La du Québec est élue lors des élections générales québécoises de 1867 tenue en et . La législature dure jusqu'au au moment de la dissolution de l'Assemblée législative afin de tenir les générales. Cette législature voit la formation du gouvernement Chauveau qui sera reconduit lors de la législature suivante.

Contexte politique La mise en place des institutions provinciales vignette|gauche|Le deuxième hôtel du Parlement de Québec, où siégea la de 1867 à 1871. Le bâtiment sera détruit par un incendie en 1883. L'entrée en vigueur de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique le crée la province de Québec, dotée d'un Parlement bicaméral comprenant une Assemblée législative de 65 députés et un Conseil législatif de 24 membres nommés à vie. Narcisse-Fortunat Belleau est nommé lieutenant-gouverneur. La formation du premier gouvernement est orchestrée par George-Étienne Cartier et Hector-Louis Langevin, qui choisissent Pierre-Joseph-Olivier Chauveau comme premier ministre, un candidat de compromis acceptable tant par les catholiques francophones que par la minorité anglo-protestante. Chauveau cumule les fonctions de premier ministre, secrétaire provincial et, à partir de 1868, ministre de l'Instruction publique. L'appareil administratif provincial est modeste : le service civil ne compte que 92 employés.

Le double mandat et la domination fédérale vignette|George-Étienne Cartier, cumulant le double mandat fédéral et provincial, exerce une influence déterminante sur la scène politique québécoise de la . Le double mandat permet à un élu de siéger simultanément aux parlements provincial et fédéral. En 1867, 19 des 65 députés québécois, dont Cartier, Langevin et Chauveau lui-même, détiennent les deux mandats. Cette pratique subordonne en partie la scène provinciale aux intérêts fédéraux, Wilfrid Laurier dénonçant la législature provinciale comme « un appendice d'Ottawa ». La question de l'abolition du double mandat, portée par le libéral Félix-Gabriel Marchand, est débattue dès 1868 mais ne sera résolue qu'à la législature suivante.

L'éducation et la question confessionnelle vignette|gauche|Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, premier ministre du Québec et premier ministre de l'Instruction publique, en 1862. Chauveau crée le ministère de l'Instruction publique en 1868, le premier du genre au Canada, afin de maintenir la prédominance de l'État en matière scolaire. En 1869, il fait adopter l'« Acte pour amender les lois concernant l'Éducation en cette Province » (32 Vict., ch. 16), qui divise le Conseil de l'instruction publique en deux comités confessionnels — catholique et protestant — avec une répartition proportionnelle du financement et une autonomie administrative pour chaque groupe religieux. Cette réforme répond aux demandes de la minorité protestante qui réclame une « reconnaissance » et une « autonomie administrative », mais elle mécontente une partie des députés francophones qui la jugent excessive.

Les chemins de fer et les finances provinciales vignette|Joseph-Édouard Cauchon, député de Montmorency, exerce de fortes pressions pour obtenir des concessions ferroviaires de grande ampleur. La question des chemins de fer domine les débats législatifs. Chauveau adopte un cadre de subventions offrant l'équivalent de 3 % des coûts de construction sur 20 ans. Cependant, les pressions politiques, notamment celles de Joseph-Édouard Cauchon, conduisent à des concessions considérables : en , de terres de la Couronne sont accordées pour le chemin de fer de la Rive-Nord. La législature est également marquée par le règlement de la dette de l'ancien Canada-Uni : en , un arbitrage fixe la part du Québec à , un montant que l'Assemblée conteste par des résolutions en .

L'opposition libérale vignette|gauche|Henri-Gustave Joly de Lotbinière, chef de l'opposition libérale durant la . Face à la majorité conservatrice de 51 députés contre 12 libéraux, le chef de l'opposition Henri-Gustave Joly de Lotbinière peine à exercer une influence parlementaire significative. Le Parti libéral du Québec souffre de l'hostilité du clergé catholique, qui l'associe au libéralisme européen anticlérical et à la séparation de l'Église et de l'État.

