Le de tirailleurs marocains () était un régiment d'infanterie appartenant à l'Armée d'Afrique qui dépendait de l'Armée de terre française.

Régiment en activité entre 1915 et 1965, il se distingue particulièrement lors de la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle il est cité cinq fois à l'ordre de l'armée et reçoit la fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille militaire, puis lors de la Seconde Guerre mondiale, tout d'abord lors de la campagne d'Italie au sein du corps expéditionnaire français du général Juin puis lors de la campagne de France; il est à nouveau cité deux fois à l'ordre de l'armée.

En 1949 son drapeau est décoré de la Légion d'honneur.

Création et différentes dénominations

1912 : création de troupes auxiliaires marocaines : les cinq bataillons des troupes auxiliaires marocaines sont regroupées dans la brigade de chasseurs indigènes à deux régiments : la brigade décimée est dissoute et avec les survivants un Régiment de marche de chasseurs indigènes est formé : devient le Régiment de marche de tirailleurs marocains (RMTM) par décision du : devient le de marche de tirailleurs marocains lorsqu'un deuxième régiment est créé. : devient le de tirailleurs marocains : devient le de tirailleurs marocains 1965 : dissolution

Historique des garnisons, combats et bataille

Première Guerre mondiale

vignette|gauche|Mitrailleurs du régiment, en septembre 1915. Affectations

1914 Les cinq bataillons marocains, regroupés dans les et régiments de chasseurs indigènes, arrivent en France mi-. Ils participent à la bataille de l'Ourcq du 5 au et à la bataille de l'Aisne du au . Initialement peu habitués aux opérations de la guerre européenne, les Marocains s'adaptent rapidement mais leurs rangs sont décimés.

La brigade est dissoute le , les formant le régiment de marche de chasseurs indigènes, sous les ordres du lieutenant-colonel Poeymirau.

1915 Le , ce régiment devient le régiment de marche de tirailleurs marocains (RMTM) par décision du . Au fur et à mesure de la guerre, des bataillons sont recréés au Maroc et viennent renforcer le régiment de marche.

Rattaché à la brigade mixte Klein, le RMTM est engagée dans la bataille de Crouy (8 au ).

Le , il intègre la de la division d'infanterie de nouvelle formation.

13 au 19/3/1915 : de Champagne 29 au 30/4/1915 : de la Woëvre 25/5 au 1/6/1915 puis 11 au 18/6/1915 : d'Artois 1 au 6/10/1915 : de Champagne 1916 5 au 21/5/1916 : Bataille de Verdun , il est affecté à la du général Pellé au sein de la du Maroc 1917 16 au 18/4/1917 : de l'Aisne

vignette|gauche|L'attaque du de tirailleurs marocains, le 28 juin 1918, à , dessinée par Paul Renouard. 1918 28 au 29/6/1918 : Attaque du plateau de Cutry 18 au 22/7/1918 : Bataille du Soissonnais et de l'Ourcq 8 au 10/8/1918 : Bataille de Montdidier 30/9 au 2/10/1918 : Bataille de Saint-Thierry 19 au 30/10/1918 : Bataille de la Serre

Entre-deux-guerres vignette|Le général espagnol Francisco Gómez-Jordana Sousa salue le drapeau du lors d'une visite à Casablanca en . Formé en des , et bataillons, le de marche de tirailleurs marocains revient au Maroc d'avril à . En , il est renommé de tirailleurs marocains.

Envoyé à l'Armée du Rhin en , le revient au Maroc en à cause des défaites coloniales face aux Rifains.

Il est renuméroté en .

Seconde Guerre mondiale 1939-1940 En 1939, le régiment est en garnison à Meknès et Port-Lyautey, sauf son bataillon à Damas en Syrie. Le participe à la Bataille de Gembloux le puis à la défense de Lille fin au sein de la marocaine.

Le est reconstitué à deux bataillons dans la légère d'infanterie nord-africaine, à partir des unités marocaines détruites en .

1940-1942 Le régiment est conservé au Maroc dans l'Armée d'Armistice, en garnison à Port-Lyautey et Souk El Arbaa. Après avoir combattu pendant la campagne de Syrie, le rejoint Port-Lyautey en 1941.

