Pierre Baudis, né le à Decazeville (Aveyron) et mort le à Toulouse (Haute-Garonne), est un homme politique français, maire de Toulouse de 1971 à 1983.
Biographie
Jeunesse et formation Pierre Auguste Laurent Antoine Baudis naît le 11 mai 1916 à Decazeville (Aveyron). Il est le fils d'Albert Baudis et de Jeanne Théron. Son père est ingénieur électricien dans les houillères de Decazeville. En 1918, la famille s'installe à Toulouse lorsque Albert Baudis est nommé pour travailler à l'électrification de l'usine de l'Office national industriel de l'azote (ONIA).
Pierre Baudis poursuit ses études supérieures à la faculté de droit de l'université de Toulouse et il obtient un doctorat en 1941. Il devient haut fonctionnaire et administrateur civil au ministère des Finances. Le 26 décembre 1945, il épouse Jeanine Anghilante à Paris.
Carrière politique Pierre Baudis s'engage en politique. Le 30 novembre 1958, aux élections législatives, il est élu député de la Haute-Garonne pour la . Candidat indépendant, il a le soutien du Centre national des indépendants et paysans (CNIP) et il se positionne comme un candidat du centre, face aux excès partisans de Georges Hyon, candidat pour la SFIO, Georges Malgouyres, pour le Parti communiste français (PCF), et Pierre Delnomdedieu, pour le Mouvement républicain populaire (MRP).
En 1959, aux élections municipales et dans un contexte de déchirement et d'éclatement des forces politiques au sein du conseil municipal de Toulouse, Pierre Baudis prend la tête d'une liste d'« Union nationale », positionnée au centre-droit et regroupant des membres du Parti radical (PR), du MRP et du CNIPNevers 1977, p. 40.. Le 15 mars 1959, avec 12,1 % des voix, la liste de Pierre Baudis obtient cinq conseillers municipaux. Louis Bazerque, candidat de la SFIO et vainqueur de l'élection, a besoin de conclure des accords afin de diriger le conseil municipal, mais il repousse toute alliance avec le PCF et le Parti socialiste autonome (PSA), et forme une entente « apolitique » avec l'Union pour la nouvelle République (UNR) et l'« Union nationale »Nevers 1977, p. 41.. Pierre Baudis devient deuxième adjoint au maire, chargé de l'action sociale municipale. Ce poste lui permet de se faire connaître, devenant une personnalité reconnaissable de la vie politique locale. De plus, il acquiert la réputation d’un homme sensible aux difficultés sociales des habitants, particulièrement des personnes âgées.
Il est conseiller général depuis 1961 et le reste jusqu'à son décès.
Le 25 novembre 1962, il remporte à nouveau les élections législatives avec le soutien des Républicains indépendants (RI), un mouvement politique de centre droit qui fait scission du CNIP, sous la houlette de Valéry Giscard d'Estaing. À l'Assemblée nationale, Pierre Baudis siège d'ailleurs dans le groupe du Centre démocratique, qui regroupe les RI et et le MRP. En 1965, lors de l'élection présidentielle de 1965, il soutient la candidature de Jean Lecanuet.
En 1965, il est reconduit dans ces deux fonctions, et se voit promu au rang de premier adjoint.
En mars 1967, il est battu aux législatives par André Rousselet, proche collaborateur de François Mitterrand. Il retrouve son siège en et s'apparente au groupe des Républicains indépendants (les « Giscardiens »).
Maire de Toulouse En 1970, le maire de Toulouse, Louis Bazerque, est sous la pression du renforcement de la bipolarisation de la scène politique française : à droite, l'Union des démocrates pour la République (UDR) entend séparer l'électorat centriste du maire de Toulouse, tandis que, à gauche, le Parti communiste français (PCF) et le Parti socialiste (PS) cherchent à se rapprocher. Dans ce contexte, Louis Bazerque reçoit de la direction du PS l’ordre de se séparer de ses colistiers « réactionnaires » : le 19 janvier 1971, Pierre Baudis prend la tête d'une liste « de large union et de gestionnaires » contre Louis Bazerque. Son discours rassembleur attire certaines personnalités de la gauche toulousaine, tel qu'André Brouat, président du Stade toulousain et sympathisant communiste. La liste de Pierre Baudis, « Toulouse pour tous » est composée de courants politiques variés : elle compte neuf gaullistes, deux PDM, un CNI, et douze personnalités hors des partis.
