Antonin Rolland est un coureur cycliste français, né le . à Sainte-Euphémie (Ain).
Grand espoir du cyclisme français à ses débuts, il a passé 15 ans dans le peloton des professionnels. Vainqueur d'une trentaine de courses, il a participé au moins une fois aux trois grands Tours du cyclisme et notamment dix Tour de France sans jamais abandonner.
Coéquipier fidèle de Louison Bobet notamment, l’apogée de sa carrière arrive lors du Tour de France 1955, au cours duquel il est maillot jaune pendant 12 jours devenant « malgré lui » prétendant à la victoire finale. Ne bénéficiant pas du total soutien de son équipe dévouée au leader Bobet, il cède le maillot jaune et finit de ce Tour.
Au cours de sa carrière, il remporte 2 étapes sur le Tour de France et une étape sur le Tour d'Italie.
Il est aujourd'hui le doyen des coureurs cyclistes ayant porté le maillot jaune ainsi que le doyen de ceux qui ont porté le maillot rose (leader du Tour d'Italie).
Biographie Jeunes années Antonin Rolland est né le à Sainte-Euphémie, une commune du département de l'Ain , au lieu-dit du Bady dans la maison de ses parents. Son père Benoit, né en 1884 à Ambérieux-en-Dombes est cultivateur sur plusieurs communes aux alentours de Trévoux (Misérieux, Sainte-Euphémie, Savigneux etc.). Benoit effectue son service militaire dans le 4e régiment du génie à Besançon mais est réformé pour une blessure au pied. Pendant les années de la Première Guerre mondiale au cours de laquelle il n'est pas mobilisé, il épouse sa première femme à Saint-Didier-de-Formans avec qui il a deux enfants : Claudius Antoine (né en 1917) et Jean-Louis (né en 1918). Il se remarie en 1923, un an après le décès de son épouse, avec Philiberte Berthier née à Relevant, déjà mère de deux enfants. Leur union donnera naissance à trois enfants : Antonin en 1924, Marie en 1936 et Johannes en 1939..
Antonin passe toute son enfance à Sainte-Euphémie dont il fréquente l'école jusqu'en 1937 (année de ses 13 ans). D'abord intéressé par la pratique du football, il signe une licence sportive au club de football de Misérieux, mais plusieurs problèmes physiques poussent son équipe à l’orienter vers le poste de gardien de buts..
Son père n'aimant pas le football, Antonin commence à intéresser au vélo. Incité par le fils du boulanger de Sainte-Euphémie, lui-même passionné de cyclisme, Antonin découvre ce sport et commence à rouler à vélo.
En 1940, il est apprenti mécanicien dans un garage à Saint-Trivier-sur-Moignans. Il y travaille la semaine et rentre à vélo chez ses parents le week-end. La guerre arrivant, son patron est mobilisé laissant Antonin tout seul dans le garage qui finit par fermer. Il est embauché par la suite dans l'entreprise Vermorel et y reste un an, échappant par ailleurs au STO. Après la semaine, il profite de ses week-ends pour s'entrainer et courir des courses à vélo.
Débuts en amateur
Fin 1941 : les toutes premières courses À la fin de la saison 1941, il s'inscrit à ses premières interclubs sans avoir de licence. Il participe fin octobre-début novembre à une épreuve en trois manches : il finit du championnat de vitesse, du championnat de côte en lâchant les autres à 200 mètres du sommet et de l'épreuve de fond..
Saison 1942 : première licence de cycliste amateur vignette|La première victoire en interclub d'Antonin Rolland relatée dans le journal L'Auto en 1942. Ces premiers résultats encourageants l'incitent à participer à cinq cyclo-cross pendant l'hiver 41-42.. Il remporte le Grand Prix Montclair à Pommiers avec un vélo de route, lui permettant d'apparaitre dans le journal L'Auto et finit également du championnat du Rhône derrière l'italien Mantovani (il est jugé comme la révélation de l'épreuve). Il ne tarde pas à signer sa première licence au Vélo Club Caladois de Villefranche-sur-Saône (club dans lequel il est toujours licencié aujourd'hui). Dans le milieu du cyclisme local, il se fait remarquer et signe un premier contrat avec le tout jeune constructeur de cycles Rhonson implanté à Villeurbanne. Il reçoit alors un vélo neuf tous les mois..
