René Demeurisse, né à Paris le et mort à Paris le Acte de décès (avec date et lieu de naissance) à Paris , n° 4341, vue 7/31., est un peintre, dessinateur, graveur et lithographe français Benezit.

Biographie thumb|left|180px|Académie de la Grande Chaumière, Paris Fils d’un médecin flamand, Germain Jules Demeurisse, et d'Eva Peplowski, comtesse polonaise élevée à l’Hôtel Lambert, à Paris. morte alors que le jeune enfant n’a que neuf ans, René Demeurisse est un artiste français méconnu et représentatif de la tradition artistique indépendante de la première moitié du XXe siècle.

Formé à partir de 1913 - soit, restitue Noël Coret, - à l'Académie de la Grande Chaumière où ses premiers maîtres sont Émile René Ménard et René Prinet, René Demeurisse y fréquente l'atelier de Lucien Simon (il se choisira plus tard un autre maître en la personne d'Edmond Aman-Jean dont il sera un visiteur régulier à Château-Thierry). Il assiste le peintre Albert Besnard pour la réalisation du plafond de la Comédie-Française à ParisClaire Maingon, « Lettres inédites à René Demeurisse (1895-1961), placeur au salon de la Société nationale des beaux-arts en 1921 », Conserveries mémorielles - Revue transdisciplinaire de jeunes chercheurs, n°2, 2007.

René Demeurisse, évoque Claire Maingon, fait partie de cette génération du feu cruellement décimée par la Première Guerre mondiale. Mobilisé dans le 355e régiment d'infanterie, robuste et bon vivant, il survit, durant la bataille de la Marne, à une blessure d’obus à la main droite qui lui laisse un doigt raide. Démobilisé après quatre années de front, il retrouve sa place dans le cénacle parisien dont il était un fidèle. thumb|left|150px|Henri Le Sidaner thumb|150px|François Pompon Revenu à Paris dans son quartier du Montparnasse, il est en 1921, avec Henri Le Sidaner, placeur du millier de toiles dont est constitué le salon de la Société nationale des beaux-arts Claire Maingon, L'âge critique des salons : 1914-1925 - L'École française, la tradition et l'art moderne, Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2014, .. Il fait une rencontre déterminante en la personne du sculpteur animalier François Pompon, bien plus âgé que lui et qui le nommera son exécuteur testamentaire. René Demeurisse l'encourage à exposer son Ours blancParis, musée d'Orsay., son œuvre la plus connue, au Salon d'automne de 1922.

En 1923, dans l’atelier de Pompon, il rencontre Jeanne Blois, jeune femme d’origine laotienne par sa mère, qui étudie la peinture dans l’atelier voisin d’Adrienne Jouclard. De leur mariage naîtront deux enfants, Alain en 1924 et Sylvie en 1930.

René Demeurisse a pu compter sur le soutien de son professeur de l’Académie de la Grande-Chaumière, Lucien Simon, et de ses deux figures tutélaires : le célèbre peintre Albert Besnard, qu’il avait assisté dans la réalisation du plafond de la Comédie-Française livré en 1913, et Edmond Aman-Jean. Ce dernier introduit Demeurisse au jeune membre de la famille impériale du Japon venu apprendre la peinture en France, Higashi Kuni. Il devient un temps son précepteur. Soulagé des soucis d’argent, Demeurisse retrouve naturellement sa place dans les Salons où il avait commencé timidement sa carrière avant la guerre. Il y expose ses scènes de la vie parisienne et des paysages forestiers de l’Aisne où son père, médecin, avait acquis une propriété. Félicité par la critique pour ses envois aux Salons, Demeurisse allait connaître l’un de ses meilleurs succès avec une toile intitulée La Forêt au Salon d’automne de 1925 (Collection particulière). thumb|240px|Forêt de Retz, Aisne En 1930, il expose au Salon d’automne une toile immense (229x396cm) intitulée L’Oubli. Cette œuvre magistrale, conservée depuis la donation familiale de 2008 à l'Historial de la Grande Guerre de Péronne, qui met en scène le squelette d’un soldat mort dans l’humidité de la forêt de RetzArchives départementales de la Somme, L'Oubli, toile de René Demeurisse, 229x396cm]</ref>, est une poétique sublime de la mort. Mais elle touche le point sensible du devoir de mémoire : l’acceptation stoïque de la disparition, et le passage destructeur du temps sur le souvenir. Miroir de l’âme de peintre, cette composition singulière, que n’aurait pas reniée le philosophe Alain, stigmatise la hantise de toute une population versée dans le deuil impossible de la Grande Guerre. Vécue comme une provocation par certains, L’oubli est bien plus le témoignage spirituel d’un homme qui avait souffert et admis le cycle inéluctable de la vie. Elle est certainement l’une des toiles les plus sincères de l’imagerie post-combattante que les années trente nous aient donnée de recevoir en héritageClaire Maingon, « L'oubli de René Demeurisse, artiste de la génération perdue », Interrogations - Revue pluridisciplinaire de sciences humaines et sociales, n°3, décembre 2006.