Il combat face aux Américains pendant l'opération Torch.

1943-1945 vignette|Deux soldats du (à gauche) échangeant avec des soldats américains à Rouffach le lors de la bataille de la poche de Colmar. En 1943, après les réarmement de l'Armée française en Afrique du Nord, il participe à la libération de la Corse.

En 1944, il remplace au sein de la marocaine de montagne du corps expéditionnaire français commandé par le général Juin le dissous après la campagne d'Italie. En , il débarque en Provence et participe à la libération du sud-est de la France puis à la campagne d'Allemagne.

L'après Seconde Guerre mondiale

Après plusieurs mois de séjour dans la région de Lyon – Saint-Étienne, Bourg et Roanne, il arrive en sur la Côte d'Azur où son gros tient garnison à Menton, Villefranche, Nice, Antibes, Grasse et Darboussières (Fréjus), pendant que le Bataillon s'installe dans les Alpes, à Digne et à Barcelonnette.

Et la tradition se maintenant, des unités du Régiment vont combattre partout où il faut maintenir le Drapeau. C'est ainsi qu'une Compagnie de marche (Lieutenant Laurier) s'intègre, en , à un Bataillon du RTM, envoyé en renfort en Indochine. C'est ainsi également que le Bataillon de marche du régiment part en juillet pour Madagascar avec la de marche algéro-marocaine.

Ces prélèvements massifs ayant fortement diminué ses effectifs, le R.T.M. rentre au Maroc, à Port-Lyautey, en , où il retrouve ses tombes, ses souvenirs, ses anciens casernements, se réorganise et se reconstitue pour être prêt à remplir dignement les missions qui peuvent à nouveau lui incomber. En 1948, la du (qui deviendra CCAB2 puis CCB2 en 1950) est en garnison à Souk El Arbaa au Maroc (commandement : capitaine Jean Libraire). Fin , elle fait mouvement vers Chalon-sur-Saône via Oran et Toulon avec pour ordre de faire remplacer les grévistes par des tirailleurs lors des grandes grèves de mineurs de 1948. En 1950, son bataillon migre à Midelt. En 1952, il est en garnison à Meknès.

Chefs de corps

Première Guerre mondiale

Régiment de marche de chasseurs indigènes à partir du : Lieutenant-colonel Poeymirau Régiment de marche de tirailleurs marocains (RMTM) Jusqu’au : Lieutenant-colonel Poeymirau (blessé) Du au : Lieutenant-colonel Auroux au : Lieutenant-colonel Maurice À partir du : Lieutenant-colonel Cimetière

Seconde Guerre mondiale et après

1940 : colonel Rouyer : lieutenant-colonel Bocat

: commandant Flamant

: Colonel de Butler : Lieutenant Colonel Brissaud-Desmaillet : Colonel Deleuze : colonel Méric : Colonel Brissaud-Desmaillet 1946 : colonel Spillmann 1952-1954 : Colonel Marcel Roulet

Traditions Insigne du de Tirailleurs Marocains vignette|Insigne de la fin des années 1940. Description [ Modèle d'insigne] :

Son blason est le Sceau de Salomon à cinq branches (étoile chérifienne), inscrit dans un croissant, sur lequel figure au premier plan l'Hirondelle de la Mort, porteuse dans son bec de deux tibias, destinée à rappeler le surnom donné par les Allemands aux tirailleurs marocains, au cours de la guerre 1914-1918. Au second plan figure une évocation de la ville sainte de Moulay Idriss, située dans le massif du Zerhoun, près de Meknès. Le texte en arabe gravé sur le croissant : « Min Moulay Idriss jinna wa rabbi arfoualina », ce qui signifie « De Moulay Idriss nous venons et le Seigneur nous a (re)connus ».

Voir les insignes du R.T.M.

Devise du de Tirailleurs Marocains

Le Premier Partout "Nous sommes venus de Moulay Idriss", "Ô Dieu pardonne nous" ou "Que Dieu efface nos pêchés".