Lois marquantes vignette|Le Château Haldimand abritant l'École normale Laval, photographié par Jules-Ernest Livernois avant 1890. Les écoles normales relèvent du nouveau ministère de l'Instruction publique créé en 1868. 1868 : Loi créant le ministère de l'Instruction publique, le premier du genre au Canada, avec Chauveau comme ministre. Cette loi introduit le principe de la confessionnalité dans le système scolaire 1869 : Acte pour amender les lois concernant l'Éducation en cette Province (32 Vict., ch. 16), divisant le Conseil de l'instruction publique en deux comités confessionnels — catholique et protestant — et établissant une répartition proportionnelle du financement scolaire 1869 : Acte concernant les enquêtes sur les affaires publiques (32 Vict.), première loi permettant aux commissions parlementaires d'enquêter sur les affaires publiques 1870 : Loi créant Police provinciale du Québec, ancêtre de la Sûreté du Québec

Sessions On compte quatre sessions à l'intérieur de la : : au : au : au : au

Discours du budget Quatre discours : 14 février 1868 8 mars 1869 14 décembre 1869 29 novembre 1870

Statistiques et faits saillants Députés siégeant au dernier parlement du Canada-Uni : 15 (incluant Jean-Charles Chapais élu dans une élection partielle dans Champlain). Autres députés avec expérience parlementaire : 7 Députés également élus au parlement fédéral en vertu d'un double mandat : 19 Députés qui ne terminèrent pas leur mandat : 6 (2 décès, 3 démissions et une nomination au Conseil législatif). Députés qui firent partie du Cabinet : 5 (plusieurs ministres provenaient du Conseil législatif). Plus jeune député : Joseph-Adolphe Chapleau, 26 ans Plus vieux député : William Cantwell, 63 ans Âge moyen : 42 ans. Le nombre de séances (en jours) pour les quatre sessions : 163 jours. L'orateur de l'Assemblée législative pendant toute la législature est : Joseph-Godric Blanchet, député de Lévis. L'orateur du Conseil législatif pendant la législature est : Charles-Eugène Boucher de Boucherville. Le greffier de l'Assemblée législative est : George Muir.

Conseil exécutif

Cabinet Chauveau (1867-1871) Le premier cabinet du Québec est composé du premier ministre Chauveau et de six autres ministres. Chauveau et quatre ministres sont membres de l'Assemblée législative, tandis que deux siègent au Conseil législatif. Chauveau cumule plusieurs ministères en plus d'être premier ministre.

Premier ministre et président du Conseil exécutif : Pierre-Joseph-Olivier Chauveau Agriculture et travaux publics : Louis ArchambeaultSiège au Conseil législatif. Procureur général : Gédéon Ouimet Terres de la Couronne : Joseph-Octave Beaubien Instruction publique : Pierre-Joseph-Olivier Chauveau Secrétaire et registraire : Pierre-Joseph-Olivier Chauveau Solliciteur général : George Irvine Orateur du Conseil législatif : Charles-Eugène Boucher de Boucherville Trésorier : Christopher Dunkin (1867-1869), Joseph Gibb Robertson (1869-1871)

Sièges par parti politique

Après l'élection de 1867

Affiliation Députés 51 12 1  VacantL'élection dans Kamouraska a été reportée à 1869 en raison d'émeutes. 1 Total 65 Majorité gouvernementale 38

Liste des députés Les caractères gras indiquent que la personne a été membre du conseil des ministres durant la législature. Les caractères en italique indiquent les personnes qui ont été chefs d'un parti politique durant la législature.

