Le métro d'Alger (en ; en berbère standard algérien : ) est un réseau ferroviaire de transport urbain de type métro desservant la ville d'Alger en Algérie depuis 2011.

Le premier projet de métro d'Alger date de 1928 mais il ne voit finalement pas le jour. L'initiative du métro actuel est lancée à la fin des années 1970 afin de répondre à l'explosion démographique de la ville d'Alger et au besoin de transport collectif qui en résulte. Lancée dans les années 1980, sa construction est ralentie du fait de difficultés financières et de l'insécurité dans les années 1990. Le projet est relancé en 2003..

La première section de la ligne 1 Haï El Badr - Tafourah-Grande Poste, d'une longueur de et comportant dix stations a été inaugurée le . Deux nouvelles extensions ont été mises en service, le une section de vers El Harrach-Centre et le deux sections, une de vers la Place des Martyrs et une autre de vers Aïn Naâdja.

Deux autres extensions d'une longueur totale de sont en cours de construction en direction de l'aéroport et de Baraki.

Historique Les premiers projets Le projet de 1930 thumb|Journal du 12 février 1932 titrant « Le Métro à Alger ». Jusqu'en 1962, l'Algérie, alors sous colonisation française, la ville d'Alger est administré par la France. Le président du conseil général du département d'Alger propose le de construire un nouveau réseau de transport en commun de la région algéroise, lequel comprendrait un métropolitain souterrain comme à ParisConcertation d'un Tramway à Plate-Forme Indépendante et de Funiculaires, fusion des réseaux électriques - Syndicat Intercommunal entre Alger - El Biar et Kouba - Annexe au Bulletin Municipal Officiel de la ville d'Alger du 5-20 décembre 1932, p. I. Une étude sur la réorganisation des transports publics algérois est confiée à l'Omnium Lyonnais. Les conclusions de l'étude détaillée publiées en préconisent la construction d'une ligne de métroJournal Alger Socialiste du , . La ville d'Alger et plusieurs communes limitrophes se constituent en syndicat intercommunal pour la réalisation du métropolitain.

Le projet prévoit la construction d'une ligne partant du cimetière Saint-Eugène, dans l'actuelle commune de Bologhine, et aboutissant à Maison-Carrée dans l'actuelle commune de El-Harrach, en passant en souterrain jusqu'au quartier du Ruisseau situé aujourd'hui à Belouizdad. Une autre branche devait débuter au niveau de la Gare de l'Agha pour aboutir au Parc de Galland (actuel parc de la Liberté)Concours pour la construction et l'exploitation d'un chemin de fer métropolitain. Devis-Programme publié dans le Journal Général des Travaux publics et Bâtiment du mardi 9 février 1932.

Mais pour des raisons de budget, les communes de Saint-Eugène et Hussein-Dey se retirent, ne restant qu'Alger, El Biar et Kouba en 1932. Des sondages sont réalisés au niveau des futures stations, mais le projet est peu à peu délaissé jusqu'à être ajourné par délibération du conseil municipal le à cause de l'importance de la dépense qui était estimée à 80 millions de francsBulletin Municipal Officiel de la Ville d'Alger du 26 janvier 1936.

Le projet de 1959 Après plusieurs projets de mise en souterrain partiel du réseau de tramways de la ville qui n'aboutirent pas, une nouvelle étude de la Régie autonome des transports parisiens (RATP), remise en 1959L'Écho d'Alger, édition du 19 novembre 1959, préconise à nouveau la création d'une ligne du même type que le métro sur pneus exploité à Paris.

Cette ligne doit débuter au carrefour Bouzareah-Cambon (Carrefour Triolet) pour descendre vers Bab El Oued puis se diriger vers la Grande Poste d'Alger avant de se diviser en deux branches ; une première jusqu'au carrefour Galliéni-Roosevelt (actuellement place Addis-Abeba) et une seconde jusqu'au quartier du Ruisseau, dans la commune actuelle de Belouizdad.

Le projet actuel vignette|Plan du métro, au . À l'indépendance de l'Algérie, de nouveaux plans d'urbanismes sont proposés. Pour la région Alger, le schéma du COMEDORComité permanent d'études, de développement, d'aménagement et d'organisation de l'agglomération d'Alger réalisé entre 1969 et 1970, prévoit à son tour un métro à Alger. En 1980, la SOFRETU réalise pour la RSTA une première .

