Le lac de Tibériade (hébreu : יָם כִּנֶּרֶת ; arabe : بحيرة طبريا), mer de Galilée, lac de Kinneret ou encore lac de Génézareth est un lac naturel d'eau douce d'une superficie de situé dans le nord-est d'Israël, à l'ouest de la Syrie, entre le plateau du Golan et la Galilée.
Situé à plus de au-dessous du niveau de la mer, il est traversé par le fleuve Jourdain. Riche en poissons, il est réputé pour ses tempêtes violentes à cause des différences de température avec les hauteurs environnantes.
Étymologie et appellations En hébreu, le nom du lac est « mer de Kinneret » (). Il apparaît sous la forme Kinerot dans les scripts d'Ugarit dans l'épopée de Danel et Aqhat, au avant notre ère.
Il figure dans la Bible hébraïque, soit le livre des Nombres (parasha Massei 34,11)Livre des Nombres, , . : «...puis elle [la frontière] suivra le bord oriental de la mer de Kinneret »
et dans le livre de Josué (13,27)Livre des Nombres, , ., en parlant du territoire de Gad : «…avec le Jourdain pour limite, jusqu’à l’extrémité de la mer de Kinneret, au bord oriental du Jourdain. »
Une explication du nom Kinneret provient d’une allusion à sa forme, kinnor () signifiant « lyre », d’où kinneret « en forme de lyre ». Selon le Talmud, le nom du lac lui vient du fait que « ses fruits sont doux comme le son de la lyre » (Talmud de Babylone, ). D’après le Talmud de Jérusalem (Méguila 1:1), le nom Kinneret proviendrait des arbres kinnar qui poussaient autour du lac, terme interprété par Marcus Jastrow comme désignant le jujubier de Palestine (Ziziphus spina-christi) et par Moses Margolies comme désignant des roseaux, ce qui donnerait au toponyme le sens de « lieu des roseaux ». Le consensus scientifique est que l'origine du nom est dérivée de l'importante ville de Kinneret de l'âge du bronze et du fer, fouillée à Tell el-'Oreimeh.
Tous les écrivains de la Torah et du Nouveau Testament utilisent le terme « mer » (hébreu יָם yam, grec , « mer. ») pour désigner cette grande étendue d'eau douce, à l'exception de Luc, qui l'appelle , « lac de Gennèsaret », forme grecque de ChinnerethThe Easton Bible Dictionary: Updated and Revised, "Chinnereth". . Le Talmud babylonien ainsi que Flavius Josèphe mentionnent la « Mer de Ginosar » - un autre nom dérivé de Kinneret - d'après la petite plaine fertile de Ginosar qui se trouve sur son côté ouest. Ce nom a été transmis dans les langues européennes sous la forme Génésareth.
Il est appelé « lac de Tibériade » dans la Mishna, le Talmud et la Tosefta à cause de sa proximité avec la ville de Tibériade. Sa désignation comme « lac de Guinossar » se rencontre aussi.
Les versions grecque et latine (Mare Galilaeae) des Évangiles, utilisent le nom de « mer de Galilée ». C’est également le cas en anglais aujourd'hui (Sea of Galilee).
Des Omeyyades à la période mamelouke, le lac est connu en arabe sous le nom de Bahr al-Minya, la « mer de Minya », d'après le complexe qasr omeyyade dont les ruines sont encore visibles à Khirbat al-Minya..
À l'époque contemporaine, il est appelé (translit.) « Kinneret » ou « mer de Kinneret » en hébreu. La langue arabe (بحيرة طبريا, buhayrat tabariya) et le français utilisent le nom de « lac de Tibériade ».
Géographie
Caractéristiques Superficie : (soit 23 449,3 terrains de foot) Longueur : Largeur : Périmètre : Profondeur moyenne : Temps de renouvellement : Débit annuel : en entrée et en sortie. Généralités Le lac de Tibériade est considéré comme le lac d'eau douce le plus bas de la Terre et le deuxième lac le plus bas du monde (après la mer Morte et la dépression de l'Afar).