Drapeau du régiment Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes Décision /SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, , 9 novembre 2007 : Maroc 1912–1928–1932-1934 La Marne 1914 Artois 1915 Champagne 1915 L'Aisne 1917 Soissonnais 1918 Montdidier 1918 Gembloux 1940 Rome 1944 Toscane 1944 Alsace 1944-1945 Aasen 1945 Indochine 1947-1954 400px

Décorations Sa cravate est décorée:

Légion d'honneur (11/05/1949) au titre de la Seconde Guerre mondiale Croix de guerre 1914-1918, avec cinq palmes et une étoile d'argent Croix de guerre 1939-1945, avec deux palmes Croix de guerre belge 1940-1945 avec 1 palme Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs avec 1 palme Mérite militaire chérifien Fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille militaire avec une olive aux couleurs du ruban de la Croix de guerre 1914-1918 (au-dessus du ferret) puis une olive aux couleurs du ruban de la Croix de guerre 1939-1945 (elle est superposée à l'autre).

Citations

Personnalités ayant servi au

Henri Poeymirau (1869-1924), futur général de division, premier colonel du RMTM,

François Maurice Auroux (?-?), responsable de l’exécution de Lucien Bersot en 1915, nommé ensuite lieutenant-colonel du RMTM, Léopold Justinard (1878-1959), futur Colonel, surnommé le "capitaine chleuh" par les soldats marocains qu'il commande durant la Première Guerre mondiale (1915). Alphonse Juin (1888-1967), futur Maréchal, est un de ses capitaines durant la Première Guerre mondiale, Jean Jacques de Butler (1893-1984), futur général, colonel pendant la Seconde Guerre mondiale, chef de corps du , Pierre Boyer de Latour du Moulin (1896-1976), futur général pendant la guerre d'Indochine et l'indépendance de la Tunisie, Rémond Monclar (1894-1972), Compagnon de la Libération, André Maux (1886-1915), poète et médecin-major du bataillon du régiment, tué à Aix-Noulette le . Son nom est inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts au combat pendant la Première Guerre mondiale. Georges Spillmann (1899-1980), futur général, chef de corps en 1946, Édouard Méric (1901-1973), Compagnon de la Libération, chef de corps en 1945, Fernand Gambiez (1903-1989), futur général, au régiment en 1939, Jacques-Philippe Dehollain (1913-2008), futur général, lieutenant puis capitaine pendant la Seconde Guerre mondiale. Le général Jacques-Philippe Dehollain était Président d’honneur de l’Amicale des anciens du de tirailleurs marocains, Robert Le Forestier-Clément (1913-2013, officier de la légion d'honneur) libère, avec sa compagnie, Westhalten et Soultz. Claude Monod (1917-1945), colonel FFI et tué alors qu'il était au . Jean-Pierre Sartin (1917-1993), Compagnon de la Libération. Allal Ould M'Hamed Ben Semers (1920-1944), tué le à Briançon pendant la deuxième bataille des Alpes, fait partie des 17 morts pour la France inhumés au mémorial de la France combattante au mont ValérienMont Valérien, Les dix-sept morts pour la France..

Sources et bibliographie Anthony Clayton, Histoire de l'Armée française en Afrique 1830-1962, Albin Michel, 1994 Robert Huré, L'Armée d'Afrique: 1830-1962, Charles-Lavauzelle, 1977 Rapport du Colonel de Butler Rapport de Combat Capitaine Le Forestier

Notes et références

Voir aussi Liens externes Historique du de Tirailleurs Marocains 1914-18, par Alphonse Juin Historique du de Tirailleurs Marocains 1939-45 Tirailleurs Marocains.

Articles connexes Régiment d'infanterie français

Tirailleurs marocains 01 Tirailleurs marocains 01 Catégorie:Unité militaire décorée de la croix de guerre 1914-1918 Catégorie:Unité militaire décorée de la croix de guerre 1939-1945 Catégorie:Unité militaire décorée de la croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs Catégorie:Guerre d'Indochine Catégorie:Unité d'infanterie française dissoute Régiment, 01