vignette|Parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie. vignette|Forêt mixte québécoise en automne.
Les forêts au Québec recouvrent ² (note: 1 km2 = 100 hectares), soit 54 % de la superficie totale de la province (²). En guise de comparaison, la superficie des forêts québécoises est supérieure à la superficie totale de la France ().
À des fins d'aménagement forestier, les forêts publiques du Québec sont subdivisées en 59 unités d'aménagement totalisant 451 896 km2. Considérant les exclusions (ex : refuges biologiques), la superficie nette de la forêt publique destinée à la production forestière est de ². Une nouvelle limite nordique pour l'aménagement des forêts publiques, située approximativement au parallèle (carte), est entrée en vigueur le .
Les forêts privées occupent une superficie totale de 71 010 km2.
Aménagement des forêts publiques
vignette|Exploitation forestière sur l'île René-Levasseur.
Une nouvelle politique dans l'aménagement des forêts publiques est entrée en vigueur le (Loi sur l'aménagement durable du territoire forestier). Elle remplace la politique qui était en place depuis le et qui était encadrée par la Loi sur les Forêts. Le premier article de la loi se lit ainsi: CHAPITRE I
OBJET, APPLICATION ET AUTRES DISPOSITIONS 1. La présente loi institue un régime forestier visant à: 1° implanter un aménagement durable des forêts, notamment par un aménagement écosystémique;
2° assurer une gestion des ressources et du territoire qui soit intégrée, régionalisée et axée sur la formulation d’objectifs clairs et cohérents, sur l’atteinte de résultats mesurables et sur la responsabilisation des gestionnaires et des utilisateurs du territoire forestier;
3° partager les responsabilités découlant du régime forestier entre l’État, des organismes régionaux, des communautés autochtones et des utilisateurs du territoire forestier;
4° assurer un suivi et un contrôle des interventions effectuées dans les forêts du domaine de l’État;
5° régir la vente du bois et d’autres produits de la forêt sur un marché libre à un prix qui reflète leur valeur marchande ainsi que l’approvisionnement des usines de transformation du bois;
6° encadrer l’aménagement des forêts privées;
7° régir les activités de protection des forêts.Un élément-clé de cette nouvelle politique est la prise en charge par le gouvernement de l'aménagement des forêts, une responsabilité qui avait toujours été dévolue à l'industrie. Dans une optique de donner plus de flexibilité aux aménagistes dans cette nouvelle politique, le gouvernement a publié un Guide sylvicole qui se veut une synthèse des connaissances dans le domaine de la sylviculture au Québec.
Autre élément de changement, si les industriels forestiers conservent certaines garanties d'approvisionnement, 25 % des bois sont mis aux enchères et déterminent la valeur marchandes du 75 % restant. Un Bureau de mise en marché des bois a été créé spécifiquement pour cette tâche. Tant un individu (18 ans et +) qu'une entreprise peuvent participer aux enchères.
Enfin, la création d'une structure (Bureau du Forestier en Chef) à la direction d'un Chef Forestier, a la responsabilité d'effectuer les calculs de possibilité forestières dans un optique de développement durable.
L'aménagement écosystémique est au cœur de la stratégie d'aménagement de cette nouvelle politique et a été défini ainsi dans la Loi: un aménagement qui consiste à assurer le maintien de la biodiversité et la viabilité des écosystèmes en diminuant les écarts entre la forêt aménagée et la forêt naturelle. L'aménagement est aussi encadré par une Stratégie d'aménagement durable des forêts (SADF) rendue publique en et le Règlement sur l'aménagement durable des forêts du domaine de l'État (RADF) entrés en vigueur le .
À la suite des élections du 7 avril 2014 et de l'arrivée d'un nouveau gouvernement, l'aménagement des forêts a été transféré à un nouveau ministère, soit le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. Anciennement, les forêts relevaient du ministère des Ressources naturelles et de la Faune, aujourd'hui devenu le ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles. Le gouvernement québécois, élu le 1er octobre 2018, a conservé l'appellation ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. À la suite des élections du , c'est sous le nom de Ministère des Ressources Naturelles et des Forêts (MRNF) dirigé par Maïté Blanchette-Vézina que revient le mandat d'aménagement des forêts du Québec. L'actuel titulaire est M. Jean-François Simard, député de Montmorency.
Bilan d'aménagement forestier durable 2000-2008
En 2010 le Bureau du forestier en chef a déposé un bilan d'aménagement forestier durable des forêts du Québec pour la période 2000-2008. Ce bilan a été développé autour de 23 critères répartis dans cinq thèmes, soit : Environnement, Économie, Société, Premières Nations et Gouvernance. Le premier thème fut lui-même divisé en quatre sous-thèmes, soit: Biodiversité, État et productivité, Sol et eau et Cycles planétaires. Chacun des critères a été évalué à l'aide d'un système de cotation qualitatif composé de trois éléments, soit : l'état (bon, moyen, insuffisant), la tendance (à la hausse, stable, à la baisse) et l'information (adéquate, partielle, inadéquate).
Extraits du constat général émis par le forestier en chef de l'époque (M. Pierre Levac):
Question: La forêt est-elle en bon état ?
Oui et non. La réponse n'est pas simple car mon analyse repose sur plusieurs éléments à la fois.
En appui à ce constat, le forestier en chef fit état que le rajeunissement de la forêt et son morcellement, la simplification de la structure des peuplements et leur changement en composition, étaient des changements préoccupants, mais pas alarmants pour l'instant.
Question: La forêt se régénère-t-elle ?
Oui. [...] Il n'y a pas de déforestation au Québec, sauf celle engendrée par la construction de chemins et des infrastructures très localisées.
Question: La forêt est-elle surexploitée ?