Sa peinture figurative illustre principalement des thèmes paysagers et des scènes de la vie urbaine, avec une prédilection pour la forêt : René Demeurisse (présentation de Nathalie Sokolowsky-Demeurisse, préface de Jean-Jacques Becker), Peintre dans les tranchées - Croquis et lettres (1914-1918), Imago, 2016.. Il est également un illustrateur et un aquarelliste de talent.

En 1944, le peintre et son épouse ont la douleur de perdre leur fils, Alain, soldat FFI, fusillé par les Nazis dans la forêt de Compiègne, le . Il adopte la fille de celui-ci, Anne, née en 1943 et qu’il élève comme sa propre filleFrédéric Stévenot, « Alain Demeurisse », Le Maitron.

En 1955, il est fait Officier de la Légion d’honneur des mains du chanoine Kir, maire de Dijon. Il devient citoyen d’honneur de la ville de Dijon.

René Demeurisse meurt d'un cancer en 1961 à son domicile, 3 rue Campagne-Première dans le 14e arrondissement de Paris, son troisième domicile connu après le 78, rue de Ville-d'Avray à Sèvres « René Demeurisse », Salon des Tuileries, n°777-779 du catalogue, palais de bois de la Porte Maillot, Paris 1928. et le 10, villa du Mont-Tonnerre à Paris. Il est inhumé au cimetière de Soucy

Anne Demeurisse, sa petite-fille, a effectué une importante donation d'œuvres au musée Paul Dubois-Alfred Boucher (rebaptisé musée Camille-Claudel) de Nogent-sur-Seine.

Contributions bibliophiliques thumb|120px|Stéphane Mallarmé thumb|120px|Virgile thumb|120px|Édouard Herriot Stéphane Mallarmé, Un faune, L'après-midi d'un faune : Claude Debussy, Prélude à l'après-midi d'un faune ; Henry Charpentier, Gloses : 4 volumes sous un seul étui, 72 lithographies originales de René Demeurisse, 220 exemplaires numérotés, éditions Rombaldi, Paris, 1943. Stéphane Mallarmé, Le réveil du faune, illustrations de René Demeurisse, 140 exemplaires numérotés, éditions Rombaldi, Paris, 1944. Francis Carco, Maurice Du Plessys, José-Maria de Heredia, Gérard d'Houville, Pierre Louÿs, Vincent Muselli, Raoul Ponchon, Paul Valéry…, Images et poèmes - Vingt poèmes inédits, 25 lithographies originales de René Demeurisse, 140 exemplaires numérotés, éditions Rombaldi, Paris, 1944. Emmanuel de Thubert, Alain, 2 lithographies originales de René Demeurisse, 99 exemplaires numérotés, éditions Galatea, 1945. Gabriel-Joseph Gros, Le Bouquet de la mariée, 30 lithographies, pointes sèches et eaux-fortes par Albert André, Maurice Asselin, Valdo Barbey, Michel Ciry, Pierre-Eugène Clairin, Jean-Joseph Crotti, Hermine David, René Demeurisse, André Derain, Othon Friesz, Édouard Goerg, Edmond Heuzé, Marie Laurencin, Robert Lotiron, André Marchand, Kostia Terechkovitch, Louis Touchagues, Suzanne Tourte, Louis Valtat…, 630 exemplaires numérotés, éditions Marcel Sautier, 1945. Jean Valon, Larigaudie, routier de légende, illustrations de René Demeurisse, collection « Amitié des héros », Les Presses d'Île-de-France, 1946. Virgile, Les Bucoliques, 100 lithographies de René Demeurisse, 220 exemplaires numérotés, éditions Galatea, Paris, 1946Jonathan Franklin, Feuilles pastorales - Virgile et le livre d'artiste en France, éditions du Musée des beaux-arts du Canada, 1999. Sappho (traduction de Fernand Mazade, avant-propos d'Yves-Gérard Le Dantec), Les Odes de Sapho, lithographies originales de René Demeurisse, 400 exemplaires numérotés, J. et R. Wittmann (imprimerie La Ruche), 1947. Édouard Herriot, Dans la forêt normande, 44 lithographies originales de René Demeurisse, 210 exemplaires numérotés plus quelques exemplaires nominatifs, Georges Biouvet et Cie, Lyon, 1947. Édouard Herriot, La Porte océane, lithographies originales de René Demeurisse sur les presses de Manequin, 180 exemplaires numérotés, Georges Bouvet et Cie, Lyon, 1948. Jean-Louis Max (présentation de Rémy), Mosaïque d'arc-en-ciel, une lithographie et illustration de couverture de René Demeurisse, 2.550 exemplaires dont 50 numérotés, aux dépens de l'auteur, Paris, 1948. Eugène Fromentin, Dominique, 60 gravures à la pointe sèche de René Demeurisse, 240 exemplaires numérotés, aux dépens de l'artiste, 1949. Philippe Chabaneix, Suite magique, 14 poèmes enrichis de 14 gravures à la pointe sèche de René Demeurisse, 99 exemplaires numérotés, aux dépens de l'artiste, 1950. Gustave Flaubert, Un cœur simple, 12 gravures à la pointe sèche de René Demeurisse, 99 exmplaires numérotés, aux dépens de l'artiste, 1950. Roger Michaël, Litanie, 10 gravure à la pointe sèche de René Demeurisse, 165 exemplaires numérotés, aux dépens de l'artiste, 1957. Roger Michaël, Signes, une gravue à la pointe sèche de René Demeurisse, 200 exemplaires numérotés, aux dépens de l'artiste, 1958. Albert Sorel de l'Académie française, Gérard Bauër de l'Académie Goncourt, Roger Michaël, Télécommunications, gravures à la pointe sèche de René Demeurisse, 500 exemplaires numérotés, Arts graphiques, Clamart, pour la Société anonyme de Télécommunications, 1958.

