Raymond Renefer, pseudonyme de Jean-Constant-Raymond Fontanet, né à Bétheny (Marne) le et mort à Andrésy (Yvelines) le est un peintre, illustrateur et graveur français.

Classé parmi les postimpressionnistes, les Peintres de la réalité moderne ou encore les Intimistes, Renefer a souvent été associé à Corot, Marquet et Signac. Il a participé activement aux pendant plus de . Il a exposé aux côtés de Lebourg, Marquet, Signac, Bonnard, Cassatt, Lebasque, de Vlaminck, Luce, Adler, Antral, Mainssieux, Ceria, Guyot, Foujita, Van Dongen

Renefer est aussi un professeur de dessin et « maître à graver » ; ses écrits expliquent l’art et ses techniques.

Biographie Jean Constant Raymond Fontanet naît le à Bétheny, près de Reims. Sa sœur jumelle, Valentine, décède l'année suivante à 18 mois. Ses parents, Martin Fontanet, ingénieur civil, et Marie Gilberte Chaudouet résident rue de Cambronne à Paris. Sa mère est issue d'une famille d'Andrésy, près de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

Renefer est élève des Beaux-Arts dans la classe de Paulin; le jeune étudiant en architecture préfère déjà longer les berges de la Seine et prendre ses crayons pour capter les reflets et la lumière de ses quais. Contre la volonté de ses parents, il décide de suivre une carrière artistique et prend le nom de Renéférant et plus tard raccourcir son nom à Renefer.

L'artiste habite Paris pendant plus de 50 ans et restera attaché à dessiner et peindre les paysages urbains avec une prédilection pour les berges de la Seine, des quais de Javel au pont de l'Alma, mais aussi Saint-Lazare, les Batignolles, Montmartre. Il rend régulièrement visite à son oncle à Andrésy où il s'installe définitivement en 1942.

Les premiers succès d'un artiste libre Ses premières expositions, des croquis et gravures de Paris, ont lieu dans l'atelier parisien de l'architecte et aquarelliste Maurice Yvon dont il épouse la fille Yvonne. Le jeune couple habite rue de la Tour et donne naissance à une fille en 1908, Raymonde Augustine, aussi appelée « Mondinette » ou « Belle Petite Monde ». Renefer participe à de très nombreux salons parisiens. Dès 1904, remarqué pour la qualité de ses estampes, il devient sociétaire du Salon des artistes français. Il rejoint rapidement la Société des peintres et graveurs de Paris. Deux ans plus tard, le jeune artiste entre au Salon d'automne pour y exposer pendant quatre décennies. En 1909, il devient un membre actif du Salon des indépendants auprès de Paul Signac puis Maximilien Luce. Nouveau sociétaire, Renefer est tour à tour membre du comité, secrétaire rapporteur, trésorier et membre de la commission de placement. En 1951, il en devient membre d'honneur, une exposition posthume est organisée après sa disparition. Entre 1908 et 1956, l'artiste prolifique aura exposé entre 10 et 20 nouvelles œuvres par an dans les salons les plus importants de cette époque.

Les critiques sont unanimes. Dès sa première exposition, l'État acquiert une première série de dessins et d'eaux-fortes, aujourd'hui conservés à Paris au musée Carnavalet et au musée du Domaine départemental de Sceaux.

Les expositions se succèdent et Renefer prend une place importante dans le cercle artistique de l’époque. Les galeries s'intéressent à lui et exposent ses dessins, aquarelles et huiles sur toile qui prennent progressivement une place de choix. La galerie Haussmann, rue La Boétie, organise sa première grande exposition de peintures en 1913. Intitulée Les Ponts de Paris, elle réunit 50 œuvres.

Renefer s'essaie aux dessins humoristiques et fait un aparté en tant que dessinateur de théâtre en collaborant à la revue Le Monde artiste illustré.

Pour sa peinture, les critiques d’art reconnaissent son talent et le compare à Albert Marquet et Jean-Baptiste Camille Corot. Appréciant son souci des valeurs justes, son réalisme et sa sensibilité, ils le classent parmi les nouveaux peintres de la réalité à la suite des post-impressionnistes et dans la lignée des peintres qui, de Eugène Boudin à Albert Lebourg, honorèrent leur époque.

