La Penfeld Le d a été ajouté au par un ingénieur de la Marine sous l'influence de l'allemand feld. Le nom est masculin en breton. est un fleuve côtier français, long de , sur la rive gauche duquel s'est développée la ville de Brest, dans le Finistère.

Étymologie

En 1019Vie de Saint Goueznou, le fleuve s'appelait en latin Caprella issu de caprae : « chèvre sauvage » ou « chevreuil », en breton gavr et gavrig : « cabri », « chevrette ». Et Brest s'appelait alors Bresta super caprellam, soit « Brest-sur-Chevrette ».

Le latin cap ou caput se traduit par penn en breton, “tête” en français, , variant au gré des générations en pen-vella, pen-fell puis Penfeel en 1248 (du nom du petit village installé au niveau du gué existant à la limite de la remontée de la marée sur le petit fleuve côtier permettant le franchissement par la route, ancienne voie romaine allant de Vorgium à la pointe Saint-Mathieu via Saint-Renan), germanisé plus tard au en Penfeld par un ingénieur de la Marine ou par des brasseurs de bière alsaciens qui installèrent à la fin du une brasserie dans l'anse Saupin (à l'emplacement de l'actuelle buanderie de la marine).

Son nom breton est Penfell.

Géographie thumb|left|Le plan du port de Brest en 1764 (alors exclusivement situé en Penfeld) Il prend sa source sur la commune de Guipavas, passe par Gouesnou, Bohars et Guilers avant de déboucher sur la mer en rade de Brest. Petit cours d'eau, la Penfeld s'est installée dans l'ancien cours de l'Aulne (plus grand fleuve du Finistère qui méandrait dans le bassin de Châteaulin, le cours inférieur traversant le pays de Léon à l'ÉocèneAu Pliocène, une transgression marine ennoie la vallée de l'Aulne. Au Pléistocène, le réseau hydrographique se réorganise : la genèse de la rade de Brest débute avec la capture de l'Aulne et de l'Elorn par un cours d'eau installé dans les schistes du goulet de Brest et évoluant par érosion régressive. L'Aulne abandonne son trajet nord-ouest pour rejoindre l'océan et le goulet. Cf .), capté vers l'ouest par l'ouverture du goulet de la rade de Brest, lors des cycles interglaciaires de l'ère quaternaire. Ce qui explique sa largeur et sa profondeur, permettant à des bateaux de fort tirant d'eau de remonter assez loin en amont, en fonction des marées dont le marnage peut atteindre jusqu'à huit mètres.

Son cours amont compte de nombreux moulins dont plusieurs sont toujours en activitéLes Moulins, le long de la Penfeld. La digue la plus en aval maintient en eau un ancien parc à bois utilisé pour conserver immergés les bois utilisés pour la construction des vaisseaux.

Entre le village de Penfeld et la porte de l'Arrière-Garde, le cours naturel de la Penfeld a été profondément modifié par les travaux réalisés au fil des siècles : stabilisation du niveau de l'eau par la construction de la digue de Kervallon, construction de l'« Île factice » entre 1803 et 1818, édification d'un chemin de halage sur la rive gauche pour le tractage hippomobile du bois (on immergeait les bois de marine dans l'eau saumâtre de la Penfeld pour les protéger des attaques de parasites (enclavation); des poutres de bois étaient immergées pour la même raison dans l'anse aux Baux). D'autres anses sont pour certaines encore visibles, d'autres ayant disparu : l'anse de la Villeneuve, dite aussi anse de Langoulouarn (qui sert désormais de lieu d'entraînement pour les kayaks), l'anse de Saint-Guénolé, l'anse au Merle, l'anse Goyen, l'anse de la Chapelle-Jésus ( à l'emplacement de l'actuel stade de la Cavale Blanche). Une chapelle située sur les rives de la Penfeld a disparu : la Chapelle-Jésus, en ruine depuis la Révolution française, mais dont le pardon a été immortalisé par la chanson d'Henri Ansquer qui date de 1911 et connue sous le nom de Complainte de Jean Quéméneur, qui raconte les malheurs d'un marin de Recouvrance et de son épouse infidèle Marie-Madeleine Poullaouec : Puis vlà-t-il pas qu'à Kervallon Femme sans cœur et sans raison Elle fit d'un quartier-maître clairon La connaissance Ils s'en allèrent bras d'ssus, bras d'ssous Au pardon d'la Chapelle-Jésus Depuis on n'les a plus revus À Recouvrance !

