Estella en espagnol, ou Lizarra en basque, est une municipalité située dans le Nord de l’Espagne, chef-lieu de la Comarque de Tierra Estella (Lizarrerria), dans la communauté forale de Navarre.
Elle est située dans la zone linguistique mixte de la province. Le Camino francés du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle passe par cette ville.
Géographie Dispersée sur un terrain accidenté de part et d'autre de l'Ega, Estella est morcelée en « paroisses » qui ont grandi sans perdre leur personnalité.
Située à d'altitude, elle est entourée par les monts : Montejurra, Peñaguda, Cruz de los Castillos, Santa Bárbara et Belástegui. Ce cercle de montagnes la protège des vents.
Estelle est située sur la rivière Ega, affluent de l'Èbre.
Toponymie Dans les archives diplomatiques d'Iratxe, village situé à de la ville, les références à ce toponyme sont fréquentes dans des documents du , et selon les cas, on y trouve les noms suivants: « Leizarrara », « Lizarrara », « Liçarrara », « Lizarara », « Liçarra » et « Lizarra ». Le toponyme, basque, a été interprété dans certains cas comme ilizar, « ancienne ville », et aussi comme elizar, « ancienne église »; toutefois il paraît y avoir une plus grande solvabilité étymologique pour « Lizar », frêne en euskera, donc « Lizarra », « le frêne ». Cette étymologie est en rapport avec la possible abondance de cet arbre à cet endroit.
Ce village existait déjà au temps des romains sous le nom basque de Lizarra qui signifie L'étoile (Izarra). Quand Sancho Ramirez de Navarre décida d'y installer une colonie de francs, il décréta un for en 1090 qui déclarait la ville sous le nom d'Étoile en espagnol: Estrella.
La légende rapporte qu'en 1085, des bergers alertés par une pluie d'étoiles, miraculeuse, découvrirent la statue dite de Notre-Dame-du-Puy. Et depuis ce temps-là, le bourg primitif, dont il est fait mention, à l'époque romaine sous le nom de Gebalda, fut appelé Estella, nom proche du terme castillan estrella, étoile. En tout cas, pour les pèlerins, la ville était Estella Bella, Estella la belle et la Basilique de la Vierge du Puy veille sur la ville.
Histoire thumb|400 px|left|Estella, site d'intérêt militaire vers 1840
La cité est établie près du bourg primitif de Lizarra, reconquise en 914 par Sancho GarcésSanche Ier de Navarre, né en 865, mort en 925. Il régna sur la Navarre de 905 à 925. Fils de Garcia d'Aragon et de Daldide de Palhares. Sanche de Navarre épousa Urraca d'Aragon. Il épousa en secondes noces Toda de Navarre..
En 1090 le roi Sanche RamirezSanche Ier Ramirez ou Sancho Ramírez de Aragón (vers 1042 – 4 juin 1094), régna sur l'Aragon (sous le nom de Sancho Ier) à compter de 1063 et sur la Navarre (sous le nom de Sancho V) de 1076 jusqu'à sa mort à Huesca, en 1094. Il était le fils de Ramire d'Aragon, auquel il succéda en 1063, et de Gilbergue de Carcassonne., (Sanche d'Aragon, roi de Navarre et d'Aragon) décide de développer et de susciter un repeuplement afin de pourvoir la cité de commerçants, d’hommes libres et d’ecclésiastiques. Cette population s'occuperait de l’afflux croissant des pèlerins de Compostelle. Pour cela il a dévié le chemin primitif du pèlerinage et construit un château sur la rive droite du rio Ega, au pied d'un petit relief rocheux. La même année il a accordé un for, basé celui de Jaca, en autorisant l'installation de « Francos », mais en soumettant les Navarrais au pouvoir royal.
thumb|400 px|right|Estella et le rio Ega En 1187, Sanche le SageSanche VI de Navarre, dit "Le Sage" né en 1132, mort en 1194. Il régna sur la Navarre de 1150 à 1194. Fils de Garcia V de Navarre et de Marguerite de l'Aigle. (Sanche VI de Navarre, 1150-1194) décide de repeupler la cité avec des Navarrais, en accordant aux nouveaux habitants un juridiction identique à celle qui avait été rédigée en 1164 pour les « Francos ». En 1188 il a accordé la même juridiction au quartier de Arenal. Ont coexisté, par conséquent, trois noyaux de population différents, qui ont été réunis en une seule commune en 1266.
