Le Régiment de Tirailleurs Marocains ou ( R.T.M.) est un régiment d'infanterie français, de l'Armée d'Afrique.

En activité entre 1920 et 1964, le R.T.M. se distingue durant la Seconde Guerre mondiale tout d'abord lors de la bataille de France en mai-, puis lors de la campagne d'Italie en 1944 (bataille du Monte Cassino) au sein du corps expéditionnaire français du général Juin et enfin lors des campagnes de France (libération de Belfort et poche de Colmar) et d'Allemagne de 1944 à 1945 ; il est cité trois fois à l'ordre de l'Armée au cours du conflit.

Création et différentes dénominations Le Régiment de Tirailleurs Marocains existait au début de la guerre 1914/18, il a participé à la bataille de Vimy dont il a pris le mont, mais faute de renfort fut décimé par l'armée allemande. Il a fallu attendre 1917, que les canadiens après d'âpres batailles et beaucoup de tués et de blessés reprennent Vimy. Un monument dédié au RTM exposé à l'entrée du mont Vimy retrace son épopée. de tirailleurs marocains, créé le . renumérotation de tirailleurs marocains le par décision ministérielle du . Dissous en 1964, conversion d'infanterie motorisée.

Chefs de corps Entre-deux-guerres Lieutenant-colonel Gansily, de à Colonel Georges, de à Colonel Duffour, de à Colonel Dulac, d' à Colonel Dumesnil, d' à Colonel Beuajean, de à Colonel Groener, de à Colonel Bernard, de à Colonel Mellier, de à Seconde Guerre mondiale Colonel Beucler, de à Lieutenant-colonel Lesénéchal, de à Colonel Bacque, de à Colonel Schmidt, de à Colonel Laparra, d' à Colonel Bridot, d' à Lieutenant-colonel Clair, de à Louis Emile André Clair (1901-1965), né à Annecy le 6 mars 1901, officier dans les tirailleurs marocains. Il participe à la campagne d'Italie en 1944, puis à la Libération de la France en 1944-1945 et enfin, comme colonel du 4e RTM de février 1945 à novembre 1946, à la campagne d'Allemagne. Il est élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur en 1959. Il meurt à Angers le 22 juin 1965. Source : Registre matricule de Louis Emile André Clair, côte 1 R 860-1921, archives de Haute-Savoie

Guerre d'Indochine Colonel Jay, de à Colonel Guigard, de à Colonel Berthelot, de à Colonel Chrétiennot, de à Forces Françaises en Allemagne Colonel Turnier, d' à Colonel de la Brosse, de à Colonel Amarre, d' à Colonel Bicaise, d' à Colonel Barthélémy, d' à .

Historique du de tirailleurs marocains Le R.T.M. est formé en 1920, mais ses trois bataillons avaient servi pendant la Première Guerre mondiale. Levé à Sidi Ali le , le Bataillon de Tirailleurs Marocains avait combattu, au sein du R.M.T.M., à Verdun, en 1916 et 1917, ainsi que sur l'Aisne en 1918. Les et Bataillons de Tirailleurs Marocains, levés le , étaient en France, de à .

Le R.T.M. a été créé le par changement de numéro.

Le , le R.T.M. perd son , muté au R.T.M. et reçoit à la place le de ce régiment.

Pacification du Maroc 1921-1932 vignette|Tunique de grande tenue de commandant du , de 1930-1931. De 1929 à 1932, d'avril à octobre, le R.T.M. participe aux opérations de pacification du Maroc, la guerre du Rif.

De 1921 à 1934, 109 officiers, sous-officiers et tirailleurs ont été tués.

Seconde Guerre mondiale À la mobilisation de 1939, le R.T.M. débarqué à Marseille est dirigé vers Bourges, où il reçoit matériel et armementJean Verhaeghe, L'histoire d'un régiment de Tirailleurs Marocains, le RTM.

Campagne de France 1940 En , le R.T.M. prend position sur la Sarre, au sud-est de Forbach. Le , l'ennemi déclenche son offensive. Les Allemands, plusieurs fois repoussés, réussissent leur percée vers la Champagne. Le , le R.T.M. assure, en deuxième position, la défense du canal de l'Aisne à la Marne. Le dans la région de Reims, le R.T.M., pris sous une attaque aérienne, subit de lourdes pertes. Les 15 et , 80 sous-officiers et tirailleurs sont tués.