Il participe en mars à trois courses de clubs dans le Beaujolais et remporte celle de Lachassagne. Il s'inscrit ensuite à dix-sept courses d'interclub. Il remporte le championnat du Rhône en mai et signe deux secondes places et quatre troisièmes places. Il clôt sa saison 1942 par la même épreuve avec laquelle il a commencé la compétition en 1941 : il remporte le championnat de fond, celui de côte et finit 5e à l'épreuve de vitesse..
Saison 1943 : Rolland signe plusieurs succès dans une saison réussie pour le V.C. Caladois Alors que la zone libre a été envahie, des courses cyclistes continuent malgré tout d'être organisées. Rolland commence sa saison avec trois courses de clubs, puis participe à vingt-quatre courses interclubs.. Il signe en avril une place au Prix Victor Bouthiaux derrière son camarade de club Quagliari. En mai, il remporte le Prix Fournet à Saint-Etienne, et enchaîne avec le Prix des jeunes de Villefranche-sur-Saône. Il termine du championnat du Rhône individuel et 3e du championnat du Rhône des sociétés. En juillet, il termine d'une course du Trophée Tendil, lui permettant de se qualifier pour la finale. Il se classe du Prix des Brosses et au mois d'août, 6e de la classique Lyon-Saint-Etienne-Lyon. En septembre, il remporte la finale du Trophée Tendil à Nîmes en faisant la différence sur les trente sélectionnés dans la côte de Montagnac. Il enchaîne avec le Prix de la Croix-Rousse à Cours et termine sa saison des courses interclub avec une place au Prix de Manziat malgré un guidon cassé..
Ses beaux résultats aux côtés des espoirs du V.C. Caladois sont remarqués dans le journal L'Auto dont le journaliste P. Augey souligne la très belle saison du club le classant parmi les meilleurs amateurs.
Saison 1944 : Rolland continue son apprentissage Après une place lors d'une cyclo-cross à Lyon, Rolland entame sa saison routière avec trois courses de clubs (dont une victoire) et vingt courses interclub. Il remporte d'abord le Prix Victor Bouthiaux en avril puis le Prix des cafés Vigor en mai. Il obtient la troisième place du Prix de Choissy et la du Prix du textile à Roanne. Au Grand Prix de Villefranche, Rolland se fait remarquer : il participe à toutes les échappées et fait un moment la course en tête mais manque d’énergie pour aller au bout et ne peut résister à la remontée des favoris. Pour le Grand Prix de Cours la Ville, Rolland s'y rend à vélo depuis Villefranche soit 45 km. Le jour même, la course est arrêtée dans le col de la Buche par le maquis qui indique au peloton qu'une colonne allemande est signalée et qu'il est urgent de se cacher, annulant la fin de la course.. Enfin, en fin de saison il finit 3e du Prix de Champagne et du Prix de Fleurie.
Saison 1946 : Rolland se rapproche du peloton des professionnels En 1946, Rolland participe à des courses avec les professionnels avec une licence d'indépendant. Il monte plusieurs fois au Vel' d'Hiv' pour y courir des épreuves de poursuites. Le il remporte le brassard-poursuite amateurpuis de nouveau le 18 cette fois-ci en battant Rioland en finale, le champion du monde amateur de poursuite. Il participe à Paris-Rouen. Lors du championnat de France amateur il participe aux échappées notamment aux côtés du jeune Louison Bobet qui remporte le titre. Il finit au circuit de Bresse.
