vignette|Image satellitaire (août 2002) : la forêt (vert foncé) couvre, en 2016, d’hectares, soit 31 % du territoire. vignette|redresse=2|Les forêts françaises accueillent plus de 700 millions de visiteurs chaque année. 9 Français sur 10 vont au moins une fois par an dans cet espace naturel, ce qui le classe au deuxième rang préféré durant leur temps libre, juste derrière la campagne. Les forêts publiques gérées par l'ONF comportent plus de de sentiers pédestres, de pistes cyclables et de pistes cavalières.. vignette|Volume de bois moyen sur pied par hectare de forêt (estimation pour 2014).

Les forêts en France métropolitaine couvraient en 2023, selon l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN), d'hectares ()., soit 32 % du territoire, un taux de boisement proche du taux mondial. L'inventaire forestier national inventorie sur le territoire métropolitain plus de d'arbres (dont 142 feuillues) regroupées en Une essence forestière désigne généralement une espèce d’arbres qui présente un intérêt en sylviculture mais peut parfois faire référence à une sous-espèce ou variété ou bien à plusieurs espèces., réparties en principales : chêne, hêtre, châtaignier, pin maritime, pin sylvestre, épicéa et sapin..

Les forêts des départements d'outre-mer ont les couvertures forestières suivantes.: (97 %) de forêt amazonienne en Guyane ; . (53 %) à la Réunion ; la Martinique : (46 %) ; Mayotte (38 %) ; la Guadeloupe : (39 %).

Au total, la France métropolitaine et les départements et régions d'outre-mer (DROM) comptent donc de forêts diverses, soit 38,10 % des du pays. On y recense près de forestières, une biodiversité essentiellement due aux DROM.

En métropole, et après une longue période de régression et un minimum au , la surface forestièrePour l'IGN, la forêt est définie comme territoire d'au moins 50 ares avec des arbres pouvant atteindre une hauteur supérieure à 5 mètres à maturité in situ , un couvert boisé de plus de 10 % et une largeur moyenne d’au moins 20 mètres. Elle n’inclut pas les terrains boisés dont l’utilisation prédominante du sol est agricole ou urbaine. C'est aussi la définition de la FAO a regagné de 1912 à 2012.Lettre de l'IF de mai 2013 (qui fait le point sur la reforestation de la France de 1900 à nous jours, progressant de 0,7 % par an, principalement en région méditerranéenne et en Bretagne, alors que le bocage a beaucoup régressé et que la récolte de bois augmentait (passée de de mètres cubes en 1908 à de mètres cubes en 2009). L'effort de reboisement a bénéficié d'un contexte d'intensification de l'agriculture et de déprise agricole en basse montagne. Malgré le développement urbain et des infrastructures, l'abandon de la traction hippomobile, la délocalisation de certaines productions et l'industrialisation ont libéré des surfaces importantes de terres agricoles.

La forêt métropolitaine française représente 10 % de la surface boisée européenne (, derrière la Suède, la Finlande et l'Espagne respectivement dotées de 270 000, 220 000 et environ (selon la FAO).

Cette forêt a souffert des tempêtes des 26 et 27 décembre 1999, qui ont abattu l'équivalent de sept années de récolteIFN : Tempêtes de décembre 1999 ainsi que de la tempête de janvier 2009IFN : Tempêtes de janvier 2009. La forêt française absorbe 63 millions de tonnes de CO₂ chaque année selon l'ONF..

