vignette|Ensemble de bagues, fabriquées par Mauro Cateb.

Un bijou est un élément de parure corporelle qui peut être porté sur le vêtement, sur le corps ou même dans le corps.

D'après le site du CNRTL, le bijou est un . Depuis plusieurs décennies, cette notion de bijou de petite taille doté d'une certaine préciosité se voit enrichie par l’émergence de l'univers du bijou contemporain, qui met en avant le bijou comme objet innovant, œuvre d'art portable, utilisant des matériaux atypiques (matériaux composites, papier, etc.).

L'artisan qui fabrique des bijoux se nomme bijoutier, celui-ci va mettre en valeur le métal et/ou tout autre matériau constituant le bijou (verre, résine, argile pour exemples). Le joaillier quant à lui va mettre en valeur les pierres avec des pavages, sertissures…

Étymologie Le substantif masculin bijou est un emprunt au breton (), dérivé de () [consulté le 2016]. [consulté le 2016]..

Fonctions Outre ses fonctions décoratives, le bijou est au service de multiples autres fonctions ou intentionsDictionnaire International du Bijou, Éditions du regard, Paris, 1998..

Ces fonctions sont très variables selon les époques et les cultures, mais aussi selon les croyances ou perceptions propres à l'individu qui porte le bijou. Il est néanmoins possible de distinguer quelques fonctions spécifiques« Bijou », Bernard Andrieu (dir.), Le Dictionnaire du Corps en Sciences Humaines et Sociales, CNRS éditions, 2006..

Fonction sociale L'objet va être signifiant du statut social spécifique du porteur (ainsi l'alliance qui signifie que le porteur est marié, l'anneau du Pêcheur qui indique que son porteur est le pape…). On pourrait aussi y classer toute la tradition de la bijouterie de deuil (objets noirs conçus en jais ou verroterie).

Fonction identitaire L'objet signe l'appartenance du porteur à un groupe spécifique (qu'il soit religieux, professionnel, politique, ethnique, sexuel ou autre). Ainsi, c'est le cas du « joint compagnonnique », anneau d'oreille en or porté par les Compagnons du Tour de France qui permet au porteur d'être reconnu par ses pairs. Cette fonction peut permettre une identification du porteur soit exclusivement par son groupe soit par une population élargie, selon que la codification est plus ou moins largement connue. Par exemple avec les bijoux suffragistes.

Fonction magico-religieuse Les objets sont alors des amulettes, gris-gris, talismans, objets « thérapeutiques » qui protègent leur porteur ou parfois même le « soigne ». Ils s'inscrivent tant dans leur conception (couleur, matière, symboles ornementaux…) que dans leur port (emplacement sur le corps, manière de le porter et de l'ôter…) dans des jeux de croyances spécifiques qui sont le gage (pour le porteur ou le concepteur) de leur efficacité.

Fonction utilitaire L'objet joue alors un rôle spécifique dans la vie quotidienne du porteur. Sous cette fonction peuvent se grouper des objets aussi multiples que : les peignes, les attaches de capes, ceintures, pics à chapeaux ou à coiffes... mais aussi bagues-sceaux, bagues-clefs, châtelaines…

Fonction sentimentale vignette|Bijoux connectés utilisant la technologie NFC pour conserver des souvenirs numériques (photographies, messages vocaux, vidéos). L'objet devient un vecteur du souvenir, relatif à une personne, une chose, un lieu… ayant une importance particulière dans la vie du porteur. Son port active alors le souvenir. La bijouterie a ainsi développé un vocabulaire sentimental au travers de rébus (+ qu'hier - que demain), d'initiales entrelacées, de représentations symboliques ou allégoriques (les mains entrelacées qui disent l'indéfectibilité d'une amitié ou d'un amour des bagues foi, les fleurs de pensée qui signifient combien « on pense à vous »…). L'objet sentimental peut aussi devenir un véritable reliquaire qui contient une photographie (image de l'être aimé), une mèche de cheveux, une dent de lait ou encore quelques cendres crématoires… Loin de preuve d'amour éternel, on peut voir apparaître des bijoux de fonction sentimental plus cocasses ; ainsi, la bague « Aie », fragile anneau de pâte de verre vendu sur la Foire de Beaucaire aux (Gard-France) signait les amours éphémères le temps d'une foire. Elle devait son nom au petit cri qu'elle arrachait à son porteur lorsqu'elle se brisaitRemy Kerténian, Le bijou Provençal, Éditions Aubanel, 2003..

