Lee Myung-bak (en , ), né le à Osaka au Japon, est un homme d'affaires et homme d'État sud-coréen.
Il est à la tête du conglomérat Hyundai de 1988 à 1992.
Membre du Grand Parti national, il est maire de Séoul de 2002 à 2006 et président de la République de 2008 à 2013. Sa présidence est marquée par la crise financière mondiale et par une restriction des normes démocratiques et de la liberté d'expression dans le pays.
Condamné à 15 ans d’emprisonnement en pour plusieurs affaires de corruption et de détournements de fonds, il est incarcéré en 2020 après sa condamnation définitive à 17 ans de prison par la Cour suprême. En 2022, il est remis en liberté provisoire puis gracié par le président Yoon Suk-yeol.
Enfance, études et prison Lee Myung-bak est né à Osaka au Japon, dans le quartier résidentiel coréen de Nakakawachi-kun (actuellement Hirano-ku d’Osaka).
Sur son certificat de naissance, son nom japonais est Akihiro Tsukiyama (月山明博).. À cette époque, son père, Cheung-u Li (이층우) travaille en tant qu’ouvrier agricole dans un élevage de bétail au Japon. Sa mère, Tae-won Chae (채태원) est femme au foyer et chrétienne fervente. Lee a trois frères et trois sœurs. Il est le cinquième des sept enfants. Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, sa famille retourne à la ville natale de son père, Pohang, province de Gyeongsang du Nord de la Corée du SudLee Myung-bak overcomes poverty and challenges to demonstrate CEO style leadership. By Yongwhan Kim, Kyunghyang Times..
Son père décède jeune et il vit dans la pauvreté. Il parvient à entrer au lycée commercial Dongji à Pohang. Un an après la fin de ses études secondaires, Lee obtient son entrée à l’Université de Goryeo. Lors de sa troisième année à l’université en 1964, Lee pose sa candidature à l’élection du président du Comité des étudiants et la remporte. Cette année-là, Lee participe à la manifestation des étudiants contre la normalisation de la relation coréo-japonaises du président Park Chung-hee. Il est accusé d’avoir organisé l’insurrection et sera condamné à cinq ans de liberté surveillée et trois ans de réclusion par la Cour suprême de Corée. Il purge sa peine d'un peu moins de trois mois à la Prison de Seodaemun à SéoulChoice 2007 Lee Myung-bak By Yeong-nam Jeong.
Cette année-là, la manifestation pro-démocratique des étudiants atteint son sommet et l’hostilité du public contre la normalisation des relations coréo-japonaises, qui veulent accroître les liquidités pour le développement d’infrastructure, devient virulente. Lee Myung-Bak, ne craignant pas pour sa vie, et démontrant ses qualités naturelles de leader, prend la tête du cortège insurrectionnel en chantant "Dansons la Carmagnole, vive le son, vive le son, dansons la Carmagnole, vive le son du canon". Il sera condamné à purger une peine à la prison de Seodamun...
Lee se marie avec Kim Yoon-ok et ils ont trois filles et un fils. Lee se déclare chrétien et assume le rôle de doyen à l’église presbytérienne Somang à Séoul.
Carrière professionnelle En 1965, Lee commence à travailler chez Hyundai (appelée alors Hyundai Construction, une moyenne entreprise peu connue) qui décroche le contrat de construction de l’autoroute Pattani-Narathiwat en Thaïlande. Ce projet de 5,2 millions de dollars américains est le premier projet de construction à l’étranger de la Corée. Malgré son statut de nouvel employé, Lee est envoyé en Thaïlande pour participer à ce projet. La mission sera achevée avec succès en mars 1968. Lee rentre en Corée et se voit chargé d’une usine de machinerie lourde à SéoulRobert Koehler (Mar. 2008).Korea's CEO President Lee Myung-bak, Seoul Selection.
En 1988, il est nommé président de Hyundai ConstructionRobert Koehler (Mar. 2008) Korea's CEO President Lee Myung-bak, Seoul Selection.
