Le shaktisme (sanskrit : शाक्त, IAST : Śākta, « doctrine de l'énergie, du pouvoir, de la déesse éternelle ») est l'une des nombreuses dénominations hindoues (sampradayas) majeures dans lesquelles la réalité métaphysique, ou la divinité primordial, est considérée métaphoriquement comme étant une femme. Un adepte du shaktisme s'appelle un shakta. Selon une estimation de Johnson et Grim de 2010, le shaktisme est la troisième plus grande tradition hindoue, représentant environ 3,2 % des hindous.
Elle est une des traditions de l'hindouisme dont les adeptes considèrent la Shakti (« énergie », puissance divine) comme étant l'Absolu, le Brahman ; une galaxie de déesses, toutes considérées comme différents aspects, manifestations ou personnifications (Avatars) de la même déesse suprême : Kâlî (« la noire »), Durgâ (navadurga) (« l'inaccessible »), Sarasvatî (« essence du soi »), Lakshmi (« la Millionnaire »), Bhâvanî (« Celle qui donne l'existence »), Lajja Gauri (« la dorée modeste »), Parvati (« femme de la montagne ») et Tripurasundari (« Splendeur des trois villes (au-delà du mirage de Māyā) ». Après le déclin du bouddhisme en Inde, diverses déesses hindoues et bouddhistes furent combinées pour former le Mahavidya, un panthéon de dix déesses.
thumb|360px|Le shaktisme est une tradition hindoue centrée sur la Déesse Devi ; ici des avatars de celle-ci, de gauche à droite : Durgâ, Kâlî et Lakshmi.|centré
Pour les shaktas, la Déesse est supérieure à son époux (Shiva) qui ne peut exister sans le principe féminin immanent : c'est l'énergie féminine qui engendre inlassablement la Nature (Prakriti) et nourrit l'ensemble des êtres (en tant que Mère, Mâtâ, universelle).
Le shaktisme englobe également diverses sous traditions tantriques, notamment Vidyapitha et Kulamārga, le rituel shakta est empreint d'une érotique sacrée : l'union exemplaire de Shiva et de sa Shakti est reproduite dans l'union sexuelle réalisée selon des règles cultuelles précises, le coït étant ainsi considéré comme une vénération de la ShaktiGerhard J. Bellinger, Encyclopédie des religions, la Pochothèque, , 2000, p. 370..
Le shaktisme souligne que l'amour intense de la divinité est plus important que la simple obéissance, montrant ainsi une influence de l'idée vishnouite d'une relation passionnée entre Radha et Krishna en tant que bhava idéal. De même, le shaktisme a influencé le vishnouisme et le shivaïsme.
Origines et histoire Les premières preuves archéologiques de ce qui semble être un sanctuaire du Paléolithique supérieur pour le culte de Shakti ont été découvertes dans le site terminal du Paléolithique supérieur de Baghor I (pierre de Baghor) dans le district de Sidhi du Madhya Pradesh, en Inde. Les fouilles, menées sous la direction des archéologues renommés GR Sharma de l'Université d'Allahabad et John Desmond Clark de l'Université de Californie et assistés de Jonathan Mark Kenoyer et JN Pal, ont daté la formation de Baghor entre 9 000 et 8 000 les origines du culte de Shakti peuvent également être attribuées à la civilisation de la vallée de l'Indus.