Au XXIᵉ siècle, l’usage des bijoux à fonction sentimentale s’est étendu aux bijoux connectés, intégrant par exemple la technologie de communication en champ proche (NFC) pour stocker et partager des souvenirs numériques (photographies, messages vocaux, vidéos). Ces bijoux permettent de conserver des traces immatérielles liées à une personne ou un événement, accessibles via un smartphone compatible.

Fonction érotique Cette fonction est illustrée par le texte Les Bijoux de Charles Baudelaire, ou au sein du roman Des Bijoux indiscrets de Richard Klein. L'objet soulignant telle ou telle partie du corps va attirer l'attention du « regardant », faisant appel à ses sens (vision, ouïe, toucher…) et érotisant le corps porteur. Bien entendu, un même objet peut répondre à plusieurs fonctions.

Fonction historique Par ailleurs, un bijou est également un témoin de vie inscrit au cœur de multiples rituels sociaux (offert lors d'un événement marquant comme une communion, un mariage, un passage à la majorité par exemple dans les cultures occidentales...) ou plus personnels. Il portera toujours le souvenir de cet événement qu'il soit ou non porté.

Histoire La période préhistorique vignette|redresse|Perles en coquilles de Nassarius kraussianus de Blombos.

En 2015, un réexamen de serres d'aigle à queue blanche, découvertes en 1899 sur le site Néandertalien de Krapina en Croatie, révèle un remodelage en vue d'en faire les plus anciens bijoux connus datés de . Il précède de les plus anciens bijoux connus créé par l'Homo sapiens à Skhul en Israël. Les Néandertaliens possédaient donc une culture symbolique avant l'arrivée d'homo sapiens en Europe. Des griffes similaires qui datent de avaient été trouvées au site néandertalien des grottes du Pech-de-l'Azé en FranceLes plus anciens bijoux de Néandertaliens découverts en Croatie, L'Express, . Des coquillages percés trouvés dans la grotte de Los Aviones (Espagne), datés à , sont également dus à des Néandertaliens..

L'usage d'ornements corporels par des Homo sapiens est documenté à Skhul (Israël) et à Oued Djebbana (Algérie) dès le Paléolithique il y a Vanhaeren, M., d'Errico, F., Stringer, C., James, S.L., Todd, J.A. et Mienis, H.K. (2006) - « Middle Paleolithic Shell Beads in Israel and Algeria », Science, , , .. Le site de Blombos en Afrique du Sud a également livré 41 coquillages percés datant de Vanhaeren, M., d'Errico, F., « Aux origines de la parure », Pour la Science, , .. Ils présentent des perforations et des facettes d'usure liées à leur port.

Les éléments de parure du Paléolithique supérieur d'Europe ont été étudiés par Yvette TaborinYvette Taborin, Langage sans parole - la parure au temps préhistorique, La Maison des Roches.. L'analyse des premiers objets de parure permet d'en distinguer deux types : les parures issues de la simple collecte (l'intervention de la main de l'homme ne créant que le moyen de les attacher ou les suspendre) et les parures inventées (à partir d'une modification totale ou partielle du matériau d'origine).

Les parures du Paléolithique supérieur étaient principalement en coquillage ou en dents animales. Yvette Taborin s'est penchée sur des classifications qui ont permis de mettre en évidence que l'usage de certaines dents en parure n'étaient pas nécessairement en corrélation avec la répartition statistique des faunes présentes et chassées sur le territoire. Par ailleurs, les dents les plus utilisées quand il s'agit de carnivores sont les canines, les incisives s'agissant d'herbivores. En ce qui concerne les coquillages, ils peuvent être issus d'espèces vivantes mais aussi de gisements fossiles. Dans ce cas, ils sont sélectionnés pour leur grande proximité avec les espèces vivantes.