Dans sa forme actuelle, il était précédé par le qui s'étendait du nord de la mer de Galilée à au sud, à plus de du point le plus méridional actuel du lac. Ce lac Lisan a été précédé par le lac Ovadia, un lac d'eau douce beaucoup plus petit. Le lac Kinneret s'est formé sous sa forme actuelle il y a moins de , à la suite de l'affaissement tectonique et du rétrécissement du lac Lisan.
Il est situé dans le nord-est d'Israël, entre le plateau du Golan et la région de Galilée, dans la vallée du Rift du Jourdain et dans la partie nord du fossé syro-africain. Formée par la séparation des plaques africaine et arabique, la région est ainsi sujette à des tremblements de terre et dans le passé, à une activité volcanique. Cela est indiqué par l'abondant basalte et à d'autres roches ignées qui définissent la géologie de la Galilée. Ainsi, on trouve notamment dans la zone entourant le lac des roches telles que du gravier, du gypse, du basalte, du calcaire, de l'argile, du silex, de la marne et d'autres encore.
L'altitude du lac de Tibériade fluctue entre 215 et sous le niveau de la mer (selon les précipitations et la variation des saisons). Il mesure environ de circonférence, environ de long et de large. Sa superficie est de à son maximum et sa profondeur maximale est d'environ http://wldb.ilec.or.jp/Lake.asp?LakeID=ASI-09.
Le lac est alimenté en partie par des sources souterraines mais sa source principale est le Jourdain qui le traverse du nord au sud avec le dérivant contrôlé par le barrage de Degania.
Hydrographie Le lac reçoit de l'eau principalement du fleuve Jourdain qui s'y déverse au nord et en ressort au sud.
Il constitue aujourd'hui une ressource hydraulique importante pour Israël. En 2016, le lac fournit environ 10 % des besoins en eau potable d'Israël et environ de mètres cubes d'eau par an à la Jordanie. Il est prévu que les Jordaniens construisent une nouvelle usine de dessalement permettant l'achat par Israël d'environ de mètres cubes d'eau par an avec en contrepartie, la fourniture à la Jordanie d'une quantité équivalente d'eau provenant du lac de Tibériade et du nord du pays.vignette|Jauge stylisé reprenant la forme du lac de Tibériade, mesurant en permanence numériquement le niveau de l'eau.Des travaux de canalisations permettent l'approvisionnement des villes d'Israël en eau douce et l'irrigation à des fins agricoles, essentiellement dans le désert du Néguev. Le développement du dessalement de l'eau de mer en Israël qui diminue les pompages dans les eaux du lac de Tibériade n'empêche pas le lac d'atteindre un de ses niveaux les plus bas à l'automne 2017 en raison de la sécheresse du précédent hiver. La situation s'aggrave à l'automne 2018.
Aqueduc national inversé Le lac de Tibériade est la principale réserve d’eau douce naturelle d’Israël. Entre 2013 et 2018, plusieurs années de sécheresse intense ont fait chuter son niveau à des records historiques, approchant la « ligne rouge inférieure », seuil critique pour l’écosystème et la sécurité hydrique du pays. Parallèlement, Israël a massivement développé le dessalement de l’eau de mer sur la côte méditerranéenne, au point de disposer de surplus par rapport à la consommation directe. L’idée centrale du projet est donc : utiliser ces surplus d’eau de mer dessalée pour réalimenter le lac, transformant ce lac naturel en un grand réservoir stratégique contrôlé, moins dépendant des pluies.
Afin de lutter contre la baisse de niveau du lac, le gouvernement israélien approuve le le système « Reverse Carrier », un plan pour l'alimenter en eau dessalée. Il prévoit de déverser d'eau annuellement.
Le projet prévoit la construction de deux usines de dessalement, une en Galilée occidentale, l'autre à Nahal Sorek, pour une capacité totale de par an.. À la suite de pluies abondantes en 2019 et 2020, le niveau remonte et atteint les sous le niveau de la mer le , un niveau qui n'avait jamais été atteint depuis juillet 2004...