La vie d'artiste de ce jeune papa est foisonnante : la journée dans les rues de Paris, sur les quais, puis dans son atelier pour la réalisation de ses estampes, l'organisation des Salons, les expositions. Enfin, quelques soirées consacrées à l'illustration pour le théâtre.

Première Guerre mondiale En 1914, lors de sa mobilisation dans le du génie, l'artiste est déjà reconnu comme un talentueux dessinateur et graveur. Les premières recherches indiquent qu'il réalise la topographie des champs de bataille. Il est décoré de la croix de guerre en pour avoir . Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1928.

L'artiste a tous les jours l'occasion de crayonner quelques croquis sur ses nombreux carnets, s'attachant à témoigner de la vie au front, et de l'homme dans les villages et paysages dévastés. L'éditeur d'art Gaston Boutitie lui commande des eaux-fortes de Verdun et de la Somme en 1916. Il réalise deux port-folios de 15 gravures décrivant la vie au front par l'eau-forte. Il témoigne du quotidien des hommes dans le conflit comme le ferait aujourd'hui un reporter de guerre. Il ne le fera pas pour la propagande ou comme les modernes, pour dénoncer le progrès des machines de guerre et la destruction, mais avec humanisme, pour témoigner de la vie de ces soldats dans le no man's land. C'est pour la vérité de son témoignage, la justesse de son trait que l'éditeur proposa à Renefer d’illustrer la première édition du Feu d’Henri Barbusse, en 1917. . Les eaux-fortes sont réalisées en un seul état. Noël Clément-Janin écrit à propos de cet ouvrage :

Sa Correspondance de guerre, le plus souvent illustrée de croquis aquarellés, est aujourd'hui redécouverte. Renefer écrit à sa fillette de 8-10 ans, lui envoyant quelques dessins parfois drôles et toujours très démonstratifs. Pour cette correspondance, et particulièrement son carnet intitulé Carnet de Poilu, leur vie racontée aux enfants par ReneferAlbin Michel, 2013., il relate pour sa fille qu'il nomme affectueusement en trente aquarelles le quotidien des poilus : le soldat Renefer souhaite distraire et expliquer sa perception de la guerre à sa fille. L’artiste-poilu exprime aussi les prisonniers, les avions, les maisons en ruine, les civils en errance, la réalité est sous-jacente. Renefer passe un message de mémoire poignant, qui fait de lui un passeur de mémoire pour les générations actuelles et futures et donc à nous, enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants de la « génération sacrifiée ». Ce carnet est la source d'inspiration des classes participantes au concours national « Les Petits Artistes de la Mémoire, la Grande Guerre vue par les enfants », soutenue pour le Centenaire par l'Éducation nationaleeduscol.education.fr..

Sa fille habite alors chez sa grand-mère Jeanne de Plunkett à Giverny où Maurice Yvon a fait construire quelques villas. La petite Raymonde y est alors scolarisée à l’époque où Claude Monet entreprend la réalisation de la série des B. Renefer la retrouve lors de ses permissions choisissant comme halte Vernon (Eure).

Dans une lettre illustrée du , il écrit à son ami Hirsch : Pluie - boue - pourriture Du gris morne le jour Un noir d'encre la nuit. Dieu que la campagne 1916 est triste ! Voici un dessin que je crois bon, le voulez-vous ? Le trait vous dira ce que je suis et ce que je pense… Écrivez-moi… C'est ce qui nous fait croire que nous sommes encore des hommes.

Les Hauts de Meuse en Alsace est un album de 12 grandes lithographies réalisées au hasard des routes et des cantonnements, dans l’inconfort des déplacements successifs, au lendemain de la bataille de Verdun, le et après quatre jours de combats intenses.

Dès 1917, le catalogue raisonné de la collection Henri Leblanc, qui deviendra La contemporaine, répertorie les œuvres de Renefer réalisées pendant le conflit.

L'après-guerre Après la guerre, les Éditions Lapina lui commandent 49 eaux-fortes pour Le Cabaret d’Alexandre Arnoux, édité en 1922. Ces illustrations ont été réalisées après le conflit, d’après croquis. Renefer prend ici soin de les reprendre et son travail est plus lent, plus soigné. C’est ce qui fait ressentir ici une douceur particulière dans la manière même de graver. Il en ressort une composition plus réfléchie. Arthème Fayard lui commande des gravures sur bois pour Gaspard de René Benjamin, dans la collection du Livre de Demain.

