La ligne 3 bis du métro de Paris est une des seize lignes du métro de Paris. Cette ligne du relie les stations Gambetta et Porte des Lilas, à l'est de la ville.

Avec une longueur d'1,3 kilomètre et seulement quatre stations, elle est la plus courte du réseau, et de loin la moins fréquentée, avec un peu moins d'un million et demi de voyageurs en 2025. Construite durant les années 1910 en tant qu'extension de la ligne 3, elle en est débranchée en 1971, lors du prolongement de cette dernière à Gallieni, et est exploitée depuis de façon autonome.

À sa création en 1971, la ligne est dotée de rames Sprague-Thomson, jusqu'en .

vignette|centre|upright=1.4|Plan de la ligne.

Histoire

Chronologie : ouverture du tronçon Gambetta - Porte des Lilas de la ligne 3 et de la navette entre les lignes 3 et 7 : arrêt de la navette : débranchement du tronçon Gambetta - Porte des Lilas de la ligne 3 et création de la ligne 3 bis

La ligne 3 du métro thumb|right|Le quai départ de la station Gambetta de la ligne 3, peu avant son ouverture en 1905. Ce quai est devenu en 1971 le terminus de la ligne 3 bis, de nouveaux quais ayant été édifiés pour la ligne 3.

La concession d'un second axe est-ouest après la ligne 1, est accordée à la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris (CMP) par le Conseil municipal de Paris le . Le , le tronçon Villiers - Père Lachaise de la ligne 3 est ouvert à l'exploitation, puis la ligne est ouverte dans son intégralité jusqu'à Gambetta le . La nouvelle ligne comporte dix-sept stationsJean Robert, Notre métro, 55. Une extension vers l'ouest est mise en service progressivement jusqu'à Pereire le puis Porte de Champerret le Jean Robert, op. cit., 83.

Le prolongement de la ligne 3 Le Conseil municipal de Paris lors de sa délibération du avait émis le souhait de voir étudié un réseau complémentaire aux premières lignes construites afin de ne laisser, en principe, aucun point de la ville à plus de quatre cents mètres d'une station du métropolitain.

Le projet de Fulgence Bienvenüe présenté le propose plusieurs nouvelles lignes et prolongements, dont celui de la ligne 3 de Gambetta à la porte de Romainville (Porte des Lilas).

Un deuxième emprunt de 179 millions de francs destiné à financer les travaux décidés est voté le . Le , le Conseil municipal de Paris concède le prolongement à la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris (CMP). Cette concession est confirmée à titre définitif lors de la séance du conseil du . Finalement, un troisième emprunt de quarante-cinq millions de francs est autorisé par la loi du , mais celui-ci n'est émis qu'en dans l'attente de la déclaration d'utilité publiqueJean Robert, op. cit., 80 à 83.

thumb|left|Entrée de la station Saint-Fargeau, avec son édicule caractéristique, vers 1920. Le prolongement prévu, avec raccordement à la ligne 7 (actuelle 7 bis) à la station Pré-Saint-Gervais, est long de 2,157 kilomètres. Il est construit sous l'avenue Gambetta jusqu'à la porte des Lilas, où une boucle de retournement est aménagée sous les fortifications. Les travaux sont rendus délicats par la nature des terrains rencontrés, particulièrement instables et saturés d'eau, en raison de la présence ancienne du lac Saint-Fargeau. Par conséquent, le tunnel a été édifié dans la couche de gypse, très en profondeur, avec aménagement de stations possédant une voûte renforcée et équipées d'ascenseurs qui relient les quais à la surface. Au-delà de la porte des Lilas, un tunnel à double voie, qui se prolonge par deux tunnels à voie unique, la voie des Fêtes (tunnel sud) et la voie navette (tunnel nord), raccorde le prolongement à la ligne 7, afin de prévoir une exploitation de cette dernière jusqu'à la porte des Lilas.

