L est une offensive britannique de la Seconde Guerre mondiale qui se déroule entre les 26 et au cours de la bataille de Normandie. Le but de cette manœuvre est de reprendre la ville de Caen, alors occupée par les Allemands : c'est l'un des principaux objectifs alliés lors du débarquement de Normandie et dès le début de la bataille de Normandie.

Précédée d'attaques destinées à garantir l'avancée des lignes, l' est lancée aux premières lueurs du , par des unités de la d'infanterie (Scottish) progressant derrière un tir de barrage de l'artillerie. Un soutien supplémentaire de bombardiers est initialement prévu, mais de mauvaises conditions météorologiques forcent son annulation. Du coup, la couverture aérienne restera faible pendant une grande partie de l'opération. Appuyée par les chars d'assaut de la blindée, la division d'infanterie fait des progrès réguliers et, à la fin de la première journée, dépasse largement la première ligne allemande, malgré encore quelques difficultés à conquérir les flancs de la percée. À la suite de violents combats au cours des deux jours suivants, un point de passage est finalement pris sur l'Odon, et des manœuvres supplémentaires sont menées afin de capturer des sites stratégiques autour de celui-ci, grâce à la d'infanterie (Wessex). Toutefois, face à de puissantes contre-attaques allemandes, certaines des positions britanniques sont abandonnées le , poussant le commandement britannique à mettre fin à l'opération.

Les historiens militaires ont des interprétations très différentes quant au but réel et à la manière dont a été menée l', toutefois il existe un consensus concernant ses effets sur l'équilibre des forces en Normandie. Bien que les Allemands aient réussi à contenir l'offensive, ils ont été obligés d'engager toutes leurs forces disponibles, y compris deux divisions de fraîchement arrivées dans la région et affectées à l'origine à un projet d'offensive contre les positions britanniques et américaines autour de Bayeux.

Les pertes ont été lourdes des deux côtés mais, contrairement au général Bernard Montgomery, le commandement allemand n'a pu permettre à ses unités de se replier pour les laisser se reposer après la bataille, car elles ont été nécessaires au maintien de la ligne de front. Les Britanniques ont conservé l'initiative, lancé de nouvelles opérations au cours des semaines suivantes et capturé Caen le .

Contexte

La ville normande de Caen est un des objectifs du Jour J pour la d'infanterie britannique qui débarque sur le . La capture de la ville, bien qu', est décrite par l'historien L. F. Ellis comme l'objectif le plus important du débarquement normand assigné au corps du lieutenant général Crocker. L' prévoit que la britannique sécurise la ville puis forme une ligne de front depuis Caumont-l'Éventé jusqu'au sud-est de Caen, dans le but de prendre le contrôle des terrains d'aviation et de protéger le flanc gauche de la américaine pendant qu'elle évolue vers Cherbourg. La prise de Caen et de ses environs fournit à la une zone de manœuvre satisfaisante pour ensuite pousser au sud et capturer Falaise, qui permettra à son tour d'avancer vers la droite sur Argentan puis finalement vers le fleuve Touques.

Entre ses forces progressivement diluées et son soutien blindé retardé du fait de la congestion des plages du débarquement, la division ne dispose pas d'assez d'élan pour atteindre Caen le Jour J et se retrouve stoppée juste à sa périphérie par la à Biéville et à Périers. Les attaques suivantes restent infructueuses car la résistance allemande s'est consolidée. Abandonnant l'approche directe, l' (une attaque en tenaille menée par le et le corps) est lancée le dans l'intention d'encercler Caen depuis l'est et l'ouest.. Le corps, frappant au sud de la tête de pont sur l'Orne, est stoppé par la à Buron et l'attaque du corps s'enlise à l'ouest de Caen devant Tilly-sur-Seulles face à la farouche opposition de la . Afin de forcer la à reculer ou à capituler, une partie de la blindée avance au travers d'une brèche créée au sein des lignes allemandes et tente de capturer la ville de Villers-Bocage. Le résultat de cette bataille, qui dure la journée entière, se termine par le retrait de la ville de l'avant-garde de la blindée. Mais le , la est à son tour contrainte à battre en retraite et le corps capture finalement Tilly-sur-Seulles.

