est un genre fossile de très grands dinosaures herbivores sauropodes de la famille des Diplodocidés ayant vécu au Jurassique supérieur (Kimméridgien supérieur), il y a environ entre (millions d'années), en Amérique du Nord où il a été découvert dans les parties moyenne et supérieure de la formation de Morrison dans les États de l'ouest des États-Unis.
Les premiers fossiles ont été découverts en 1877 par Samuel Wendell Williston dans les sédiments alluviaux ou marins peu profonds de la formation de Morrison. Diplodocus est l'un des fossiles de dinosaures les plus communs de cette formation ; il vivait à la même époque que d'autres sauropodes gigantesques comme Camarasaurus, Barosaurus, Apatosaurus et Brachiosaurus.
Diplodocus figure parmi les dinosaures les plus facilement identifiables ; c'est le plus connu des sauropodes, avec son long cou et sa longue queue en forme de fouet, ses quatre pattes robustes et sa tête plate. Sa grande taille peut avoir été un système de dissuasion contre les attaques de prédateurs comme Allosaurus et Ceratosaurus, dont les restes ont été trouvés dans la même strate, ce qui indique qu'ils ont coexisté avec Diplodocus.
Historique
Le genre Diplodocus est décrit en 1878 par le paléontologue américain Othniel Charles Marsh (1831-1899).
Fossiles Selon Paleobiology Database en 2026, ce genre Diplodocus a soixante-quatre collections référencées de fossiles, du Kimmeridgien au Tithonien du Jurassique supérieur, c'est-à-dire datant de .
Étymologie Le nom générique, inventé par Othniel Charles Marsh en 1878, est un néologisme latin dérivé du grec (diploos) « double » et (dokos) « faisceau », en raison de la présence d'os appelés arcs hémaux ou chevrons ayant une structure en double poutre et qui forment une longue succession osseuse dans la partie inférieure de la queue. On croyait initialement que ces os étaient caractéristiques des Diplodocus, mais ils ont été découverts depuis chez d'autres genres de la famille et chez des sauropodes non diplodocidés comme Mamenchisaurus.
Description vignette|droite|upright=1.25|Diagramme montrant la taille de différents sauropodes comparée à celle d'un humain, Diplodocus hallorum est en violet. vignette|droite|upright=1.25|Schéma du squelette de Diplodocus carnegii, en comparaison avec la taille d'un être humain. C'est un très grand quadrupède au long cou, avec une longue queue en forme de fouet. Ses membres antérieurs sont légèrement plus courts que ses membres postérieurs, ce qui lui donnait une posture horizontale. Le long cou, la longue queue et les quatre pattes robustes le font, mécaniquement, ressembler à un pont suspendu.
Taille L'espèce Diplodocus carnegii est décrite à partir d'un squelette complet. Sa longueur totale est évaluée à par Gregory Paul en 2010 ; selon lui, l'estimation de sa masse varie entre .
La seconde espèce valide, Diplodocus hallorum, connue à partir de restes fossiles partiels, était plus grande, mais l'estimation de sa taille est plus délicate. Sa longueur totale a été historiquement surévaluée avec une valeur de extrapolée à partir de restes partiels de Seismosaurus hallorum, ancien nom de D. hallorum, par l'inventeur de cette espèce, David Gillette en 1991. Cette longueur en faisait alors le plus long dinosaure connu à l'exclusion du genre Amphicoelias, évalué toutefois à partir de restes encore plus fragmentaires.
Thomas Holtz en 2011 estime la taille de D. hallorum à , après que Kenneth Carpenter a constaté en 2006 que D. Gillette avait positionné trop en arrière certaines vertèbres caudales et que la treizième vertèbre de la queue de D. carnegii, qui servait de modèle pour évaluer la longueur de D. hallorum, appartenait en fait à un autre spécimen. La masse de D. hallorum pouvait atteindre .