Carrière professionnelle
Saison 1947 : entrée dans le peloton des professionnels En début d'année, Antonin Rolland devient coureur professionnel au sein de l'équipe Rhonson-Dunlop. M. Buche, président du Vélo Club Caladois, déclare à L’Équipe que son « poulain » se prépare activement pour la saison routière qu'il va lancer avec le Prix de la Ville de Nice le . Il participe au Critérium national le , rentrée officielle de la saison routière et fait partie selon la presse des jeunes professionnels à suivre. Si la course est remporté par Émile Idée (Rolland termine lui à la 14e place), sa performance en tant que néo-professionnel est remarquée. André Mouton, manager de jeunes cyclistes le décrit comme .
Le , il remporte le Prix d'Annecy. Le , il prend part à la Polymultipliée de Chanteloup les Vignes et s'illustre en signant une 4e place. Animateur de la course notamment aux côtés de Jean Robic, il est présent dans l'échappée de tête avant d'être lâché dans l'avant dernière ascension. Le , il termine 2e du Grand Prix de Beaujeu.
Sur Paris-Tours il se fait à nouveau remarquer puisqu'il est l'instigateur de « l'éclatement » du peloton et termine à la place finale. Ce bon résultat dans cette course prestigieuse lui permet de se classer pour les Championnats de France et renforce sa place parmi les grands espoirs français dans la presse. , la , , . Les attentes à son sujet sont telles qu'André Mouton déclare le qu' regrettant qu'en dehors des classiques et les Championnats de France, Rolland ne se fixe pas d'objectifs plus ambitieux, tels que les Six jours, le Tour de France, voire le titre de champion de France ou du Monde sur piste. Lui-même rétorque qu'à 22 ans, il veut se concentrer sur ses objectifs et qu'il a le temps devant lui.
Le , il remporte le Circuit de cols du Beaujolais. Il est pressenti pour participer au Tour de France dans l'équipe du Nord-Est, mais il décline l'invitation déclarant ne pas avoir la condition physique idéale pour cette épreuve. Il participe toutefois aux Championnats de France, l'un de ses objectifs pour lequel il s'est particulièrement préparé. Il termine la course à la 8e place, déclarant : . Pourtant, ce championnat de France du être recouru après le Tour de France, car il est révélé que le vainqueur Paul Néri n'était pas naturalisé français, ce que l'intéressé ignorait.
Rolland finit du Grand Prix des Expositions le , remporte le Grand Prix d'Amplepuis le et le Circuit de Bresse le 24. Le il prend part à la deuxième édition des championnats de France sur route et fait partie des favoris désignés. Cependant, il n'est pas classé à l'arrivée. Il finit 5e du Grand Prix de Thizy.
En octobre, il s'inscrit sur l'omnium des routiers sur la piste du Vel' d'Hiv. Bien que fatigué de sa longue saison, il se classe parmi les huit premiers alors qu'il n'est pas particulièrement entrainé pour la piste. Terminant ainsi sa saison, il déclare se mettre au repos intégral jusqu'en février, sauf pour deux ou trois voyages à Paris .
Toutefois, il assure vouloir rester avant tout un coureur cycliste sur route plutôt que pistard. Il prévoit par ailleurs d'aider ses parents à la ferme pendant cette trêve tout en continuant à travailler dans son atelier pour son employeur Rhonson, à monter des roues. A la fin de l'année, il se confit à L’Équipe pour juger sa saison :
Saison 1948 Il est aligné sur le Critérium International, Annemasse-Belgarde , Paris-Tours, le Grand Prix de Figeac le Tour de Corrèze. Son premier résultat probant de la saison arrive au circuit de Savoir qu'il termine à la place. Il est en tête avec 3 min 45 d'avance au col des Aravis, mais se fait remonter par Molineris qui remporte la course. Il participe à Paris Valenciennes, les Boucles de la Seine. Au Critérium du Dauphiné, il finit 2e de la 3e étape. Il prend part au circuit International de Salon. Il court à Dijon-Lyon dans l'espoir de se qualifier pour les championnats de France. Il finit 10e.
Saison 1952