Saint-Jean-d'Août (Sent Joan d'Agost en gascon) est un quartier de la commune de Mont-de-Marsan, dans le département français des Landes.

Présentation Le quartier de Saint-Jean-d'Août occupe la partie nord-ouest de la commune, sur la rive droite de la Douze. Son nom vient de l'ancienne paroisse de Saint-Jean-d'Août, ainsi nommée d'après la chapelle qui s'y trouvait, vouée à la décollation de Jean Baptiste (saint Jean), célébrée le dans le catholicisme. Une fête patronale vouée à Jean-Baptiste est célébrée chaque année à cette date dans ce quartier en particulier, en plus des fêtes de la Madeleine, organisées chaque année en juillet partout en ville.

Historique Moyen Âge La paroisse de Saint-Jean-d'Août est citée en 1274 sous le nom de Sanctem Johanem d'Ous dans les Recogniciones feodorum in Aquitania (n°75), mais elle s'est vraisemblablement constituée beaucoup plus tôt. Au , le pouillé de la province d'Auch évoque des revenus « in parrochia Sancti Joannis d'Oust » (dans la paroisse de Saint-Jean-d'Août). Le peuplement s'agglomère principalement autour de la porte de CampetLa place Porte Campet témoigne de nos jours de la situation géographique du peuplement primitif de Saint-Jean-d'Août autour de cette porte de ville, qui donne accès au Bourg-Neuf de Mont-de-Marsan par l'ouest, la chapelle primitive plus à l'écart vers l'ouest ne cristallisant pas quant à elle un habitat groupé autour d'elle.

La paroisse devient la commune de Saint-Jean-d'Août à la Révolution française par application du décret du . Le cimetière du Centre de Mont-de-Marsan y est aménagé à partir de 1794. De nombreuses personnalités de la ville y sont inhumées. La commune perd une partie de son territoire autour de la porte de Campet au profit de Mont-de-Marsan par arrêté du .

La commune de Saint-Jean-d'Août figure sur le cadastre napoléonien de 1811Voir le plan du cadastre napoléonien : .

De 1810 à 1814, les travaux de construction de la rotonde de la Vignotte y sont réalisés, sur ce qui est alors un petit terrain de sable sur la rive droite de la Midouze. Le pharmacien et chimiste Étienne Dive loue ladite rotonde à partir de 1822 pour y installer son laboratoire de distillation de matières résineuses. Une tannerie, située proche de l'actuelle place Raymond-Poincaré en bordure de la Douze, figure sur le cadastre napoléonien de 1811. Le boulevard Ferdinand-de-Candau (nom attribué en 1902) est tracé en 1818. En 1855, des habitants du quartier de la rive opposée se plaignent des odeurs quand soufflent les vents d'ouest. Elle reste en activité jusqu'au début du , avant d'être remplacée, après la Première Guerre mondiale, par la conserverie Leymarie (fondée en 1890 à Hagetmau), qui y reste jusqu'à la fin du .

Le , la commune perd de nouveaux secteurs qui sont absorbés par Mont-de-MarsanVoir la fondation de Mont-de-Marsan, dont le statut de chef-lieu de département impose d'atteindre une taille critique en surface et en nombre d'habitants. Par l'ordonnance royale du , elle fusionne avec la commune limitrophe de Nonères pour donner naissance à la nouvelle commune de Saint-Jean-d'Août-et-Nonères. Le lavoir de la Tannerie (également appelé lavoir de la Fontaine de la Porte Campet), situé en contrebas de la place Raymond-Poincaré, est construit en 1845 au bord de la Douze avec des pierres provenant de la carrière d'Uchacq-et-Parentis. Des travaux de rénovation et d'amélioration sont réalisés en 1868. En 1950, il est recouvert d'une dalle de béton qui lui donne l'aspect qu'il a toujours aujourd'hui.

Saint-Jean-d'Août-et-Nonères fusionne à son tour le avec Mont-de-Marsan, qui absorbe également la commune de Saint-Médard-de-Beausse et une partie de Saint-Pierre-du-Mont. L'église Saint-Jean-d'Août est érigée cette même année, à l'emplacement de la chapelle primitive. En 1869, le pont du Commerce est inauguré. Il relie le quartier de Saint-Jean-d'Août à la place du Commerce (actuelle place Joseph-Pancaut). Il remplace un pont en bois primitif construit en 1832.

Saint-Jean-d'Août est traditionnellement peuplé d'artisans, de marins, de bateliers et de bouviers travaillant au port de Mont-de-Marsan. Au cours des , il devient le principal secteur industriel de la ville et accueille à ce titre une importante concentration de main d'œuvre polonaise, ce qui lui vaut un temps le surnom de « La Pologne »Voir Stéphane Strowski. Une stèle en mémoire des Polonais morts en exil dans les Landes entre 1831 et 1913 est érigée au cimetière du Centre. Les principales industries implantées sur site concernaient la transformation de la résine et du bois de pin des Landes, des conserveries, tanneries, tuileries, sablières, etc.

