Le traité de Lyon de 1601 est un traité de paix signé à Lyon, le , qui mit fin à la guerre franco-savoyarde (1600-1601) entre Charles-Emmanuel , duc de Savoie et le roi de France Henri IV.
Aux termes de cet accord, les États de Savoie perdent définitivement la Bresse, les pays du Bugey et de Gex ainsi que le Valromey, mais gagnent en échange le marquisat de Saluces.
Conflit franco-savoyard vignette|gauche|upright=0.7|Henri IV de France. À la suite de l'assassinat d'Henri III, le duc de Savoie entrevoit une dislocation des terres au Sud-Est de la France. Le duc cherche à s'emparer de la Provence et Marseille (1589), voire de la ville de Lyon. Lesdiguières, meneur huguenot, ami du roi de France, s'oppose à ce projet. Le conflit entre les deux factions dure environ neuf années. Le conflit devient international avec l'intervention des troupes espagnoles (1597).
Le duc de Savoie, à l'issue du traité de Vervins entre la France et l'Espagne, se rend à Paris pour négocier auprès du roi l'acquisition du marquisat de Saluces (Saluzzo), marquisat français depuis 1529, formant une enclave au cœur des États de Savoie et annexé par Charles-Emmanuel en 1588, sans contrepartie, alors que le roi pense obtenir la Bresse et le Bugey. À l'issue de cette négociation, le traité de Paris est signé en . Cependant ce traité ne met pas fin au conflit en raison de la mauvaise volonté du duc de Savoie à l'appliquer.
En , le roi Henri IV, lassé de l'attitude du duc, envahit la Savoie, occupe les vallées de Maurienne, Tarentaise et du Beaufortain, assiégeant la citadelle de Montmélian.
Clauses du traité vignette|gauche|upright=0.7|Le cardinal Pietro Aldobrandini. Un traité de paix est négocié par le cardinal Pietro Aldobrandini, neveu du pape Clément VIII : il alterne les discussions avec les deux négociateurs savoyards, René de Lucinge et Francesco Arconato, et les deux négociateurs français, Nicolas Brulart de Sillery et Pierre Jeannin. À l'issue des négociations, le duc de Savoie doit capituler par le traité de Lyon le , un mois après le mariage d'Henri IV avec Marie de Médicis.
Par ce traité, la Savoie paye livres pour les frais de la guerre et conserve le marquisat de Saluces. Henri IV rend les places conquises en Savoie, mais pas le matériel ni les canons capturés ou saisis. Il annexe la Bresse, le Bugey, le comté de Gex, le Valromey, qui prend le Rhône pour limite naturelle de Lyon à GenèveColonel Édouard Hardÿ de Périni, Batailles françaises, vol. 2..
Charles-Emmanuel, très mécontent du traité, menaça les négociateurs de décapitation : René de Lucinge se retira dans son château des Allymes, désormais situé en territoire français, et prêta serment au roi de France, tandis que le seigneur d'Arconat, Milanais, partit quelques années en Espagne.
Malgré la belle résistance du gouverneur Jacques de Bouvens, qui n'évacua la citadelle de Bourg-en-Bresse que le , Bourg devint place frontière en face de la Franche-Comté alors espagnole. Le régiment de Champagne qui en avait fait le blocus, y resta en garnison jusqu'en 1611 époque où la place fut démantelée. Pierre d'Escodeca baron de Boesse-Pardaillan, son mestre de camp en fut nommé gouverneur.
Dans ses mémoires le duc de Sully donne des précisions intéressantes quant aux conditions de ce traitéMaximilien de Béthune (Duc de Sully), Mémoires du Duc de Sully, volume 3, pages 94 et suivantes. :
Conséquences sur les États de Savoie Le traité de Lyon affaiblit les États de Savoie du côté ouest des Alpes et les renforce du côté de la botte italienne, accentuant le mouvement amorcé en 1563 avec le déplacement de la capitale Chambéry vers Turin. Le destin italien de la maison de Savoie se précise. Par ailleurs, leur repli de la vallée du Rhône ne permet plus à leurs alliés espagnols de remonter facilement vers la Franche-Comté.
Conséquences sur Genève Ce traité a également d'autres conséquences. En effet, celui-ci met fin aux espérances expansionnistes de Genève et place les Genevois pour la première fois de leur histoire aux frontières du royaume de France.
Bibliographie Bibliographie générale donnée dans l'article Histoire de Savoie, notamment Henri Menabrea (1933).
Bibliographie spécialisée : Association Les amis du château des Allymes et de René de Lucinge, Le rattachement des pays de l'Ain à la France. II, Le Traité de Lyon en son temps (1601), 2000, 128 p. Denise Turrel (sous la direction), « Le traité de Lyon (1601) », Numéro des Cahiers d'histoire, 2, tome 46, trimestre 2001 En ligne Colonel Édouard Hardÿ de Périni, Batailles françaises, vol. 2.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Histoire de Savoie États de Savoie
Liens externes
Texte dans, Recueil des traites de paix…, Amsterdam-La Haye, 1700, tome III, p. 1–4. .
Lyon, 1601 Lyon, 1601 Lyon, 1601 Catégorie:Guerre franco-savoyarde Catégorie:Formation territoriale de la France Lyon Traite Catégorie:Histoire de la Renaissance dans l'Ain Catégorie:Histoire du Bugey Catégorie:Histoire de la Dombes Catégorie:Histoire du Pays de Gex Catégorie:Histoire de la Côtière Traite Catégorie:Histoire de l'Italie au XVIIe siècle Catégorie:Marquisat de Saluces Catégorie:1601 en France Catégorie:1601 en Italie 1601