Sa situation sur le chemin de Compostelle a attiré des commerçants, principalement des « francos » et des juifs, provenant du Puy-en-Velay et de Tours, comme l’ont montré les récentes fouilles et études des églises et cimetières.
Dans Estella des commerces et des hospices se sont établies, ce qui a engendré un essor économique, qui a eu pour conséquence une importante activité ; le noyau commercial primitif a été transformé un ensemble urbain bien défini dans un bref espace de temps.
À partir du on construit des bâtiments, principalement religieux, qui, suivant l’expression de Julio Caro Baroja, ont fait d'Estella « la capitale de l’art roman navarrais ». Au , Estella était la ville des négociants et possédait une bourse de change.
Estella atteint son apogée au ; sa décadence commence au siècle suivant. Ceci est dû à des faits comme la dissolution des confréries en 1323 et des conflits entre la Navarre et la Castille tout au long des .
La ville, appauvrie par la guerre civile et par les inondations qui l'ont détruite, est tombée entre les mains des troupes de Ferdinand le Catholique en 1512. Cinquante années plus tard on a décidé la démolition de sa forteresse. Durant la troisième guerre carliste (1872-1876), Estella devint la capitale de l'État carliste, siège de son gouvernement jusqu'à la prise de la ville par les troupes alphonsines (1876), et la fuite du roi Carlos VII.
Politique et administration Liste des maires Liste des maires 2007 -2011 Begoña Ganuza UPN-PP 2003-2007 María José Fernández Aguerri PSN-PSOE 1999-2003 María José Bozal Bozal UPN-PP 1995-1999 José Luis Castejón Garrués PSN-PSOE 1991-1995 José Luis Castejón Garrués PSN-PSOE
Jumelages Annuaire des villes jumelées
Démographie Évolution démographique de 1897 à 1991 1897 1900 1930 1940 1950 1960 1970 1975 1981 1991
Évolution démographique depuis 1996 1996 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 12 552 12 535 12 607 12 683 12 887 13 150 13 449 13 439 13 708 13 892 13 931 Sources : Estella et instituto de estadística de navarra
Culture et patrimoine thumb|290 px|right|Le pont del Càrcel (de la prison) Pèlerinage de Compostelle Sur le Camino francés du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Venant de Villatuerta, la prochaine étape est le Monastère Santa Maria la Real d’Irache.
Aimery Picaud, dans son Guide du Pèlerin rapporte que : « le pain est bon, le vin excellent, la viande et le poisson abondants, et qui regorge de toutes délices. » Il fait aussi l'éloge des qualités de l'eau de l'Ega, « une rivière d'eau douce, saine et extraordinaire ».
« Estella la bella » ainsi l’appelaient au Moyen Âge les pèlerins, était une étape importante du « chemin », la troisième du Guide du Pèlerins. En 1354 il existait six hôpitaux.
Patrimoine religieux L’église de San Pedro de la Rúa Sur les contreforts de la falaise où se trouvait le château, l'église se dresse face au Palais des rois de Navarre.
Cette église était connue au sous le nom Saint Pierre le Majeur. Elle était mentionnée comme église paroissiale depuis 1174, bien qu'il soit possible qu'elle existait antérieurement. En 1256 elle a eu comme fonction d’église principale d’Estella, iglesia mayor de la ciudad.
Le portail, au sommet d'un escalier monumental, ouvre sur le mur Nord ; les chapiteaux et les voussures sont richement sculptés à caractère végétal, géométrique et figurée, mais son originalité réside dans l'arc d'entrée en tiers-point, bordé de petits lobes, qui témoigne de l'influence de l'art d’al-Andalus, avec de grandes similitudes avec les portails des proches églises de San Román de Cirauqui, et celle Santiago à Puente la Reina. Sur les jambages de la porte une riche figuration classique et de type scatologique, avec sirènes, centaures, harpies et griffons.
