Émile Janvion, né le , à Mâcon (Saône-et-Loire) et mort le à Paris, est un journaliste, écrivain, syndicaliste et homme politique français.
Éducateur libertaire, leader anarcho-syndicaliste sous la Troisième République puis membre fondateur de la Confédération générale du travail (CGT), il évolue à la veille de la Première Guerre mondiale, vers une forme de syndicalisme-nationaliste, antisémite et antimaçonnique, proche alors de l'Action française.
Biographie
Un leader anarcho-syndicaliste (avant 1909) Fils d'Henri Joseph Janvion, marchand mercier, et d'Eugénie Moindrot, mercière.
En 1913 dans Terre libre, Émile Janvion raconte que, fils d’un père « franc-maçon actif » et d’une mère « catholique pratiquante », il était devenu anarchiste en assistant à une conférence de Sébastien Faure en 1894.
Il s’engage résolument dans l’affaire Dreyfus. Dès le , il anime une réunion publique sur ce thème à Amiens. En , il fait partie du groupe anarchiste parti à Alger pour faire campagne contre Drumont et, en , il cosigne le manifeste de la Coalition révolutionnaire. Il est également rédacteur à L’Aurore de Georges Clemenceau en 1898-1899 et, à partir de , il collabore au Journal du Peuple lancé par Sébastien Faure. vignette|Émile Janvion pend un buste de Marianne lors d'une manifestation ouvrière le 3 août 1908. En 1899, il fonde le premier syndicat des employés de préfecture. Il est délégué au congrès national corporatif (Amiens, ), puis au (Marseille, ). Il est révoqué, en 1907, de son poste d'employé en raison de son action syndicale.
L'une de ses grandes ambitions sera le développement de l'enseignement libertaire. En , admirateur des théories pédagogiques de Paul Robin, il crée avec Jean Delgavès une Ligue d'enseignement libertaireAurélien Lorig, Un destin littéraire. Georges Darien, Thèse de doctorat en Littérature française et comparée, Université de la Sorbonne nouvelle - Paris III, 2015, page 325. destinée à ouvrir une école libertaire mixte. Ce sera l'une des premières grandes expériences libertaire en matière d'enseignement. Faute de moyens (malgré la participation d'Émile Zola, d'Octave Mirbeau ou même du « socialiste national » (comme il se qualifiait lui-même) Maurice Barrès à la souscription ouverte), l'expérience se limitera à l'organisation de vacances libertaires pour une poignée de garçons et filles durant l'été 1898 ou 1899 et à quelques conférences et cours du soir en 1899-1900. L'école libertaire est fermée en 1901.
Émile Janvion participera à la fondation de la Ligue antimilitariste () et au Congrès antimilitariste d'Amsterdam qui donne naissance à l'Association internationale antimilitariste (AIA) (en ).
Il dirige d' à la revue anarchiste L'Ennemi du Peuple à laquelle collaborent Zo d'Axa, Han Ryner, Eugène Bonaventure de Vigo dit Miguel Almereyda, Lucien Descaves, Élie Faure, Urbain Gohier et Jehan Rictus.
De l'anarcho-syndicalisme au nationalisme (1909-1927)
En 1909, Émile Janvion fonde le journal Terre libre, « organe d’action syndicale » antirépublicain, anti-franc-maçon, antisémite et antimarxiste. À ce titre, il va s'opposer à d'autres syndicalistes comme Spirus GayThierry Bertrand, Marianne Enckell, Gay Joseph, Jean, Auguste (dit Spirus-Gay), in: Le Maitron. Dictionnaire des anarchistes, 25 février 2014, notice en ligne.. L’un des fondateurs du Cercle Proudhon, Marius Riquier, qui tente de rapprocher les milieux syndicaux et l'Action française, collabore à la revue.
En 1910, Terre libre rallie l’Action française. En 1913, Émile Janvion et Émile Pataud sont exclus de la CGT pour antisémitisme. Janvion déclarera dans un numéro de Terre Libre que :« C'est grâce à la Franc-maçonnerie que le capitalisme juif a, jusqu'ici, été ménagé et jouit, en France, d'un traitement de faveur. Car si la Maçonnerie est la République à couvert, elle est aussi le bouclier international de la Juiverie capitaliste cosmopolite. »
Émile Janvion se rapproche de l'Action française qui peut laisser espérer un syndicalisme corporatif et nationaliste. Cette tentative de synthèse du nationalisme et de certaines tendances du socialisme et du syndicalisme est considéré par l'historien israélien Zeev Sternhell comme une première expression de l'idéologie fasciste.
Notes et références
Bibliographie L’enseignement libertaire, (bilan de l'expérience d'école libertaire), Les Temps nouveaux n°25, . L'école, antichambre de caserne et de sacristie, Paris, Ed. La Guerre sociale, 1907. Avec Jean Degalves, L’École libertaire, L’Humanité nouvelle, n° 2, , p. 217. Dictionnaire des anarchistes, « Le Maitron » : notice biographique. Maurice Pujo, "Emile Janvion", L'Action Française, 22 juillet 1927, p. 1.
Liens externes
Biographie d'Émile Janvion sur Anarlivre
Émile Janvion et l'éducation libertaire et () et () Émile Janvion au sein de la "Droite révolutionnaire" () et ()
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