À la fin de la campagne de France, le R.T.M. n'existe plus en tant qu'unité combattante.

Pour sa conduite héroïque le régiment est cité à l'Ordre de l'Armée.

Le R.T.M. est dissous au camp de La Courtine, son dépôt de guerre continuant de fonctionner à Taza.

Afrique du Nord 1940-1943 Le R.T.M. est reconstitué, le . L'armée américaine débarque en Afrique du Nord, le .

Campagne d'Italie (21 novembre 1943 - 22 août 1944)

Le R.T.M. est intégré à la d'infanterie marocaine du général Dody qui fait partie du corps expéditionnaire français en Italie.

Le R.T.M. part de Bizerte, le . Le convoi transportant les premiers éléments (colonel Laparra, et détachement autos des et ) arrive le 21 à 11 heures à Bagnoli. La deuxième partie du régiment débarque le , les derniers éléments du régiment rejoignent l'ensemble trois jours après. Le , la montée en ligne commence.

Le , premiers engagements, sur les monts de Castelnuovo. Le , l'ennemi déclenche un coup de main sur le front de la commandée par le capitaine Petit, il est arrêté et refoulé par une contre-attaque des tirailleurs. La bataille du mont Castelnuovo occasionne des pertes importantes au R.T.M. (25 tués, 34 blessés et 9 disparus).

Du au , une attaque en liaison avec le R.T.A. est effectuée afin d'enlever les pentes nord du massif de Monna Casale.

À partir du mois de mars, le R.T.M. est mis au repos, répit bien mérité avant les grandes batailles qui se dessinent à l'horizon.

La bataille du Garigliano, sous les ordres du général Juin, dont voici l'ordre du jour : "Une grande bataille dont le sort peut hâter la victoire définitive et la libération de notre patrie s'engage aujourd'hui. La lutte sera générale, implacable et poursuivie avec la dernière énergie. Appelés à l'honneur d'y porter nos couleurs, vous vaincrez, comme vous avez déjà vaincu, en pensant à la France martyre qui vous attend et vous regarde". Au soir du , tous les objectifs du régiment sont atteints, la région de Cantalupo est sous contrôle des forces alliés, le R.T.M. a atteint le mont Monte San Paolino. Les combats ont été très durs, les corps à corps nombreux et les pertes sévères.

Le , la D.I.M. défile dans Rome avec une délégation du R.T.M. Le drapeau est porté par le lieutenant Montuis. La campagne d'Italie est terminée pour le R.T.M. Elle a fait apparaître l'excellente qualité de l'outil forgé patiemment en Afrique du Nord, la valeur des hommes, Français et Marocains, leur bravoure, leur dévouement, leur camaraderie. Elle a abouti à de magnifiques victoires qui permirent à l'armée française de s'affirmer vis-à-vis des Alliés. Comme l'a écrit le général de Gaulle : "Après Keren, Bir-Hakeim, le Fezzan, la Tunisie, la gloire de nos troupes d'Italie rendait sa chance à la France".

Campagne de France (26 août 1944 - 30 mars 1945)

La nouvelle du débarquement des forces alliées en Provence, le , est immédiatement connue et le R.T.M., attend avec impatience de rejoindre. Le R.T.M. quitte l'Italie, le à 18 heures, neuf mois après y avoir débarqué. Le débarquement du R.T.M. au moyen de L.C.I. qui font la navette entre les Liberty Ships s'effectue dans la baie de Cavalaire et le golfe de Saint-Tropez, au cours de la nuit du 25 et de la matinée du , sans aucune difficulté.

Le , la D.I.M. reçoit du général De Lattre, commandant l'armée (B), l'ordre de faire mouvement vers l'Est. Briançon libérée par les FFI a été reprise par l'ennemi. À partir du , le dispositif d'attaque est progressivement mis en place. Après diverses batailles, le R.T.M. renforcé par des tabors, des FFI, a libéré divers villages à proximité de Briançon. Le , après des combats très meurtriers, le R.T.M. libère la ville de Briançon.

Le régiment remonte du sud-est à l'est de la France, se heurtant à différents détachements ennemis.

Du au , en compagnie d'autres régiments, après de difficiles combats, la ville de Belfort est libérée par le R.T.M. Le au matin, toute la population belfortaine émue et recueillie assiste, place de la République, à l'envoi des couleurs par le général Carpentier, commandant la D.I.M.

