d'Aquitaine, ou de Poitiers., dit le Toulousain ou le Saint, né en 1099 à Toulouse et mort le à Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne, est le dernier des comtes de Poitiers de la dynastie des Ramnulfides. Il est duc d'Aquitaine et comte de Poitiers de 1126 à 1137. Il est le père d'Aliénor d'Aquitaine.

Biographie Il est le fils de , dit le Troubadour, auquel il succède, et de Philippa, fille du comte de Toulouse .

Selon Raoul de Diceto Guillaume aurait combattu son père pendant sept ans, en raison de la conduite scandaleuse de ce dernier et de sa liaison affichée avec Dangereuse de Châtellerault. Ces rumeurs de brouille entre le père et le fils, ne trouvent toutefois pas écho dans les sources aquitaines et ne sont pas retenues par tous les historiensAlfred Richard, Histoire des comtes de Poitou, 778-1204, Paris, Picard, 1903, t. 1, p. 478 (note 2) (lire en ligne) https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k760910/f488.item.

Le père d'Aliénor n'a pas le génie, la stature ni la démesure du prince-troubadour, mais, s'il n'est pas fin stratège, il a néanmoins le goût des armes. Parfait chevalier il fait preuve de magnanimité et gère ses états avec bonté. Son manque de fermeté est toutefois perçu comme de la faiblesse et son autorité sera parfois contestée par ses turbulents vassaux. Le duc doit constamment réaffirmer sa domination sur ses barons aquitains. La Chronique de Saint-Maixent rapporte à son propos : « Fort, il passa sa vie à la guerre, soumettant tous les rebelles de sa terre ».

Son père lui avait laissé une situation compliquée du côté de l'Auvergne. En 1126, un conflit s'élève entre le comte d'Auvergne, vassal du duc d'Aquitaine, et l'évêque de Clermont. Le roi de France, soutenant l'évêque, essaie de résoudre ce conflit et pénètre les états du duc, brûlant au passage Montferrand. Guillaume doit intervenir, et cherche à faire reconnaître ses droits de suzerain, que le roi avait ouvertement violés. Le duc négocie habilement. Il arrête les hostilités et porte le débat sur le terrain juridique, donnant à ce conflit une issue heureuse. Le roi l'admet à lui prêter serment de fidélité, ce dont Guillaume ne s'était pas encore acquitté.

En 1127, Guillaume de Lezay, en vassal félon, capture plusieurs barons poitevins, dont , à la suite d'une visite du duc, et exige de celui-ci une rançon exorbitante. Plus tard, au cours de son principat, Guillaume doit faire face à une alliance des Lusignan et des Partenay contre lui. En paix sur sa frontière nord, il doit par contre mener la guerre au sud pour contenir son vassal d’Aunis, de Châtelaillon, entre 1130 et 1131.

Comme son père, bien que moins provocateur, Guillaume aura souvent maille à partir avec les autorités ecclésiastiques et se montre parfois emporté. Mal inspiré, il est considéré comme trop influençable. Il soutient avec le légat Girard d’Angoulême l’antipape , pendant cinq ans, à partir de 1130, ce qui lui vaut l'excommunication et même l'interdit jeté sur ses terres. Jusqu’à une rencontre, en 1135, avec Bernard de Clairvaux sur le parvis de l'église de Parthenay, où Bernard est en train de célébrer la messeVita Bernardi secunda, PL 185 col. 505, dans .. Guillaume se jette alors aux pieds du moine, sorti de l'église avec l'hostie, et tombe dit-on « comme frappé par la justice céleste, aux pieds du saint moine, face contre terre, bavant et gémissant ». Le duc fait peut-être à ce moment vœu de pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle, pour obtenir le pardon de ses offenses envers Dieu et l'Église. Guillaume se réconcilie avec le pape en 1136. .

En septembre de la même année, il part en campagne en Normandie avec le comte d'Anjou, , dont il est l'allié depuis 1130. Le but de cette campagne est de défendre les droits de l'épouse du comte d'Anjou, Mathilde l'Emperesse, contre l'usurpateur Étienne de Blois. Mais cette campagne tourne court, l'armée étant atteinte par la dysenterie. De retour en Aquitaine Guillaume doit affronter le comte d'Angoulême, chef d'une ligue de barons rebelles.