thumb|Les dégâts à port Mulberry A après la tempête du 19 juin.|alt=Photo montrant les dégâts du port artificiel Mulberry A après la tempête du 19 juin Bien que toujours planifiée, une nouvelle attaque menée par la blindée n'est finalement jamais lancée et d'autres opérations offensives sont abandonnées quand, le , une importante tempête s'abat sur la Manche. Cette dernière dure trois jours et retarde de manière non négligeable l'avancée alliée. La plupart des convois de barges de débarquement et de navires déjà en mer doivent faire demi-tour et regagner les côtes britanniques ; des chalands et d'autres charges (dont de routes flottantes destinées aux ports artificiels) sont perdus et le port A de Saint-Laurent-sur-Mer est détruit ; de plus, 800 bateaux sont abandonnés à leur sort sur les plages de Normandie en attendant les prochaines grandes marées prévues en juillet. Malgré cette déconvenue, une seconde offensive est alors planifiée., nom de code , prévue pour être menée par le corps depuis la tête de pont sur l'Orne, et dont le but est d'encercler Caen par l'est. est annulée à la suite des objections du général Richard O'Connor, commandant le corps, et une attaque sur Évrecy est planifiée en lieu et place. Cette dernière est finalement aussi annulée.

La météo cloue au sol l'aviation alliée du 19 au . et les Allemands en profitent pour renforcer leurs défenses notamment en consolidant leurs positions d'infanterie avec des champs de mines et des mitrailleuses lourdes placés dans les bois aux alentours de Caen..

Forces en présence

Préparatifs thumb|upright=0.5|left|Erwin Rommel|alt=Portait d'Erwin Rommel thumb|upright=0.5| Bernard Montgomery|alt=Portrait de Bernard Montgomery Le , le feldmarschall Erwin Rommel, commandant les forces allemandes en Normandie, reçoit l'ordre d'Hitler de lancer une contre-offensive face aux Alliés entre les villes de Caumont et Saint-Lô. L'objectif est de créer une brèche entre les armées américaines et britanniques en reprenant la ville de Bayeux (capturée par les Britanniques le ) jusqu'à la côte au-delà.. Quatre et une de la (armée allemande) sont assignées à cette tâche. L'assaut doit être lancé par la Hohenstaufen et la du récemment arrivé d'Ukraine. La , la et la doivent appuyer l'attaque. La majorité des chars utilisés par cette formation sont des IV, des et des , ainsi que des canons d'assaut.

Le , le général Bernard Montgomery, commandant en chef de toutes les forces terrestres alliées en Normandie, donne l'ordre au lieutenant général Miles Dempsey de lancer une attaque en tenaille dans le but de capturer Caen.. Le plan initial prévoit que le et le corps attaquent à l'ouest de Caen durant quatre jours avant que le corps ne lance l'assaut principal depuis la tête de pont sur l'Orne, située à l'est de Caen, le . Cependant, il devient rapidement évident que le corps aura le plus grand mal à se regrouper dans le minuscule périmètre de la tête de pont, ainsi, le jour suivant, le plan est modifié.

Le nouveau plan prévoit de lancer une première opération au cours des trois premiers jours précédant l'assaut principal. La d'infanterie (Highland) du corps reçoit l'ordre de frapper au sud de la tête de pont sur l'Orne, afin de fixer sur place les éléments de la . L' doit commencer un jour avant Epsom avec les d'infanterie et la blindée du corps dont le rôle est de sécuriser le flanc du corps en se rendant maître des hauteurs sur la droite de son axe d'avancée.

