37652. 2003 : François de Roubaix : Les films de Robert Enrico (BO incomplète dans un ordre différent avec un inédit) CD Universal France 038 444-2 - Série Écoutez le cinéma
Compilations incluant des titres de la BO. 1976 : Les Plus Belles Musiques de François de Roubaix (thème principal uniquement) Disque Barclay 900.502. 1990 : Les Plus Belles Musiques de François de Roubaix (volume 1) (thème principal uniquement) CD Hortensia CH 622. 1998 : François de Roubaix : 10 ans de musique de film (uniquement titres 1 et 5) CD Odeon/EMI Music France, Odeon 821237-2.
Box-office
En 1965, Les Grandes Gueules, sorti au mois d'octobre, rassemble .. Au cours de l'année suivante, le film collecte supplémentaires et s'établit comme le septième film le plus vu de l'année dans les salles françaises.. Au terme de plusieurs années d'exploitation, le film enregistre au total , dont à Paris..
+Box-office détaillé de la première année d'exploitation du film, semaine par semaine, en FranceSource : « BO hebdo France 1965 » et « BO hebdo France 1966 » sur Les Archives du box-office, d'après le CNC. Semaine Rang Entrées Cumul Salles du box-office 120 au 26 octobre 19651250 41750 4174Le Tonnerre de Dieu227 octobre au 2 novembre 19651852 046102 4634Le Gendarme à New York33 au 9 novembre 1965758 166160 6297Le Gendarme à New York410 au 16 novembre 19654107 234267 86320Le Gendarme à New York517 au 23 novembre 1965492 673360 53628Le Tonnerre de Dieu624 au 30 novembre 19653105 495466 03126Le Gendarme à New York71 au 7 décembre 19653102 139568 17027Les Tribulations d'un Chinois en Chine88 au 14 décembre 1965287 829655 99930Les Tribulations d'un Chinois en Chine915 au 21 décembre 1965946 419702 41826Opération Tonnerre1022 au 28 décembre 19657135 953838 37145Fantomas se déchaîne1129 décembre 1965 au 4 janvier 19666170 6451 009 01649Opération Tonnerre125 au 11 janvier 19664106 5151 115 53143Opération Tonnerre1312 au 18 janvier 1966470 4981 186 02937Opération Tonnerre1419 au 25 janvier 19663111 8181 297 84740Fantômas se déchaîne1526 janvier au 1 février 19662128 1911 426 03847Opération Tonnerre162 au 8 février 1966483 1611 509 19948Viva Maria !179 au 15 février 1966783 5841 592 78349Viva Maria !1816 au 22 février 1966883 8691 676 65246Viva Maria !1923 février au mars 1966767 7881 744 44052Viva Maria !202 au 8 mars 19661246 8221 791 26251Angélique et le Roy219 au 15 mars 19661053 8241 845 08652Angélique et le roy2216 au 22 mars 19662131 0921 876 17844Du rififi à Paname2323 au 29 mars 19661350 5241 926 70248Les Héros de Télémark2430 mars au 5 avril 19661741 2721 967 97451Du rififi à Paname256 au 12 avril 19662139 3482 007 32253Du rififi à Paname2613 au 19 avril 19662632 4192 039 74154Opération Tonnerre2720 au 26 avril 19662135 2422 074 98342Une femme en blanc se révolte2828 avril au 3 mai 19662224 4622 099 44540Angélique et le royEntre le 4 mai au 12 juillet 1966, le film ne figure pas dans le top 30 hebdomadaire.3813 au 19 juillet 19661524 1652 243 29942Un homme et une femme3920 au 26 juillet 19661423 0632 266 36236Un homme et une femme4027 juillet au 2 août 19662416 4562 282 81836Un homme et une femme413 au 9 août 19661131 0472 313 86541Un homme et une femme4210 au 16 août 1966835 0482 348 91352Un homme et une femme4317 au 23 août 19661135 4032 384 31646Un homme et une femme4424 au 30 août 19661329 3842 413 70059Un homme et une femmeDu 31 août au 6 septembre 1966, le film ne figure pas dans le top 30 hebdomadaire.467 au 13 septembre 19662821 0582 453 80649Trois Enfants dans le désordre
Autour du film Le nom Raoul, le mafieux, apparaît dans la plupart des distributions. Il n’est prononcé qu’une fois dans le film lorsque Nénesse appelle Laurent, Stan et Raoul en renfort lors de la bagarre pendant la fête du village. Mais ce sont Stan, Laurent et Scarella qui arrivent en renfort.
Postérité Des années plus tard, les lieux de tournage mettent en valeur le film et son souvenir local à des fins de tourisme cinématographique.
Deux pistes de ski de la station de La Bresse Hohneck au-dessus de Gérardmer portent le nom l'une, de Bourvil et l'autre, des Grandes Gueules.
Le samedi a lieu à Vagney le Jubilé des Grandes Gueules, pour célébrer le cinquantième anniversaire du film. Un rallye promenade y est organisé par les associations et , réservé aux véhicules de collection. Les bénéfices de l’événement sont versés à l'association caritative Perce-Neige, créée par Lino Ventura en 1966.
Le samedi a lieu à Vagney le Spectacle Vivant des Grandes Gueules, pour fêter les 51 ans après la sortie du film. Un spectacle vivant retraçant la création de celui-ci et mettant en scène une trentaine d'acteurs bénévoles. Le spectacle a été créé, écrit et mis en scène par Stéphane Antoine. Pas moins de s'étaient déplacées sur la place de la mairie de Vagney, où des décors rappelant les scènes cultes du film (scierie, place du village, piste de schlitte, etc.) avaient été installés.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . .
Critiques Jean Delmas, Jeune Cinéma, , , . Pierre Billard, Cinéma 65, , , . François Chevassu, La Revue du cinéma - Image et Son, , , . Louis Seguin, Positif, , , .
Documentaires . 2001 : La Route des Grandes Gueules de Philippe Crave et Roger Viry-Babel, Créacin / France 3 / Mat film, 52 minutes . 2008 : Fête bûcheronne, docufiction-hommage de Guy Gauthier, 12 minutes . 2012 : Le Fabuleux Destin des grandes gueules de Jean-Pascal Voirin, autoproduction, 45 minutes .
Liens externes
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