Squelette Crâne vignette|droite|Crâne autrefois attribué à D. longus (AMNH 969), et à Galeamopus sp. en 2015. Aucun crâne complet clairement attribuable à Diplodocus n'a été identifié, bien qu'il soit envisagé comme plat et allongé. La tête de Diplodocus est très petite par rapport à la taille de l'animal, ce qui est une caractéristique chez les sauropodes. Diplodocus avait de petites dents pointues en forme de pinces orientées vers l'avant, uniquement présentes dans la partie antérieure de la gueule.
Narines vignette|droite|Spécimen USNM 2673, attribué à Galeamopus pabsti en 2017 a) crâne montrant les ouvertures nasales au sommet du crâne, b) dessin classique de la tête avec les narines sur le dessus de la tête, c) avec une trompe hypothétique, d) représentation moderne avec des narines à l'extrémité du museau et une possible chambre de résonance. La tête du Diplodocus a été historiquement représentée avec les narines très hautes sur sa tête en raison de la position des ouvertures nasales au sommet du crâne. Robert T. Baker s'est demandé en 1986 si Diplodocus avait une trompe. Une étude de 2006, conduite par P. Knoll et ses colègues a montré qu'il n'y avait aucune preuve paléoneuroanatomique pour une telle existenceF. Knoll, P.M. Galton, R. López-Antoñanzas, (2006). "Paleoneurological evidence against a proboscis in the sauropod dinosaur Diplodocus." Geobios, 39: 215–221. Il faut noter que le nerf facial est gros chez un animal avec une trompe, comme l'éléphant, car il doit innerver toute la trompe. Or les données paléontologiques suggèrent que le nerf facial était de très petite taille chez Diplodocus. Des études menées par Lawrence Witmer (2001) indiquent que, alors que les ouvertures nasales sont haut situées sur la tête, les narines étaient situés beaucoup plus bas sur le museau et qu'entre les deux pouvait éventuellement se trouver une chambre de résonance.
Cou vignette|droite |upright=1.25|Dessin de D. carnegii avec un cou horizontal, une queue en fouet, des épines kératineuses et des narines basses sur le museau. Son cou était composé d'au moins quinze vertèbres. Sa longueur pouvait dépasser , ce qui constitue un avantage compétitif indéniable pour l'accès à plus de nourriture, soit en hauteur, soit en projection horizontale, en particulier pour des plantes aquatiques de marais comme des massifs de prêles.
La posture du cou, à savoir s'il pouvait se redresser jusqu'à la verticale ou, au contraire, s'il ne pouvait pas se lever plus haut que l'horizontale, est un sujet qui fait toujours débat parmi les paléontologues. Une étude de Matthew J. Cobley et de ses collègues en 2013 pour les diplodocidés, conclut que leur flexibilité ne peut pas être basée uniquement sur l'ostéologie. En l'absence d'informations sur les tissus musculaires, les résultats sont à considérer avec prudence, même s'ils notent que les cous de sauropodes étaient probablement moins flexibles qu'on ne le pensait auparavant.
Mike P. Taylor, en 2014, remet en cause ces résultats après une étude des cous de Diplodocus et dApatosaurus. Il considère que les cartilages inter-vertébraux assuraient la flexibilité de leurs cous qui pouvaient se redresser au-delà de la verticale, même si la posture naturelle basée sur la morphologie des vertèbres, la pose neutre ostéologique, était horizontale avec la tête relevée en position d'alerte.
Chez les sauropodes, des postures du cou extrêmement différentes ont été envisagées, d'un cou incliné vers l'avant en position pour brouter uniquement la végétation au sol, jusqu'à des cous pouvant atteindre et même dépasser la verticale pour accéder aux hautes frondaisons comme chez les genres Brachiosaurus, Euhelopus et Kaatedocus.
Pour Diplodocus, même dans l'hypothèse d'un cou peu flexible et horizontal, l'accès aux feuilles hautes de la couronne des arbres lui était toutefois permis en se redressant sur ses pattes arrière et en s'appuyant sur sa queue.