Les années 1980 En 1981, des évaluations préliminaires pour une première ligne sont présentées au gouvernement, puis en 1982, la SOFRETU est chargée d'étudier un réseau de trois lignes pour un total de Journal El Watan du 31/10/2011. Pages 1 et 4., avec une priorité pour une première ligne de Conseil National Economique et Social, Commission de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement - Le Chemin de Fer en Algérie : Pour une dynamique nouvelle, Rapport 1998, Annexe 4.

Les études techniques sont réalisées entre 1982 et 1985.. Le est créée l'Entreprise Métro d'Alger, chargée de la réalisation du projetJournal Officiel de la République Algérienne, du 25 novembre 1984, Page 1373, Décret du 24 novembre 1984. Une entreprise allemande et une japonaise sont retenues pour la réalisation, mais la chute du prix du baril de pétrole, de jusqu'à la moitié de cette somme les années suivantes, réduit considérablement les ressources financières de l'Algérie et retarde sa réalisation.

Il faut attendre trois ans pour que le marché soit réattribué à deux entreprises algériennes, Cosider et Genisider, en et ; les travaux tardent à commencer à cause de la situation politique du pays.

Les années 1990 Les premiers coups de pioche ont lieu en au niveau de la place de l'Émir-Abdelkader à Alger-Centre. Au niveau de la station Aïssat Idir, les travaux ne débutent qu'en , et en pour la station Hamma.

En 1994, un premier tronçon long de entre la place de l'Émir-Abdelkader et la Grande Poste d'Alger est achevé. Un autre tronçon de , qui relie la station Tafourah - Grande-Poste à la station Khelifa Boukhalfa, est lui aussi achevé. En 1996, la jonction est faite entre le tunnel de Khelifa Boukhalfa et celui de la station .

À la fin des années 1990, de tunnel, cinq stations entre la Grande Poste et Hamma ainsi que les ateliers ont été réalisés..

Les années 2000 En 2002, profitant du retour de la croissance économique, le gouvernement algérien décide de doter le projet de moyens financiers adéquats et de nouvelles structures organisationnelles et opérationnelles. L'Entreprise Métro d'Alger (EMA) lance un avis d'appel d'offres international pour la réalisation des restants. Huit groupements font une offre, Nurol (Turquie), STFA (Turquie), Polat (Turquie), Lesi (Italie), Toto Costruzioni (Italie), Gesi TP/Pizzarotti (Algérie/Italie), ETRHB/Razel/Bilfinger Berger (Algérie/France/Allemagne) et Cosider TP/Infrafer/Dywidag (Algérie/Algérie/Allemagne). Trois sont présélectionnés, Dywidag/Cosider TP/Infrafer (14.6 milliards de dinars), Razel/Bilfinger Berger/ETRHB (16 milliards de dinars) et Pizzarotti/Gesi TP ( de dinars).

En , le groupement le moins-disant ( d'euros), l'algéro-allemand GAAMA comprenant les entreprises DYWIDAG (51 %), Groupe Cosider (35 %) et INFRAFER (14 %) est choisi., tandis que la maîtrise d'œuvre est attribué au français Systra.. Un délai de 38 mois leur est accordé pour terminer les travaux de génie civil.

En 2004, un appel d'offres est lancé par l'Entreprise Métro d'Alger (EMA) pour l'équipement du système d'exploitation globale.. En , la réalisation du « système intégral » (clé-en-main) est attribué au groupement constitué de Siemens/Vinci/CAF pour d'euros et un délai de 35 mois..

Siemens réalise la voie, l’électrification, la signalisation, les automatismes d’aide à la conduite, les télécommunications, la billettique et le poste de commande centralisée (PCC). Vinci qui a une part de d'euros est chargé de l’aménagement des dix stations (neuf souterraines et une aérienne), de la construction d’un bâtiment technique de aux ateliers ainsi que des lots techniques liés au désenfumage, à la ventilation et aux escaliers mécaniques. CAF fabrique les quatorze trains de six voitures chacun et fournit les véhicules auxiliaires pour des travaux de maintenance pour un montant de d'euros..