Une autre chapelle subsiste à l'état de ruines en bordure de la Penfeld : la Chapelle Saint-Guénolé.

Longtemps, la traversée de la Penfeld fut assuré par un service de bacs (en fait des embarcations à rames) que la Marine mettait à la disposition du public, avant la construction du "Grand Pont" sous le Second Empire en 1856. À Brest, la Penfeld est désormais enjambée par le pont de l'Harteloire puis, quelques hectomètres en aval, par le pont de Recouvrance, qui était le plus grand pont levant d'Europe avant d'être détrôné par le pont levant de Rouen en 2007. Le pont de la Villeneuve, plus en amont, permet désormais de relier le boulevard de l'Europe au Centre hospitalier Universitaire de la Cavale Blanche.

Sur ses derniers kilomètres, aux rives escarpées (versants abrupts de de haut), la Penfeld est incluse dans la base navale de Brest (Marine nationale), ancien arsenal de Brest, zone sous contrôle militaire vouée à la construction, à la réparation navale et au soutien de l'escadre de l'Atlantique.

À son embouchure, sur un site dont la valeur militaire est reconnue depuis l'Antiquité et au-delà, a été construit un château fort, le château de Brest, construit pour l'essentiel au et où est implantée désormais la préfecture maritime de l'Atlantique ainsi que le musée de la Marine de Brest.

Histoire de la Penfeld Description de la Penfeld à la fin du vignette|Vue cavalière de Brest : au premier plan Recouvrance et la Penfeld Le chanoine Moreau décrit ainsi le port en Penfeld à la fin du :

Au début du Dans Mémoires d'Outre-Tombe, daté de , François-René de Chateaubriand décrit ainsi les quais côté Recouvrance :

À la fin du En 1882, l'École des pupilles de la Marine est transférée depuis Recouvrance sur les bords de la Penfeld, à La VilleneuveRevue Armée et marine du 20 janvier 1909, Gallica.

Dans sa Grande Encyclopédie publiée en 1885, Camille Dreyfus décrit le port en Penfeld, en commençant par la rive gauche, côté Brest même :

Il poursuit sa description en présentant les installations portuaires de la rive droite, côté Recouvrance :

Le même auteur poursuit ainsi sa description à propos de l'arrière-port :

Les bords de la Penfeld, une « riviera » Au et au début du , les rives de la Penfeld ont aussi été un site de repos et de loisir pour l'aristocratie et la bourgeoisie brestoise : sur ses berges accueillantes et verdoyantes s'implantèrent de nombreuses maisons de campagne, propriété de familles cossues comme les Tremblay, les Bordenave, les De Vassal, les Malmanche, les Riou-Kerhallet (célèbres armateurs de bateaux corsaires).

Une stèle, située face à la cale de Kervallon, rappelle que François-René de Chateaubriand, inscrit à l'école des Gardes de la Marine de Brest afin de devenir officier, se promena sur ses rives en 1783.

Sur les bords de la Penfeld, en amont de la passerelle des Pupilles, subsistent les ruines de la Chapelle Saint-Guénolé, ancien site d'un culte des eaux et de la fécondité.

Durant le En 1930, le pont de Kervallon est construit au niveau de la porte de l'Arrière-Garde. Ce pont de Kervallon est le seul pont sur la Penfeld resté intact à la fin de la Seconde Guerre mondiale et est donc très utilisé par les Brestois, surtout avant la construction du pont de l'Harteloire en 1950 et la reconstruction du pont de Recouvrance en 1954. Le pont de Kervallon est démoli en 1987.

Au début du Depuis novembre 2016, le téléphérique de Brest relie les deux rives de la Penfeld entre les quartiers de Siam et des Capucins.

Annexes

Parc des expositions de Penfeld (Brest) Liste des fleuves français Pont de l'Harteloire Pont National — Pont de Recouvrance Recouvrance Arsenal de Brest Baie de Penfeld (aux îles Kerguelen) nommée d'après la Penfeld

Notes et références Références

Catégorie:Cours d'eau du bassin côtier Loire-Bretagne Catégorie:Fleuve côtier en Bretagne Catégorie:Brest Penfeld (la) Catégorie:Château de Brest