vignette|Armoiries du Québec (1867-1939). La du Québec est élue lors des élections générales québécoises de 1871 tenue en et . La législature dure jusqu'au au moment de la dissolution de l'Assemblée nationale afin de tenir les troisièmes élections générales. Cette législature voit se succéder les gouvernements Chauveau (1867-1873), Ouimet (1873-1874) et Boucher de Boucherville (1874-1878).
Contexte politique Le Programme catholique et les élections de 1871 vignette|gauche| Ignace Bourget, évêque de Montréal et principal appui ecclésiastique du Programme catholique de 1871. À la veille des élections générales québécoises de 1871, un groupe d'ultramontains mené par François-Xavier-Anselme Trudel publie le Programme catholique le dans le Journal des Trois-Rivières. Ce manifeste réclame que les électeurs catholiques ne votent que pour des candidats adhérant pleinement aux doctrines catholiques et que les lois soient modifiées selon les demandes des évêques. Soutenu par Ignace Bourget et Louis-François Laflèche, le programme suscite l'opposition de Elzéar-Alexandre Taschereau. Les programmistes n'obtiennent toutefois qu'un succès limité aux urnes : Trudel est le seul élu ouvertement rattaché au programme. Les conservateurs remportent 46 sièges et les libéraux 19, avec 27 députés élus sans opposition.
Le gouvernement Chauveau et sa chute Réélu, le premier ministre Pierre-Joseph-Olivier Chauveau fait face à une majorité fragilisée par les rivalités régionales opposant notamment Joseph-Édouard Cauchon (Québec), Hector-Louis Langevin (Bas-du-Fleuve) et George-Étienne Cartier (Montréal). La question des chemins de fer domine les travaux législatifs : quinze députés siègent aux conseils d'administration de compagnies ferroviaires et trente-cinq y sont autrement liés, faisant de l'Assemblée, selon les critiques, un « gigantesque ring ». Épuisé politiquement et éprouvé par des deuils familiaux, Chauveau démissionne le et accepte la présidence du Sénat du Canada.
Le gouvernement Ouimet et le scandale des Tanneries vignette|Gédéon Ouimet, premier ministre de 1873 à 1874, contraint à la démission par le scandale des Tanneries. Gédéon Ouimet succède à Chauveau le et conserve essentiellement le même cabinet. Son gouvernement est ébranlé à l'été 1874 par le scandale des Tanneries : le Montreal Herald révèle que le gouvernement a échangé un terrain du village des Tanneries, évalué à plus de , contre la ferme Leduc, d'une valeur estimée à , au profit du spéculateur John Rollo Middlemiss. Le journaliste Clément-Arthur Dansereau, proche de Joseph-Adolphe Chapleau, aurait touché une commission de . Le procureur général George Irvine démissionne le , suivi par d'autres ministres. Incapable de reconstituer son cabinet, Ouimet remet sa démission le .
L'arrivée de Boucher de Boucherville vignette|gauche|Charles-Eugène Boucher de Boucherville, premier ministre du Québec à partir du , photographié vers 1870. Charles-Eugène Boucher de Boucherville, conseiller législatif proche de l'aile ultramontaine, est choisi comme premier ministre le . Il remplace presque tout le cabinet, ne conservant que Joseph Gibb Robertson comme trésorier. Lors de la session de , un comité d'enquête dominé par les conservateurs recommande l'annulation de l'échange de terrains sans toutefois blâmer directement les ministres impliqués.
L'abolition du double mandat vignette|Félix-Gabriel Marchand, député libéral de Saint-Jean, dont la loi met fin au double mandat le . Depuis 1867, le double mandat permet à un élu de siéger simultanément aux parlements provincial et fédéral. En 1871, dix-sept députés québécois détiennent les deux mandats. Après le Nouveau-Brunswick (1867), l'Ontario (1872) et le Parlement fédéral (1873), l'Assemblée législative du Québec adopte la loi de Félix-Gabriel Marchand abolissant cette pratique le . Seuls quatre des douze doubles mandataires choisissent de conserver leur siège québécois, les autres préférant Ottawa. L'abolition provoque une vague de démissions et d'élections partielles qui modifie sensiblement la composition de l'Assemblée.