L'intérieur présente des parties de la première église du quand on a conservé le chevet de l’église. Les nefs sont du et la baie vitrée est gothique, situé dans la paroi nord de l'église. Le narthex et la tour sont du . Les voutes des nefs sont des .
Elle abrite diverses œuvres entre lesquelles il convient de souligner le Retable de la Vierge du Rosaire (première moitié du ), dans la nef centrale se trouve un tableau de la Vierge de la O, du . La chapelle de San Andres, patron de la ville, est construite dans un style baroque à partir de 1706. Le Retable, réalisé à la fin du , est de style rococo.
À remarquer les trois absides romanes, dans celle du centre une colonne est faite de trois serpents entrelacés.
Dans le Presbytère se trouve un tableau de la Vierge de Bethléem, fin du . D'autres retables dont celui de San Nicolás et celui de la Santísima Trinité, du .
Les fonts baptismaux sont du , seul objet liturgique du bâtiment primitif. Le cloître. thumb|200 px|right|Le cloître de l'église San Pedro de la Rúa Le cloître roman a perdu deux galeries en 1572, lors de l'explosion volontaire du château voisin ; il reste les galeries occidentale et septentrionale, datées de 1170.
La virtuosité technique et l'esprit inventif du sculpteur des chapiteaux font regretter les parties manquantes. La galerie Nord représente des scènes de la vie du Christ et des saints Laurent, André et Pierre. Les thèmes végétaux et animaliers occupent la galerie ouest où l'architecte facétieux a glissé un groupe de quatre colonnes obliques.
L’église de San Miguel Des documents démontrent l'existence d'une paroisse peuplée de Navarrais et consacrée à San Miguel depuis 1145.
Située au-dessus de « la Mota », un escarpement rocheux adapté pour la défense de la ville. Cependant, les restes les plus anciens qui sont conservés démontrent une construction probablement entre 1187 et 1196, date de l'invasion de la Navarre par les castillans pendant le règne de Sanche le Fort (Sanche VII de Navarre, 1194-1234). Les travaux se sont prolongés dans le temps, de ce fait on trouve différents styles.
Le chevet, de la fin du roman est composé de cinq absides. Les cinq chapelles sont couvertes de voûtes en berceaux. Les trois nefs, de trois travées chacune, sont du début du gothique, et elles correspondent à une restauration effectuée dans la première moitié du .
On accède par deux portails, situées de chaque côté de l'épître et de l'évangile. Côté Sud, du , il est très simple, avec des archivoltes soutenues dans des chapiteaux décorés avec des végétaux stylisés. Le portail Nord semble avoir été conçu comme un défi lancé aux habitants de l'autre rive. Au tympan, le Christ est entouré des évangélistes et de personnages énigmatiques. Sur les voussures, on distingue des anges portant des encensoirs, les vieillards de l'apocalypse, les prophètes et patriarches, des scènes évangéliques et les martyres des saints. Sur les chapiteaux : enfance du Christ et scènes de chasse. Sur les murs au registre du haut, huit statues colonnes représentent des apôtres. Au registre du bas deux hauts-reliefs, les plus achevés et expressifs du portail, montrent à gauche saint Michel terrassant le dragon, à droite les trois Maries arrivant du Sépulcre. Par la noblesse des attitudes, l'élégance des drapés, l'expression des visages, cette dernière scène est un chef-d’œuvre de la sculpture romane.
Elle conserve d'importants trésors artistiques, notamment le retable de sainte Hélène, offert par Martín Pérez de Eulate et Toda Sánchez de Yarza, dont les tombes se trouvent dans l'intérieur de l’église.
L’église du Santo Sepulcro Située dans l'ancienne Rúa des Pèlerins, actuelle rue de Tanneurs, c’est l'une des paroisses plus anciennes de la ville. Elle figure dans un registre de 1123, et était déjà siège de la confrérie du Saint-Sépulcre. Son élaboration montre des traces d'un long processus constructif, entamé pendant la période romane et qui s’est poursuivi jusqu'au . En 1881 elle n’a plus été utilisée comme église paroissiale.