Expositions Expositions personnelles thumb|180px|Musée Alexandre-Dumas, Villers-Cotterets thumb|180px|Musée Camille-Claudel, Nogent-sur-Marne Galerie Devambez, Paris, mars-avril 1925. Galerie Colette Weill, rue de la Boétie, Paris, 1928. Galerie Drouant, Paris, février 1929 (Paysages de la vallée d'Ossau), 1930, 1931. Galerie Carmine, Paris, 1931. Galerie Marcel Bernheim, Paris, 1934 (Paysages anglais du Worcestershire), 1937. Galerie Katia Granoff, Paris, décembre 1947 (Peintures et dessins) Katia Granoff, Histoire d'une galerie, chez l'auteur, 13 quai de Conti, Paris, 1949., novembre-décembre 1963 (Hommage à René Demeurisse). René Demeurisse - Rétrospective, musée Alexandre-Dumas, Villers-Cotterets, 1963. Vente de l'atelier René Demeurisse, Hôtel Drouot (Boisgirard, commissaire-priseur), Paris, 28 novembre 1987. René Demeurisse, un peintre dans les tranchées - Carnet de guerre, 1914-1918, bibliothèque Suzanne-Martinet, Laon, juin 2016Ville de Laon, René Demeurisse, un peintre dans les tranchées - Carnet de guerre, 1914-1918, présentation de l'exposition, 2016. René Demeurisse et la Grande Guerre, musée Camille-Claudel, Nogent-sur-Seine, novembre-décembre 2018Musée Camille Claudel, René Demeurisse et la Grande Guerre, présentation de l'exposition, 2018.

Expositions collectives Salon de la Société nationale des beaux-arts, Paris, 1913, 1918, 1920. Salon d'automne, Paris, participation régulière de 1919 à 1961 Noël Coret, Le Salon d'automne d'Auguste Renoir à David Hamilton - Un siècle d'art moderne, chez l'auteur, 2011., sociétaire en 1922, rétrospectives personnelles en 1982 et en 1982. Quelques œuvres de peinture moderne : Félix Buhot, Paul Charlemagne, René Demeurisse, Amédée de La Patellière, Maurice Georges Poncelet, Georges Sabbagh, Galerie Siot-Decauville, Paris, décembre 1925 Patrick Descamps, Paul Charlemagne - L'œuvre au noir, R.S.V.P. éditions, Bruxelles / Musée du Mont-de-Piété de Bergues, 2022.. Salon des Tuileries, palais de bois de la porte Maillot, Paris, 1928. Salon de l'art français indépendant, Paris, 1929. Salon du Figaro, Paris, 1929, 1930.