Les maronites sont un groupe ethnoreligieux arabo-syriaque de confession catholique orientale dont le nom vient de saint Maron, patriarche d'Antioche et ermite Syriaque à , en Syrie où les premières communautés maronites se sont formées au début du . De nos jours les maronites forment la plus nombreuse Église catholique et confession chrétienne du Liban, et ainsi la plus nombreuse communauté catholique du Proche-Orient. Ils sont en pleine communion avec la théologie catholique et dans l'obédience du Saint-Siège, c'est-à-dire du pape, évêque de Rome ; pour le droit canon, ils ont conservé la liturgie chrétienne orientale créée par saint Maron au et des traditions de l'église du premier millénaire, comme celle d'ordonner des hommes mariés (au Liban, la moitié des prêtres maronites le sont)Sibylle Rizk, « Au Liban, la moitié des prêtres maronites sont mariés » dans Le Figaro du 12 sept. 2013, .
C'est au Liban que siège l'Église maronite. Les maronites occupent une place importante dans l'histoire, la politique et l'économie du Liban. Une importante diaspora maronite s'est développée au cours du et des communautés maronites existent ainsi en Syrie, à Chypre, en Grèce, en Turquie, en France, au Brésil, au Canada et aux États-Unis.
Histoire
vignette|redresse=1.1|Femmes maronites à la fontaine (1863), par Émile Vernet-Lecomte.
Selon la tradition, les maronites, réfugiés dans les montagnes libanaises après les conquêtes musulmanes des , seraient d'abord restés dans la Pentarchie, devenue « Quadrarchie » par la séparation des Églises d'Orient et d'Occident en 1054. Aux , durant les premières croisades, ils auraient combattu pour la prise de Jérusalem et seraient entrés en 1182 en communion avec l'Église catholique (qui les avait reconnus dès 687 par le pape Serge I, lui-même maronite). Ainsi devenus les protégés des États latins d'Orient, les maronites passent alors en bloc de l'obédience du patriarche d'Antioche à celle du PapeHarald Suermann, Histoire des origines de l'Église Maronite, éd. Pusek, Kaslik 2010, ..
Sous l'Empire ottoman, ils sont reconnus comme « nation » et, par un barat spécifique, sont protégés par les souverains français (et ultérieurement de la république et de l'Église de France. À la création par la France du Grand Liban en 1920, ils se trouvent en position dominante dans le périmètre et les institutions de ce nouvel ÉtatJean-David Mizrahi, « La France et sa politique de mandat en Syrie et au Liban (1920-1939) » dans France, Syrie et Liban 1918-1946 : Les ambiguïtés et les dynamiques de la relation mandataire, Presses de l’Ifpo, Damas 2002, , ), DOI ..
En 1832–1833, l'historien Alphonse de Lamartine avançait que les Maronites, avec les Druzes et les Métualis formaient la principale population du Liban... Selon l'abbé Pierre Azaïs, la population maronite s'élevait en 1858 à personnes..
Les premiers grands mouvements d'émigration vers l'Amérique (du Nord et du Sud) ont lieu pendant la famine qui frappe la région à partir de 1916, à la suite de l'afflux de réfugiés arméniens démunis et du blocus maritime des Alliés contre ottoman durant la Première Guerre mondiale.
On estime au à plus de dix millions les Brésiliens d'origine maronite, sans compter les diasporas de Chypre, des États-Unis, de France, d'Argentine, du Venezuela, du Mexique, , soit un ensemble beaucoup plus nombreux que le million de maronites vivant au Liban. Mais cette diaspora est très peu liée à sa patrie d'origine. Très occidentalisés, les maronites de la troisième génération sont parfaitement intégrés à leurs pays d'accueil.
Au Liban, les maronites perdent certaines de leurs prérogatives et autres avantages politiques, comme conséquence de la guerre civile de 1975-1990, mais gardent la présidence de la République, qui perd certains de ses pouvoirs face aux sunnites par suite de l'accord de Taëf, (C'est un traité inter-libanais, signé le 22 octobre 1989, par les députés libanais, élus en 1972, réunis à Taëf en Arabie saoudite, destiné à mettre fin à la guerre civile libanaise). Le général en chef de l'armée libanaise doit également être maronite.
Liban Politique Le poste de président de la République libanaise est occupé par un maronite depuis l'indépendance du pays en 1943. Les postes du général en chef de l'Armée libanaise et du gouverneur de la Banque Nationale Libanaise sont également occupés par des maronites.
Au parlement libanais, les maronites disposent de , soit plus de la moitié des réservés aux chrétiens. Les maronites sont également la communauté la plus représentée au parlement.
Diaspora vignette|Photographie du Comité exécutif de la Ligue libanaise pour le progrès à São Paulo en 1914. Vers les années 1970, les chrétiens du Liban étaient majoritaires avec environ 57 % de la population. Aujourd'hui, le Liban comporte environ 35 % de chrétiens, dont environ 20 % de maronites, la guerre du Liban, entre 1975 et 1990, ayant eu comme conséquence un exode massif des chrétiens, en particulier maronites, hors des frontières libanaises. Aujourd'hui, 80 % des Libanais résidant à l’étranger sont des chrétiens (à 70 % maronites), les 20 % restants sont des musulmans, en majorité chiites.
Notes et références
Annexes
Bibliographie . . .
Jad Hatem, L’Unique Volonté du Christ selon les Maronites médiévaux. Essai sur Thomas de Kfartâb, Beyrouth, Saër al Machrek, 2025
Articles connexes Christianisme au Liban Église maronite Ligue maronite Arméniens du Liban Massacre de Damas Qays le Maronite
Liens externes
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