Peu de temps après l’achèvement réussi de l’autoroute Pattani-Narathiwat par Hyundai Construction, l’industrie de construction de la Corée se concentre sur l’encouragement de la création de nouveaux marchés étrangers comme au Viêt Nam et au Moyen-Orient.
À la suite de la baisse de la demande de constructions au Viêt Nam dans les années 1960, Hyundai Construction porte son regard sur le Moyen-Orient, et continue à engranger des projets internationaux d’une grande importance tels que l’Arab Shipbuilding & Repair Yard, le Diplomat Hotel au Bahreïn, et le projet du port industriel de Jubail en Arabie saoudite, aussi connu sous le nom de « la grande histoire du ».
À cette époque, le montant de commandes reçues par la compagnie coréenne de construction dépasse 10 milliards de dollars américains, et cela contribue largement à surmonter les crises nationales telles que le choc pétrolier.Robert Koehler (Mar. 2008)Korea's CEO President Lee Myung-bak, Seoul Selection.
Lorsqu’il commence à travailler chez Hyundai en 1965, l’entreprise compte 90 employés. Au moment où il quitte l'entreprise, en 1992, après 27 ans de travail, elle compte plus de New South Korean president — the right man at the right time By Blaine Harden, The Washington Post.
Il joue ensuite un rôle important dans la normalisation des relations entre la Corée du Sud et l’URSS. De plus, Lee établit des relations avec d’autres autorités étrangères, y compris Lee Kuan Yew, l’ancien premier ministre Singapourien, Hun Sen., le Premier ministre Cambodgien, Mahathir Mohamad, l’ancien premier ministre malais, Jiang Zemin, l’ancien président Chinois, et Mikhaïl Gorbatchev, ancien président de l’Union des républiques socialistes soviétiques.
Après son départ de Hyundai, il décide d’entrer dans la vie politique.
Débuts en politique En 1992, Lee effectue une transition du monde professionnel vers le monde politique. Lee est élu comme membre de la Assemblée nationale de la Corée. Pendant sa campagne, il motive ainsi sa candidature: « En regardant Mikhaïl Gorbatchev changer l’atmosphère de la scène internationale, je voulais savoir s’il y a quelque chose que je pouvais faire. »Lee Myung-bak overcomes poverty and challenges to demonstrate CEO style leadership de Yongwhan Kim, Kyunghyang Times
En 1996, après avoir été élu pour la seconde fois comme législateur à Séoul, on apprend qu’il a dépensé beaucoup d'argent pendant sa campagne. Il démissionne en 1998 après avoir été accusé de violation des lois électorales"Lee's ascent marked by persistence", The JoongAng Daily (English Edition) (2007-08-21). Retrieved on 11 January 2008..
En 2002, Lee pose sa candidature pour l’élection à la mairie de Séoul, et remporte le suffrage. Pourtant, il est révélé qu’il a commencé sa campagne avant la date autorisée. Pendant son mandat de maire, il se fait essentiellement remarquer par la restauration de Cheonggyecheon, un canal qui traverse Séoul, et la construction de couloirs de bus.
Un de ses autres projets, la Forêt de Séoul, a un impact mineur sur la vie des habitants de Séoul.
Élection présidentielle sud-coréenne de 2007
Le , Lee déclare officiellement son intention de poser sa candidature pour l’élection primaire du Grand parti national. Le , il remporte la victoire contre Park Geun-hye à l’élection primaire et devient le candidat du GPN pour l’élection présidentielle de 2007. Pendant la primaire, Lee est accusé d’avoir profité d'une spéculation illégale sur son terrain à Dogok-dong, un quartier très cher de Séoul..
En , les procureurs annoncent dans leur rapport provisoire : « Nous avons des soupçons sur la revendication du frère de Lee sur le terrain de Dogok-dong, mais n'avons pas réussi à prouver qui est le vrai propriétaire de ces biens. »
Le , le Parquet écarte officiellement les soupçons selon lesquels le terrain de Dogok-dong soit sous un nom emprunté et annonce : « Nous avons effectué toutes les enquêtes nécessaires incluant le suivi des traces depuis la vente du terrain et de l’historique d’appel, mais maintenant nous arrivons au bout de cette affaire. ».