Les travaux sont presque achevés à la veille de la Première Guerre mondiale, durant laquelle ils se poursuivent au ralenti. Le tronçon est remis à la CMP le , mais cette dernière n'aménage pas immédiatement le prolongement : elle attend l'engagement de la Ville à verser les fonds nécessaires dans l'attente de la nouvelle convention de 1920. Les derniers travaux sont repris en .

Depuis les projets originels, l'idée d'envoyer les trains de la ligne 7 à la porte des Lilas avait été abandonnée, les trains de la ligne 3 suffisant à cette desserte (la ligne 11 n'existait pas à cette époque). Néanmoins, afin de relier les lignes 3 et 7, une exploitation sous forme de navette est prévue sur la voie nord du raccordement, appelée depuis la voie navette. Celle-ci est assurée avec une rame formée de deux motrices dites petites Sprague de de long, prélevées sur la ligne 2. La voie des Fêtes et la station Haxo sont de ce fait devenues inutiles : la voie ne sert plus qu'au garage des trains de la ligne 3 et la station n'est pas achevée et reste sans accès à la voie publique. Le tronçon Gambetta - Porte des Lilas et la navette sont inaugurés le Jean Robert, op. cit., 104-105.

La navette cesse de fonctionner, quant à elle, avec la mise en place du service restreint durant la Seconde Guerre mondiale, le Jean Robert, op. cit., 135.

La création de la ligne 3 bis thumb|left|L'édicule de la station Pelleport. thumb|180 px|La décoration de l'édicule à Saint-Fargeau. Dans le courant des années 1960, les pouvoirs publics constatent que le secteur de la porte de Bagnolet est insuffisamment desservi par les transports en commun, bien qu'il y ait une forte demande. Il est donc décidé de prolonger la ligne 3 vers Bagnolet (Gallieni) depuis la place Gambetta. Le flux de voyageurs prévu étant bien plus important vers Bagnolet que vers Porte des Lilas, on renonce à une exploitation en fourche. Le terminus de la porte des Lilas est alors abandonné au profit du nouveau, édifié à Bagnolet, tout en créant une courte ligne autonome Gambetta — Porte des Lilas : c'est la ligne 3 bis.

À cette occasion, la station Gambetta, jusqu'alors constituée de deux demi-stations, est profondément remodelée : la demi-station sud est détruite alors que la demi-station nord est réutilisée comme terminus de la nouvelle ligne 3 bis, avec deux voies en impasse encadrant un quai central. De nouveaux quais sont créés pour la ligne 3, et la station Martin Nadaud, qui était située à seulement des anciennes stations, sous la place du même nom, est neutralisée. Cette ancienne station se situait à l'emplacement du prolongement des quais actuels, bordés de barrières, en direction de Pont de Levallois, ce qui explique la longueur hors-norme des quais de la nouvelle station Gambetta.

La nouvelle station Gambetta est mise en service le ; la ligne 3 bis n'est en revanche débranchée que le et le prolongement à Bagnolet est ouvert au public le Jean Robert, op. cit., 162. La ligne 3 bis est reliée à un poste de commande centralisé (PCC) en 1970, avec la ligne 3. Elle n'est en revanche pas dotée du pilotage automatique, son trafic limité ne justifiant pas son installationJean Robert, op. cit., 166.

Tracé et stations

vignette|Vue de la voie de retournement de la station Porte des Lilas.

Tracé La ligne 3 bis est entièrement souterraine ; sa longueur totale est de 1,289 kilomètre. Avec seulement quatre stations, la longueur moyenne des interstations n'est que de .

Elle naît au terminus Gambetta avec deux voies en impasse encadrant un petit quai central. La ligne remonte l'avenue Gambetta en direction du nord-est et en quasi-ligne droite, dessert les deux stations profondes Pelleport et Saint-Fargeau avant de gagner son terminus, Porte des Lilas.

La ligne s'achève par une boucle de retournement, dont une des deux voies est équipée d'un trottoir de manœuvre, et qui possède un raccordement à la voie navette.

Liste des stations vignette|Un panneau SIEL à la station Gambetta.

