Le Parti pour la liberté (, abrégé en PVV) est un parti politique néerlandais d'extrême droite fondé en 2006 par Geert WildersVoir les articles en français de Wilders sur Gatestone..
Histoire Le , le député Geert Wilders, élu du Parti populaire pour la liberté et la démocratie à la Seconde Chambre, quitte son groupe car en désaccord avec la politique menée par son parti. Il décide de ne pas rendre son siège et de créer son propre groupe, le , dont il était le seul membre. Il adopte des positions fermes mais nuancées sur ses thèmes de prédilection que sont l'immigration et la justice.
Le , le Parti pour la liberté est créé afin de se présenter aux élections législatives de 2006. Il n'est toutefois pas ouvert aux adhésions, choisissant d'être financé exclusivement par des financiers privés.
Au cours des années, le PVV connaît une ascension fulgurante : se présentant pour la première fois aux élections législatives en 2006, il obtient 5,9 % et à la Seconde Chambre, devenant ainsi la cinquième force politique du pays. Aux élections européennes de 2009, le parti parvient à recueillir 17 % des suffrages et remporte alors () au Parlement européen, il devient alors la deuxième force politique du pays. Lors de sa première participation aux élections municipales en 2010, le PVV est arrivé en tête à Almere ( sur 39) et deuxième à ()Marion Brunet, « Nouvelle percée de l'extrême droite aux Pays-Bas », Le Figaro, .. vignette|gauche|Une réunion publique durant la campagne électorale de 2009. thumb|Pourcentage d'électeurs par commune ayant voté pour le PVV, en 2010. Les élections législatives de 2010, provoquées par la démission du gouvernement néerlandais, confirment la percée du parti sur la scène politique des Pays-Bas : il est en effet considéré comme le grand gagnant de ces élections, rassemblant 15,4 % des suffrages et passant de 9 à () et devenant ainsi la troisième force politique du pays. À la suite de ces résultats, la reine Beatrix a demandé d’envisager une future coalition entre les libéraux du VVD et le PVV« Pays-Bas : la reine favorable à une alliance entre libéraux et extrême-droite », Le Monde, .. C’est finalement un gouvernement minoritaire qui est formé entre le VVD et le CDA mais avec le soutien du PVV. Cette stratégie du PVV est payante puisqu’en 2011, un sondage montrait que 25 % des électeurs du PVV et un sixième de l’ensemble des électeurs pensent que Geert Wilders est ministre du gouvernement de Mark Rutte..
Le parti fait tomber le cabinet Rutte et de nouvelles élections ont lieu en . Elles sont un échec pour Geert Wilders. Le parti passe de 15 à 10 % des voix. Le PVV entre dans l'opposition tandis que le VVD (libéraux-conservateurs) et le PvdA (travaillistes) s'unissent pour gouverner et former ainsi le cabinet Rutte II (, soit 52,9 % des sièges).
Très vite, le gouvernement dévisse dans les sondages, en particulier les travaillistes. Le PVV part favori pour les élections de mars 2017. Néanmoins, tous les partis ont fermé la porte à son inclusion au gouvernement, y compris en cas de première place.
Le PVV arrive largement en tête des élections législatives anticipées du 22 novembre 2023 devançant largement la liste écologiste et socialiste emmenée par l’ex-commissaire européen Frans Timmermans. Il obtient trente-sept sièges de député sur les cent cinquante de la Seconde Chambre, soit vingt de plus qu’en 2021, un score jamais atteint par ce parti.. Après les élections, le parlementaire PVV Martin Bosma est élu président de la Chambre des représentants. C'est la première fois qu'un membre du PVV occupe ce poste.
En , après six mois de négociations, un accord de coalition est conclu entre le PVV, le Nouveau Contrat social, le Mouvement agriculteur-citoyen et le Parti populaire pour la liberté et la démocratie. Au cours des pourparlers, tous les partis conviennent qu'aucun de leurs dirigeants n'occuperait le poste de Premier ministre, optant plutôt pour un politicien indépendant. Le PVV propose d'abord Ronald Plasterk pour ce poste, mais sa candidature est retirée à la suite d'accusations de fraude. Le PVV propose alors Dick Schoof, un fonctionnaire, comme Premier ministre. Le cabinet Schoof prête serment le , et la femme politique Fleur Agema, membre du PVV, est nommée vice-première ministre. Le PVV se retire du cabinet le après avoir échoué à trouver un accord avec les partenaires de la coalition sur la modification des réglementations néerlandaises en matière d'asile. Cette décision provoque la tenue d'élections législatives anticipées le , au cours desquelles son parti accuse un net recul en perdant 11 sièges et en étant devancé d'une courte tête par les Démocrates 66.
En , sept députés annoncent leur départ du Parti de la liberté, s'opposant à la promesse de Wilders d'adopter une posture d'opposition ferme au futur gouvernement. Le mouvement perd donc alors son statut de première force d'opposition à la Chambre des représentants.
Ligne politique De nombreuses sources situent le Parti pour la liberté à l'extrême droite, dont de nombreux médias............, de même que des chercheurs comme Jean-Yves Camus. ou Nicolas Lebourg. Pierre-André Taguieff estime qu'il .. Pour Jean-Pierre Stroobants, journaliste au Monde, il s'agit d' et ..