Histoire vignette|Lors de la dernière période glaciaire, la steppe à mammouths est au cœur de l'Europe. vignette|Évolutions comparées de la surface forestière et de la population en France. thumb|Répartition de la ressource en bois distribuée par essences (estimation pour 2014). thumb|Accroissement (par départements, estimation pour 2014). thumb|upright=1.4|Répartition du volume sur pied en France (avec proportions feuillus/résineux) en 2014. thumb|Taux boisement par département en 2014 (estimation IGN/inventaire forestier). La forêt française est pour partie la continuité d'une forêt qui s'est étendue et contractée au rythme des dernières glaciations, avec préservation de nombreuses essences d'arbres thermophiles dans des refuges glaciaires primaires (péninsules ibérique, italienne et balkanique) et secondaires (côtes, vallées côtières, falaises de moyenne montagne bien exposées). . Lors de la dernière période glaciaire (il y a ), le climat est de 4 à 7° plus froid que le climat actuel, le niveau des océans étant à cette époque environ plus bas qu’actuellementPosition de la ligne de rivage et reconstitution des biomes il y a , tiré de laterredufutur.com . La steppe à mammouths repose sur un permafrost de plusieurs centaines de mètres de profondeur. Il y a environ, avec le réchauffement climatique et le recul des glaciers formés, les arbres thermophiles dont l'aire de répartition s'était réduite aux zones refuges méditerranéennes, recolonisent l'Europe. Une forêt peu diversifiée s'installe, dominée par le pin sylvestre et le bouleau, avant d'être relayée par les chênes et les hêtres. La colonisation complète de l'Europe est achevée vers BP mais il reste de vastes clairières naturelles..

Au Néolithique, à partir des nombreuses clairières naturelles sur certains sols, tels que le lœss, l'homme semble avoir commencé par défricher (probablement à l'aide du feu, de haches de pierre de type tranchet et de mâchoires de castor) pour y étendre peu à peu champs, prairies et pacages de sous-boisSur les sols lœssiques, la succession végétale reste en effet bloquée au stade prairie, car ces terres sont favorables aux graminoïdes. Cf ..

L'impact humain devient perceptible à partir de l'âge du fer (environ 800 ) et semble s'accélérer au cours de l'époque gallo-romaine.. Quand Jules César entre en Gaule au moment de sa conquête, il trouve la mythique forêt charbonnière au nord et à l'est, mais aussi une Gaule en grande partie défrichée et occupée par l'agriculture. Malgré cette réalité mise en évidence par les recherches scientifiques, persiste le mythe de l'immense et impénétrable forêt qui aurait recouvert la Gaule tout entière..

La romanisation oppose forêt et civilisation. La silva (forêt) est le domaine du sauvage, alors que l’ager (espace ouvert et remodelé, cultivé par l'Homme) est du côté de la culture. On devient peu à peu propriétaire de la terre cultivée alors que la nature est res nullius, et que les bois et forêts restent hors de la cité, souvent classés comme locus neminis (« lieu n'appartenant à personne » et donc à tous). Le Gaulois consommait gibier, glands, châtaignes et fruits des bois, là où le Romain et le Gallo-Romain apportent le pain, le vin, et l'huile issus des cultures, cantonnant la forêt et la friche au saltus (espace inculte et sauvage) qu'il faut maîtriser.

Les mots forestis, silva, foresta apparaissent sous la plume des Mérovingiens latinisés, dans les diplômes de Childebert II (v. 570-595) et de Sigebert III (v. 631-656). La silva forestis est alors domaine réservé aux chasses et coupes de bois du roi, les premiers forestieri étant les agents royaux chargés de la garder et l'administrer.

Le droit du défrichement peine à s'exprimer alors qu'existe souvent un droit coutumier : droit d'affouage (ramassage du bois mort, cassé ou de chablis pour le feu) ; droit de « marronnage » (coupe de perches destinés aux piquets et outils) ; droit de panage et droit de glandée permettaient d'amener des porcs dans une chênaie (et / ou de ramasser des glands). Ces droits sont néanmoins encadrés et surveillés.

Le déclin de l'Empire romain à partir de la fin du puis les raids vikings au se traduisent au haut Moyen Âge par le recul des finages cultivés au profit des massifs boisés, comme l'attestent les voies romaines qui contournaient initialement les forêts et qui se retrouvent dans les bois..