Avec la ligne 7 bis, la ligne 3 bis était en 2009 la seule du réseau à ne pas disposer du système d'information en ligne, couramment désigné par le sigle SIEL, qui donne le temps d'attente des deux prochaines rames. Toutefois, fin 2009 et début 2010, les deux lignes bis ont été équipées de ce système, qui présente ici la spécificité de n'afficher que la prochaine rame, et non les deux prochaines. Ces mises en service achèvent le déploiement du système sur le réseau parisien..

La ligne 3 bis comprend les stations suivantes, en commençant par le terminus sud (les lignes en correspondance sont désignées par leurs seuls numéros de ligne) :

Intermodalité La ligne 3 bis est en correspondance avec la ligne 3 à la station Gambetta et avec la ligne 11 ou le tramway de la ligne T3b à la station Porte des Lilas. Deux raccordements existent avec la ligne 7 bis mais aucune correspondance pour des voyageurs n'est organisée.

Stations à thème ou particulières vignette|Les ascenseurs de la station Pelleport. vignette|Mosaïque des entrepreneurs Pinton et Nion-Lacroix sur un édicule.

Les stations de la ligne possèdent des quais de soixante-quinze mètres de longueur, accessibles aux trains de cinq voitures. La ligne étant construite à grande profondeur, les quais des stations Pelleport, Saint-Fargeau et Porte des Lilas sont situés entre 19 et sous la surface et accessibles par des ascenseursJean Tricoire, Un siècle de métro en 14 lignes. De Bienvenüe à Météor, éd. 1999, 167. L'architecte Charles Plumet est chargé de la construction des édicules extérieurs des stations Pelleport, Saint-Fargeau et Porte des Lilas.

À la suite des critiques émises sur l'aménagement de précédentes stations construites sur d’autres lignes, où il faut descendre une première fois pour trouver la salle de vente des titres de transport, puis de nouveau descendre jusqu'aux quais, l'architecte Plumet réalise les accès aux ascenseurs directement en surface.

Les trois édicules réalisés en béton armé et en ciment de Grenoble sont ornés de céramiques de Gentil & Bourdet ; les entrepreneurs sont Pinton et Nion-LacroixH.-M. Magne, Les nouvelles gares du métropolitain, Art et Décoration, 1922.

Raccordements

vignette|Les MF 67 de la ligne 3 bis ont la particularité de ne pas disposer de strapontins., en raison de la faible fréquentation de la ligne.

La ligne compte deux raccordements avec le reste du réseauCarte détaillée du Métropolitain de Paris, positionnée sur la ligne 3 bis : avec la ligne 3, au nord du terminus Gambetta sur la voie direction Porte des Lilas, en talon, par l'ancien itinéraire des trains de Pont de Levallois - Bécon vers Porte des Lilas ; avec la ligne 7 bis, à la sortie du terminus Porte des Lilas sur la voie direction Gambetta, en talon.

Ce dernier raccordement est constitué à l'origine de deux voies qui étaient destinées à grouper l'exploitation des lignes 3 et 7.

Dans le sens ligne 3 vers ligne 7, la voie unique débouche dans la station Pré-Saint-Gervais et a servi jusqu'à la veille de la Seconde Guerre mondiale de navette exploitée en service commercial, d'où son nom de « Voie navette », puis de voie d'essais, notamment pour la première motrice sur pneus, le MP 51.

Dans l'autre sens, la voie également unique, appelée « Voie des Fêtes », provient de la station Place des Fêtes, et dessert une station Haxo qui n'a jamais été ouverte au public, ses accès n'ayant pas été construits. Les deux voies se réunissent dans une station Porte des Lilas spécifique, utilisée pour des tournages de films.

Ateliers

Le matériel roulant de la ligne est entretenu, comme celui de la ligne 3, aux ateliers de Saint-Fargeau, raccordés à la station Gambetta.

La maintenance lourde et la révision régulière (batteries, bobinages, peintures) du matériel de la ligne 3 bis, comme tous les matériels sur fer du réseau, se déroule aux ateliers de Choisy.

Exploitation Desserte

thumb|thumbtime=47|Deux MF 67 se croisent à la station Saint-Fargeau (vidéo).