À la fin de l'été 2022, le niveau du lac reste relativement haut, ne se situant qu’à un mètre en dessous de sa pleine capacité, selon les mesures prises par les experts le 13 septembre 2022.. En décembre 2022 est inaugurée la première tranche d'un système de pompage et de traitement de l'eau permettant l'alimentation en eau de mer dessalée du lac de Tibériade qui devrait permettre d'éviter de trop fortes baisses du niveau du lac.
En novembre 2025, le niveau du lac est de au-dessous du niveau de la mer et à au-dessus de la limite basse, en-deçà de laquelle le pompage risque d’endommager l’écosystème aquiatique.vignette|Évolution récente du niveau du lac de Tibériade, avec une remontée particulière en 2019-2020.|centré
Mise en service En novembre 2025, première injection opérationnelle significative d’eau dessalée dans le lac. C'est une première mondiale (premier pays à remplir activement un lac d’eau douce avec de l’eau de mer dessalée).
L’eau traitée issue du système national de dessalement s’écoule dans la rivière saisonnière Tsalmon, par la source d’Ein Ravid. L'eau du Tzalmon se déverse ensuite lentement à raison de cubes par heure (débit qui peut être augmenté) dans le lac de Tibériade menacé par la sécheresse, afin de relever le niveau du lac d’environ par mois. thumb|upright|Carte bathymétrique du lac.
Fin 2025 – début 2026 : augmentation forte des débits injectés en raison d’un hiver très sec dans le nord.
Débit initial : 1 000 m³/h (octobre 2025) puis porté à 4 000–6 000 m³/h, avec un total cumulé autour de 5 000 m³/h au début de l’été 2026.
Ambition stratégique Faire du lac un réservoir national d’eau douce stabilisé, capable de stocker des surplus d’eau dessalée en période humide et d’être utilisé en période sèche.
Réduire les pompages directs dans le lac pour l’alimentation en eau potable. Par exemple, seulement 20 millions de m³ y sont prélevés en 2025, soit environ 10 fois moins qu’en période normale avant le projet.
En sécurisant l’approvisionnement en eau d’Israël, il permet au pays de maintenir ou renforcer ses engagements d’exportation d’eau vers des voisins (accords avec la Jordanie).
Histoire vignette|Détail de la carte de la Terre Sainte de Nicholas Visscher, où l'on distingue « Cinneret » à côté de « Tiberias », combinant la géographie réelle et biblique, et incluse dans la Bible néerlandaise d'Abraham van den Broeck (1657). |gauche Sur la rive ouest du lac, est construite la ville éponyme de Tibériade (Tiberias). Capitale de la Galilée, elle fut fondée par le roi Hérode Antipas en l'honneur de l'empereur romain Tibère. C'est aujourd'hui une station balnéaire de , réputée pour ses sources chaudes et pour son climat sec.
Il existe de nombreux sites archéologiques et historiques autour du lac de Tibériade, notamment Hattin, site de la bataille de Hattin (1187) lors de laquelle le sultan Saladin battit . Sous les eaux du lac, au sud-ouest, se trouve une énorme structure conique de blocs de basalte non taillés, découverte par des archéologues en 2013. Encore énigmatique, elle pèserait environ , par Yitzhak Paz1, Moshe Reshef, Zvi Ben-Avraham, Shmuel Marco, Gideon Tibor et Dani Nadel, , , DOI : 10.1111/1095-9270.12005.. La Bible mentionne de telles œuvres humaines sous le terme araméen Yegar-Sahadouthâ (« monceau-témoignage ») ; une autre hypothèse voudrait qu'il s'agisse d'une nurserie à poissons. vignette|Antique embarcation romaine extraite des eaux de la mer de Galilée lors d'une opération spéciale à Ginosar. Durant l'hiver 1986, a été découverte dans le lac, près de ce qui est généralement considéré comme l'ancienne Magdala / Tarichée, un exemplaire unique de barque romaineVoir le descriptif complet de La barque romaine du lac de Tibériade sur le site du Ministère israélien des Affaires étrangères. (longueur , largeur , profondeur ) pour la pêche et le transport de marchandises. Le situe la construction de cette barque au de notre ère, ce qui lui vaut parfois le surnom de « barque de Pierre » ou « barque de Jésus ».