En 1860, le marquis de Cornulier achète les terrains qui dépendent de la rotonde de la Vignotte et y implante une scierie, des moulins à huile de lin et de colza, un haut-fourneau et une forgehttp://reseaudescommunes.fr Benquet et son histoire, Yves Pabon, bulletin municipal, créant ainsi une petite zone d'activité.

Jean Ménaut et Joseph Daubagna sont condamnés le par la cour d'Assise des Landes pour assassinat et sont guillotinés en public sur la place de la TannerieL'actuelle place Raymond-Poincaré le par les bourreaux Deibler père et fils. L'opération est placée sous la surveillance d'un détachement du 34e régiment d'infanterie stationné à la caserne Bosquet..

Le Syndicat des fêtes de Saint-Jean-d'Août est créé en 1896. Il est chargé de l'organisation de la fête du quartier qui a lieu chaque année entre fin août et début septembre. Le 6 et sont inaugurées les arènes du quartier de Saint-Jean-d'Août, montées temporairement sur la place Raymond-Poincaré, en complément des arènes du Plumaçon.

Le est mis en service le chemin de fer de Luxey à Mont-de-Marsan, exploité par la Société anonyme du chemin de fer d'intérêt local de Luxey à Mont-de-Marsan. Partant de la gare de Mont-de-Marsan, elle dessert les gares de Saint-Jean-d'Août 2 km plus loin, Uchacq-et-Parentis, Cère, Brocas, Labrit et Le Sen. Le trafic voyageurs cessera en 1950 et celui des marchandises en 1959.

En 1907, l'industriel Jean-Gabriel Lapelle-LateulèreJean-Gabriel Lapelle-Lateulère (1833-1896) est le régisseur du marquis de Cornulier. Il administre les usines à la confluence de la Douze et du Midou et modernise les moulins à eau. Son fils Joseph-Gabriel les rachète en 1894 et exploite la minoterie de Mont-de-Marsan, dont l'activité cesse en 1963. achète le terrain où se situait précédemment la scierie Bernos, détruite par un incendie le . En 1912, il y fait construire sa résidence principale, la villa Mirasol. En 1932, la municipalité crée un terrain d'aviation d'une superficie d'environ 100 hectares. Il est inauguré le et baptisé aérodrome Henri Farbos, du nom d'un des fondateurs de l'aéro-club des Landes en 1928. Ce terrain préfigure la Base aérienne 118, créée en 1945, dont la partie ouest est située à Saint-Jean-d'Août.

Le groupe scolaire de Saint-Jean-d'Août est construit en 1936. Au début de l'Occupation de la ville le , il est réquisitionné, comme d'autres établissements scolaires (école normale de Mont-de-Marsan, lycée Victor-Duruy, ancien pensionnat de jeunes filles de la rue Général-Lasserre) et sert de cantonnement aux soldats allemands. Les derniers d'entre eux quittent les lieux dans la nuit du , au moment de la libération de Mont-de-MarsanItinéraires de mémoire des deux guerres mondiales à Mont-de-Marsan, Saint-Pierre-du-Mont et alentours, réalisé par l'ONACVG, AAL-ALDRES, Conseil départemental des Landes, Ville de Mont-de-Marsan, 2017, consulté le 8 février 2024.

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Entre 2000 et 2019 est aménagée la mosquée Errahma dans le quartier du Peyrouat. Le palais de justice de Mont-de-Marsan déménage à Saint-Jean-d'Août en 2021. L'ancien palais de justice, devenu trop vétuste, se situait depuis 1811 à l'angle de la rue Victor Hugo et de la rue de .

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire Cimetière du Centre de Mont-de-Marsan, aménagé à partir de 1794 ; Rotonde de la Vignotte (1812) ; partie ouest de l'hippodrome des Grands Pins, inauguré en 1850 ; Église Saint-Jean-d'Août, bâtie en 1866, année du rattachement à Mont-de-Marsan ; Villa Mirasol (1912), au 2 boulevard Ferdinand-de-Candau ; partie ouest de la Base aérienne 118 (1945) ; Mosquée Errahma (2000) ; Palais de justice de Mont-de-Marsan (2021)

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Anciennes communes des Landes Histoire des Landes

Catégorie:Quartier de Mont-de-Marsan Catégorie:Ancienne commune dans les Landes Catégorie:Commune disparue au xixe siècle Catégorie:Mont-de-Marsan au XIXe siècle