L’hôtel de Massa se situe 38, rue du Faubourg-Saint-Jacques à Paris, dans le .

Cet hôtel particulier du se situait à l'origine sur l'avenue des Champs-Élysées. Il a été transféré en 1929 dans un parc détaché des jardins de l'Observatoire. Classé monument historique, il est occupé depuis par la Société des gens de lettres.

Historique De style néoclassique, l'hôtel a été bâti de 1777 à 1779 par l'architecte Jean-Baptiste Le Boursier pour Denis-Philibert Thiroux de Montsauge, écuyer, seigneur de la Bretêche Saint-Nom de Champillot, administrateur général des Postes (au moins depuis 1756) et receveur général des Finances de Paris, qui avait épousé la fille du fermier général Étienne-Michel Bouret.

L'hôtel s'élevait primitivement sur le « chemin » des Champs-Élysées, alors en pleine campagne, à l'angle de l'actuelle rue La Boétie. Cette 'folie a été le théâtre de nombreuses fêtes galantes ; elle abrita notamment les amours du duc de Richelieu.

Son commanditaire, Thiroux de Montsauge, habitait rue Basse-du-Rempart au moment de la construction de l'hôtel et y mourut en 1787 : il n'habita donc jamais la maison, soit qu'il l'ait destinée à la location, soit qu'il n'ait été que le prête-nom d'un puissant commanditaire, derrière lequel certains auteurs ont soupçonné le comte d'Artois par une confusion avec l'hôtel de Langeac tout proche (V. Rue de Berri).

L'hôtel connut dix possesseurs en 1788 : Vendu au duc de Richelieu, Louis Antoine Sophie de Vignerot du Plessis (1736-1791), fils du maréchal de Richelieu, qui l'utilise sans doute comme maison de plaisance. Il fait aménager le jardin où il fait placer les deux esclaves de Michel-Ange L'Esclave mourant et L'Esclave rebelle conservé ensuite au Louvre. Le duc émigre en 1790 et la maison reste déserte, abandonnée. 1793 : saisi comme bien d'émigré et vendu, trois entrepreneurs s'y succèdent. 1802 : racheté par Bonaparte, Premier Consul, pour l'État. 1805 : loué au comte Ferdinando Marescalchi, ambassadeur du royaume d'Italie à Paris. Fastueux, il multiplie les fêtes et sa maison est le rendez-vous de la noblesse d'Empire. En 1809, il y reçoit Napoléon, à la veille de partir pour Wagram. 1815 : Racheté par la comtesse de Durfort, fille de Thiroux de Montsauge. 1825 : Vendu à un entrepreneur de bâtiments, M. Bellet 1827 : Racheté par la comtesse de Juigné, femme d'un maréchal de camp et fille de la comtesse de Durfort 1830 : acheté pour par le comte Charles de Flahaut. La famille de Flahaut y demeure pendant vingt-trois ans. 1853 : vendu pour à André Hélène Roger, baron Roger, banquier d'origine suisse, et son épouse, Leroux, veuve d'Alfred Régnier marquis de Massa petit-fils de Claude Ambroise Régnier, ministre de la Justice de Napoléon . Ses fils, André Philippe Alfred Régnier de Gronau, troisième duc de Massa, né de son premier mariage, et le baron Roger, né de son mariage avec André Hélène Roger, occupent l'hôtel à partir de 1857. En 1870, le duc de Massa, voyant défiler les troupes allemandes sur les Champs-Élysées, ferme ses volets et jure de ne les rouvrir que le jour de la revanche. C'est son neveu qui les rouvre le , avant de les refermer le 15… L'hôtel reste à nouveau inoccupé jusqu'en 1926.

thumb|upright|L'hôtel en 2009, côté droit, servant d'entrée au 38, rue du Faubourg-Saint-Jacques.

Le déplacement En 1927, l'hôtel est menacé de démolition. Il est racheté par deux hommes d'affaires, Théophile Bader qui est le président des Galeries Lafayette et André Lévy qui s'occupe d'opérations immobilières. Ils ne veulent pas occuper l'hôtel, mais construire sur les Champs-Élysées, devenue une avenue à la mode, un complexe magasins-banque-building édifié par André Arfvidson pour la National City Bank of America (Galeries Lafayette Champs-Élysées, au 52-60 avenue des Champs-Élysées). L'hôtel étant classé, il n'est pas question de le démolirVirginie Mouzat, « La conquête de l'Ouest », Vanity Fair n°66, mars 2019, p. 60-61.. Lévy, ami d'Édouard Herriot, ministre de l'Éducation nationale, s'entend avec celui-ci pour organiser et financer le déplacement.

Il est donné à l'État en 1928 à la condition expresse qu'il soit mis à la disposition de la Société des gens de lettres, alors présidée par Édouard Estaunié, qui l'occupe pour 1 franc symbolique. La société avait occupé jusque-là des locaux précaires au 14, Cité de Trévise, jusqu'en 1869, puis l'hôtel du 10, cité Rougemont. L'État lui offre une parcelle du jardin de l'Observatoire de Paris pour y reconstruire, très fidèlement, l'hôtel particulier de la rive droite sur décision d'Édouard HerriotGuide Bleu, Hachette Livre, , alors ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts.

Le bâtiment est transporté pierre par pierre. Le mobilier Art déco commandé à cette occasion à la maîtrise des Galeries Lafayette (Maurice Dufrêne, Léon Jallot, Gabriel Englinger, Jean Besnard…) constitue un ensemble unique de 110 pièces qui a été classé Monument historique par arrêté du . Le site est également inscrit le .

vignette|Le côté gauche et le jardin. L'entrée du bâtiment se fait par le 38 de la rue du Faubourg-Saint-Jacques qui donne sur le côté droit de l'hôtel. La façade principale se trouve le long de la rue ; sur le côté gauche, un jardin contigu au jardin de l'Observatoire. La Société des gens de letttres a rassemblé dans cet hôtel de nombreux souvenirs littéraires (portraits, bustes, autographes) qui évoquent près de 170 ans de littérature.

C'est à l'instigation d'Honoré de Balzac qu'est fondée en 1838 la société, dont il devient le président en 1839André Maurois : Prométhée ou la vie de Balzac. Hachette Livre, 1965.

Accès Ce site est desservi par les stations de métro Saint-Jacques et Denfert Rochereau, et la gare de RER de Port-Royal

Notes et références

Bibliographie Victor Perrot, L'hôtel de Montsauge in Soc. hist. des VIII et XVII arrondissements, 1907 (en ligne)

Articles connexes Liste des hôtels particuliers parisiens

Liens externes

Hôtel de Massa

Catégorie:Monument historique dans le 14e arrondissement de Paris Massa Catégorie:Patrimoine du XVIIIe siècle Catégorie:Édifice construit en 1779 Catégorie:Bâtiment déplacé Catégorie:Société des gens de lettres