I… comme Icare est un film français réalisé par Henri Verneuil, sorti en .
La particularité du film réside dans le fait que l'histoire se déroule dans un pays occidental fictif et s'inspire fortement de l'assassinat de John Kennedy.
Synopsis
Marc Jary est le président en exercice d'un pays occidental fictif. Il vient d'être triomphalement réélu. Il doit se rendre au bâtiment des Congrès de la capitale afin d'y prêter serment pour entamer son second mandat.
Le temps est splendide. Il est décidé pour le trajet de permettre une parade en véhicule décapotable avec le Président seul à bord. Le peuple est en liesse et s'amasse en grand nombre sur le parcours. Un groupe exalté de partisans fait soudain barrage devant la voiture. Marc Jary a remarqué la présence toute proche des caméras de la télévision nationale et il apprécie ce bain de foule à sa gloire. La berline noire reste immobile sur son ordre.
Un homme blond qui est au sommet d'une tour de bureau observe le cortège devant lui. Il est porteur d'un fusil à lunette trouvé et déballé dans les lieux. Le positionnement de la décapotable au loin donne à l'individu une ligne de mire idéale, plongeante et sans obstacles. Il actionne la détente trois fois. L'arme ne fonctionne pourtant pas. Le blond très surpris se prend la tête entre ses mains.
Le président toujours debout dans sa décapotable se retrouve soudainement abattu par quelqu'un devant le public ébahi. Trois coups de feu tirés en rafale lui ont fauché la vie. C'est vite la panique générale et la foule crie et court en tous sens.
Un témoin signale expressément à un policier qu'il a vu un homme armé au sommet du bâtiment de bureau. De nombreux agents débarquent en nombre au rez-de-chaussée. L'homme blond a entre-temps été assassiné dans une cabine d'ascenseur alors qu'il cherchait à s'enfuir par là. Il est découvert par les policiers alors que l'appareil arrive directement du dernier étage. l'individu est mort d'une balle dans la tête. Une arme de poing encore fumante est près de son corps, jetée par son assassin.
Une commission d'enquête travaille pendant un an pour élucider les circonstances de l'attentat. Elle est dirigée par le président de la Haute Cour de justice, Frédéric Heiniger. Le rapport final de cette commission est sans appel. Il est conclu que le président Jary a été assassiné par Karl-Éric Daslow, vingt ans, l'homme retrouvé dans la cabine. D'après le rapport, il s'agissait d'un névropathe qui avait prémédité son acte en solitaire et se suicida pour éviter de se faire attraper vivant.
Le procureur Henri Volney est membre de la Commission et il refuse net de signer ce document. Le soir même, il est invité à s'expliquer dans une émission diffusée en direct à la télévision. Il fait face aux quatre autres membres de la commission, aux journalistes et au public. Volney parvient, par un coup de bluffIl fait peur à son vis-à-vis en ouvrant une pochette d'où il extrait une feuille dont il ne montre rien et qu'il a gribouillée de dessins enfantins., à faire avouer ceci à Heiniger : le nouveau Président lui a expressément enjoint de conclure à un attentat sans conspiration. Henri Volney émet également des doutes sur toutes les autres conclusions du rapport. Le Procureur reçoit ensuite les pleins pouvoirs judiciaires pour recommencer l'enquête conformément à la charte de la commission.
Le procureur reprend le fil de l'histoire avec l'aide de ses quatre collaborateurs.
Un appel national est lancé pour récupérer des films amateurs pris au jour et au lieu de l'assassinat - le décès du Président ne fut pas filmé par les caméras nationales car les prises électriques qui traînaient au sol furent débranchées par le piétinement de la foule qui s'était approchée du véhicule. Rien ne fut donc capté de cet endroit - Robert Sanio est un vidéaste amateur qui sait que sa vidéo est si intéressante qu'il en profite pour la vendre une fortune. C'est une copie de l'originale qu'il a vendue dès après l'attentat à une société qui ne l'a jamais diffusée. Par le hasard des choses, cet homme se trouvait avec une dizaine de personnes sur le rebord d'une esplanade qui surplombait la route du défilé d'une hauteur de trois ou quatre mètres. Le vidéaste filmait le cortège, toujours immobile, qui s’apprêtait à passer devant eux. Puisque l'immeuble utilisé par l'assassin était derrière ce petit groupe, le meurtre fut à la fois filmé proche des faits et de face. De nombreux détails ont été capturés par la caméra pendant la parade et après. En effet, le film continue quelques secondes après la fusillade, ce qui permet de remarquer quelque chose d'essentiel pour l'enquête : juste après les coups de feu, les témoins qui s'accroupissent sont plusieurs à tourner la tête et à pointer la main vers leur droite. La caméra suit leurs regards. On peut remarquer nettement au deuxième étage du bâtiment de bureau un homme de grande taille, raide et en vêtements de qualité. Il tient un puissant fusil. Cette découverte est capitale car la silhouette brune qu'ils pointent du doigt ne peut être Daslow qui n'avait pas cette allure ni ce visage.
Les bureaux du deuxième étage de l'immeuble sont restés vides depuis, les employés sont partis le lendemain même de l'attentat et leur entreprise est une société fantôme : tout pour corroborer une machination.
Volney interroge Nicky Farnèse, celui qui a affirmé avoir vu Daslow. Après vérification en s'aidant de photos diverses prises à cet endroit, il s'avère que Farnèse est un faux témoin pour deux raisons : il est myope et ne portait pas ses lunettes correctrices ; et son point de mire « officiel » était obstrué par un car-régie.