Dans le même temps, la gauche part divisée : alors que Louis Bazerque refuse finalement l'union avec le PCF, ce dernier regroupe, autour de la candidature de Jean Llante, le CIR, le Parti socialiste unifié (PSU) et des dissidents socialistes. Pendant la campagne électorale, Pierre Baudis met l'accent sur les difficultés croissantes du projet urbain du Mirail, porté par Louis Bazerque depuis 1959, et sur le rachat en 1970 de la Société des transports en commun de la région toulousaine (STCRT), sur fond de scandale financier. À la suite du premier tour, le 14 mars 1971, il crée la surprise en obtenant 42,7 % des suffrages. Au second tour, il bénéficie du difficile rapprochement entre Louis Bazerque et Jean Llante : alors que, au niveau national, les partis socialiste et communiste prônent l'union des listes, la fédération toulousaine du PCF ne cède que difficilement, quand les sections du CIR et du PSU crient à la trahison. Le 29 mars 1971, Pierre Baudis emporte la mairie de Toulouse avec 57,02 % des suffrages : il a ainsi réussi à faire le plein des voix de son camp, mais aussi à rallier des abstentionnistes, voire même des électeurs socialistes inquiets de l'union avec le PCF.
Réélu député en mars 1973, il doit faire face en à une vive offensive des Socialistes conduits par Alain Savary. Il l'emporte dans deux des trois secteurs de la ville.
De même, en 1977, ce dernier base sa campagne sur sa gestion de la ville accomplie pendant six années et le bilan se veut rassurant pour les Toulousains. De toute évidence, les Toulousains se sentent davantage concernés par des problèmes de gestion interne, plutôt que par des considérations purement politiques.
En mars 1978, il est battu aux législatives par le jeune socialiste Gérard Bapt. Il est député européen pour le mandat de 1979 à 1984.
En , il cède la tête de liste à son fils Dominique qui est facilement élu à sa place.
Mort Il est inhumé au cimetière de Salonique de ToulouseCimetières de France et d'ailleurs. vignette|Pierre Baudis et son fils Dominique en 1982.
Famille Pierre Baudis est le père de Dominique Baudis (1947-2014), journaliste, maire de Toulouse de 1983 à 2001, président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) de 2001 à 2007, et Défenseur des droits de 2011 à 2014. Il est également le père de Chantal Baudis (morte en 1977)..
Mandats Député de la Haute-Garonne : de 1958 à 1967, de 1968 à 1978 Conseiller municipal et adjoint au maire (1959-1971) Conseiller général de la Haute-Garonne (1961-1997) Maire de Toulouse : de 1971 à 1983 Conseiller régional de Midi-Pyrénées (1974-1984) Député au Parlement européen : de 1979 à 1984
Hommages À Toulouse, une rue et un centre des congrès portent son nom.
Références
Voir aussi Bibliographie . Jean-Yves Nevers, « Toulouse : 1947-1971. Le conseil municipal et la scène politique locale », dans Revue géographique des Pyrénées et du Sud-Ouest, tome 48, fascicule 1, Toulouse aujourd'hui, 1977, p. 33-48 (lire en ligne).
Articles connexes Liste des maires de Toulouse
Liens externes
Catégorie:Maire de la Haute-Garonne Catégorie:Député de la Ire législature de la Ve République Catégorie:Député européen élu en France 1979-1984 Catégorie:Naissance en mai 1916 Catégorie:Naissance à Decazeville Catégorie:Maire de Toulouse Catégorie:Décès en janvier 1997 Catégorie:Député de la IIe législature de la Ve République Catégorie:Député de la IVe législature de la Ve République Catégorie:Sénateur de la Communauté Catégorie:Décès à Toulouse Catégorie:Décès à 80 ans Catégorie:Personnalité inhumée à Toulouse Catégorie:Député européen membre de l'Union pour la démocratie française