vignette|Stèle de Gibraltar, point de départ au carrefour de Saint-Sauveur. vignette|La statue moderne du Pèlerin, érigée en 1965, est le point d'arrivée qui signale la convergence des chemins. Le Camino navarro ou Chemin navarrais est une section du Camino francés du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle qui traverse la communauté forale de Navarre et la Basse-Navarre, d'où son nom. Dans sa traversée des Pyrénées, le Camino navarro suit la voie romaine Bordeaux-Astorga sur la plus grande partie de son tracé.

Présentation générale Le Chemin navarrais commence à la stèle de Gibraltar ( en basque), à Uhart-Mixe, en amont d'Ostabat, où finissent la Via Turonensis, la Via Lemovicensis et la Via Podiensis, un point de jonction des trois itinéraires venant de Tours, Vézelay et Le Puy-en-Velay. Il finit à Puente la Reina, symboliquement à l'endroit où une statue moderne du pèlerin, érigée en 1965, porte une plaque rappelant qu'ici le « Camino aragonés » et le « Camino navarro » se fondent en un seul « Camino francés », le chemin français« Y desde aqui, todos los caminos a Santiago se hacen uno solo. » (et à partir d'ici, tous les chemins à Santiago ne font plus qu'un.. Géographiquement, la jonction est faite à la place des Fors d'Obanos où se situe la porte ou arche médiévale et l'église de Saint-Jean-Baptiste.

Au sens le plus strict, le Camino navarro peut partir soit du pied espagnol du col de Roncevaux ou (possible localisation du « col de Cize »Selon Aimery Picaud dans son Guide du Pèlerin), pour rejoindre Puente la Reina. Au sens large, le Camino navarro, débute au pied français du franchissement des Pyrénées, c'est-à-dire initialement à Saint-Michel et aujourd'hui et plus fréquemment à Saint-Jean-Pied-de-Port pour des questions pratiques et logistiques; voire dès l'entrée en Basse-NavarreL'entrée en Basse-Navarre se fait aujourd'hui par la ville de Saint-Palais où la via Turonensis rejoint la via Lemovicensis; du temps d'Aimery Picaud, elle devait se faire par Garris, territoire qui faisait autrefois partie du royaume de Navarre.

Itinéraires jacobites en Basse-Navarre et en Navarre À travers l'analyse des voies de pèlerinage médiévales, Le Guide du Pèlerin du est un ouvrage de référence sur les chemins de Saint-Jacques qui décrit brièvement les itinéraires convergeant vers Ostabat et Puente la ReinaJeanne Vielliard, Le Guide du Pelerin de Saint-Jacques de Compostelle; Texte Latin du , édité et traduit en français d'après les Manuscrits de Compostelle et de Ripoll, Paris: Librarie Philosophique J. Vrin, 1984, 152 or. . Cependant, la préposition latine « ad » utilisée dans ces descriptions, signifiant « près de » ou « en direction de », suggère que les chemins ne se rejoignent pas directement à Ostabat mais se rapprochent plutôt de cette localité: ad Hostavallam coadunanturet ad Pontem Regine socianturClément Urrutibehety, Union des chemins de Saint-Jacques en Basse-Navarre et en Navarre, Príncipe de Viana. Anejo, Nº.8, 1988, .

Le carrefour autour du Mont Saint-Sauveur de Saint-Palais était un point crucial où se croisaient plusieurs voies jacobites. Les observations des voies pavées autour de la maison Aincy à Uhart-Mixe et des traces d'un gué dans la Bidouze indiquent un réseau de chemins au sud de la colline. Parmi ces chemins, il y a l'Arzen bidiaou chemin des bergers, descendait du sommet et traversait la Bidouze près de la maison Lahiria à Saint-Palais, le Jakobe bideaou chemin de Saint-Jacques, passait par le gué de Quinquil avant d'atteindre le pied de la colline et le chemin de Garns, appelé Arte bidiareliait Saint-Palais aux territoires environnants, séparant Saint-Palais d'Orsanco. Le carrefour de Saint-Sauveur, marqué par une stèle, reste un point névralgique où se rejoignent plusieurs itinéraires importants, notamment ceux menant à Ostabat et au prieuré-hôpital de Haranbeltz. Ce réseau est en partie aligné avec les routes des Guides du Pèlerin et les voies d'accès en Navarre.