Le Procureur fait réaliser une reconstitution de l'assassinat. Un tireur d'élite reproduit plusieurs fois les tirs depuis le sommet de la tour vers une cible figurant la voiture du président. Les douilles se retrouvent largement éparpillées autour de lui. Une photo faisant foi, cela est inverse « à celles » de Daslow, « retrouvées » à moins d'un mètre de « l'arme alléguée » de l'assassinat. Cette discordance accrédite l'hypothèse d'une mise en scène. Auquel cas, Daslow en est à la fois acteur et victime.
À l'issue des recherches des collaborateurs, il est apprit que sur les neuf témoins de la balustrade (caméraman mis à part), sept se présentèrent spontanément pour déposer devant la commission Heiniger. Le procureur ne le savait même pas : ces témoins furent écartés systématiquement par les sous-commissions avant même de pouvoir lui parler officiellement. Ces témoins sont décédés sur un an de temps dans des circonstances plus que suspectes qui sont égrenées par les enquêteurs et longuement présentées : une pendaison, un empoisonnement, trois accidents de la route et deux victimes d'armes à feu. Un huitième, journaliste, fouillant ardemment cette affaire, a aussi été retrouvé assassiné par balle (prétendument victime d'une organisation armée qui pourtant clame haut et fort n'y avoir été pour rien). Le neuvième est quant à lui « l'inconnu de service ».
Le procureur lance un appel national télévisé pour retrouver le témoin survivant. Un numéro de téléphone accompagne sa photographie. L'inconnu dîne justement et voit l'appel en direct. Il se nomme Frank Bellony. Son épouse le convainc d'appeler le Procureur pour mettre les choses au clair. Il est fort réticent mais accepte. En apprenant le sort funeste de ses autres camarades, Bellony se retrouve contraint à interagir avec l'enquête. Emmené dans le local du Procureur, il va scruter le soir même une longue série de diapositives de suspects. Il n'identifie pas le tireur du deuxième étage, mais il reconnaît un autre homme qui était à quelques mètres de lui sur le trottoir en contrebas. Ce dernier est resté dans sa mémoire car juste avant les coups de feu, il a curieusement ouvert un parapluie alors qu'il faisait un temps splendide. L'homme qu'il met en cause est Carlos De Palma. Cet homme originaire du Honduras est un membre de la pègre déjà condamné. Il a été sorti de prison de façon anticipée pour des raisons franchement fantaisistes qui mettent en lumière qu'il bénéficie de protections haut placées. Prudent, le Procureur fait partir le témoin capital et sa famille dès le soir venu pour des vacances tous frais payés afin de leur éviter un décès précipité.
Du fait de cet appel télévisé, le vrai tireur prend conscience que son anonymat est en danger. Durant la même nuit, il prend contact avec le mafieux en question qui leur arrange un rendez-vous à trois heures du matin dans un restaurant de luxe. Le vrai tireur connaît sa valeur dans l'Organisation : il y a tout de même une dizaine de personnes à avoir été assassinées rien que pour lui éviter d'apparaître sous les feux de la rampe. Le vrai tireur est un bellâtre orgueilleux et fier. Étant certain d'être intouchable, il se permet de sous-entendre à son convive qu'il peut parler à la police s'il se fait retrouver (lui a bien réalisé son contrat alors que De Palma n'a pas réussi à mettre la main sur le dernier témoin de sa présence sur les lieux du crime). Il n'a pas le temps de fanfaronner davantage puisqu'une ombre passe derrière son dos pour l'assassiner sur place.
Une photographie versée au dossier d'instruction où Daslow brandit un fusil s'avère un photomontage, comme le prouve sa date alléguée de mars contradictoire avec la floraison d'hortensias d'été en arrière-plan ; il se trouve aussi une incohérence météorologique.
Daslow avait participé à une expérience sur la soumission à l'autorité un an avant l'attentat. Cette expérience comportementale (similaire à l'expérience de Milgram) avait démontré qu'il acceptait volontairement de « se soumettre aux ordres d'une autorité supérieure qu'[il] estime et qu'[il] respecte »Ce comportement est d'ailleurs le cas de la majorité des participants, jugés sur leur soumission à des ordres contraires au respect humain, à l'empathie..
Le cadavre du vrai tireur a depuis été retrouvé dans sa voiture immergée. Son identité est connue : Luigi Lacosta. Il avait déjà un passé criminel en Italie. dans un livre écrit par la veuve de Daslow, une photo atteste qu'il était ami du faux tireur.
Il est dorénavant compris des enquêteurs que le faux assassin Daslow, le faux témoin Farnèse et le vrai tireur Lacosta coordonnaient leurs actions respectives selon De Palma, l'homme au parapluie.
Ces quatre hommes sont tous liés avec le directeur des activités secrètes des services spéciaux, Richard Mallory car des mouvements bancaires indiquent qu'ils ont été payés par cet homme et c'est le fil qui les relie tous à lui.
Un collaborateur du procureur organise une fouille illégale et secrète de l'appartement de Mallory en l'absence de ce dernier. Les talents d'un cambrioleur professionnel sont mis à l'œuvre en échange pour lui d'une promesse de réduction de peine. Volney se trouve dans les environs et prend sur lui de discuter dans la rue avec Mallory pour retarder son retour à son domicile. Le cambriolage se réalise dans les temps et permet par un heureux hasard de trouver une cassette audio codée.