+ Députés ayant siégé durant la du Québec Nom Parti Circonscription Sydney Robert Bellingham Argenteuil Pierre-Samuel Gendron Bagot Christian Henry Pozer Beauce Célestin Bergevin Beauharnois Onésime Pelletier Bellechasse Louis-Joseph Moll Berthier Clarence Hamilton Bonaventure Christopher Dunkin Brome Jean-Baptiste Jodoin Chambly John Jones Ross (1867)John Jones Ross a été nommé au Conseil législatif le . Champlain Jean-Charles Chapais (1867-1871)Jean-Charles Chapais a été élu sans opposition le . Léon-Charles Clément Charlevoix Édouard Laberge Châteauguay Pierre-Alexis Tremblay Chicoutimi-Saguenay James Ross Compton Gédéon Ouimet Deux-Montagnes Hector-Louis Langevin Dorchester Edward John Hemming Drummond-Arthabaska Pierre Fortin Gaspé Louis Beaubien Hochelaga Julius Scriver (1867-1869)Julius Scriver a démissionné le . Huntingdon William Cantwell (1869-1871)William Cantwell a été élu le . Louis Molleur Iberville Narcisse Lecavalier Jacques-Cartier Vincent-Paul Lavallée Joliette Charles-François Roy (1869-1871)L'élection dans Kamouraska fut annulée lors de l'élection de 1867 pour cause d'irrégularités commises par l'officier rapporteur. Charles-François Roy a été élu lors d'une élection partielle le . Kamouraska Césaire Thérien La Prairie Étienne Mathieu L'Assomption Joseph-Hyacinthe Bellerose Laval Joseph-Godric Blanchet Lévis Pamphile-Gaspard Verrault L'Islet Henri-Gustave Joly de Lotbinière Lotbinière Alexis Lesieur Desaulniers Maskinongé George Irvine Mégantic Josiah Sandford Brigham Missisquoi Firmin Dugas Montcalm Louis-Henri Blais Montmagny Joseph-Édouard Cauchon Montmorency Edward Brock Carter Montréal-Centre George-Étienne Cartier Montréal-Est Alexander Walker Ogilvie Montréal-Ouest Pierre Benoit (1867-1870)Pierre Benoit est mort en fonction le . Napierville Laurent-David LaFontaine (1870-1871)Laurent-David Lafontaine a été élu le . Joseph Gaudet Nicolet Levi Ruggles Church Ottawa John Poupore Pontiac Praxède Larue Portneuf Pierre-Joseph-Olivier Chauveau Québec Georges-Honoré Simard Québec-Centre Jacques-Philippe Rhéaume Québec-Est John Hearn Québec-Ouest Joseph Beaudreau (1867-1869)Joseph Beaudreau est mort en fonction le . Richelieu Pierre Gélinas (1869-1871)Pierre Gélinas a été élu lors de l'élection partielle du . Jacques Picard Richmond-Wolfe Joseph Garon Rimouski Victor Robert Rouville Pierre Bachand Saint-Hyacinthe Félix-Gabriel Marchand Saint-Jean Abraham Lesieur DeSaulniers Saint-Maurice Michel-Adrien Bessette Shefford Joseph Gibb Robertson Sherbrooke Dominique-Amable Coutlée Soulanges Thomas Locke Stanstead Élie Mailloux Témiscouata Joseph-Adolphe Chapleau Terrebonne Louis-Charles Boucher de Niverville (1867-1868)Louis-Charles Boucher de Niverville a démissionné le . Trois-Rivières Sévère Dumoulin (1868-1869)Sévère Dumoulin a été élu lors de l'élection partielle du et a démissionné le . Charles-Borromée Genest (1869-1871)Charles-Borromée Genest a été élu lors de l'élection partielle du . Antoine Chartier de Lotbinière Harwood Vaudreuil André-Boniface Craig Verchères Louis-Adélard Senécal Yamaska

Autres députés élus Il y a eu huit élections partielles durant la :

Jean-Charles Chapais, , Champlain, (nomination du député sortant au Conseil législatif); Sévère Dumoulin, , Trois-Rivières, (démission du député sortant nommé shérif); Charles-François Roy, , Kamouraska, (élection reportée en raison d'émeutes); Charles-Borromée Genest, , Trois-Rivières, (démission du député sortant nommé shérif); Pierre Gélinas, , Richelieu, (décès du député sortant); Joseph Gibb Robertson, , Sherbrooke, (réélection après nomination au cabinet); William Cantwell, , Huntingdon, (démission du député sortant élu à la Chambre des communes); Laurent-David Lafontaine, , Napierville, (décès du député sortant).

Liste des conseillers législatifs Le tableau ci-dessus montre les personnes qui ont siégé comme conseillers législatifs durant la . Les conseillers législatifs étant nommés à vie, la dissolution de la législature n'a pas mis fin à leur mandat.

Les caractères gras indiquent que la personne a été membre du conseil des ministres durant la législature.