vignette|Photo de Hagio Moto prise par un actioniste lors d'une visite à son domicile en 2008. Le est le nom donné à un groupe informel de femmes des années 1970. Ce groupe est connu pour avoir innové dans le manga (les mangas pour filles), en y important de nouveaux genres, thématiques, points de vue et techniques, et est généralement considéré comme étant à l'origine du .
Origine du nom Le Groupe de l'an 24 n'est pas à proprement parler un groupe concerté d'artistes, mais est un nom donné rétrospectivement par les critiques et journalistes à la nouvelle génération de femmes qui a accompagné l'essor et le développement du manga à l'aube des années 70. Le terme est déjà d'usage à la fin des années 1970, avec par exemple la publication en 1979 de par le critique manga Tomohiko Murakami.
L'an 24 fait référence à la année de l'ère Shōwa, soit 1949 dans le calendrier grégorien. Le nom fait ainsi approximativement référence à l'année de naissance de ces , bien que seulement une partie d'entre-elles soient réellement nées en 1949.
Histoire Contexte Au cours des années 1950 et 1960, les mangas sont essentiellement des histoires simples et conventionnelles à destination des petites filles. À cette époque les auteurs de mangas sont majoritairement des hommes qui commencent leur carrière avant de migrer vers les mangas pour garçons, les . Au cours des années 1960, le secteur du manga doit faire face au vieillissement de son lectorat et à la concurrence de la télévision, aussi les éditeurs réagissent en augmentant le rythme de publication des magazines manga et en les enrichissant de contenu. Les manga se diversifient grandement et le genre du apparaît pour un public plus mature, cependant que le stagne et peine à se renouveler. Toutefois l'augmentation de la demande permet à des jeunes femmes de commencer leur carrière, telles que Hideko Mizuno, Toshiko Ueda ou encore Yoshiko Nishitani, mais les contraintes éditoriales des magazines les empêche de totalement renouveler le genre. Faute de renouvellement, le est délaissé par les critiques de manga, qui préfèrent se concentrer sur les et .
Le Au tout début des années 70 la majorité des hommes quittent le pour se tourner vers le et , laissant la place à une seconde génération de femmes . Ces dernières sont inspirées par la littérature et le cinéma européen ainsi que par la culture rock 'n' roll, et une plus grande liberté éditoriale dans certains magazines leur permet de s'exprimer pleinement.
Le cœur du Groupe de l'an 24 prend racine dans ce que l'on appelle le , un appartement à Ōizumi Nerima, Tokyo, dans lequel ont cohabité les deux Moto Hagio et Keiko Takemiya entre 1971 et 1973. De nombreuses et assistantes ont fréquenté l'appartement, parfois pendant des périodes prolongées, ce qui a permis aux de travailler ensemble et d'échanger entre elles..
En 1974 sont publiées les deux premières œuvres majeures du manga par des membres du groupe : La Rose de Versailles de Riyoko Ikeda et de Moto Hagio. Ces deux travaux attirent l'attention des critiques manga qui ignoraient jusqu'à présent le genre. Ces deux mangas ouvrent la voie à une vague de , aussi nommés en raison de leurs qualités esthétiques et littéraires, faisant entrer le manga dans ce qui sera qualifié par les critiques comme étant son ..
Innovations Avant le Groupe de l'an 24, les mangas étaient essentiellement des drames familiaux ou romantiques, ainsi que les comédies romantiques, le ballet et le sport étaient aussi des sujets courants. La tonalité des récits était simple: sentimentaux, mignons et humoristiques. Le Groupe innove et renouvelle le genre en y introduisant de nouveaux genres, tels que la science-fiction, la , le récit historique ou encore l'horreur. Les récits deviennent aussi plus profonds, en mettant l'accent sur la psychologie des personnages et n'hésitent pas à traiter de sujets plus controversés, comme la sexualité.