Malheureusement, de nombreuses sections de ces anciens chemins ont disparu en raison de l'expansion agricole et du remembrement des parcelles, rendant les gués souvent méconnaissables. Cependant, le carrefour de Saint-Sauveur ou de Gibraltar est toujours présent en limite d'Uhart-Mixe, Larribar et Saint-Palais, et reste un point clé de rencontre et de transit pour les pèlerins. Les hôpitaux médiévaux d'Ostabat, tels que Nostre Done Sainte Catherine et Saint-Antoine, étaient situés à des intersections stratégiques, facilitant les connexions avec divers itinéraires de pèlerinage. Après Ostabat, l'étape d'Utziat reliait également d'autres chemins historiques, démontrant l'importance continue des routes autour du Mont Saint-Sauveur jusqu'à la chapelle d'Ibañeta.

Le chapitre premier du livre V du Codex Calixtinus d'Aimery Picaud, intitulé postérieurement par sa traductrice Jeanne Vieilliard : Le Guide du Pèlerin de Saint-Jacques-de-Compostelle, indique : .

Les péages de Saint-Palais, Ostabat, et Saint-Jean-Pied-de-Port étaient significatifs pour les pèlerins médiévaux. Les documents historiques, tels que le sauf-conduit accordé à Guillaume, archevêque d'Arles, montrent que le péage était un aspect important du voyage. Les droits de péage variaient selon les villes, et des témoignages comme celui d'Arnold Von Harff révèlent les coûts élevés et les pratiques parfois considérées comme abusives par les pèlerins.

À travers divers documents historiques, plusieurs caractéristiques abordées, et son importance historique dans le contexte des routes jacobites : Les legs aux Hôpitaux : en 1312, Arnaud Raymond, vicomte de Tartas, lègue des fonds aux hôpitaux le long de la route de Roncevaux à Bordeaux, incluant ceux de Haranbeltz et Lagarrage à Saint-Palais. Il précise des dons pour l'entretien des hôpitaux à chaque entrée de ville sur le chemin, avec des montants variés pour ces établissements et les églises locales. Donations et Péages : en 1232, le comte de Toulouse fait une donation à l'hôpital de Roncevaux, et en 1263, le comte de Poitiers confirme cette donation. Les péages sur le chemin sont également mentionnés comme source de revenus pour les hôpitaux. Itinéraires de Bruges : les itinéraires de Bruges () détaillent les routes de pèlerinage à travers l’Europe, incluant la route de Bordeaux à Roncevaux et les étapes importantes en Navarre comme l'hôpital Lagarrague de Saint-Palais. Carte des Itinéraires Européens : la carte de Martin Waldseemüller (1511) montre les principaux itinéraires européens vers Compostelle, incluant les routes par Bordeaux et Roncevaux. Les chemins de pèlerinage sont divisés en routes du haut et du bas, avec des tracés spécifiques pour chaque itinéraire. Union des Chemins à Obanos : à Obanos, les chemins venant de Roncevaux et du Somport se rejoignent. Obanos devient un lieu clé pour les pèlerins, avec une légende associée à Guillaume d'Aquitaine et des éléments culturels et religieux qui marquent cette jonction. Chemin de Frankua : le Frankua bidea, ou chemin de Frankua, traverse la sierra del Perdón et est relié à la route française. Il est mentionné dans un testament de 1284 et correspond à l'actuel Camino francés. Archives Privées : les archives de la maison Rebole montrent l'évolution du tracé du chemin royal de Pampelune à Puente la Reina et confirment la continuité de ce chemin à travers les siècles. Chemin d'Eunate : traditionnellement appelé « camino de Eneriz a Puente », passe par Obanos, montant vers l'ermitage Saint-Sauveur et le calvaire. Il se rejoint avec un autre itinéraire à cet endroit. Ce chemin traverse la pente d'Elizapea, sous l'ancienne église et l'hôpital, et dessert le cimetière actuel en direction de la chapelle de Eunate. Le chemin est particulièrement significatif car il encercle le village d'Obanos, un aspect visible dans les cartes avant l'expansion urbaine moderne. Le chemin de Eunate est lié à des zones topographiques spécifiques, comme le ravin de Bicupea, situé au sud d'Obanos. Le nom Bicupea pourrait dériver du latin et du basque, signifiant « sous les figuiers ». Le chemin est également associé au quartier Ingoien (au nord d'Obanos) et à la topographie environnante, comprenant le ravin Elizapea et la montagne du Pardon. Patronage de Saint-Sauveur : Saint-Sauveur est un vocable commun à plusieurs lieux de pèlerinage, notamment à Obanos et Saint-Palais. Il marque des carrefours importants sur les routes jacobites. Le nom Saint-Sauveur est également associé à plusieurs sites de pèlerinage au Pays Basque et dans les Pyrénées, suggérant une ancienneté et une importance historique dans la christianisation de la région. Le nom de Saint-Sauveur apparaît dans divers lieux, tels que la chapelle de Saint-Sauveur au col d'Ibañeta, ainsi que dans d'autres sites en Basse-Navarre et au-delà. Ce vocable pourrait symboliser des points de rencontre importants pour les pèlerins et marquer des lieux où des cultes païens ont été remplacés par la christianisation.