Parmi les premières preuves de respect pour l'aspect féminin de Dieu dans l'hindouisme se trouve ce passage du chapitre 10.125 du Rig-Véda, également appelé l'hymne du Devi Suktam :
La littérature védique vénère diverses déesses, mais beaucoup moins fréquemment que les dieux Indra, Agni et Soma. Pourtant, ils sont déclarés aspects équivalents du Brahman neutre, de Prajapati et Purusha. Les déesses souvent mentionnées dans les couches de texte védiques incluent les Ushas (aube), Vāc (discours, sagesse), Sarasvati (comme rivière), Prithivi (terre), Nirriti (annihilateur), Shraddha (foi, confiance). Des déesses telles qu'Uma apparaissent dans les Upanishads comme un autre aspect du divin et la connaisseuse de la connaissance ultime (Brahman), comme dans les sections 3 et 4 de l'ancienne Kena Upanishad.Charles Johnston, Kena Upanishad in The Mukhya Upanishads: Books of Hidden Wisdom, (1920–1931), The Mukhya Upanishads, Kshetra Books, (Reprinted in 2014), Archive of Kena Upanishad - Part 3 as published in Theosophical Quarterly, pages 229–232
Les hymnes aux déesses se trouvent dans l'ancienne épopée hindoue Mahabharata, en particulier dans la section Harivamsa, qui était un ajout tardif (100 à 300 CE) à l'œuvre. Les preuves archéologiques et textuelles impliquent, déclare Thomas Coburn, que la déesse était devenue aussi importante que Dieu dans la tradition hindoue vers le troisième ou quatrième siècle. La littérature sur la théologie Shakti s'est développée dans l'Inde ancienne, culminant dans l'un des textes les plus importants du Shaktisme appelé Devi Mahatmya. Ce texte, déclare C. Mackenzie Brown – professeur de religion, est à la fois l’aboutissement de siècles d’idées indiennes sur la femme divine, ainsi qu’un fondement pour la littérature et la spiritualité axées sur la transcendance féminine au cours des siècles qui ont suivi. Le Devi Mahatmya est considéré dans le Shaktisme comme étant aussi important que la Bhagavad Gita. Le Devi-Mahatmya n'est pas le premier fragment littéraire attestant de l'existence d'une dévotion à une figure de déesse, déclare Thomas B. Coburn – professeur d'études religieuses, mais « c'est sûrement le plus ancien dans lequel l'objet de culte est conceptualisée comme déesse, avec un D majuscule".
Shaktisme contre autres traditions hindoues Au-delà du tantra, les sous traditions Shakta souscrivent à diverses philosophies, sont similaires sous certains aspects et diffèrent sous d’autres. Ces traditions se comparent au vishnouisme, au shivaïsme et au Smartisme comme suit : thumb|upright|"La déesse hindoue Kali", une illustration tirée des Contes du Dr Scudder pour les petits lecteurs sur les païens, par le Dr John Scudder (Londres, 1849)
+Comparaison du Shaktisme avec les autres traditions Traditions du vishnouisme Tradition du shivaïsme Traditions du shaktisme Traditions du smartisme ReferencesAutorité scripturale Les Vedas et Upanishads Les Vedas et Upanishads les Vedas, Upanishads et TantrasLes Vedas et Upanishads Divinité suprême Le dieu Vishnou Le dieu Shiva La déesse Devi aucun Le Créateur Vishnou Shiva Devi Principe du Brahman Avatar Concept clé Concept mineur Concept Significatif Concept mineur Vie monastique (Sannyasa) Accepté Recommandé Accepté Recommandé Stephen H Phillips (1995), Classical Indian Metaphysics, Columbia University Press, , page 332 with note 68Rituels, Bhakti Affirmé Affirmé Affirmé Optionnel Ahimsa et Végétarisme Affirmé RecommandéGavin Flood (1996), An Introduction to Hinduism, Cambridge University Press, , pages 162–167, ou optionnel Optionnel Recommandé, ou Optionnel Libre arbitre, Maya, Karma Affirmé Affirmé Affirmé Affirmé Métaphysique Brahman (Vishnou) et l'Atman (Âme, Être) Brahman (Shiva) et l'Atman Brahman (Devi) et l'Atman Brahman et l'Atman Epistémologie(Pramana) 1. La perception2. L'inférence3.Le témoignage fiable 1. La perception2. L'inférence3.Le témoignage fiable4. évidence 1. La perception2. L'inférence3.Le témoignage fiable 1. La perception2. L'inférence3. La comparaison et l'analogie4. La postulation, dérivation5. Négative/preuve cognitive6. Le témoignage fiable John A. Grimes, A Concise Dictionary of Indian Philosophy: Sanskrit Terms Defined in English, State University of New York Press, , page 238Eliott Deutsche (2000), in Philosophy of Religion : Indian Philosophy Vol 4 (Editor: Roy Perrett), Routledge, , pages 245-248PhilosophiesDvaita, qualifié advaita, advaita, Visishtadvaita Dvaita, qualifié advaita, advaita Shakti-advaita, Samkhya Advaita Le Salut(Sotériologie) Videhamukti, Yoga,champion de la vie de famille Jivanmukta,Charya-Kriyā-Yoga-Jnana Bhakti, Tantra, Yoga Jivanmukta, Advaita, Yoga,champions monastic life
vignette|Statues de Vaishnavi, Varahi, Indrani et Camunda, Musée national, New Delhi vignette|Le mandala Sri Yantra. Notes et références
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