Le Groupe propose une réflexion sur le sexe, la sexualité et le genre, en utilisant des protagonistes masculins et notamment des , des jeunes garçons androgynes, ou encore des personnages de type hermaphodite. Elles usent aussi de l'homosexualité, tant masculine que féminine, posant ainsi les bases des deux genres du et ..
Le Groupe innove aussi sur le plan technique. Les utilisent des mises-en-page , c'est-à-dire que les planches ne sont plus découpées en cases afin de décrire l'action : les cases disparaissent, les arrière-plans s'effacent, et différents personnages et scènes, de différentes tailles et sous différents angles, se superposent et se chevauchent, créant un effet de confusion et brisent la narration. L'accent n'est plus porté sur l'action, mais sur l'émotion des personnages. Par exemple Riyoko Ikeda utilise ces nouvelles techniques de mises en scène en supprimant les points de repère spatiaux, quand Moto Hagio a tendance à fusionner personnages, décors et motifs en une unique composition.
Liste des membres du groupe Le Groupe de l'an 24 étant informel, les critères utilisés pour déterminer ses membres sont variables et dépendent des critiques. Ainsi ses membres peuvent être les artistes les plus populaires ou les plus de l'époque, ou encore toute artiste qui a fréquenté le salon Ōizumi. Riyoko Ikeda par exemple n'a pas fréquenté le salon Ōizumi ni les autres membres du groupe mais est souvent incluse comme faisant partie du Groupe de l'an 24.
Moto Hagio Pionnière dans les domaines de la science-fiction, du fantastique et du .. Toshie Kihara Connue pour ses mangas historiques. Minori Kimura Ses mangas, réalistes et contemporains, se concentrent sur les problèmes de la vie, notamment la sexualité, la santé et le travail. Yumiko Ōshima Réputée pour la profondeur de ses mangas derrière leurs aspects mignons et chaleureux. Nanae Sasaya Réputée pour ses mangas occultes et d'horreur. Keiko Takemiya Pionnière dans les domaines de la science-fiction, de la fantaisie et du . Mineko Yamada Pionnière dans les domaines de la science-fiction, de la fantaisie. Ryōko Yamagishi Pionnière dans le domaine du , elle a aussi brisé les codes des mangas dédiés au ballet.
Autres personnalités associées Norie Masuyama de Takemiya, elle a soutenu Takemiya et Hagio et leur a recommandé de nombreuses œuvres littéraires, cinématographiques et musicales comme source d'inspiration. Junya Yamamoto Éditeur en chef pour Shōgakukan, il est celui qui a permis l'édition d'un grand nombre de mangas des membres du groupe, indépendamment de leur caractère controversé ou de leur aspect non conventionnel.
Critiques et postérité Les premières critiques envers le Groupe de l'an 24 étaient toutes invariablement positives. Les commentateurs, qui jusque-là ignoraient le shōjo, le genre au travers des travaux du Groupe. Ces critiques considéraient que le Groupe représentait enfin des dans ses mangas, contrairement aux précédents qui ne représentaient que des jeunes filles idéalisées. Certains critiques, comme Tomohiko Murakami, considéraient que grâce aux travaux du Groupe. La première voix discordante au sein des critiques provient d'Aramata Hiroshi, qui critique la que subit le groupe, et considère qu'il ne doit pas être considéré comme unique en son genre ou comme étant spécial.
Pour autant, les mangas du Groupe n'étaient que peu représentatifs du de l'époque, par exemple le groupe était en opposition avec une autre populaire de la même génération, Suzue Miuchi, qui était .. Si ces mangas sont généralement considérés comme des classiques du , cela est dû à leurs qualités esthétiques et à leurs thématiques qui ont inspiré les générations suivantes de , comme les réflexions autour de l'identité sexuelle qui sont devenues communes dans le et notamment dans les travaux de CLAMP.
Des assistantes qui ont fréquenté le , un certain nombre sont devenues professionnelles. Ces sont qualifiées de . Yasuko Sakata, Akiko Hatsu et Shio Satō sont trois d'entre-elles.
Bibliographie .
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Notes et références
Liens externes
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