Non.
Pour appuyer son affirmation le forestier en chef fit état de la réduction de 20 % de la possibilité forestière décrétée par le gouvernement en 2005 et de la baisse de 5,5 % supplémentaires qu'il avait annoncée en 2006.
Question: Le Québec est-il sur la voie de l'aménagement forestier durable ?
Oui... car le gouvernement du Québec avait pris depuis quelques années plusieurs initiatives en ce sens comme l'incorporation dans la Loi sur les forêts des six critères d'aménagement forestier durable du Conseil canadien des ministres des forêts et l'adoption, en 2010, de la Loi sur l'aménagement durable du territoire forestier qui est venue remplacer la Loi sur les forêts.
...et non, car les initiatives gouvernementales ne sont pas soutenues par un système de gestion gouvernemental qui prévoit les ressources, les programmes de suivi et la formation nécessaires à la mise en œuvre de l'aménagement forestier durable.
Possibilité forestière et récolte
thumb|Volume de bois récolté au Québec (1980-2013). Les plus récents résultats () du Bureau du forestier en chef, valables pour la période 2015-2018, font état d'une possibilité forestière totale netteLa valeur nette tient compte, entre autres, des pertes par la carie et représente 6 % de la valeur brute. de /an.. Cela représente une augmentation de 7 % comparativement à l'évaluation précédente (2013-2015), mais une baisse de 27 % par rapport à la période 2000-2008. Près de 70 % (/an) de la possibilité forestière totale nette pour la période 2015-2018 est liée aux essences résineuses.
+ Évolution de la possibilité forestière totale (nette) en forêt publique au Québec entre 2000 et 2018 Périodes Possibilité forestière (m/an) 2000-2008 Résultats provinciaux (2010). 2008-2013 Mise à jour sommaire des possibilités forestières 2008-2013 dans le cadre de la planification des attributions de bois pour l'année 2013-2014 (version du 16 novembre 2011) - . 2013-2015 Mise à jour sommaire des possibilités forestières 2008-2013 dans le cadre de la planification des attributions de bois pour l'année 2013-2014 (version du 16 novembre 2011) - . 2015-2018 Modification des possibilités forestières de la période 2013-2018.
La récolte de bois au Québec a connu des sommets dans les années 1990 pour atteindre un total d'un peu plus de 44 millions de lors de la saison de récolte 1999-2000 (Figure ci-contre). À partir du milieu des années 2000 et, en particulier, la crise de l'immobilier aux États-Unis, la récolte a chuté pour atteindre un creux avec une récolte totale de 21 millions de lors de la saison de récolte 2009-2010. Une légère amélioration est apparue depuis, mais très loin des niveaux de récolte des années 1990. En 2020, l’industrie forestière et ses débouchés représentaient 8 % des exportations du Québec.
Une étude parue en 2020 concluait que seul 1% de la forêt québécoise était exploitée annuellement.
Classification écologique thumb|Zones de végétation et domaines bioclimatiques du Québec.
I. Zone tempérée nordique A. Sous-zone de la forêt décidue 1. 2. 3. B. Sous-zone de la forêt mélangée 4. II. Zone boréale A. Sous-zone de la forêt boréale continue 5. 6. B. Sous-zone de la taïga 7. C. Sous-zone de la toundra forestière 8. III. Zone arctique A. Sous-zone du Bas-Arctique 9. 10.
vignette|Écorégions du Québec :
Afin d'aménager les forêts, le ministère des Ressources naturelles du Québec (MRN) a développé un système hiérarchique de classification écologique du territoire qui comprend neuf niveaux, soitLe système hiérarchique de classification écologique.Zones de végétation et domaines bioclimatiques du Québec.Zones de végétation et domaines bioclimatiques du Québec.(entre parenthèses, le nombre de subdivisions à chaque niveauCadre bioclimatique du Québec, . Manuel de Foresterie. 2009. Sous la direction de messieurs René Doucet et Marc Côté. Éditeurs: Éditions MultiMondes et l'Ordre des Ingénieurs Forestiers du Québec. 1510 pages.) :
Zone de végétation (3) : vaste zone, à l'échelle continentale, caractérisée par la physionomie des formations végétales. Les zones reflètent les grandes subdivisions climatiques québécoises et correspondent aux divisions mondiales de la végétation. Sous-zone de végétation (6) : portion d'une zone de végétation caractérisée par la physionomie de la végétation de fin de succession dominante dans le paysage Domaine bioclimatique (10) : territoire caractérisé par la nature de la végétation de fin de succession exprimant l'équilibre en le climat et la végétation potentielle des sites mésiques (≈ milieu de pente) Sous-domaine bioclimatique (10) : portion d'un domaine bioclimatique qui présente des caractéristiques distinctes de végétation révélant des différences du régime des précipitations Région écologique (58) : territoire caractérisé par la composition et la dynamique de la végétation des sites mésiques, ainsi que par la répartition des types écologiques dans le paysage Sous-région écologique : portion d'une région écologique où la nature de la végétation des sites mésiques présente un caractère soit typique du domaine bioclimatique auquel elle appartient, soit plus méridional ou plus septentrional Paysage régional : portion de territoire caractérisée par une organisation récurrente des principaux facteurs écologiques permanents du milieu et de la végétation District écologique : portion de territoire caractérisée par un pattern propre du relief, de la géologie, de la géomorphologie et de la végétation régionale et étage de végétation : portion de territoire où l'altitude a une influence si marquée sur le climat que la structure et souvent la nature de la végétation sont modifiées. Celle-ci s'apparente alors à celle de régions plus septentrionales Type écologique : portion de territoire, à l'échelle locale, présentant une combinaison permanente de la végétation potentielle et des caractéristiques physiques du milieu