Alors que les historiens ont souvent imaginé, du au , que la France était couverte d'un épais manteau de bois et de marais, la paléoécologie, la paléontologie récente, l'archéozoologie, l'anthracologie (étude des charbons de bois), la carpologie (étude des paléosemences) et la palynologie (étude des pollens fossiles) ont réuni une grande quantité de preuves indiquant que les arbres ont très rapidement recolonisé les limons et roches libérés des glaces, mais aussi qu'ils ont dû reculer de zones que la mer réoccupait, et que la forêt n'était pas une immense étendue dense et homogène, mais une immense mosaïque de forêts denses aux grands arbres, des landes plus ou moins ouvertes, de prairies naturelles entretenues par de vastes troupeaux de grands herbivores, de bois épars, clairs et d'un complexe de zones humides (lacis de tresses et méandres de cours d'eau, mares, étangs, lacs, tourbières) notamment entretenues et ouvertes à la lumière par les barrages de castors et leur œuvre de recépage constant. Ainsi, si l'« ère des grands défrichements » médiévaux (expression de Marc BlochMarc Bloch, Les caractères originaux de l'histoire rurale française , Les Belles-Lettres, t.1, 1931, p. 5) qui est ouverte dans la plupart des régions à partir de 1050, a continué de réduire les espaces forestiers, l'essentiel des défrichements a bien souvent eu lieu au Néolithique entre et BPLoïc Gaudin, « Les transformations spatio-temporelles de la végétation du nord-ouest de la France depuis la fin de la dernière glaciation. Reconstitutions paléo-paysagères », thèse de doctorat de l'Université Rennes 1, 16 décembre 2004..

Les défrichements n'ont pas cessé jusqu'au . Au , alors que le charbon et les importations de bois exotiques permettent d'économiser le bois local, la forêt recommence à gagner du terrain, mais surtout en moyenne montagne, sur des landes délaissées par l'agriculture et en boisements parfois très artificiels.

Structure Selon la définition de l'inventaire forestier, près de la moitié de la forêt française est constituée de peuplements monospécifiques (soit 7,3 millions d’hectares). Les peuplements à deux essences représentent un tiers des peuplements, ceux à plus de deux essences 16 %Le mémento Inventaire Forestier. Édition 2014, IGN, p. 9. Les mélanges de plus de quatre essences sont assez rares et surtout présents dans quelques zones de l'Est du pays forêts où les forêts sont les plus diversifiées (Vosges et Jura où la forêt jardinée a mieux survécu ou en zone montagneuses + 34 diapos ). Dans le sud, peut être pour des raisons climatiques et d'essences n'appréciant pas les mélanges, les peuplements sont plus homogènes.

Mais la définition de inventaire est exigeante car n'est considérée comme peuplement mélangé que ceux dont plusieurs essences atteignent le sommet de la canopée et lorsque aucune essence n'atteint à elle seule 75 % du couvert.. Ainsi par exemple, n'est pas identifié comme forêt mélangée, un peuplement de chêne avec du hêtre en sous-étage ou un peuplement composé de chênes et de hêtres dans l'étage principal mais où la proportion de ces hêtres est de 20 %. Si bien qu'en France, les peuplements mélangés sont plus fréquents que ne l'estime l'inventaire, ou autrement dit, les peuplements monospécifiques, parfois qualifiés à tort de « monocultures », excepté les plantations d'une seule essence, sont moins fréquents tel que l'annonce l'inventaire (près de 50 %).

Essences principales

Au , les résineux occupaient 24 % des surfaces des forêts relevant du régime forestier (des collectivités ou domaniales) et les feuillus 76 %Pourquoi les forêts sont-elles si importantes pour la planète ? Émission le téléphone sonne de France Inter le 7 octobre 2010..

En France métropolitaine, selon l'édition 2016 de l'inventaire de l'IGN, le volume sur pied est de 2,6 milliards de mètres cubes. Les feuillus en représentent 64 % ( de mètres cubes) et les conifères 36 % (936 millions de mètres cubes). On y comptabilise près de 190 essences, dont 20 essences commerciales principales en 2019. Cependant, la moitié des forêts métropolitaines sont monospécifiques et seulement 17 % sont composées de plus trois essences..

Hors outre-mer, le volume se répartit entre:

le chêne pédonculé, 11 % ;