En , quelques jours avant l’élection présidentielle, Lee annonce qu’il donnera tous ses biens à la société.. En , il n'a toujours rien fait à ce sujet.
Son but fixé est exprimé dans le « Plan 747 », qui vise 7 % de croissance annuelle du PIB, américains de revenu par habitant, et place de l’économie mondiale. Un de ses plus importants programmes est le Grand Canal de Corée, reliant Busan à Séoul, souhaitant amener le renouveau économique. Ses rivaux lui reprochent que le projet est peu réaliste et coûtera très cher pour être réalisé. D’autres s’inquiètent des effets secondaires comme l’impact sur l’environnement.
Présidence thumb|200px|Lee Myung-bak le jour de son investiture, le Après avoir remporté de justesse les primaires du Grand parti national face à Park Geun-hye, Lee remporte l’élection présidentielle en avec 48,7 % de votesAngus Reid page on South Korea, mais avec un taux de participation jamais aussi bas pour une élection présidentielle en Corée du Sud.. Il prête serment en tant que président le , avec des vœux pour revitaliser l’économie, renforcer les relations avec les États-Unis et régler le problème de la Corée du Nord.. Plus précisément, Lee déclare qu’il continuera la campagne de la « Démocratie globale » et cherchera plus d’échanges coopératifs avec les voisins régionaux comme le Japon, la Chine et la Russie. En outre, il s’engage à renforcer les relations coréano-américaines, en insistant tout particulièrement sur les solutions du libre marché, et également à mettre en œuvre une politique plus rigoureuse en ce qui concerne la Corée du Nord, idées organisées sous le nom de « Doctrine MB »The Korea Times, President-Elect Vows Creative DiplomacyPresident Lee Myung-bak's Inaugural Address.
Politique nationale Dès le , il propose Han Seung-soo, lui aussi membre du Grand parti national, ancien ministre des Affaires étrangères en 2001 et président de l'Assemblée générale des Nations unies de 2001 à 2002, au poste de Premier ministre « New South Korean leader names PM », BBC News, 28/01/2008. Le vote de confirmation de cette nomination au Gukhoe, ou Assemblée nationale, doit initialement avoir lieu le jour même de l'entrée en fonction de Lee, le . Cependant, le Parti démocratique uni (né entre et par la fusion des trois principales formations centristes et libérales, à savoir le Parti Uri, désormais appelé Nouveau parti démocratique uni et le Parti démocrate de 2005, qui détient quelque 140 sièges sur 299) et le Parti démocratique du travail (avec 9 députés) ont fait obstruction en critiquant Han Seung-soo. Finalement, après avoir obtenu le retrait de trois ministres potentiels eux aussi contestés, la direction du Parti démocratique uni décide d'accepter que le vote de confirmation ait lieu le et laisse la liberté de scrutin à ses membres. Ainsi, Han Seung-soo est investi par 174 députés sur les 270 présents, contre 94 s'y opposant, un bulletin blanc et un bulletin nul KIM S.-y., « Assembly Endorses Han as Prime Minister », Korea Times, 29/02/2008. Aux élections législatives du , le Grand parti national obtient une assez nette victoire et la majorité absolue au Gukhoe avec 153 sièges sur 299, donnant une plus grande marge de manœuvre à Lee Myung-bak et à son administration pour gouverner.
Le cœur de sa politique économique est le programme de revitalisation « Corée 7-4-7 ». Ce plan tire son nom de ses objectifs : atteindre 7 % de croissance économique, porter le PNB par habitant à et faire de la Corée la septième puissance économique mondiale. Dans ce cadre, il fait accélérer la privatisation des banques publiques et assouplir la réglementation des marchés financiers.