Queue vignette | gauche | vignette | gauche | Diplodocus a une queue extrêmement longue, composée d'environ 80 vertèbres caudales, soit presque le double du nombre de vertèbres de queue de certains sauropodes comme Shunosaurus (43) ou Camarasaurus (53). La queue servait vraisemblablement de contrepoids au cou.
Le dessous de la partie antérieure de la queue est caractérisé par la présence d'os appelés arcs hémaux ou chevrons qui forment, dans la partie centrale de la queue, un double faisceau d'excroissances qui a donné son nom au genre. Ils peuvent avoir fourni un appui pour les vertèbres, ou peut-être protéger les vaisseaux sanguins de l'écrasement lorsque la lourde queue de l'animal était posée sur le sol. Ces os sont également rencontrés chez certains dinosaures apparentés.
La partie postérieure de la queue est dépourvue de ces os ; elle devient très fine et prend une forme de fouet. Différentes hypothèses ont été avancées sur le rôle de cette queue, qu'il soit défensif ou utilisé lors de combats intraspécifiques ou de parades amoureuses. Diplodocus aurait fait claquer sa queue comme le fouet d'un cocher pour se défendre ou seulement pour produire un bruit sec et caractéristique de reconnaissance ou de parade. En 1997, il a été calculé qu'un tel fouet pouvait provoquer un bang supersonique de plus de 200 décibels.
La découverte en 1990 d'empreintes de peau de diplodocidés a montré que certaines espèces portaient des épines kératineuses étroites et pointues comme celles des iguanes. Ces épines peuvent atteindre de long, elles sont placées sur la partie arrière (fouet) de la queue et, peut-être, sur l'ensemble du dos et du cou de l'animal. Ces empreintes de peau, découvertes sur le site de Howe Quarry près du village de Shell dans le Wyoming, ont été trouvées à proximité de restes fossiles de diplodocidés ressemblant à Dipolodocus et Barosaurus. Cependant les spécimens découverts sur ce site ont depuis été révisés et attribués à Kaatedocus siberi et à Barosaurus sp., plutôt qu'à Diplodocus.
Membres Comme chez les autres sauropodes, l'équivalent de la main était fortement modifié, les os des doigts et la paume étant disposés en une colonne verticale, en fer à cheval en coupe transversale. Diplodocus n'avait pas de griffes à l’extrémité des cinq doigts mais des coussinets, sauf au niveau d'un doigt qui portait une griffe exceptionnellement longue par rapport à celles des autres sauropodes, aplatie latéralement, et séparée des os de la main. La fonction de cette griffe particulièrement spécialisée reste inconnue.
Tissus mous La découverte dans le Montana, de fragments de peau fossilisés et attribués au genre Diplodocus, suggère que ceux ci arboraient des écailles et nodosités de différentes tailles selon l'emplacement de celles-ci sur le corpsT. Gallagher, J. Poole, J. P. Schein, Evidence of integumentary scale diversity in the late Jurassic Sauropod Diplodocus sp. from the Mother’s Day Quarry, Montana, PeerJ, 29 Avril 2021.
Les différentes espèces Historique Après la première découverte par Benjamin Mudge et Samuel Wendell Williston en 1877 à Cañon City dans le Colorado du squelette nommé Diplodocus longus par Othniel Charles Marsh en 1878, plusieurs espèces de Diplodocus ont été décrites entre 1878 et 1924.
D. carnegii, décrite en 1901, est l'espèce la mieux connue, par de nombreux squelettes post-crâniens, bien qu'elle ne soit pas l'espèce type et qu'aucun crâne de cette espèce n'ait été clairement été rattaché au reste du squelette. L'espèce est surtout très célèbre par le grand nombre de moulages existant dans des musées du monde entier.
D. hayi, découverte en 1902 dans le Wyoming par William H. Utterback est connue par un crâne et un squelette post-crânien partiel. Elle est décrite en 1924 par W. J. Holland. En 2015, elle est renommée et attribuée à un nouveau genre, Galeamopus, comme c'est le cas pour beaucoup de spécimens de « Diplodocus », ce qui fait qu'aucun crâne n'est attribué avec certitude à Diplodocus.