Le Führerprinzip (« principe du chef ») est le socle juridique et principe essentiel du régime nazi, qui consiste en la soumission aux ordres du Führer, dont les mots et les actes ont valeur de loi. Il est appuyé par une organisation hiérarchique.

Origines Le Führerprinzip est exposé par Adolf Hitler dans le chapitre de Mein Kampf sur « La personnalité et la conception raciste de l’État », avec une insistance sur son caractère militaire et antidémocratiqueAdolf Hitler, Mein Kampf, trad. de l’allemand par Jean Gaudefroy-Demonbynes et A. Calmettes (Mon combat), Nouvelles Éditions latines, Paris, 1934, . Il écrit qu'il est nécessaire pour l’État de , . Hitler rejette ainsi les : il ne peut y avoir qu'un du chef suprême. Ainsi, .

Le Führerprinzip a été étendu au monde de l’économie par la loi du 20 janvier 1934 sur l’organisation du travail national, ainsi qu’à la diplomatie et à la conduite des armées.

Concept Le Führerprinzip a plusieurs versants. Il s'agit, d'abord, d'obéir aveuglément aux ordres du Führer, selon l’adage « Ein Befehl ist ein Befehl » (« Un ordre est un ordre »). Il implique également l’obligation pour l’ensemble du peuple allemand (la deutsche Volksgemeinschaft) d’adhérer sans réserve aux idées du Führer et de collaborer activement à la réalisation des objectifs qu’il a fixés, même en l’absence d’ordres explicites.

Pour reprendre le titre de l’un des chapitres de la biographie de Hitler par Ian Kershaw, il s’agit de travailler en direction du Führer. Hans Frank, juriste nazi, a ainsi pu ériger en doctrine : .

Postérité Utilisation juridique lors des procès Le devoir d'obéissance au principe (ordre des supérieurs) a été utilisé à plusieurs reprises lors des procès de Nuremberg. Hannah Arendt le traite aussi à l'occasion de son ouvrage Eichmann à Jérusalem..

Méthode de mobilisation de masse Le germaniste français Edmond Vermeil y voyait en 1938 une méthode de mobilisation des masses qu’il plaçait dans la filiation de la Psychologie des foules de Gustave Le Bon : « Hitler distingue grossièrement Führer et Masse » et considère que « si l’on veut avoir les masses avec soi […] guidées par des chefs providentiels, elles se laissent nationaliser. »Edmond Vermeil, Doctrinaires de la révolution allemande (1918-1938). W. Rathenau, Keyserling, Th. Mann, O. Spengler, Moeller van den Bruck, le groupe de la « Tat », Hitler, A. Rosenberg, Gunther, Darré, G. Feder, R. Ley, Goebbels, Éditions Fernand Sorlot, Paris, 1938,

La réalité de ce principe dans l’organisation du système a été nuancée par la thèse de la polycratie, notamment avancée par Martin BroszatMartin Broszat, L’État hitlérien, Librairie Arthème Fayard, coll. « L’Espace du politique », Paris, 1986 ( éd. en allemand 1969), 625 p.. D’autres historiens donnent crédit aux propos littéraux de Hitler, dont François-Georges Dreyfus qui écrit qu’« en définitive, c’est le Führer qui donne toutes les impulsions, même s’il laisse agir ses lieutenants, et a finalement le dernier mot. […] Le Führerprinzip tient en peu de mots : “Le chef a toujours raison”. »François-Georges Dreyfus, Le Troisième Reich, Librairie générale française, coll. « Le Livre de poche Références » , Paris, 1999 ,

Notes et références

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