Lois marquantes 1871 : Code municipal de la province de Québec (34 Vict., ch. 68), entré en vigueur le , rassemblant en l'ensemble des dispositions applicables aux municipalités et corporations de comté, à l'exception de certaines cités incorporées par acte spécial comme Québec et Montréal. Il remplace l'« Acte municipal du Bas-Canada » de 1860 et demeure la loi générale en matière municipale jusqu'en 1916 1874 : Loi abolissant le double mandat (37 Vict.), interdisant à un élu de siéger simultanément aux parlements provincial et fédéral, adoptée le 1875 : Acte électoral de Québec (38 Vict.), première loi réglementant les dépenses électorales, introduisant le scrutin secret et le vote simultané dans toutes les circonscriptions le même jour
Sessions On compte quatre sessions à l'intérieur de la : : au : au : au : au
Discours du budget Quatre discours : 24 novembre 1871 28 novembre 1872 13 janvier 1874 2 février 1875
Statistiques et faits saillants Députés en fonction qui se représentaient à cette élection : 48 sur 65 (74 %) Nombre de ceux-ci qui furent réélus : 36 sur 48 (75 %) Autres députés avec expérience parlementaire : 5 Nombre de nouveaux députés (pourcentage de renouvellement de l'Assemblée) : 29 sur 65 (45 %) Députés élus sans opposition: 27 Députés également élus au parlement fédéral (à l'élection de 1872) en vertu d'un double mandat : 17 Députés qui ne terminèrent pas leur mandat : 17 (3 sont morts en fonction, 14 ont démissionné dont 8 à cause de l'abolition du double mandat.) De plus, sur les 17 députés élus pour compléter les mandats écourtés, un a démissionné à cause de l'abolition du double mandat. Députés qui firent partie du Cabinet : 7 Plus jeune député : Georges-Raoul Saveuse de Beaujeu, 24 ans Plus vieux député : Sydney Robert Bellingham, 62 ans Âge moyen : 44 ans Le nombre de séances (en jours) pour les quatre sessions : 177 jours. L'orateur de l'Assemblée législative pendant toute la législature est : Joseph-Godric Blanchet, député de Lévis. Les orateurs du Conseil législatif pendant la législature sont : Charles-Eugène Boucher de Boucherville John Jones Ross Félix-Hyacinthe Lemaire Le greffier de l'Assemblée législative est : George Muir.
Conseil exécutif
Cabinet Chauveau (1871-1873) Le premier ministre Pierre-Joseph-Olivier Chauveau conserve la même composition de son cabinet après l'élection de 1871. Chauveau et quatre ministres sont membres de l'Assemblée législative, tandis que trois siègent au Conseil législatif.
Premier ministre et président du Conseil exécutif : Pierre-Joseph-Olivier Chauveau Agriculture et travaux publics : Louis ArchambeaultSiège au Conseil législatif. Procureur général : Gédéon Ouimet Terres de la Couronne : Joseph-Octave BeaubienSiège au Conseil législatif. Instruction publique : Pierre-Joseph-Olivier Chauveau Secrétaire et registraire : Pierre-Joseph-Olivier Chauveau Solliciteur général : George Irvine Orateur du Conseil législatif : Charles-Eugène Boucher de BouchervilleSiège au Conseil législatif. Trésorier : Joseph Gibb Robertson
Cabinet Ouimet (1873-1874) Après la démission de Chauveau, le Parti conservateur choisit Gédéon Ouimet comme chef et premier ministre. Ouimet forme un nouveau cabinet.
Premier ministre et président du Conseil exécutif : Gédéon Ouimet Agriculture et travaux publics : Louis ArchambeaultSiège au Conseil législatif. Procureur général : George Irvine Terres de la Couronne : Pierre Fortin Instruction publique : Gédéon Ouimet Secrétaire et registraire : Gédéon Ouimet Solliciteur général : Joseph-Adolphe Chapleau Orateur du Conseil législatif : John Jones RossSiège au Conseil législatif. Trésorier : Joseph Gibb Robertson
Cabinet Boucher de Boucherville (1874-1875) À la suite du Scandale des Tanneries, le premier ministre Ouimet et trois ministres démissionnent. Le parti conservateur choisit Charles-Eugène Boucher de Boucherville comme premier ministre. Il remplace presque tout le cabinet, ne conservant que Robertson comme trésorier.
Premier ministre et président du Conseil exécutif : Charles-Eugène Boucher de BouchervilleSiège au Conseil législatif. Agriculture et travaux publics : Pierre Garneau Procureur général : Levi Ruggles Church Terres de la Couronne : Henri-Gédéon Malhiot Instruction publique : Charles-Eugène Boucher de BouchervilleSiège au Conseil législatif. Secrétaire et registraire : Charles-Eugène Boucher de BouchervilleSiège au Conseil législatif. Solliciteur général : Auguste-Réal Angers Orateur du Conseil législatif : Félix-Hyacinthe LemaireSiège au Conseil législatif. Trésorier : Joseph Gibb Robertson
Sièges par parti politique Affiliation Députés 46 19 Total 65 Majorité gouvernementale 27
Liste des députés Les noms gras indiquent que la personne a été membre du conseil des ministres durant la législature. Les noms en italique indiquent les personnes qui ont été chefs d'un parti politique durant la législature.