En ce qui concerne la parure inventée, elle privilégie les matériaux tels que l'os, l'ivoire, les bois de cervidés et quelques minéraux tendres (calcaire, lignite…). La diversité et la facture de ces parures est remarquable au Magdalénien.

Au Néolithique, la perle se développe. Façonnée dans de nombreux matériaux (coquillage, os…), elle est assemblée dans une multitude de formes (coiffes, installations sur les vêtements, parures de bras ou de jambes…).

Période antique vignette|gauche|Quelques objets du trésor de Blanot datant de l'âge du bronze et conservés au musée archéologique de Dijon. vignette|La tombe 43 de la nécropole de Varna contient les bijoux en or les plus anciens connus à ce jour.|218x218px Dès l'apparition du métal, et tout particulièrement de l'or, les techniques d'orfèvrerie se développent : filigrane, granulation, emboutissage… Il existe une grande variété de parures de qualité. Le bassin méditerranéen voit fleurir les centres de bijouterie. Les bijoutiers voyagent pour s'installer dans les comptoirs d'échanges dans lesquels ils pourront faire commerce avec de nouveaux clients. Ils emportent avec eux savoir-faire et techniques et les modifient et agrémentent en fonction des goûts et attentes de leurs clients.

En Amérique, les peuples précolombiens vouaient une admiration à l'or, pour eux sa symbolique étaient extrêmement forte et il n’aspiraient pas à posséder d'or.

En Afrique antique, chez de très nombreux peuples d'Afrique de l'Ouest, la bijouterie est déjà un art.

Scythes vignette|Le collier-pectoral gréco-scythe en or du kourgane royal de Tovsta Mohyla (Ukraine) – seconde moitié du En Europe les Scythes développent la technique de la fonte à cire perdue grâce aux os de sèche, du cloisonné et du repoussé. Peuple nomade guerrier, domestiquant les chevaux, l'art animalier et le bestiaire qui en découle ainsi que la chimère sont des motifs récurrents de l’orfèvrerie scythe, art populaire.

Artistes sculpteurs (pierres à cerfs), l’or est l’un des principaux matériaux utilisés. La particularité de ces bijoux, en plus de leur apparence stylisée est qu’ils réalisaient des objets d’apparat : arrachements pour chevaux (Cheval de Przewalski) ils transformaient ainsi leurs chevaux laissant penser à leurs ennemis qu’ils possédaient des créatures fantastiques.

Peuples Celtes vignette|Torques celtiques réalisés entre 300 et 200 av. J.-C. En Europe, le peuple celte du au est le premier réputé pour la qualité de ses parures et de ses bijoux. Comme pour beaucoup de cultures antiques, les connaissances que nous avons sur l'orfèvrerie celte se base sur ce que nous avons retrouvé dans les tombes. Les Celtes enterraient leurs monarques avec des colliers de pierres précieuses, des anneaux de verre, des bracelets, et des parures d'or et de bronze. Ces parures comprenaient souvent des torques symbolisant le rang social élevé du défunt.

Les bijoux celtes sont souvent colorés: ils associent l'or à du corail, de l'ambre ou de l'émail fabriqué artificiellement..

Égypte alt=Le pectoral appartient à un grand collier. Dans le cadre, on observe une barque d'or incrustée de cornaline, de lapis et de feldspath, qui possède 2 pavillons en or sur lesquels sont assis 2 singes hamadryas (dieu Thot) se faisant face. Leurs têtes sont surmontées d'un croissant lunaire en argent soutenant l'image de la lune en or. Au centre, un scarabée en or et lapis-lazuli pousse devant lui la boule rouge du soleil faite de cornaline cerclée d'or.|vignette|Pectoral aux cynocéphales, bijou de la tombe de Toutânkhamon (musée du Caire Égypte) 1340-1331 AV.J-C|gauche