Le tronçon Hamma - Haï El Badr, avec ses 4 stations et 17 ouvrages pour la ventilation et les câbles est réalisé dans le délai imparti de 38 mois. Les travaux de génie civil concernant le forage et la pose des rails ont été officiellement achevés le .

En , la pose et la soudure des voies d'une longueur de (jusqu'aux dépôts) sont entamés par l'entreprise française TSO., pour être livrés en . L'entreprise algérienne TFer est intervenue lors de cette étape en tant que sous-traitant pour les travaux de pose de voie béton et ballast, et de soudure de voie au nombre de ..

En , RATP Dev remporte le contrat d'exploitation et de maintenance du métro pour une durée de huit ans pour un montant de d'euros. Le contrat est signé le .

Le , la première rame est arrivée d'Espagne par bateau au port d'AlgerLes six premières rames du métro d'Alger livrées - Le Maghreb - 29 septembre 2008. La dernière des quatorze rames est arrivée le de BarceloneD’un montant global de 112 millions d’euros : Le métro d’Alger dispose de ses 14 rames - Le Jeune Independant - 10 août 2009.

La filiale RATP El Djazaïr est créée en 2009. Le de la même année, les premiers essais techniques ont lieu entre les stations Haï El Badr et les Fusillés en présence de quatre ministres..

En 2009 et 2010, un conflit financier entre EMA et le groupement Siemens/Vinci/CAF provoque un arrêt des travaux de plusieurs mois. Le contentieux porte sur un montant global de 60 millions d'euros, retardant la phase d'essais et le lancement commercial de deux ans..

Le , le ministre des transports assiste à la mise en circulation de deux rames en automatisme intégral entre la station du Jardin d'Essai et celle du mai.

Les travaux reprennent en après une médiation de Jean-Pierre Raffarin et le de la même année débute la du métro d'Alger..

Le , le contrat de la RATP El Djazaïr pour l'exploitation du métro d'Alger arrive à son terme.

Inauguration de la ligne 1 Le tronçon Tafourah (Grande poste) - Haï El Badr de la première ligne du métro d'Alger, d’une longueur de et comportant dix stations, est inauguré le par le président Abdelaziz BouteflikaMétro d’Alger : 28 ans, ,100 milliards de DA. Article du site internet du journal El Watan du 30/10/2011. Consulté le 31/10/2011..... Le tronçon entre en exploitation commerciale le ..

Le coût de la première phase de la ligne 1 s'élèverait à de DA, dont pour le génie civil et pour l’équipement, soit près de d'euros. Le coût final des travaux de la première ligne est estimé à de dinars.

Extension de la ligne 1 Extension vers El Harrach Le prolongement de la ligne 1 depuis la station Hai el Badr vers El-Harrach, d'une longueur de , comporte quatre stations : Bachdjarah - Tennis, Bachdjarah, El Harrach Gare et El Harrach Centre et un viaduc de au-dessus de la bretelle d'autoroute de Oued Ouchaïah (entre la station Hai-El-Badr et Bachdjarah 1).

Quatre groupements soumettent leur dossier dont Razel, pour d'euros et Vinci, pour d'euros.. Le , le groupement algéro-germano-italien GAAMEX, composé de DYWIDAG (48 %), Cosider (32 %) et TREVI (20 %). mené par ceux qui ont réalisé le tronçon Hamma - Hai El Badr, obtient par adduction le contrat des travaux de génie civil en étant une nouvelle fois le moins disant avec une offre de d'euros et un délai de 32 mois.

Les travaux de génie civil débutent en et sont réceptionnés le .

vignette|La station Bachdjarah sur la ligne 1. En , le contrat d'équipement du système intégral est attribué au groupement franco-algérien CRK composé de Colas Rail et KouGC pour un montant compris entre 85 et d'euros. et un délai de réalisation accordé de 23 mois, aux dépens du groupement Vinci/Siemens ou du Portugais Teixeira DuarteOUVERTURE HIER DES PLIS POUR L’EXTENSION DU MÉTRO D’ALGER Féroce concurrence, Le Soir d'Algérie, 16 janvier 2012.