vignette|Tête de chérubin en motif ornemental.
Le chérubin ou angelot est une figure d'ange qu'on trouve dans les religions juive et chrétienne. Leur figure originale est une , au physique qui mélange le lion, le taureau, l'oiseau et l'homme.
Un chérubin désigne également un motif ornemental constitué d'une tête angélique ou enfantine, ailée et dépourvue de corps. Il ne doit pas être confondu avec le génie ailé qui, lui, possède un corps. Également, à la Renaissance, les putti symbolisent l'Amour.
Étymologie
Le mot « chérubin » vient du latin ecclésiastique cherub (pluriel cherubin), transcription de l'hébreu , pluriel . Le terme serait d'origine assyrienne. Dans cette langue, « kéroub » ou « karibu » signifierait ou Sophy Burnham, Le Livre des Anges, Alleur, Marabout, 1994 .. En Assyrie, le taureau ailé ou « kéroub » était souvent placé au seuil des temples et des palaisMichel Serres, La Légende des anges, Paris, Flammarion, 1993 , 161. ; pour sa part, H. Lesêtre rapproche plutôt ce mot de l'assyrien kouroub, « vautour ».
Bible (Les citations de la Bible sont issues de la traduction de Louis Segond, 1910).
Dans la Genèse, des chérubins gardent l'arbre de vie avec un glaive tournoyant (Genèse 3:24), après que Dieu eut chassé Adam et Ève du jardin d'Éden.
Le Livre de l'Exode décrit la représentation de chérubins sur l'Arche d'alliance (Exode 25:18-22) :
Avec leurs ailes étendues, les deux chérubins forment des sortes d'écouteurs entre lesquels Moïse entend la voix de l'Éternel (Nombres 7, 89) :
Plus tard, ont été confectionnées deux statues monumentales de chérubins, côte-à-côte, aux ailes déployées couvrant toute la largeur du Temple de Salomon (1 Rois 6.23-28) :
Les chérubins sont au centre de la vision d'Ézéchiel (Ez 10) :
Théologie Le grand théoricien de la hiérarchie céleste reste le Pseudo-Denys l'Aréopagite, dans sa Hiérarchie céleste (vers 490).
Au Moyen Âge, les théologiens estiment que ce sont sans doute les chérubins qui répandent leur lumière sur les Vertus motrices des cieux, c'est-à-dire expliquent le mouvement des astres. Saint Thomas d'Aquin : « Quant au nom de Chérubin, on l’emploie pour signifier un certain excès de science, si bien qu’on le traduit par « plénitude de science ». Ce que Denys explique de quatre manières : par rapport à leur parfaite vision de Dieu ; par rapport à leur pleine réception de la lumière divine ; par rapport au fait qu’en Dieu ils contemplent la beauté de l’ordre des choses dérivé de Dieu ; enfin, par rapport à cet autre fait qu’étant remplis d’une telle connaissance, ils la diffusent avec abondance sur les autresThomas d'Aquin, Somme théologique, I, qu. 108, art. 5 ; Michel-Pierre Lerner, Le monde des sphères, Les Belles Lettres, 2008, t. I, p. 349.. »
Symbolique
L'apparence des chérubins bibliques, êtres hybrides associant des caractéristiques humaines et animales, est sans aucun doute influencée par l'iconographie du Proche-Orient ancien (notamment les sphinx ailés ou les taureaux ailés à tête humaine de Mésopotamie).
Dans le christianisme, les chérubins sont les anges du second chœur de la première hiérarchie. Ils précèdent les trônes et suivent les séraphins. Dans l'iconographie chrétienne du Moyen Âge, ils sont représentés avec deux paires d'ailes bleuesMarcel Joseph Bulteau, Monographie de la cathédrale de Chartres, volume 2, éd. R. Selleret, 1891, .Florent Wolff, Anges et verticalités : La voie rêvée des anges, Université de Montréal, 2003. contrairement aux séraphins dotés de trois paires d'ailes rouges.
Les redoutables Keroubim de la Bible glissent progressivement vers les angelots joufflus des églises baroques. À partir de la Renaissance, ils sont souvent dépeints comme de jeunes et gracieux enfants dotés d'une seule paire d'ailes, les putti. Le peintre Raphaël en a donné une célèbre illustration.
En héraldique, le chérubin ou angelot est une figure héraldique imaginaire sans modification notable de l'icône classique : tête d'ange flanquée de deux ailes. Présent sur le champ, il est plus fréquent dans les ornements extérieurs de l'écu. En représentation picturale, l’angelot figure également sur les tableaux du Trecento, ainsi que sur les fresques murales décoratives des palais et édifices religieux de Florence.
Arts et littérature Chérubin, jeune page du comte Almaviva, est un personnage de deux pièces de théâtre de Beaumarchais, Le mariage de Figaro et La mère coupable. Il apparaît également sous le nom de Cherubino dans l'opéra de Mozart, Le Nozze di Figaro. C'est également le titre d'un opéra de Jules Massenet, Chérubin (1905).
Références en islam Dans la tradition islamique, les anges qui portent le trône de Dieu sont décrits comme des chérubins ()Moojan Momen Studies in Honor of the Late Hasan M. Balyuzi Kalimat Press 1988 page 83. Les quatre archanges leur appartiennent également.
Ils sont mentionnés dans la sourate 40:8Stephen Burge, Angels in Islam: Jalal al-Din al-Suyuti's al-Haba'ik fi akhbar al-mala'ik, Routledge, 2015 . :
« Ceux (les anges) qui portent le trône et ceux qui l'entourent célèbrent les louanges de leur Seigneur, croient en Lui et implorent le pardon pour ceux qui croient : « Seigneur ! Tu étends sur toute chose Ta miséricorde et Ta science. Pardonne donc à ceux qui se repentent et suivent Ton chemin et protège-les du châtiment de l'Enfer. »
Notes et références
Voir aussi Articles connexes
Érotes Putto Génie (art) Anges de la Kabbale
Liens externes
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