Après la libération de plusieurs villes d'Alsace, entre autres Masevaux, Lauw, Oberfeld, Willer et surtout Thann, le du R.T.M. est cité à l'ordre de la .

Campagne d'Allemagne (31 mars - 8 mai 1945)

Composition du 4e RTM Chef de corps : Colonel Bridot et Lieutenant-colonel Clair. Lieutenant-colonel adjoint : lieutenant-colonel Langlet. Chef d’état-major : chef de bataillon ClairEric de Fleurian, 4e RTM sur le site Les tirailleurs d'hier et d'aujourd'hui, [en ligne Bataillons : 1/4e : chef de bataillon Thevenot ; chef de bataillon Cuenoud 2/4e : chef de bataillon Daillier ; chef de bataillon de Widerspach Thor 3/4e : chef de bataillon Latourette ; chef de bataillon Henri Brunel ( à partir du )

Opérations Le , le Rhin est franchi par le du R.T.M. Débute la campagne d'Allemagne que l'on pourrait qualifier de "campagne parmi les plus rapides et les plus brillantes" qui, en moins d'un mois, amène l'armée française des bords du Rhin à Stuttgart, au cœur du Wurtemberg, puis sur les rives du Danube aux portes de l'Autriche.

Le , le général de Gaulle décore le drapeau du R.T.M. de la croix de guerre 1939-1945, le régiment venant de recevoir une citation à l'ordre de l'armée : .

L'ensemble du R.T.M. est finalement regroupé, le , à Taza (Maroc).

Bilan des pertes Les pertes du RTM sont de 182 tués, 52 disparus et 307 blessés entre mai et et de 772 tués, 211 disparus et blessés de à Jean Verhaeghe, L'histoire d'un régiment de Tirailleurs Marocains, le RTM, SHAT, .

Guerre d'Indochine 1947-1954 Le , un détachement quitte Taza (Maroc) pour l'Extrême-Orient. Commandé par le capitaine Henry, il comprend 7 officiers, 250 sous-officiers et hommes de troupe. L'ensemble, sous l'appellation Bataillon de marche du R.T.M., commandé par le chef de bataillon Pothier. Ce premier envoi sera suivi par beaucoup d'autres, pendant toute la phase française de la guerre d'Indochine.

Le , le II/ R.T.M. est à son tour désigné pour l'Indochine, sous les ordres du chef de bataillon Devillers, assisté du capitaine Morel.

Le bataillon Nicolas du de tirailleurs marocains (I/ R.T.M.) participe à la Bataille de Điện Biên Phủ, assisté du capitaine Louis Fassi..

Cadres et troupes, en grande partie volontaires, étaient dans leur quasi-totalité des anciens du CEF d'Italie, de la ou des FFI.

Des dix-sept bataillons de marche mis sur pied par les sept régiments de tirailleurs marocains pour rejoindre le corps expéditionnaire français en Extrême-Orient, quatre ont été constitués par des éléments du R.T.M.

Le bataillon de marche est cité 3 fois à l'ordre de l'armée au cours du conflit.

Forces Françaises en Allemagne Jusqu'en 1964, le R.T.M. tient garnison à Donaueschingen (RFA), avec, de 1956 à 1962, un bataillon à Reutlingen où s'effectent les classes ainsi que la sélection des E.O.R. Le R.T.M. est dissous par décision ministérielle EMAT/I.O.S en date du . Le procès-verbal de dissolution a été transcrit le par l'intendant militaire André Druoton.

Faits d'armes faisant particulièrement honneur au régiment Quand l'armée française franchit le Rhin, le , le R.T.M. est en pointe. C'est un groupe du R.T.M. que porte la toute première embarcation, à 6 h 30, hauteur de Germersheim, celui du sergent-chef Dubin, accompagné des tirailleurs Fluixa, Maigrot, Mozziconacci, Tizioli, Troupel, et de quelques autres.

Traditions Drapeau Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes Décision /SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, , 9 novembre 2007 : Maroc 1925-1934 Abruzzes 1944 Garigliano 1944 Belfort 1944 Germersheim 1945 Indochine 1947-1954 right|thumb|Fourragère aux couleurs du ruban de la croix de guerre 1914-1918 avec olive aux couleurs du ruban de la croix de guerre 1939-1945 400px

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