Le rôle principal de l' est assigné au corps fraîchement arrivé, composé de placés sous le commandement du lieutenant général Sir Richard O'Connor. Il doit lancer son offensive depuis Juno Beach, secteur où a débarqué la d'infanterie canadienne. L'opération du corps doit se dérouler en quatre phases avec comme objectif ultime les hauteurs près de Bretteville-sur-Laize, au sud de Caen.. Il sera appuyé par la puissance de feu de 736 canons, de trois croiseurs et du (de type monitor). La Royal Air Force doit effectuer un bombardement préalable (250 appareils mobilisés) puis offrir par la suite un soutien aérien à l'opération.

La d'infanterie écossaise mènera l'assaut. Au cours de la première phase, nom de code « Gout », elle devra prendre les villages de Saint-Manvieu et Cheux. Pour la deuxième phase, nom de code « Hangover », la division devra avancer afin de capturer plusieurs points de passage sur la rivière Odon ainsi que les villages de Mouen et Grainville-sur-Odon. Si la résistance au cours de la première phase s'avère faible, la blindée devra capturer les ponts sur l'Odon grâce à une attaque coup de poing. Au cours des deux premières phases, la d'infanterie (Wessex), qui recevra des renforts de la brigade d'infanterie de la division blindée des Guards le ., devra rester sur ses positions afin de fournir une base solide..

thumb|upright=1.5|Carte présentant les différents lieux des objectifs de l'.|alt=Carte présentant les environs de Caen où va avoir lieu l'opération Epsom Au cours de la troisième phase, « Impetigo », la devra avancer afin de soulager l'infanterie écossaise au nord de l'Odon. La devra ensuite se regrouper de l'autre côté de la rivière, afin d'élargir la tête de pont en capturant plusieurs villages importants. Pour la phase finale de l'opération, nom de code « Goitre », les éléments de la devront traverser la rivière pour sécuriser la zone sous contrôle, tandis que la devra continuer à élargir la tête de pont. La blindée devra tenter de forcer le point de passage sur l'Orne et avancer sur son objectif final, Bretteville-sur-Laize. La blindée, bien que toujours rattachée à la blindée, sera limitée aux opérations entre l'Odon et l'Orne, afin de protéger le flanc du corps et d'être en position pour attaquer vers l'ouest, ou vers Caen, si nécessaire.

Si l'attaque du corps réussit, le corps devra ensuite lancer deux opérations de soutien, appelée « Aberlour » et « Ottawa ». Dans la première, la d'infanterie, appuyée par la d'infanterie canadienne, devra attaquer au nord de Caen ; quant à la deuxième opération, elle consistera en une manœuvre effectuée par cette même division, et appuyée par la blindée canadienne, afin de prendre le village et l'aérodrome de Carpiquet..

D'abord planifiée pour le , Epsom est finalement reportée au afin de pallier les manques en main-d'œuvre et de matériel. L'opposition que les Britanniques s'attendent à rencontrer devrait venir des unités restantes de la (« jeunesses hitlériennes »), ainsi que d'éléments de la et de la .

Attaques préliminaires thumb|Canon antichar allemand de et char Panther détruits à Fontenay-le-Pesnel lors de l'.|alt=Photo montrant un canon antichar allemand détruit avec le corps d'un soldat allongé à côté et dans le fond un char Panther détruit Comme planifié, le , des éléments de la d'infanterie (Highland), rattachée à la d'infanterie (Highland), lancent une attaque préliminaire à l'offensive principale. Avant l'aube et sans tir d'artillerie, l'infanterie Highland avance en silence vers le village de Sainte-Honorine-la-Chardonnette. Elle prend la garnison allemande par surprise et se rend maître du village avant le lever de soleil. Dans la matinée, les Highlanders font face à une contre-attaque d'éléments du Kampfgruppe von Luck de la ; les combats durent toute la matinée, mais vers midi les Britanniques tiennent solidement le village.. Ce succès détourne l'attention et les ressources des Allemands loin du front du corps, tandis que ce dernier se prépare à mener ses attaques depuis la tête de pont sur l'Orne.