Ses ouvrages illustrés sont très nombreux : Mon Frère Yves de Pierre Loti, La vagabonde de Colette, Dix-sept histoires de marin de Claude Farrère…

Raymond Renefer habite l'ouest parisien depuis son enfance, dans les et . Ensuite, après son mariage avec Yvonne Yvon, fille de l'architecte Maurice Yvon, il habitera le , puis dans les ateliers de la cité Montmartre-aux-artistes au 189, rue Ordener« Artistes ayant vécu ou travaillé à Montmartre-aux-artistes » (montmartre-aux-artistes.org). avant de venir dans le quartier des Batignolles.

La peinture de Renefer aborde les paysages de Paris, d'Andrésy, les bords de Seine et les ports marchands : Exposition Reitlinger, 1920.

Dès les années 1920, sa peinture prend de l’ampleur, il adapte sa palette à la nature et non la nature à sa palette. Peintre de la couleur vraie, Ernest Tisserand, « Renefer, peintre de France », in: L’Esprit français..

Charles Fegdal écrit :

Les critiques contemporains lui décernent le titre de , de et le comparent à Albert Marquet et Camille Corot (Georges Turpin, galerie Charpentier, 1936)..

Il est directeur des livres d'art chez Flammarion, professeur principal à l'École ABC de dessin pendant plus de 30 ans aux côtés de Henry Gazan, procurant son savoir à des milliers d'élèves, créateur de concours sur la gravure, de différentes académies et sociétés d'artistes, participe à deux ou trois expositions par anGérard Solo (dir.), Plus de 5000 dessinateurs de presse et 600 supports, Vichy, AEDIS, 2004, ..

Depuis son enfance, il séjourne chez sa famille à Andrésy dans les Yvelines. Il s’y installe définitivement à la fin des années 1930 et y résidera jusqu’à sa mort en 1957.

Il expose 53 toiles à la galerie Javal et Bourdeaux à Paris en : 19 toiles d’Andrésy, deux de Conflans-Sainte-Honorine, deux de Fin d’Oise, huit d'Asnières, une de Chanteloup-les-Vignes, deux de Poissy et Argenteuil. Les autres viennent de Montmartre, de Clichy, de Bagnolet, ou des quais parisiens, de Billancourt à l’île Saint-Louis.

Raymond Renefer est inhumé au nouveau cimetière d'Andrésy surplombant la Seine.

Illustrations , Raymond Renefer illustre plus de cent livres, pour la plupart des romans de la collection « Le Livre de demain » éditée par la Librairie Arthème Fayard, dont : Henri Barbusse, Le Feu, Gaston Boutitie, 1918 ; Georges Courteline, L'éternelle histoire Boubouroche, Gaston Boutitie, 1919 ; Louis Bertrand, La Gréce du soleil et des paysages, Gaston Boutitie, 1920 ; Alexandre Arnoux, Le Cabaret, Éditions Lapina, 1922 ; Lucie Delarue-Mardrus, La Cigale, Librairie Arthème Fayard, Collection « Le Livre de demain », , 1924 ; Jean Lorrain, Portraits littéraires et mondains, 14 eaux-fortes originales, 516 exemplaires numérotés, Baudinière, Paris, 1926 ; Charles Maurras, Anthinea - D'Athènes à Florence, 132 bois originaux, 386 exemplaires numérotés, Éditions Lapina, 1927 ; Paris, 1937, ouvrage collectif, 62 lithographies par 62 artistes, dont : Georges Huisman, Les musées, lithographies de Gabriel Belot et Renefer, 500 exemplaires numérotés, Imprimerie Daragnès pour la ville de Paris, Exposition universelle de 1937 ; Georges Duhamel, Cécile parmi nous, illustré par 57 bois originaux, Librairie Arthème Fayard, Collection « Le Livre de demain », 220, 1941 ; Jean Giraudoux, Bella. Histoire des Fontranges, illustré de 22 bois originaux, Librairie Arthème Fayard, Collection « Le Livre de demain », 1947 ; René Benjamin, Gaspard, illustré de 21 bois originaux, Librairie Arthème Fayard, Collection « Le Livre de demain » ; Colette, La Vagabonde ;