Son programme comprend des éléments nationalistes, conservateurs et libéraux : on compare les positions du parti sur certains sujets, notamment sa fermeté en ce qui concerne l’immigration et la justice, à celle de la populiste Liste Pim Fortuyn, mais il se définit davantage comme d’inspiration conservatrice et libérale.
D'après l'universitaire Jan Herman Brinks, . Il intègre parmi ses priorités l’interdiction immédiate et totale de l’immigration en provenance des pays musulmans, l’interdiction de construire de nouvelles mosquées, la fermeture de toutes les écoles islamiques et l’introduction de lois interdisant le port de la burqa et bannissant « le Coran fasciste ».
Il est néolibéral sur le plan économique.. Il est opposé à l’allongement de l’âge légal de départ à la retraite et à la baisse des déductions fiscales sur l’épargne-retraite.
Geert Wilders prône le rattachement de la Flandre belge aux Pays-Bas et propose de consulter, par référendum, Néerlandais et Flamands sur ce projet ; le Vlaams Belang, parti flamand d'extrême droite, soutient cette idée.. D'après Nicolas Lebourg, .
En 2010, Jan Herman Brinks estime que . Geert Wilders s'engage à partir de 2014 à organiser la sortie de son pays de l’Union européenne et de la monnaie unique ; il affirme alors que cette démarche entraînerait une forte croissance de l’économie néerlandaise et rapporterait chaque année environ euros à chaque famille. À l'occasion des élections européennes de 2014, Laurent de Boissieu le classe parmi en Europe avec l'Union populaire républicaine de François Asselineau en France, en raison de leur projet de .. Geert Wilders salue la décision des Britanniques de sortir de l'Union européenne en , et s'engage à organiser un référendum similaire en cas d'accès aux responsabilités aux Pays-Bas ; le PVV est le seul parti parlementaire néerlandais à proposer une telle mesure..
Sur le plan institutionnel, il défend l'introduction du référendum d’initiative populaire et du mandat impératif. Jan Herman Brinks note que le PVV .
Le parti s'oppose à l’Accord de Paris sur le climat, signé en , et qualifie le texte d’ « inepties qui ne font qu’ajouter un fardeau supplémentaire sur notre peuple »..
Programme
D'après le programme électoral publié sur le site officiel pour les élections législatives de 2010, le PVV réclame :
Sur le plan international : le maintien dans l'OTAN et l'appel à l'exclusion de la Turquie ; le retrait du pays de l'UE et de la zone euro (retour au florin) ; la fin de tout soutien à la Palestine ; le soutien aux Afrikaners, en raison de l'héritage historique.
Contre l'islam : la fermeture de toutes les écoles musulmanes () ; l'interdiction du halal () - le cacher, aussi mentionné , fut retiré selon une déclaration de Wilders au Jerusalem Post ; l'inscription, dans la constitution, de la primauté de la culture judéo-chrétienne et humaniste ().
Sur le plan social : la défense des droits LGBT () ; l'opposition à toute séparation des sexes () ; l'enregistrement de l'ethnie de tous les citoyens néerlandais ().
Organisation Le PVV est une association dont Geert Wilders est le seul membre : Béatrice Giblin-Delvallet note que ...
Financement Le financement public des partis n'étant ouvert aux Pays-Bas qu'à partir de Parlement & Politiek, site du parlement néerlandais, le PVV, qui n'a pas de système d'adhésion, n'est pas concerné.
La question des financements est taboue. Le PVV refuse de publier ses mécènes et a même promis de tout faire contre des lois qui le contraindrait à les divulguer. Mais d'après , un ancien député qui a quitté le PVV, le PVV est principalement financé par des groupes de pression (lobbies) américains.. D'après Reuters, le groupe néoconservateur Forum du Moyen-Orient dirigé par Daniel Pipes a payé les procès de Wilders ainsi que sa sécurité. David Horowitz l'a aussi « grassement payé » pour deux discours aux États-Unis. Ces financements se sont poursuivis les années suivantes, le PVV ayant notamment obtenu en 2015 versés par David Horowitz Freedom Center, un think tank animé par David HorowitzThe Dutch far right’s election donors are almost exclusively American, Aamno Mohdin, Quartz, 10 mars 2017.
Dirigeant Geert Wilders (depuis 2006)
Résultats électoraux Élections législatives
AnnéeCandidat Voix % Rang Sièges Gouvernement 2006Geert Wilders 5,89 2010 15,45 2012 10,08 2017 13,06 2021 10,79 2023 23,49 2025 16,66 centré|vignette|380x380px|Evolution des résultats électoraux du PVV à la Seconde Chambre.
Élections européennes
Année Voix % Rang Sièges Tête de liste Groupe 2009 17,0 Barry Madlener NI 2014 13,3 Marcel de Graaff NI (2014-2015), ENL (depuis 2015) 2019 3,5 ID 2024 17,0 Sebastiaan StötelerPfE
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
Geert Wilders Retrait des Pays-Bas de l'Union européenne
Liens externes
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