Vers 1136 également, Guillaume entreprend des démarches en vue de contracter un second mariage, conscient des dangers qui pèseraient sur son duché s'il venait à mourir sans héritier mâle. Mais ses projets n'aboutissent pas.

vignette|gauche| sur son lit de mort (). Au début de l'année 1137 il part en pèlerinage à Saint Jacques-de-Compostelle et confie ses filles à l'archevêque de Bordeaux, Geoffroi du Lauroux. Quelques chroniqueurs suggèrent que Guillaume veut aller demander en Galice l'aide de saint Jacques dans un conflit qui l'oppose à Guillaume Taillefer, et à plusieurs autres vassaux aquitains rebelles, qu'il entend mater. Mais en cours de route le duc tombe soudainement malade, probablement d'une intoxication alimentaire. Il meurt à trente-huit ans, le , un Vendredi saintChronique de Saint-Maixent (751-1140), ed.et trad. J. Verdon, Paris, 1979, , dans ., peu avant d'atteindre Saint-Jacques-de-Compostelle. Peut-être, comme le rapporte Ordéric Vital, a-t-il également entrepris ce pèlerinage afin d'expier les actes barbares auxquels il a dû prendre part lors de l'expédition de NormandieOrdéric Vital cité par .. Il est enterré dans la cathédrale, au pied de l'autel du saint.

Guillaume prie dans ses dernières volontés son ami le roi de France, le Gros, à qui il remet ses États, de bien vouloir consentir à marier son fils Louis à sa fille aînée, AliénorLe supposé "testament de Guillaume ": Anonyme, Ex Fragmentis Chronicorum Comitum Pictaviae, Ducum Aquitaniae, HF 12 . Son authenticité est contestée, voir et .. Suger précise : «...mais qu'avant son départ et même en cours de route, à l'approche de la mort, il avait pris le parti de lui confier, pour qu'il la marie, sa fille, une très noble demoiselle nommée Aliénor, et de lui remettre toute sa terre pour la tenir en sa garde »Suger, Vita Ludovici Grossi Regis, Waquet, Paris, 1964p. 281. Cité dans Jean Flori, op.cit., ..

Guillaume protège jongleurs et troubadours à sa cour. Parmi eux Marcabru et Cercamon lui rendent hommage après sa mort. Cercamon compose un planh (une complainte funèbre)Jean-Marie-Lucien Dejeanne: Le troubadour Cercamon, Annales du Midi, revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, vol. 17, , 1905, . Dans .:

Du comte de Poitiers me plains, Qui fut de Prouesse compain, Quand Prix et Largesse ont pris fin, Ici bas à regret me tiens. Seigneur, d’Enfer menez le loin Car moult fut noble son trépasJacques Chailley: Histoire musicale du Moyen Âge, ed. PUF, Paris, 1985, 344 p, ...

Marcabru, quant à lui, déplore ainsi la mort du comte, montrant sa connaissance du mythe arthurienCes éléments du mythe arthurien ont pu être fournis par le conteur Bléhéri, qui fréquenta quelques années plus tôt la cour de Poitiers: . :

Puisque le Poitevin me fait défaut, je suis désormais perdu comme Arthur pour les Bretons.

Il devient, à la fin du Moyen Âge, un personnage de légende, en partie confondu avec Guillaume de Gellone et saint Guillaume de Maleval, à l’origine de l’ordre des Guillemites.

Unions et descendance Il épouse vers 1121, Aénor de Châtellerault (1103-), fille d'Aimery Ier de Châtellerault et de Dangereuse (Amalberge) de L'Isle Bouchard, maîtresse officielle de son père. De cette union, naissent trois enfants : Aliénor d’Aquitaine (1124Jean Flori retient la date de 1124 (). Un document, " Fragmentum genealogicum ducum Normanniae et Angliae regum "() HF 18, , stipule qu'Aliénor avait treize ans en 1137.-1204) ; Pétronille d’Aquitaine (1125-vers 1152) ; Guillaume Aigret (mort à 4 ans à peu près au moment du décès de sa mère Aénor ; 1126-1130)« La dernière souscription d'une charte par Aénor de Châtellerault et par son seul garçon Guillaume Aigret date du 3 mars 1130. » dans ..

En 1136, selon Geoffroy de Vigeois, il se remarie ou contracte des fiançailles avec Emma de Limoges, veuve de Bardon de Cognac, fille du vicomte dit le Barbu (mort en 1139) et de Marie des Cars, mais ce mariage n'aboutit pas car Emma est enlevée par Guillaume VI Taillefer, durant l'absence du ducSelon et , il s'agirait d'une promesse de mariage ou de simples fiançailles, car Emma est ensuite enlevée et épousée par , fils de , en l'absence du duc d'Aquitaine, parti en pèlerinage..

Bibliographie

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Notes et références

Liens externes

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