Les étapes et points de passage Cet itinéraire possède quelques alternatives historiques ; de nouvelles variantes sont également tracées de nos jours par les collectivités locales et les organismes de randonnée, pour s'adapter aux évolutions de l'urbanisation et du tourisme notamment.

+ Début du Camino navarro en France Points de passage Curiosités Santiago à (km) Altitude (m) Web Stèle de Gibraltar (Uhart-Mixe) carrefour de Saint-Sauveur ou de Gibraltar, point de jonction des trois voies, de Tours, de Vezelay et du Puy Chapelle de Soyarza (Uhart-Mixe) Harambeltz (Ostabat) Ostabatville étape Mongelos Saint-Jean-le-Vieux Saint-Jean-Pied-de-PortDonibane Garazi en basque.ville étape Honto (Saint-Michel) Orisson (Saint-Michel) Vierge de Biakorri (Saint-Michel) Château Pignon (Saint-Michel) La Croix Thibaut (Saint-Michel)

+ Suite et fin du Camino navarro en Espagne Points de passage Curiosités Santiago à (km) Altitude (m) Web Col de Bentarte Col de LepoederLe col de Lepoeder est l'un des points culminant du chemin de Compostelle, à mètres d'altitude, juste derrière le passage des à plus de mètres, en Castille-et-León. (Orbaizeta) Col de Roncevauxou Puerto de Ibañeta Collégiale,Chapelle San Salvador, Monolithe orné de l'épée Durandal de Roland RoncevauxRoncesvalles en espagnol, Orreaga en basque collégiale royale de Roncevaux, Chapelle de Santiago(ou de los Peregrinos) www.roncesvalles.esAuritz-BurgueteAuritz en basque www.burguete.es Espinal-Aurizberri (Erro) Col de Mezkiritz (Erro)Mezkirizko lepoa en basque Bizkarreta-Gerendiain (Erro) Église San Saturnino Lintzoain (Erro) Église d'architecture romane du consacrée à Saint Saturnin de Toulouse Karrobide (Erro) www.erroibar.net Port d'Erro (Erroko Gaina / Alto Erro) www.erroibar.net Zubiri (Esteribar)(village du pont en basque) Plusieurs ponts sur l'Esteribar et ses affluents, dont le Puente de la rabia (Pont de la rage) www.esteribar.org Ilarratz (Esteribar) www.esteribar.org Ezkirotz (Esteribar) www.esteribar.org Larrasoaña (Esteribar) Église de San Nicolas Akerreta (Esteribar) Zuriain (Esteribar) Iroz (Esteribar) Zabaldika (Esteribar) Arleta (Esteribar) Huarte-Uharte Villava-Atarrabia Hospice et chapelle Trinidad de Arre www.villava.es Burlada www.burlada.es PampelunePamplona en espagnolIruñea en basque Cathédrale Santa Maria www.pamplona.es Cizur Menor Église San Miguel Arcángel www.cendeadecizur.es Zizur Mayor Église gothique San Andres ? Zariquiegui Église romane San Andres Alto del Perdón Uterga Muruzábal Obanos Église San Juan-BautistaChapelle San Salvador, jonction historique avec le Camino aragonés Puente la ReinaGares en basque Pont de légende,Église del Crucifijo,Église de Santiago,Église San Pedro Apostol puentelareina-gares.net